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LA DIVERSITÉ,
clé de
LA RÉSILIENCE
DÉFI
DIGITAL :
hardi, les entreprises !
N°50 / DÉCEMBRE 2019
LE BONHEUR
au
TRAVAIL
UN CURATEUR
pour
L’ÉCONOMIE PRODUCTIVE
Dossier
GÉRER
LES TALENTS
Rédactrice
en chef invitée :
MARTINE
TEMPELS
ISSN 2406-3738
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ambitious
Think big this year, and let us
help you achieve your dreams.
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Et qu’en pensent les
actionnaires ?
Décembre est traditionnellement le mois des bons vœux, des rétrospectiv t des
messages tournés vers l’avenir. La conjoncture politique, économique, soc
paraît instable et incertaine : Brexit, guerres commerciales, tensions internationales
taux négatifs, croissance en berne, difficultés budgétaires, réchauffement
difficultés de dégager des majorités dans nos démocraties européennes
Cela dit, la résilience des entreprises, leur esprit de créativité et d’inno
volonté d’apporter des solutions sont autant de signes encourageants pour l’année
qui s’annonce.
Qu’en est-il de notre situation politique ? Former un gouvernement qui r
majorité parlementaire stable est devenu un exercice compliqué dans de nombr
pays européens. La Belgique ne fait pas exception. Au niveau des Régions
saluer la relative rapidité avec laquelle Bruxelles s’est dotée d’un ex
Au niveau fédéral, faisons un exercice. Tout théorique, bien entendu,
que comparaison n’est pas raison. Qu’en serait-il si la Belgique était une
société anonyme et qu’en penseraient ses actionnaires ? Assur
actionnaires s’inquièteraient d’une société sans direction, d’une
mise hors d’état de prendre des décisions stratégiques. Certes, la ges
quotidienne est assurée, mais cette gestion ne suffit pas.
Les urgences tout d’abord. Celles des obligations à assumer. Par ex
celle de soumettre à l’Europe un budget 2020. Un État fondateur de
l’Union Européenne, qui abrite de surcroît la capitale de l’UE, se doit
d’être exemplaire. Le marché serait fébrile, et la cotation de la SA en
prendrait un coup. Dans la réalité, l’absence d’une direction de plein
exercice coûte déjà très cher au pays.
Comment la SA Belgique sera-t-elle en mesure d’assurer son
approvisionnement énergétique, en maîtrisant ses coûts et ses
obligations ? Comment la SA Belgique fera-t-elle face aux coûts
engendrés par le vieillissement de sa population, tout en conservant
ses capacités d’investissement ? Comment répondre aux défis de
l’emploi et de la formation, dans un contexte de métiers en pénurie ?
Comment préserver et stimuler nos exportations ? Voilà, parmi beaucoup
d’autres, quelques préoccupations des actionnaires qui restent sans réponses
satisfaisantes à l’heure actuelle.
En tout cas, les actionnaires auraient convoqué une assemblée, aur
société d’une direction capable de prendre des décisions importantes.
un ou deux mois de retard peuvent s’avérer une éternité. Que dire de six
donc le souhait, largement partagé par le monde économique et la socié
il nous faut un gouvernement fédéral de plein exercice. Le plus tôt ser
Marc Decorte, Présiden
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 1
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~Sommaire
Bruxelles métropole
N° 50 – Décembre 2019
Au mois
de janvier :
Get ready
for tomorrow
Editeur responsable
Olivier Willocx – ow@beci.be -
T +32 2 648 50 02
Avenue Louise 500 - 1050 Bruxelles
www.beci.be
Rédaction
Media Coordinator
Emmanuel Robert - er@beci.be
T +32 2 643 78 44
Ont collaboré à ce numéro :
Elisa Brevet, Giles Daoust, Nathalie De Cnijf, Marc
Decorte, Vincent Delannoy, Nancy Demaude,
Séverine Deneubourg, Marie Deronchêne, Tim
Devriese, Adrian Hill, Gaëlle Hoogsteyn, Ophélie
Legast, Cédric Lobelle, Kathy Rosseel, Julien
Semninckx, Guy Van den Noortgate et Peter Van
Dyck.
Production
Layout db Studio.be
Design couverture Denis Séguy
Impression db Group.be
Traduction Litteris
Abonnements
Prix : 80 € pour 10 numéros
Publicité
Bruxelles métropole/Brussel Metropool est lu
chaque mois par plus de 21.000 décideurs.
Tirage moyen par numéro : 15.000 ex.
Infos et réservations
Anne Schmit – T +32 2 563 68 53
asc@beci.be
Membership
Catherine Tricot – T +32 475 49 65 72
ctr@beci.be
Membre de
BRUXELLES
ENVIRONNEMENT
ENTREPRISE
DYNAMISCHE
ECO
LEEFMILIEU
BRUSSEL
ONDERNEMING
DYNAMIQUE
label n. 2014/351/2
4
6
7
Idées
12
14
15
Beci online
Podcast : Raphaël de Borman
Digest
Martine Tempels
Rédactrice en chef
invitée :
City Climate Challenge : l’engagement des entrepreneurs
pour le climat
Pour ou contre la notation des avocats ?
Open Source
International
16
17
L’écolabel européen est-il pour vous ?
Quel impact des taxes US sur les entreprises bruxelloises ?
Gérer les talents
18 « Intégration et flexibilité, les sésames du nouveau monde
du travail à Bruxelles »
20
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37
39
La diversité, clé de la résilience des entreprises
Défi digital : « Les entreprises doivent être plus hardies »
Les compétences du 21e
La validation des compétences, un processus win-win
Les avantages de l’externalisation des tâches RH
Travailleurs étrangers : vers la simplification grâce au
permis unique
Le bonheur au travail : le droit de chacun et l’affaire de tous
Optimiser la performance des équipes et garder le contrôle
Rétention : à chaque génération sa valeur
La discussion de carrière, pilier de loyauté
Entreprendre
40
42
44
46
10-32-2225
PRINTED
ON
TCF PAPER
Community
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48
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50
51
52
Index
Transition : un curateur pour l’économie productive
Réforme du code des sociétés : quelles conséquences ?
Marchés publics : loi du 17 juin 2016, où en sommes-nous ?
Starter : Space Laser Games
L’actualité Beci en photo
Bruxelles, dans les pas de Marguerite de Crayencour
Petites histoires de grands entrepreneurs
Demandes d'admission
Agenda
siècle : comprendre avant d’utiliser
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Social Media
1.000 m² dédiés à la mobilité urbaine : c’est le nouveau
Brussels Mobility Store inauguré par Beci et AG Real
Estate aux galeries Anspach. Voir aussi nos photos p. 47.
#BECImember : Vous envisagez
un investissement immobilier ?
Vous voulez optimiser votre rendement
locatif ? Posez vos questions à notre
nouveau membre, Gestion Loc.
Voir www.gestionloc.be
Préparez-vous à la TVA britannique,
faites un ‘Brexit Impact Scan’ et
demandez votre numéroe EORI :
voilà trois des dix conseils ressortis
du séminaire Brexit organisé par
Beci. Dix conseils à retrouver sur
www.beci.be.
Les « members to members »,
ce sont des rencontres informelles et
détendues entre membres de Beci,
comme c’était le cas le 8 octobre dernier.
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4 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
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Dans vos newsletters
de novembre
Six ministres bruxellois partagent leur vision du défi
climatique pour Bruxelles et ses entreprises.
Un témoignage vidéo à revoir sur notre site web.
Un défaut dans la lettre de licenciement ;
une motivation insuffisante ; un motif grave
contestable : trois cas où le non-respect des
obligations légales en cas de licenciement
peuvent avoir des conséquences financières pour
l’entreprise. Jean-Luc Vannieuwenhuyse (SD Worx)
vous explique les pièges à éviter.
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À lire sur
notre site web
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Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 5
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Raphaël de Borman,
CEO et co-fondateur
de Panora.me
Difficile de quitter une société qu’on a fondée et connue pendant plus de 15 ans pour tenter l’aventure start-up.
En lançant panora.me, Raphaël de Borman nous prouve que, lorsqu’on ne se sent plus à sa place,
il faut savoir prendre le large. Lancée en 2016, la jeune start-up connaît le succès avec une nouvelle technologie :
le déclenchement à distance d’un dispositif ultra-zoom pour recevoir son selfie panoramique.
Tu es de ceux qui ont commencé leur business en sortant
des études. Avec trois amis, tu lances Eventattitude, une
société spécialisée dans l’événementiel. C’est un véritable
succès ; qu’est-ce qui fait qu’après 15 ans, tu décides de
tout arrêter ?
Je dois dire qu’après 15 ans, j’étais baigné dans un
environnement qui peut être assez usant. On avait une taille
assez importante, on était bons, mais on avait forcément des
events qui se passaient moins bien. C’est à ce moment-là qu’il
faut toujours avoir cette capacité, chaque semaine, à rebondir,
solutionner les problèmes et garder les équipes motivées.
Tous ces aspects commençaient à me peser : j’étais devenu
manager malgré moi. Je pense que, dans ma nature, je suis un
entrepreneur, je ne suis pas un bon manager.
Quel a été le déclic ?
C’est un peu malheureux à dire, mais c’est lorsqu’on a eu un
problème de trésorerie. J’ai dû réinjecter de l’argent dans la
société, je me suis dit : « Si tu dois remettre de l’argent après
15 ans dans ta boîte, c’est qu’il y a un problème ». Ça a ouvert
une porte mentale. Pour la première fois, je me suis autorisé à
penser que je pouvais faire autre chose, que je n’avais peut-être
pas suffisamment utilisé mon temps et mes compétences de
la meilleure façon ces dernières années.
Que décides-tu de faire ?
Je n’ai pas agi comme j’aurais dû le faire. Quand on est
entrepreneur, on est la tête dans le guidon, on ne s’octroie
pas de recul. Je suis arrivé à un état de lassitude que je n’aurais
sans doute pas eu si j’avais eu la clairvoyance de dire à mes
associés : « Écoutez, je trouve que j’ai beaucoup sur les épaules.
Je prends trois mois et je reviendrai plus fort, avec des nouvelles
idées. » En agissant ainsi, je n’aurais pas quitté Eventattitude.
6 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
Mon ras-le-bol a fait que j’ai pris la première bonne idée que j’ai
eue et j’ai dit à mes associés que je n’allais pas avoir le temps
de la développer au sein de la société ; il fallait donc que je la
quitte et que je me lance…
Cette bonne idée, quelle était-elle ?
Je suis très méfiant par rapport au mythe de la grande idée.
Je ne crois pas en l’entrepreneur qui, tout à coup, a l’idée de
génie. En passant du temps sur internet, j’ai vu une action
promotionnelle faite par l’office de tourisme australien à
destination des touristes asiatiques. La vidéo présentait un
principe tout-à-fait ingénieux permettant de déclencher un
dispositif photo placé à distance. Quelques secondes après,
on recevait depuis son téléphone non pas une photo, mais une
vidéo en dézoom. L’idee de Panora.me, ce n’est donc pas moi
qui l’ai eue. La vidéo s’est avérée fausse, mais comme j’avais
une veille technologique et créative… ●
Elisa Brevet
Une rencontre à écouter en
intégralité dans le podcast Next Step :
https://www.beci.be/podcast.
L’inspiration podcast :
Émotions vous aide à comprendre pourquoi
vous ressentez ce que vous ressentez et
vous aide à décrypter vos sentiments. Trac,
souffrances, joie, amitiés… Deux fois par
mois, Adélie Pojzman-Pontay décortique
une émotion avec des experts. Des histoires
humaines fortes, qui vous aideront sans
doute à mieux vous connaître.
D.R.
׉	 7cassandra://TgOcnbdaoBqvS30dcBKSu4OA8D_QwZ5wtV66nmVkCwo%` ]׼<V]g׉ENews
Décès d’Yvan Huyghebaert, ex-président de
Beci
Nous avons appris avec tristesse
le décès d’Yvan Huyghebaert,
ancien président de Beci, survenu
le 6 novembre dernier à l’âge de
75 ans.
Ingénieur civil, d’origine gantoise,
Yvan Huyghebaert avait
notamment exercé des fonctions
de direction dans la société
d’ascenseurs Schindler et la compagnie de cimenterie CBR.
Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de
Bruxelles (CCIB), de 2001 à 2008, il avait contribué à son
rapprochement avec l’Union des Entreprises de Bruxelles
(UEB). Il fut le premier président de Beci lorsque les deux
organisations choisirent de se placer sous la même coupole,
en 2006. « Par son pragmatisme, Yvan Huyghebaert est
parvenu à faire aboutir un projet ambitieux mais délicat,
lancé longtemps auparavant. Ce qu’est Beci aujourd’hui,
c’est un peu à lui que nous le devons », rappelle l’actuel
président de Beci, Marc Decorte.
Nommé président d’honneur de Beci, Yvan Huyghebaert
avait également présidé la Fédération belge des Chambres
de Commerce, ainsi que la Communauté Portuaire de
Bruxelles.
À sa famille et à tous ses proches, Beci présente ses très
sincères condoléances.
Telenet fournit le Giga internet à Bruxelles
Depuis le mois d’octobre, les clients de Telenet peuvent
surfer à des vitesses jusqu’à 1 gigabit par seconde (Gbps),
soit deux fois plus rapidement qu’avant. C’est le résultat
d’un projet d’investissement à grande échelle intitulé « les
Grands Travaux du Réseau », démarré il y a cinq ans par
Telenet et dans lequel l’entreprise a investi un demi-milliard
d’euros pour doubler la largeur du réseau (‘speedboost’).
Concrètement, 10 équipes de 30 personnes se sont rendues
dans toutes les rues pour remplacer plus de deux millions
de composants, opérant ainsi la modification la plus radicale
dans toute l’histoire du gestionnaire. Telenet a dès lors
pu préparer son réseau à l’augmentation constante du
trafic internet des clients et des entreprises (+60 % par
an). De plus, les applications innovantes telles que la
réalité virtuelle, les véhicules connectés et autonomes ou
la chirurgie à distance exigent une vitesse, une qualité et
une réactivité que seul un réseau très performant peut
fournir. Sans oublier que les images que nous envoyons et
visualisons deviennent de plus en plus lourdes. Un réseau
de qualité est donc indispensable au progrès numérique.
C’est pourquoi Telenet s’affirme comme le moteur de ces
innovations et de leur valeur ajoutée sociale et économique
pour la Belgique. En étendant le réseau à plus de 3 millions
de foyers et d’entreprises connectables à Bruxelles et en
Flandre, Telenet crée la plus grande région « Giga internet »
d’Europe. Grâce à cette opération à grande échelle, elle
permet à Bruxelles d’être en tête de liste des régions
disposant de la meilleure infrastructure numérique en
Europe et de déjà répondre aux objectifs du plan d’action
Digital Belgium, qui stipule que « d’ici 2020, au moins la
moitié des connexions de notre pays doit avoir un débit
allant jusqu’à 1 Gbps ».
« Les réseaux Giga sont une tendance mondiale, mais ce
qui nous distingue, c’est que nous avons adapté l’ensemble
de notre réseau câblé. C’était une tâche colossale, mais qui
nous a procuré une visibilité considérable : ce réseau est
unique en Europe. Nous avons plus de cinq ans d’avance
sur l’Agenda numérique et nous nous conformons aussi
largement aux plans plus ambitieux que la Belgique a
présentés. Nous entendons contribuer à l’avenir numérique
de Bruxelles. Nous en sommes convaincus : le passage au
numérique va changer fondamentalement notre façon de
travailler, de faire des affaires et de vivre ensemble. Nous
endossons donc un double rôle : celui de moteur pour les
innovations numériques et de constructeur de l’infrastructure
correspondante », conclut John Porter, CEO de Telenet.
Info :
www.telenet.be
Micha Berger (à gauche) et John Porter, respectivement
Chief Technology et Chief Executive Officer de Telenet.
Deux Awards pour Bruxelles Métropole et
NextStep
Les BTOB Awards, remis le 22 octobre dernier, ont doublement
récompensé les médias de Beci, avec deux Silver Awards :
‘Best content’ pour le magazine Bruxelles Métropole et ‘Best
launch‘ pour le podcast NextStep, dans un concours qui fait
référence pour le secteur de la presse et de la communication
en Belgique.
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 7
D.R.
© Reporters
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Bruxelles Métropole a été primé pour sa nouvelle formule de
« rédacteurs en chef invités ». Parmi eux, se sont notamment
succédé ces derniers mois l’architecte Luc Schuiten, le CEO
Giles Daoust, Bea Ercolini, ancienne rédactrice en chef
d’Elle Belgique, les recteurs de l’ULB et de la VUB, Yvon
Englert et Caroline Pauwels, Thierry Geerts, patron de
Google Belgique... Une formule d’ouverture, qui a permis
de confronter les idées et renouveler les contenus. Bruxelles
Métropole avait déjà remporté un Bronze Award en 2018.
NextStep, le podcast des entrepreneurs inspirants, a été
lance en décembre 2018 par Beci. Il propose à ses auditeurs
de partir à la rencontre de personnes passionnées, d’écouter
leurs parcours et de s’en inspirer. Parmi les invités des
15 premiers épisodes figuraient Amélie Alleman (Akros
Solution, Betuned), Valentin Richard (Menu Next Door,
Koudetat), Julie Foulon (Girleek), John Bogaerts (Zoute
People, Ecole 19), Haile Abebe (le Cercle des Voyageurs,
Toukoul)…
Les BTOB Awards sont organisés depuis 2015 par Media
Marketing en collaboration avec la fédération WeMedia.
Les prix sont scindés en deux catégories : Press (pour la
presse professionnelle) et Communication (réservée aux
annonceurs, agences et régies).
Le grand vainqueur de la soirée, en BTOB Communication,
est l'agence Lucy, dont le jury a plébiscité la campagne
‘The Curiosity Click’, réalisée pour Brightfish : Prix spécial
du jury, Gold Award Best Use of Direct et Bronze Best Use
of Interactive. Lucy a remporté un Bronze supplémentaire
avec sa campagne pour De Lift (Best Use of Radio/Audio).
Dans la compétition BTOB Press, outre les deux Awards
remportés par Beci, le Gold est allé à la newsletter
personnalisée du Boerenbond (Best of Diversification).
L'association des agriculteurs flamands remporte également
un Bronze avec le magazine Boer & Tuinder (Best Relaunch).
Info :
btobawards.com
Les migrations entre les régions belges
augmentent
Une étude démographique, menée conjointement par les
trois instituts régionaux de statistique (l’IBSA, l’IWEPS et
Statistiek Vlaanderen) révèle que le nombre de migrations
entre les trois régions du pays a fortement augmenté ces
20 dernières années. Cette hausse est surtout importante
pour les flux sortants de la Région de Bruxelles-Capitale
(RBC) vers les communes environnantes, en particulier vers
la Région flamande, mettant en évidence le rôle de la RBC
comme moteur d’une périurbanisation. Au cours de l’année
2016, 24.000 habitants ont quitté Bruxelles pour s’installer
en Flandre, soit une augmentation de 55 % par rapport à
1997. À noter, la part croissante des ressortissants des pays
tiers ou des pays entrés récemment dans l’UE parmi ces
migrants. La RBC a toutefois accueilli moins de migrations
qu’elle n’en a envoyé vers chacune des régions ; de ce fait,
son solde migratoire interrégional est systématiquement
négatif. Entre la Flandre et la Wallonie, les échanges
migratoires sont moins nombreux et ont été au bénéfice
de la Wallonie jusqu’en 2016 où l’on observe une nette
hausse de migrations vers la Région flamande, ce qui résulte
pour la première fois en un solde migratoire positif pour
cette dernière. En d’autres termes, il y a plus de Wallons qui
s’installent en Flandre que l’inverse. De manière générale,
les causes de ces migrations sont généralement expliquées
par le cycle de vie, un événement (décès, séparation,
changement d’emploi…), le coût de l’immobilier, mais elles
peuvent également être liées à des politiques différentes
en matière de logement, d’aménagement du territoire et
de mobilité qui sont quelques-unes des compétences
régionalisées en Belgique.
Info :
http://ibsa.brussels
8 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
D.R.
© Getty
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Un regard atypique sur
entrepreneuriat
e 10 janvier 2020 sort en librairie
emier livre de Giles Daoust,
ts d’esprit d’entreprendre.
en 1979, Giles Daoust est
diplômé de la Solvay Brussels School
f Economics and Management.
le CEO de l’entreprise de
essources humaines Daoust
(Entreprise de l’Année
2016), et de la société de
production audiovisuelle
Title Media. Il est également
le metteur en scène de
l’Ommegang (spectacle
torique sur la Grand Place
de Bruxelles) et l’un des partenaires
fondateurs de LN24 (première chaîne belge
d’information en continu). Giles Daoust est l’auteur de
plusieurs scénarios de films et de bandes dessinées,
ainsi que de nombreuses chroniques économiques pour
le journal L’Echo et notre magazine Bruxelles Métropole,
dont il fut cette année l’un des « rédacteurs en chef invités ».
Dans Mots d’esprit d’entreprendre, Giles Daoust pose un
regard atypique sur l’entrepreneuriat, la créativité et la
société au sens large. Parmi les thèmes abordés : Donald
Trump, Emmanuel Macron, Mark Zuckerberg, Steve Jobs,
l’Amérique, l’esprit d’entreprendre, les médias, l’intelligence
artificielle, le transhumanisme, la politique, la mobilité, la
flexibilité, l’ego, l’échec, la créativité, la Génération Y, l’esprit
d’entreprendre sa carrière, et bien d’autres. Le livre est
préfacé par Joan Condijts (L’Echo, LN24) et enrichi d’une
illustration de Pierre Kroll.
Mots d’esprit d’entreprendre (éditions Marque Belge) est
disponible à partir du 10 janvier 2020 dans toutes les
bonnes librairies, chez Filigranes, à la Fnac et sur Amazon.fr.
Info :
www.marquebelge.com
Plus de 50 % des travailleurs refuseraient
d'échanger leur voiture contre une alternative
verte
Face au problème de la mobilité, Tempo-Team a réalisé une
enquête auprès des salariés belges pour voir s’ils envisagent
des alternatives à la voiture pour les déplacements domiciletravail.
Or, malgré les embouteillages, l'impact écologique
et la croissance du télétravail, les salariés belges restent
fidèles à leur véhicule. Ils se justifient par une mauvaise
accessibilité de leur entreprise en transports publics (35 %),
des services publics pas assez souples (24 %) et un besoin
de la voiture pour les déplacements professionnels (23 %).
Seule une minorité est disposée à y renoncer au profit d'une
alternative plus verte.
« L'auto reste le moyen de transport le plus utilisé pour
se rendre au travail, car elle combine la rapidité de
déplacement, la fiabilité, le confort et la souplesse pour un
coût plus avantageux. Un cinquième des salariés est prêt à
abandonner sa voiture si son employeur offre de meilleurs
équipements pour cyclistes, des vélos de société et un
incitant financier pour le deux-roues », explique Sébastien
Cosentino, porte-parole de Tempo-Team.
Pour résoudre ce problème de mobilité, un rôle important,
reviendrait donc aux employeurs ; or la moitié propose
déjà une indemnité vélo ou des possibilités de télétravail
(48 %). Un sur trois a fait installer des équipements pour
cyclistes et un sur quatre fournit des vélos de société et
veut diminuer les voitures de société. Enfin, les Belges
réclament une amélioration des transports publics et de
l'infrastructure pour cyclistes. D'après eux, les autorités
publiques devraient surtout investir dans des services plus
fiables (36 %), la diminution du prix des billets (29 %) et
l'augmentation des autoroutes cyclables (24 %).
Info :
www.tempo-team.be
BDO investit dans une équipe de stratèges
douaniers
À partir de 2020, les entreprises belges devront se préparer
à l’impact numérique de la nouvelle législation douanière
européenne qui imposera de nouvelles obligations via le
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 9
© unsplash
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Code des Douanes (CDU). Les défis qui coïncident avec
cette législation n’ont jamais été aussi importants pour les
entreprises belges au cours des 25 dernières années. Leur
stratégie commerciale risque d’en subir les perturbations.
Concrètement, la loi modernise et numérise les procédures
douanières : déclarations électroniques, tarifs douaniers
adaptés et nouvelles règles. « Presque aucune entreprise
belge ne sait exactement comment l’arrivée du CDU
va modifier le marché. Ce qui est certain, c’est que la
numérisation forcée obligera nos entreprises à investir dans
les 3 prochaines années. Sinon, d’un jour à l’autre, elles ne
pourront plus importer ni exporter », met en garde Stefaan
Amling, Partner Customs Strategy & Customs Transition
Strategy chez BDO Belgique.
C’est pour aider les entreprises à se conformer aux
obligations légales et à identifier les opportunités de
cette nouvelle législation douanière que BDO lance une
équipe de stratèges douaniers. Le problème aujourd’hui
est que tout ce qui a trait aux douanes est fragmenté et
non digitalisé. Par conséquent, les entreprises ne savent
pas exactement combien elles paient en taxes ni à quel prix
mettre leurs produits sur le marché étranger. « Le potentiel
d’une stratégie douanière intelligente n’apparaît clairement
que lorsque les entreprises voient exactement combien
d’euros sont dépensés dans l’ensemble de leurs activités
douanières et qu’elles combinent cela avec les opportunités
offertes par le CDU. Des exemples pratiques montrent que,
dans certaines situations, les entreprises peuvent offrir
leurs produits jusqu’à 25 % moins chers », ajoute Stefaan
Amling de BDO.
Info :
www.bdo.be
La VUB étudie les électrofuels
Dans le cadre du fonds de transition énergétique, le Conseil
des ministres fédéral a approuvé début septembre le projet
Best. Celui-ci rassemble des experts de cinq universités,
dont la VUB, et vise à assurer l’approvisionnement du
système énergétique belge en électrofuels durables. Les
électrofuels ou électro-carburants sont des carburants
synthétiques produits à partir d’énergies renouvelables. Les
énergies solaire et éolienne peuvent, en effet, être utilisées
pour produire de l’hydrogène par électrolyse. L’hydrogène
peut ensuite être associé à d’autres éléments ou molécules,
ce qui permet d’obtenir d’autres combustibles tels que le
méthane, l’éthanol, le méthanol ou l’ammoniac.
Les électrofuels sont un moyen efficace de stocker l’énergie
solaire et éolienne à long terme, contrairement aux batteries
qui n’offrent qu’une solution à court terme. Ils produisent
donc de l’électricité ou de la chaleur plus longtemps (dans
des chaudières ou des turbines à gaz). Pour autant que
les moteurs soient adaptés, ils peuvent également être
utilisés dans les transports. Comme ils sont produits à
partir d’énergies renouvelables, ils sont considérés comme
des carburants « verts ».
Certaines questions se posent encore : quels sont les
électrofuels les plus avantageux et comment garantir
l’approvisionnement du système énergétique belge ? C’est
pour y répondre que les professeurs Francesco Contino et
Julien Blondeau du groupe de recherche Burn de la VUBULB
étudieront, avec le projet BEST, la production et la
consommation potentielle de ces carburants en termes
de coût et d’efficacité, et veilleront ainsi à déterminer leur
contribution potentielle au système énergétique belge.
Avec un budget total de 4 millions d’euros, Best est l’un
des deux plus grands projets approuvés par le fonds de
transition énergétique.
Info :
www.vub.be
10 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
D.R.
© unsplash
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News
Clap2 pour S.Kool : La boutique-école de
City2 accueille dix nouveaux jeunes chercheurs
d'emploi
S.Kool, la boutique-école de City2, a entamé sa deuxième
édition au mois d’octobre. AG Real Estate s’associe à
nouveau avec Actiris, Bruxelles Formation et le centre
commercial City2 pour un partenariat privé-public au
bénéfice de l’emploi des jeunes bruxellois. Dix jeunes ont
ainsi été recrutés pour suivre une formation sur mesure
de 3 mois.
à la fois, l’idéal pour apprendre un métier ! », explique
Grégor Chapelle, Directeur Général d’Actiris. Le matin, les
dix stagiaires suivent une formation aux techniques de
vente, en communication et en néerlandais et l’après-midi,
ils ont l’occasion de la mettre en pratique dans le conceptstore
créé spécialement pour eux.
« Suite au succès de la première édition, Bruxelles Formation
est ravi de reconduire ce projet innovant en proposant une
formation de vendeur hybride sur mesure ! », se réjouit
Olivia P’tito, Directrice Générale de Bruxelles Formation.
Dès le début du programme, chaque stagiaire est parrainé
et encadré par un commerçant de City2 pour lui offrir une
formation complémentaire sur le terrain (FPIE – Formation
professionnelle individuelle en entreprise) avec, à la clé, un
contrat de travail assuré jusqu’à la fin avril 2020.
« Le succès de S.Kool se trouve certes entre les mains
des partenaires et des stagiaires mais également des
visiteurs de City2. En venant découvrir la boutique-école
complètement rénovée et en y effectuant des achats, ils
soutiendront l’initiative et participeront à la continuité du
projet », conclut Serge Fautré, CEO d’AG Real Estate.
« Trouver des solutions innovantes pour mettre à l’emploi
des jeunes peu qualifiés est une responsabilité collective.
Ici, on leur propose une formation, un stage et un emploi
Info :
www.bruxellesformation.be
Inspirez-vous sur #MeetAtKinepolis
business.kinepolis.be/fr/morning-sessions
ALISSON SINÉCHAL
De grandes opportunités
même en petit comité.
Vous cherchez un endroit de grand standing pour un petit groupe ?
Kinepolis Business a la solution idéale pour vous : les B2B Morning Sessions.
C’est un nouveau forfait pour les entreprises qui recherchent un lieu exceptionnel
pour leurs présentations, leurs workshops, leurs brainstormings, leurs lancements de
project … Les Morning Sessions sont destinées aux groupes de 15 à 60 personnes et
peuvent être réservées en semaine de 9h00 à 13h00.
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Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 11
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€15 pp
hors 21% TVA
D.R.
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La soirée s’est achevée par la remise de la Charte 2030, signée par les premiers partenaires du City Climate
Challenge : AG Real Estate, Brussels Airport Company, la Confédération Construction de la Région de Bruxelles-Capitale,
Edenred, Engie, Europcar Mobility Group, G.M. Electronics (GME), ING, Interparking, Iris Group, Jeasy, LeasePlan,
Micropole, Pasha-Parking, Sibelga, SNCB/NMBS, Sodexo, Solvay, Total, Tractebel, Veolia et VINCI Energies Belgium.
City Climate
Challenge :
l’engagement des
entrepreneurs
pour le climat
Fin juin, une douzaine d’entreprises s’étaient réunies
à l’initiative de Beci pour lancer le projet City Climate
Challenge 303030. Le défi : réduire de 30 % les émissions
de CO2
bruxelloises d’ici 2030, grâce à 30 projets
collaboratifs. Trois mois plus tard, plusieurs centaines
d’entrepreneurs étaient présents pour la remise de la
Charte 2030 aux membres du gouvernement bruxellois –
avec désormais une vingtaine de partenaires engagés.
«P
lus de 600 personnes se sont inscrites pour assister à
cette soirée où les entreprises bruxelloises réalisent
qu’il faut clairement agir en faveur du climat », entamait
Olivier Willocx, CEO de Beci. « Pour nos entreprises, cette
initiative privée n’est pas considérée comme une contrainte
mais comme une volonté de s’impliquer, de passer à l’action. »
Devant le public réuni au Cercle de Lorraine, Peter Wittoeck,
chef du service Changements climatiques du SPF Santé Publique,
a rappelé les objectifs des Accords de Paris conclus
en 2015. Par ceux-ci, 195 pays et l’UE se sont notamment
engagés à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, diminuer
les émissions de CO2
de 45 % entre 2010 et 2030, et
arriver à la neutralité climatique vers 2050. Cela ne pourra se
faire que par une action résolue et collective, impliquant les
entreprises. Tel est bien le sens du City Climate Challenge
lancé par Beci, auquel le bureau CO2logic, spécialisé dans la
mesure et la réduction de l’empreinte carbone, apportera son
expertise. « On émet chaque année 40 milliards de tonnes de
CO2
dans le monde », rappelait son CEO Antoine Geerinckx.
« Cela influence non seulement le climat, mais aussi divers
secteurs, parmi lesquels l’agriculture. Dont coût : 220 à 417
euros par tonne à la société, selon les estimations. Mais aujourd’hui,
personne ne paie ces coûts. Et si personne ne le
fait aujourd’hui, ce seront nos enfants et petits-enfants. D’où
l’idée de montrer l’exemple au travers de 30 projets. »
« Sortir le diesel, le LPG et l’essence de la ville »
« Le défi climatique est inscrit dans la politique de mon gouvernement
et nous comptons sur la responsabilité des entrepreneurs
bruxellois pour nous aider à le mener à bien »,
abondait le ministre-président Rudi Vervoort, par vidéo interposée,
devant la quasi-totalité du gouvernement bruxellois
présent sur la scène (seule manquait la secrétaire d’État
Nawal Ben Hamou). « Dans cette optique, je félicite évidemment
l’initiative 303030. »
Dans le débat qui a suivi, les ministres de la Mobilité Elke Van
den Brandt (Groen) et de la Transition écologique Alain Maron
(Écolo) ont défendu l’idée de privilégier les alternatives
à la voiture : « Chaque matin, les gens qui viennent travailler
12 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
© Isopix
׉	 7cassandra://LFt5fEg1u47yFp9vp1hdk6ry2DDf9VQiASZT4t185hU)` ]׼<V]g׉EWIdées
dans Bruxelles sont coincés dans les embouteillages. C’est
polluant, c’est embêtant et c’est du stress. Avec 20 % de
voitures en moins qui entrent dans la capitale, il n’y a plus
d’embouteillages. Pour les véhicules les plus polluants, il
existe déjà la zone de basses émissions. On s’est aussi engagés
pour la sortie du diesel en 2030 ainsi que la sortie du
LPG et de l’essence en 2035. Mais pour cela, il faut que le
réseau électrique supporte ces mesures. Il convient notamment
d’augmenter le nombre de bornes servant à charger les
voitures électriques. Du point de vue fiscal, on doit stimuler
l’achat de voitures électriques notamment par des taxes à
l’immatriculation plus avantageuses. Par ailleurs, il y a beaucoup
trop de stationnements hors voiries qui sont sous-utilisés.
Sans oublier qu’il faudra augmenter les parkings de
dissuasion aux entrées de la ville. »
Mais surtout, Elke Van den Brandt insiste sur les alternatives
à la voiture : « Il faut plus de trains qui circulent, augmenter le
nombre de bus électriques dans Bruxelles, stimuler l’utilisation
du vélo classique ou électrique, agir au niveau des véhicules
de livraison… ». Et pour modifier les comportements, la
ministre de la Mobilité n’hésite pas à ressortir une idée certes
clivante : la taxe kilométrique, qu’elle souhaite voir remplacer
le système de taxe de circulation.
L’énergie, bientôt un luxe ?
Qu’il s’agisse de se déplacer, de s’éclairer ou de produire,
dans un monde décarboné, la consommation d’énergie ne
risque-t-elle pas de devenir un luxe ? « Oui et non », répond
Alain Maron. « À l’unité, il y a fort à penser que cela va coûter
de plus en plus cher au kWh. Mais l’enjeu consistera à
consommer de moins en moins et à être proche du zéro carbone.
Car finalement, l’énergie qu’on ne consomme pas, c’est
l’énergie qu’on ne paie pas. »
Les procédures et calculs des taxes énergétiques n’iront pas
vers la simplification : « Cela deviendra d’autant plus complexe
que le prix est notamment fixé en fonction de la disponibilité,
du moment de la consommation, de la quantité consommée…
» Un défi que les entreprises peuvent
tourner à leur avantage : « En emboîtant
le pas à ces démarches visant
à consommer moins, les entreprises
s’offrent des opportunités
d’emplois et économiques »,
estime Barbara Trachte (Écolo),
secrétaire d’État chargée de
la Transition économique. « Il
existe déjà des mesures et des
incitants sous forme de primes
pour les entreprises qui font l’effort
Antoine Geerinckx
de réduire leur consommation énergétique.
Mais on va encore proposer
d’autres incitants, des accompa
gnements ainsi des mesures
de financement. Et puis,
outre les aides publiques,
n’oublions pas que des
rentrées peuvent venir
des ventes et commandes
publiques car la Région et
les pouvoirs publics sont de
gros investisseurs. Et dans les
clauses d’attribution de mar
chés publics, on peut mettre des
critères environnementaux. »
Peter Wittoeck
Emploi, formation et numérique
Des entreprises qui, par ailleurs, regrettent de ne pouvoir
trouver suffisamment de candidats compétents pour combler
leurs postes vacants. « Bien sûr, je préfère qu’elles embauchent
des Bruxellois plutôt que d’autres », a souligné Bernard
Clerfayt (Défi), ministre de l’Emploi et de la Formation
professionnelle. « Nous allons adapter les formations en relation
avec les secteurs en carence. Elles doivent correspondre
aux demandes des employeurs. Je souhaite aussi poursuivre
les formations en alternance qui fonctionnent avec beaucoup
de succès dans les pays voisins. » Il a aussi abordé la Transition
numérique qui figure dans ses compétences : « Il n’est
pas certain que les administrations bruxelloises se soient
aussi bien préparées à la digitalisation que nos entreprises.
Ce sera l’un de nos objectifs afin de simplifier la vie des citoyens
et des entreprises ».
Pascal Smet (one.brussels), secrétaire d’État à l’Urbanisme, a
embrayé sur le sujet : « Il faut aider les entrepreneurs, notamment
dans la délivrance des permis. Pour que cela aille plus
vite, on va engager du personnel, digitaliser et automatiser
les demandes et procédures. Je me suis récemment rendu
à Lisbonne : aujourd’hui, nous sommes dans un monde où
la concurrence entre les villes est énorme. Et c’est pour cela
qu’il faut aider au mieux les entreprises qui veulent rester ou
s’implanter à Bruxelles. »
Et Sven Gatz (Open Vld), ministre des Finances, d’y ajouter
un plaidoyer pour la 5G : « Il faut que Bruxelles devienne une
ville numérique en exploitant la 5G. Sa mise en place doit se
faire de la façon la plus sûre, en concertation avec le fédéral
et les partenaires privés. »
Au terme de ce débat, c’est au président de Beci Marc Decorte
qu’est revenue la conclusion : « Le climat n’est pas
qu’un défi pour nous, entrepreneurs, mais une opportunité
de se montrer créatif et trouver des solutions innovantes. » ●
Julien Semninckx
Info www.303030.eu
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 13
© Isopix
© Isopix
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Pour ou contre la
fin des paiements
en liquide ?
Vincent Coussement,
directeur des services aux
commerçants chez Worldline
Belgique
Tout le monde devrait avoir le droit de payer selon le mode
de son choix. De nos jours, les consommateurs souhaitent
pouvoir payer n’importe où, n’importe quand et de n’importe
quelle manière, avec leur carte ou leur smartphone, et ce quel
que soit le montant. Chez Worldline, nous constatons que les
Belges choisissent de plus en plus le paiement électronique.
Une étude menée par Febelfin montre d’ailleurs que 89 % des
Belges préfèrent payer de façon digitale.
Les atouts de ce mode de paiement sont multiples. Il y a bien
sûr l’aspect de la sécurité et de la rapidité, mais encore bien
d’autres points. La dimension hygiène n’est pas à dédaigner,
notamment dans les commerces alimentaires où la manipulation
de billets et de pièces n’est pas très propre. Et puis, il y a le
coût : chaque transaction en cash coûte 29 cents en moyenne,
car il faut notamment tenir compte de l’alimentation des distributeurs,
la collecte, le transport… Le paiement électronique
quant à lui représente un coût allant de 11 à 23 cents, selon
une étude de l’Observatoire des prix.
Outre les paiements électroniques traditionnels par carte, le
paiement sans contact se développe également de plus en plus.
Cette technologie NFC (Near Field Communication) représente
déjà la moitié des transactions électroniques en Europe : surtout
en Europe de l’Est (où elle atteint près de 90 % des transactions
électroniques en Tchéquie et en Slovaquie), moins en Belgique,
où elle n’est que de 12 à 13 % (mais elle a doublé en 6 mois).
Dans certains pays, principalement en Scandinavie, il n’y a
presque plus de transactions en cash. En Suède, où 85% des
paiements se font électroniquement, certaines personnes déclarent
ne plus se rappeler de la dernière fois où elles ont payé
avec de l’argent liquide.
Virements bancaires, achats en ligne, paiements par
carte de débit ou de crédit, avec ou sans contact, applis
de paiement sur smartphone… Le cash ne cesse de
reculer au profit des échanges électroniques.
Alors, faut-il supprimer les paiements en espèces ?
Antoine Akayyan, président
de l’association des commerçants
Renouveau Quartier
Grand-Place
Nous sommes contre la suppression du cash. D’abord au nom
de la liberté du mouvement financier et de la confidentialité
des transactions personnelles. Cela relève de la protection de
la vie privée qui est l’un des droits majeurs de la démocratie
et de la liberté.
Ensuite, la Belgique, et certainement Bruxelles, perd une part
importante du marché du tourisme car les paiements en liquide
ne peuvent plus y dépasser les 3.000 euros depuis cinq ans.
Contrairement à de nombreux autres pays, même limitrophes,
où il n’y a pas de limite pour les paiements en espèce pour les
non-résidents extra-européens. C’est surtout le tourisme de
luxe qui est impacté : de nombreux touristes, principalement
russes et asiatiques, pour qui le cash fait partie de la culture,
préfèrent aller faire ces achats dans des pays frontaliers. Cette
concurrence déloyale ne devrait pas être de mise en Belgique.
Ou alors, il faudrait la même règle partout en Europe.
Au niveau des jeunes, le cash est plus utile qu’une carte de
crédit pour leur apprendre à gérer leur budget. Il y a déjà le
toucher, le geste, le contact. Des billets ont plus de valeur sur le
plan psychologique que de simplement composer le montant
sur un terminal. Le cash fait prendre conscience de la valeur
du travail. Avec le contact physique, en manipulant les billets,
on est moins tenté. On est moins dans l’émotionnel. Avec le
cash, on reste plus rationnel dans ses comportements d’achat.
Et puis, il y a la coutume de l’argent de poche offert par les
parents, grands-parents et autres pendant les périodes des
fêtes. L’impact est moins fort avec un versement par carte
de crédit que la traditionnelle enveloppe avec les billets. ●
Julien Semninckx
14 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
© Getty
׉	 7cassandra://B9SFsdtmlZUgwhszC4UYJ-1IjWdBdsi3gE-f5juEvpM) ` ]׼<V]g׉E« Lire, lire, lire ! »
Open Source
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« Un esprit sain dans un corps sain », dit
l’adage. Dans notre société moderne, le
corps fait l’objet de toutes les attentions.
Il est en effet indispensable d’éduquer
la population quant à l’importance
d’une activité physique régulière, nous
protégeant contre les problèmes cardiovasculaires,
l’obésité, les courbatures et
autres dangers de la vie moderne.
Mais l’esprit, on n’en parle pas assez.
Je ne vais pas me lancer dans une critique
de la qualité actuelle de l’enseignement car,
malgré les nombreux débats, on ne peut faire à ce stade
qu’un grand constat d’impuissance. Parlons de l’esprit
des adultes.
qu’ils n’ont pas le temps de lire, ou plus
exactement pas la concentration pour
lire lorsqu’ils rentrent chez eux. Bien
sûr, mais… si on se réfère au concept
de plasticité cérébrale, au plus on
lit, au plus notre cerveau développe
Giles Daoust,
CEO de Daoust et Title Media
cette capacité de concentration qui
nous manque aujourd’hui. Il faut donc
commencer par lire un petit peu, le soir,
au lit, le week-end, pour voir rapidement
se développer sa capacité à lire. C’est
un cercle vertueux.
La plasticité cérébrale est un principe important en
neurosciences, malheureusement mal connue du grand
public. Elle signifie que la capacité de notre cerveau (notre
intelligence) n’est pas fixée d’avance, et peut augmenter
(ou réduire) avec le temps – ou plutôt avec les bonnes
(ou mauvaises) pratiques.
Autrement dit, pour développer son intelligence, il
faut « entraîner » son cerveau. Bien évidemment, tout
commence par une activité professionnelle, qui met la
machine cérébrale en marche au quotidien (l’apathie
intellectuelle résultant d’un chômage ou d’une retraite
inactive, est toxique). Mais il faut se méfier du quotidien,
car toute routine suffisamment répétitive nuit au
développement du cerveau. Il faut donc « sortir de sa
zone de confort intellectuelle », et aborder fréquemment
de nouveaux horizons. Dans la sphère professionnelle :
un nouveau job, gravir les échelons, un nouveau projet
ambitieux... Dans la sphère privée : un nouveau hobby,
visiter un pays, apprendre une discipline artistique… Ou
tout simplement… lire. Lire, lire, lire.
Dans nos vies modernes, la lecture est parfois la seule
activité que l’on peut encore « glisser » dans notre planning
chargé. Évidemment, nombreux sont ceux qui diront
Lire oui, mais lire quoi ? Peu importe ! Avant tout, il
faut lire ce qui nous intéresse en ce moment. Bandes
dessinées, romans, essais, biographies, ouvrages
scientifiques, livres d’art… Si on ne trouve pas l’inspiration,
aller se promener dans une librairie ou sur un site de
vente en ligne suffit à la trouver rapidement. Il ne faut
jamais hésiter à acheter deux ou trois livres qui attirent
notre attention, sans forcément savoir si on les lira tout de
suite. Et il ne faut jamais se forcer à finir un livre qu’on
n’aime pas. La lecture doit rester un plaisir.
Personnellement, je suis friand de biographies et d’essais,
car ils permettent de découvrir une personnalité ou un
sujet, et les réflexions de l’auteur, mais surtout car ils
contiennent souvent des références à d’autres livres. Ceci
crée une sorte de domino-cascade de lecture, un livre
en entraînant un autre, et ainsi de suite. Un véritable
voyage de l’esprit.
Il faut veiller à éduquer les deux parties de son cerveau :
l’hémisphère gauche, en charge des activités rationnelles
et logiques ; et l’hémisphère droit, en charge des activités
créatives et émotionnelles. Il ne faut pas lire que des livres
« sérieux »… ni que des bandes dessinées. Il faut lire de
tout, au gré des envies. Et sortir le plus souvent possible
de sa zone de confort intellectuelle.
Notre cerveau est notre organe le plus puissant. S’il est
fort, il nous fera vivre plus longtemps ! ●
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 15
D.R.
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L’écolabel européen est-il pour vous ?
Reconnaissable à sa fleur étoilée, applicable à une trentaine de catégories de produits,
l’EU Ecolabel identifie des produits et services qui se distinguent par leur impact réduit sur l’environnement et la santé.
Si vous remplissez ses critères, pourquoi ne pas demander le label ?
L'
histoire de la petite fleur
européenne remonte à 1992.
À l’époque, il existe déjà des
labels écologiques plus ou moins bien
établis, mais dont la portée reste souvent
nationale : Blauer Engel (Allemagne),
NF Environnement (France) ou encore
Nordic Swan (Scandinavie). D’autres
ne s’appliquent qu’à une catégorie de
produits (AB, pour l’agriculture bio).
L’objectif de l’écolabel européen est
alors d’améliorer l’information et les
choix des consommateurs, mais aussi
d’encourager les fournisseurs à adopter
une démarche durable en leur offrant un
écolabel significatif, identifiable partout
en Europe et pour un maximum de
produits.
Aujourd’hui, 28 ans plus tard, plus de
37.000 produits vendus dans l’Union
Européenne affichent l’EU Ecolabel.
Un label fondé sur la réduction des
impacts négatifs de la production et de
la consommation sur l'environnement, la
santé publique, le climat et les ressources
naturelles, à travers une série de critères
stricts. Des critères issus d'études
scientifiques et d'une vaste concertation
avec des ONG environnementales, des
associations de consommateurs, des
unions professionnelles, des PME et des
intermédiaires.
Gage d’excellence, l’écolabel européen
se veut en outre sélectif, en distinguant
les produits les plus performants : les
critères sont donc régulièrement revus de
sorte que seuls 10 à 20 % des produits
mis sur le marché puissent y prétendre,
dans un but d’amélioration permanente.
La fleur européenne s’applique à une
trentaine de catégories de produits
répartis en sept groupes : appareils
domestiques, nettoyage et hygiène,
produits du papier, vêtements, maison
et jardin, lubrifiants, et enfin services
touristiques. D’autres catégories sont à
l’étude : produits financier, alimentation,
immeubles de bureaux…
La démarche de labellisation est
volontaire : l’écolabel n’est pas attribué
d’office ; c’est aux producteurs (fabricants,
importateurs ou intermédiaires) de le
demander. Pour l’obtenir, il faut procéder
en trois étapes :
1
Vérifiez s'il existe des critères pour
votre produit : L’EU Ecolabel tient
compte du cycle de vie complet
du produit, depuis le prélèvement
des matières premières jusqu'au
stade du déchet, ce qui implique
des impacts différents, à divers
stades du cycle et selon les familles
de produits. C’est pourquoi les
critères d’attribution varient pour
chacune de ces familles. Pour les
produits imprimés, par exemple,
ils concernent notamment la
composition des encres, les produits
de lavage des presses, etc. La liste
des critères, pour chaque catégorie,
se trouve sur le site européen de l'EU
Ecolabel. Vous y trouverez aussi
un ‘User Manual’ pour vous aider à
préparer votre dossier.
2
16 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
Introduisez votre dossier auprès de
l'instance nationale compétente :
En Belgique, il s’agit du SPF Santé
publique, Sécurité de la Chaîne
alimentaire et Environnement.
Elle peut être consultée via le site
www.ecolabel.be. L’introduction du
dossier implique des frais uniques,
allant de 200 à 2000 euros selon
la taille de l’entreprise, auxquels
s’ajoutera une redevance annuelle,
soit forfaitaire, soit calculée selon
la valeur du produit, mais toujours
plafonnée. Les entreprises certifiées
EMAS ou ISO 14001 bénéficient de
réductions.
3
Faites-vous labelliser : L'instance
nationale examine la demande ;
si les critères sont respectés, l'EU
Ecolabel est attribué et un contrat
est établi entre cette instance et
le demandeur, qui reçoit aussi un
numéro de licence.
Les consommateurs, quant à eux,
peuvent se référer au catalogue en
ligne des produits labellisés, sur
http://ec.europa.eu/ecat. ●
Emmanuel Robert
Info : https://ec.europa.eu/
environment/ecolabel
www.ecolabel.be
D.R.
׉	 7cassandra://I0dfnkeGqBMGEPLCPJ3aMcR3E6LAo3x5BJXiJBzXXHw&` ]׼<V]g׉EInternational
Quel impact des
taxes US sur
les entreprises
bruxelloises ?
Depuis la mi-octobre, les États-Unis lèvent des taxes
d’importation sur de nombreux produits européens.
Quel en sera l’impact pour l’économie belge et les
entreprises bruxelloises ?
Mais d’autres produits, surtout alimentaires, sont concernés.
Les liqueurs et sirops produits par ces quatre même pays et
l’Irlande se voient taxer de 25 %. Même taux pour les vins
français, allemands et espagnols. Également pour le whisky
et le textile venant du Royaume-Uni. Pour l’Allemagne, même
tarif à 25 %, notamment sur le café torréfié, différents matériels
optiques et photographiques, outils et produits industriels.
Les livres, biscuits et gaufres venant de ces deux pays seront
également taxés à 25 %. Suivent encore d’autres taxes pour
l’ensemble des pays de l’UE (ou certains d’entre eux) sur l’huile
d’olive, divers fromages, le porc, le yaourt, le beurre, le saumon,
les moules et crustacés, différents fruits et jus.
L
e conflit remonte à 15 ans : en 2004, les États-Unis
dénonçaient un accord européen de 1992 sur des
subventions dans l’aéronautique. Washington accusait
la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne d’accorder
des subventions illégales à Airbus, faussant la concurrence
avec l’Américain Boeing. Plainte avait été déposée auprès
de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), réclamant
de pouvoir taxer en compensation des produits européens à
concurrence de 11,2 milliards de dollars. À celle-ci succédait
une plainte européenne contre les États-Unis pour une aide
similaire de 19,1 milliards à Boeing.
Pour la première plainte, l’OMC a tranché ce 2 octobre 2019,
en faveur des États-Unis. Elle évalue le préjudice à 7,5 milliards
de dollars et autorise l’Oncle Sam à lever des droits de douane
sur les produits européens à hauteur de ce montant. Décision
immédiatement appliquée par Donald Trump : Washington a
publié la liste de 150 catégories de produits surtaxés dès le
18 octobre.
Certaines taxes américaines visent l’ensemble des pays de l’UE,
d’autres spécifiquement la France, l’Allemagne, le RoyaumeUni
et/ou l’Espagne. Première taxe à l’importation (de 10 %) : les
avions civils fabriqués par ces quatre pays, partenaires d’Airbus.
Un impact limité pour la Belgique
Quelles implications pour la Belgique ? Très limités : selon le
SPF Finances, ces droits supplémentaires ne concernent guère
que 0,1 % de nos exportations vers les USA, pour une valeur
moyenne de 13,6 millions d'euros par an (les produits belges
directement concernés comprenant des fruits et préparations
à base de fruits, certains produits laitiers, les mollusques et…
les saucisses).
Fevia, la fédération de l’industrie alimentaire belge, précise :
« Ces sanctions américaines auront des conséquences sur
l’exportation d’une série de fromages frais belges, avec un
impact estimé à 3 millions d’euros. Une mauvaise nouvelle pour
ces entreprises, mais l’impact direct n’est pas trop élevé pour le
secteur ». Et d’ajouter : « Dans la liste des produits touchés (…),
il est aussi question de la viande de porc. Mais selon la Febev,
la fédération de la viande belge, il n’y a plus d’exportations de
viande de porc vers les États-Unis depuis 2001. »
« Au premier semestre 2019, 17 % des exportations bruxelloises
vers les États-Unis concernaient le secteur alimentaire », indique
hub.brussels, l’Agence bruxelloise pour l’Accompagnement
des Entreprises. « Nous ne voyons pas un seul produit qui
tomberait dans la catégorie des produits concernés par les
nouveaux droits d’entrée. Cette année, les produits que les
sociétés bruxelloises exportent déjà ou désirent exporter vers
les États-Unis sont, entre autres, le chocolat, les sauces, les
biscuits, les bières, le champagne, le ketchup, les gaufres, l’huile
d’olive, les produits pour bébé et le sel naturel. Ces produits
ne sont pas concernés par les mesures. »
Des taxes qui, en revanche, sont appliquées à d’autres pays
pour certains de ces produits. De là à rendre les produits belges
et bruxellois plus concurrentiels…
Julien Semninckx
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 17
© Getty
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« Intégration
et flexibilité,
les sésames du
nouveau monde du
travail à Bruxelles »
Martine Tempels dirige Telenet Business.
Elle est aussi, ce mois-ci, la rédactrice en chef
invitée de Bruxelles Métropole. Elle estime que les
entreprises bruxelloises sont confrontées aux défis
RH de l’intégration et de la diversité,
sans oublier les aspirations de liberté des jeunes
travailleurs dans leur carrière.
Quels sont les grands défis d’aujourd’hui, selon
vous ?
Je constate le recul progressif du chômage à Bruxelles, d’année
en année. De nombreuses initiatives positives guident
les jeunes vers le marché de l’emploi. Je pense notamment
aux formations numériques très accessibles qu’organisent
MolenGeek et BeCode, ou encore les initiatives de mise à
l’emploi chez Actiris. Le taux d’emploi est monté de 58 %
en 2014 à 61 % l’année passée. C’est bon, mais encore trop
lent. Un des défis consistera à gérer l’afflux de millennials
et leur procurer de la satisfaction professionnelle.
Il y a pourtant pénurie sur le marché de l’emploi.
Les entreprises se démènent pour attirer les
talents. Quelle perception en avez-vous ?
Responsabilisons davantage les nouvelles générations, dès
le stade du recrutement. À Bruxelles la cosmopolite, on se
cramponne encore trop souvent au bilinguisme obligatoire
français-néerlandais. Je reverrais ces exigences à la baisse,
compte tenu du contexte international et multiculturel de
la capitale, avec l’anglais comme ‘lingua franca’ dans de
nombreuses entreprises. Je préconise par ailleurs davantage
de coaching ‘on the job’ et d’attention pour les compétences
des travailleurs. Plus une entreprise opte pour la diversité
18 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
Martine Tempels, directrice de Telenet Business
et rédactrice en chef invitée de notre dossier RH,
travaille depuis près de 11 ans chez cet opérateur
télécom. Elle a créé de nombreuses initiatives, ces
dernières années. Citons notamment CoderDojo
Belgium. Elle a également été élue ICT Lady of the
Year. Martine Tempels est native du Limbourg mais
habite à Bruxelles depuis plus de 40 ans.
des profils, des intérêts et des qualités, plus elle gagne en
intégration, créativité et innovation.
Les entreprises bruxelloises s’engagent-elles
insuffisamment dans cette voie ?
Bruxelles n’exploite pas suffisamment sa belle diversité. Je
prends l’exemple de KBC, avec 39 nationalités présentes
dans son personnel. Le sait-on suffisamment ? Il a été
prouvé que les entreprises qui jouent la carte de l’intégration
sont plus performantes. La diversité élargit le champ
de vision et ouvre de nouvelles perspectives. Cela stimule
l’innovation et améliore les résultats. Nous essayons, au
sein de Telenet, d’intégrer totalement la diversité dans
notre culture d’entreprise. Nous nous efforçons, à force
de formations, de sensibiliser essentiellement les cadres
moyens à la plus-value de la diversité. Ils pourront ainsi
faire figure d’exemples et de modèles, et diffuser cette
attitude au sein de leur équipe.
© Belga
׉	 7cassandra://dP9BO18ljat-tWxxDhNL8mmIWWBjFV-TUgiJ0BaFgi4$.` ]׼<V]g׉EGérer les talents
La diversité et l’intégration sont donc plus
importantes que jamais ?
Oui, même si cela ne se fera pas du jour au lendemain.
Un management intégré du personnel commence par une
bonne gestion des talents. On les attire idéalement avec
une politique de recrutement très ouverte. Des partenariats
structurels avec des organisations de promotion de
la diversité peuvent faciliter la démarche. Sensibilisons
aussi les recruteurs à cette dimension. Ou faisons appel
à des recruteurs eux-mêmes issus de la diversité, ce qui
conduit automatiquement à davantage d’ouverture. Par leur
implantation dans la métropole, les entreprises bruxelloises
détiennent tous les atouts pour tirer profit de cette situation.
Je ne peux que le leur conseiller. D’autant plus que celui
qui refuse aujourd’hui la diversité et l’intégration, aura le
plus grand mal à survivre dans l’avenir.
Mais en soi, cela ne suffira pas à faire la
différence ?
Non, les modes de travail doivent changer également, avec
plus de flexibilité. Une nouvelle génération envahit le marché
du travail. Elle veut travailler et gérer son temps de façon
télétravail et des bureaux décentralisés, plus proches du
domicile. Les start-ups s’alignent sur cette tendance. Elles
ont bien compris l’enjeu.
Comment voyez-vous évoluer notre mode de
travail, sur le plan des ressources humaines ?
Je vois surtout du potentiel dans le mode de travail ‘agile’,
par lequel l’entreprise affecte des petites équipes multidisciplinaires
à des projets spécifiques. C’est ce que nous faiRéunion
de rédaction avec, de gauche à droite :
Cécile Huylebroeck (Conseillère Emploi Beci), Gaëlle
Hoogsteyn (journaliste freelance), Emmanuel Robert
(Media Coordinator Beci) et Frédéric Simon (Conseiller
Social Beci).
plus autonome. On doit donc lui permettre d’harmoniser
au mieux la vie privée et le travail. Je vois des gens qui
quittent Bruxelles en raison de problèmes de mobilité. Les
entreprises doivent davantage s’adapter à la façon dont
la nouvelle génération perçoit le monde, faute de quoi, le
jeune potentiel risque de leur échapper. Je recommande
une culture d’entreprise davantage axée sur l’initiative,
ainsi qu’un environnement de travail plus souple, avec du
De gauche à droite : Xavier Dehan (Sr Corporate
Affairs Manager Telenet), Anaëlle Gokalp (Sr Marketing
Manager Telenet), Martine Tempels (VP Telenet) et
Peter Van Dyck (journaliste freelance).
sons chez Telenet, avec succès d’ailleurs. Du coup, la communication
change également ; elle se fait plus concrète.
Les collaborateurs reçoivent davantage de liberté et de
responsabilités. Ils ont envie de se développer davantage
et de rester dans l’entreprise. Voilà où se trouve l’avenir,
surtout dans une métropole telle que Bruxelles. Nous avons
les atouts. À nous de les exploiter au mieux ! ●
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 19
© Belga
© Belga
© Belga
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Bruxelles est la deuxième ville la plus cosmopolite
du monde, après Dubaï. À la diversité des langues et
des origines se superposent la variété des niveaux de
formation et une population qui rajeunit. Cette diversité
est l’une des clés de la résilience des entreprises, car
elle les prépare à mieux affronter les défis de l’avenir.
Malgré tout, les chiffres prouvent que la diversité en
entreprise n’est pas encore acquise. Pourquoi ?
Et comment faire changer les choses ?
C
aroline Mancel, Directrice générale adjointe d’Actiris,
l’affirme : « Assurer la diversité en matière d’emploi
à Bruxelles est essentiel, compte tenu de la réalité
de terrain. Il reste beaucoup de chemin à parcourir, car
les inégalités sont énormes. » Pour appuyer ses dires,
elle se base sur une enquête réalisée par view.brussels
(l’Observatoire bruxellois de l’emploi et de la formation)1
:
« Le principal constat de cette étude est qu’il est vraiment
plus difficile de trouver un emploi quand on est d’origine
étrangère, et ce, malgré le fait d’avoir des qualifications.
À Bruxelles, 8 chercheurs d’emploi sur 10 sont d’origine
étrangère. Si l’on y ajoute le fait d’être une femme, de porter
le voile, d’être jeune… la difficulté augmente encore. Plus on
combine de facteurs de diversité, plus on est discriminé »,
explique Caroline Mancel. « Ce sont les jeunes d’origine
subsaharienne qui ont le plus de difficultés à trouver un
travail malgré leur présence plus importante dans les
formations. Le taux de chômage des personnes d’origine
de la résilience des entreprises
maghrébine et africaine est par ailleurs 3 à 4 fois plus élevé
que celui d’un ‘Belgo-Belge’. Enfin, à diplôme égal, les
personnes d’origine non-européenne ont plus de difficultés à
trouver un emploi. Les femmes sont également globalement
plus vulnérables. »
Cette discrimination ne concerne pas que l’embauche. Dans
les hautes écoles professionnalisantes où un stage est prévu,
elle apparaît déjà. Colette Malcorps, directrice-présidente de
l’Ephec, confirme : « Certains étudiants issus de la diversité
nous rapportent que, lorsqu’ils postulent pour des stages,
ce n’est pas toujours simple. J’ai la faiblesse de croire qu’en
les préparant au mieux, en leur apprenant les codes de la vie
en entreprise, en les mettant dans un projet professionnel
durant leurs études, etc., on leur donne par la suite plus de
chance de franchir les différentes barrières qui pourraient
se présenter. »
Même lorsqu’on est bien diplômé, la discrimination sévit.
Veronica Rocha, native du Grand-Duché de Luxembourg et
originaire des îles du Cap-Vert, en est la preuve. Arrivée en
Belgique pour faire ses études, Veronica débute sa carrière
dans la communication tout en menant à bien différentes
activités journalistiques. Durant 9 ans, elle sera attachée
de presse puis coordinatrice de la cellule communication
du CNCD (la coupole des ONG). Depuis 2015, elle produit
une WebTV et est actuellement administratrice déléguée
1
« Profil et trajectoire des chercheuses et chercheurs d’emploi en Région de
Bruxelles-Capitale. Monitoring selon l’origine nationale ». Cette étude est la première qui
intègre la nationalité comme variable et la croise avec d’autres éléments tels que genre,
âge, niveau d’études, etc.
20 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
© Belga
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adjointe de FedeWeb, la Fédération des Webmédias. Un
beau parcours, qui a toutefois été semé d’embûches :
« Notamment par rapport à mon envie d’être journaliste,
le fait d’être une femme de couleur m’a vraiment freinée.
Aujourd’hui, on parle de plus en plus de diversité dans les
médias, mais à l’époque ce n’était pas le cas. En 2001, la
télévision n’était pas vraiment prête à mettre des personnes
de couleur à l’antenne. Venant du Luxembourg, ma
première impression était que Bruxelles était une ville très
multiculturelle où les choses seraient différentes. Toutefois,
j’ai vite constaté qu’il y avait encore du chemin à parcourir »,
raconte-t-elle.
Des mesures existent déjà
Les chiffres sont là et les problèmes ne sont pas neufs. C’est
pourquoi, depuis de nombreuses années, diverses mesures
ont été mises en œuvre pour encourager la diversité (de
nationalité, mais aussi de genre, d’âge ou de niveau de
diplôme) au sein des entreprises.
Ainsi, Actiris réalise depuis 2008 des plans de diversité.
« 225 plans diversité ont été réalisés, touchant près de
90 000 travailleurs en Région bruxelloise. Toutes les actions
qui découlent des plans sont cofinancées par Actiris à
concurrence de maximum 10 000 €. Dans la déclaration
gouvernementale bruxelloise, on peut lire que les aides
publiques pourraient, à l’avenir, être conditionnées à la mise
en place d’un plan diversité. Cela pourrait être une belle
avancée, mais nécessiterait que l’on nous donne plus de
moyens », explique Caroline Mancel. Actiris dispose par
ailleurs d’un guichet anti-discrimination, où les chercheurs
d’emploi qui s’estiment discriminés peuvent consulter un
conseiller. « Nous-mêmes essayons d’être exemplaires
en matière de diversité », assure Caroline Mancel.
« Actiris compte aujourd’hui 1 582 employés issus de 25
nationalités. Un employé sur deux est d’origine étrangère.
Nous employons par ailleurs 66 % de femmes et cellesci
sont aussi représentées au sein de la direction. L’une
de nos recommandations est d’ailleurs que cette diversité
soit accrue au sein des autres institutions publiques pour
montrer l’exemple aux entreprises. »
Veronica Rocha confirme : Bruxelles-Capitale soutient
de nombreuses initiatives pour stimuler l’économie. « Il
existe de nombreuses aides financières, notamment pour
ceux qui souhaitent lancer leur projet, comme la couveuse
d’entreprises. Pour les personnes issues de la diversité
qui ne trouvent pas leur place sur le marché de l’emploi
parce qu’elles subissent des discriminations, c’est sans
aucun doute une piste à suivre. J’invite ces personnes, qui
se sentent bloquées ou discriminées, à réfléchir à leurs
22 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
Colette Malcorps (à gauche) et
Emmanuelle Havrenne.
passions, à leurs talents et à se demander comment en faire
quelque chose qui créera de la valeur. Mais j’invite également
les employeurs à se demander si le potentiel issu de la
diversité doit forcément se traduire en entreprenariat… »
Sensibiliser les jeunes, acteurs de demain
En dehors de la nationalité, les différents niveaux de formation
posent aussi problème à Bruxelles : « Nous sommes une
économie tertiaire où le diplôme est important. Mais dès
lors que l’on ne peut pas faire reconnaître son diplôme, cela
pose problème », explique Caroline Mancel. Actuellement, la
reconnaissance d’un diplôme étranger coûte cher et prend
du temps, sans garantie de résultat. « Nous plaidons pour
la gratuité de la procédure ainsi que pour une validation
plus simple. Nos conseillers sont parfois ahuris de voir des
médecins spécialisés d’origine étrangère travailler comme
veilleurs de nuit, car ils n’arrivent pas à faire reconnaître leur
diplôme. » Emmanuelle Havrenne, administratrice déléguée
de l’Ephec, partage cet avis : « À Bruxelles, il y a une grande
disparité dans le niveau de formation des travailleurs.
Dans ce cadre, toutes les formations en promotion sociale
organisées dans les établissements scolaires ou par
Bruxelles Formation constituent une partie de la solution.
Au sein de l’Ephec, nous constatons que la population en
promotion sociale tend à rajeunir, ce qui prouve que les
jeunes sont de plus en plus désireux de se former, même
s’ils ont à un moment donné quitté le système. » Et Kristien
Depoortere, directrice de l’Ephec - Promotion sociale,
d’ajouter : « Dans nos formations de promotion sociale,
je constate que l’intégration de tous se fait naturellement.
Les étudiants viennent chacun avec leur vécu, leur culture,
leurs croyances. Les compétences acquises permettent
de s’insérer ou de se réorienter assez facilement dans le
monde professionnel et ceci indépendamment de certains
éléments qualifiés de discriminatoires. »
D.R.
׉	 7cassandra://ZJ7C81lIPTHPS4rDuXSdSI9oV94IqhTZ5Z2OTqh7K0k%` ]׼<V]g׉E!Gérer les talents
Les écoles jouent un rôle-clé dans la sensibilisation des
futurs travailleurs. Colette Malcorps explique : « À l’Ephec,
nous avons une approche volontariste par rapport à la
diversité. Ainsi, nous avons ajouté à notre programme des
compétences à l’international, y compris l’international ‘at
home’. Nous avons un public d’étudiants très diversifié.
Dans la pratique, nous faisons en sorte que ces étudiants
soient obligés de travailler ensemble, de coopérer, d’écouter
d’autres façons de travailler et de réagir. Nous intégrons
la notion de diversité comme un élément important
d’apprentissage et nous demandons à nos professeurs
d’aborder spécifiquement cet aspect durant leurs cours. »
Et Emmanuelle Havrenne de poursuivre : « Il faut inculquer
l’importance de la diversité dès les études, car d’ici 10 ou
15 ans, ce seront peut-être ces étudiants qui seront amenés
à recruter du personnel. On veut éveiller leur conscience
et leur faire vivre une vie étudiante où la diversité est
importante, ce qui la rendra plus tard beaxucoup plus
naturelle au travail. »
Les entreprises ont tout à gagner
Face à ces différents constats, Caroline Mancel estime
qu’Actiris doit agir radicalement et utiliser les accordscadres
sectoriels pour renforcer les actions contre la
discrimination. « Même si nous avons déjà fait beaucoup,
nous devons aller plus loin. En dehors de l’injustice pour
les personnes concernées, la discrimination a aussi pour
conséquence de ralentir l’économie et d’augmenter le
‘mismatch’ entre l’offre et la demande d’emploi. » De
nombreuses offres d’emploi restent en effet vacantes.
Pour Caroline Mancel, il faut se demander pourquoi : estce
parce que les employeurs sont trop focalisés sur les
‘Belgo-Belges’ ? Ont-ils peur qu’une femme fasse mauvaise
impression au client ? « Notre message aux employeurs est
que nous sommes là pour les aider à mettre en place un
plan diversité », dit-elle.
Assurer la diversité
en matière d’emploi est
essentiel compte tenu de
la réalité de terrain. (…) À
Bruxelles, 8 chercheurs
d’emploi sur 10 sont
d’origine étrangère.
Par ailleurs, contrairement
à Bruxelles, la population en
Flandre est vieillissante. Le flux
Caroline Mancel (Actiris)
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 23
de navetteurs vers Bruxelles diminue déjà. « Notre souhait
est que les trains qui amènent les navetteurs de Flandre et
Wallonie à Bruxelles repartent dans l’autre sens remplis de
travailleurs », reprend Mme Mancel. « La Flandre a besoin
de Bruxelles, mais ce n’est pas facile à faire comprendre
aux employeurs, à cause des préjugés et également pour
des raisons linguistiques. Mais là aussi, des solutions sont
mises en place. »
« De manière assez naturelle, l’homme résiste au
changement. Pourtant, la diversité est une opportunité pour
les entreprises », assure Veronica Rocha. « Les entreprises
d’aujourd’hui ont besoin de créer de la valeur dans un
monde aux ressources limitées et en pleine mutation. La
Les entreprises
d’aujourd’hui ont besoin
de créer de la valeur
dans un monde aux
ressources limitées et
en pleine mutation. La
diversité peut être la clé
de leur résilience.
diversité peut être la clé
de leur résilience car elle est
source d’innovation, elle facilite des
approches différentes. Par ailleurs,
la diversité en entreprise fait vraiment partie des attentes
de la nouvelle génération de travailleurs. C’est donc un outil
de recrutement et de rétention important. Mais cela ne se
fera pas du jour au lendemain. Les entreprises doivent
opérer un changement profond en matière de stratégie
et de philosophie. »
Veronica Rocha
Emmanuelle Havrenne conclut : « Le premier principe en
matière de ressources humaines est de mettre la bonne
personne à la bonne place. Toutefois, dans un monde qui
se complexifie et devient plus global, assurer la diversité
est primordial. Car elle peut accroître la créativité, l’agilité,
la compréhension de certaines problématiques, des
attentes des clients, etc. À compétences égales entre deux
candidats, il faut se demander ce qui est le plus souhaitable
pour l’organisation, en fonction des profils déjà présents
au sein de l’entreprise. » ●
Gaëlle Hoogsteyn
D.R.
D.R.
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« Les entreprises
doivent être
Défi digital :
plus hardies
et s’épauler
mutuellement »
Elles ont une passion et une ambition en commun :
rassembler des jeunes et les immerger avec plaisir dans
l’univers digital. Martine Tempels, à la tête de Telenet
Business et présidente de CoderDojo Belgique, et Karen
Boers, dirigeante de BeCode, se sont réunies pour Beci.
Virtuellement, par vidéo interposée. « Car, dans
un monde bourré de technologie, il est absurde de
s’infliger des embouteillages pour une interview
parfaitement faisable par voie digitale. »
Vous rassembler physiquement était compliqué,
à cause de vos agendas respectifs, fort chargés.
Heureusement qu’il y a Skype ! Pour vous, cela
va de soi. Mais pas pour tout le monde, n’est-cepas
?
Martine Tempels : En effet. L’entreprise qui se digitalise
sérieusement doit donner l’exemple. Dès l’instant où une
conversation est possible via Skype ou Google Hangouts,
pourquoi demander aux gens de s’aventurer dans les
embouteillages ? La digitalisation sert à rendre les
entreprises plus innovantes et efficaces.
Karen Boers : Plus cela se concrétise dans l’environnement
de travail, plus les atouts deviennent évidents et
convaincants pour les entreprises et leur personnel. Mais
il subsiste des doutes.
Pourquoi les entreprises n’adoptent-elles pas
totalement la digitalisation ?
Karen : De mon expérience chez BeCode –où nous
formons des demandeurs d’emploi gratuitement à la
programmation – je retiens que beaucoup d’entreprises
24 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
‘tentent’ de digitaliser leurs processus d’entreprise, par
exemple leur administration RH. Pour le cœur de métier,
elles ne progressent guère et ne trouvent pas de solution.
Elles se demandent ce que deviennent les services au client
dans leur secteur à l’ère digitale. Elles attendent souvent
la venue d’un intervenant extérieur (parfois une start-up)
qui examine leur secteur sous l’angle de la digitalisation,
fournit une solution et puis file avec des clients. Alors que
les entreprises auraient pu régler tout cela elles-mêmes.
Souvent, elles n’osent pas, tergiversent trop longtemps.
Elles devraient y réfléchir de façon plus proactive.
Martine : Les entreprises doivent être plus audacieuses sur
le plan digital, et oser se réinventer. Chez Telenet Business,
nous aidons les indépendants à quitter leur zone de confort
digital. Nous les conseillons gratuitement pendant quelques
heures sur des sujets qui leur posent problème. Nous les
inspirons en mettant en avant des personnes audacieuses
en digital, comme ce boucher qui a construit lui-même un
frigo pour des colis à enlever. Grâce à un site internet et une
application, les gens peuvent commander leurs viandes et
charcuteries 24 h sur 24 et aller les chercher dans ce frigo.
Entretemps, divers boulangers, poissonniers et fromagers
ont commandé ce frigo chez le boucher en question. Ils
suivent la nouvelle tendance. Fantastique, cette influence
réciproque entre entrepreneurs !
Vous appelez les entreprises à oser la digitalisation
!
Karen : Trouvons d’autres manières de suivre la vague
digitale. Le secteur du notariat m’a agréablement surprise.
La Fédération du Notariat (Fednot) pressent qu’une partie
du travail réalisé aujourd’hui encore par les notaires, se fera
autrement dans un futur proche. Je pense notamment aux
modèles en ligne où les clients enregistrent leurs données
et qui rédigent automatiquement les actes et contrats. Le
© Getty
׉	 7cassandra://qItEWbASAC7bAkiorpgWhzfpBBIRWvWCUsbSZpPJmEY'` ]׼<V]g׉E`Gérer les talents
notaire n’est plus nécessaire pour ce type d’opération. En
revanche, les notaires disposent d’une kyrielle de données
valorisables : qui achète quoi et où se trouve l’essentiel du
capital, par exemple. Ils expérimentent à présent d’autres
moyens d’utiliser ces données pour fournir des services
totalement neufs aux entreprises et particuliers. C’est assez
intelligent comme démarche !
Martine : Il ne s’agit pas seulement d’oser, mais aussi d’être
plus hardi et d’innover avec de nouveaux produits qui vont
faire évoluer notre société positivement. Pour cela, il faut
oser faire le saut, penser hors du cadre et prendre d’autres
chemins. Citons la digitalisation des services de santé :
des robots peuvent veiller à ce qu’un patient prenne ses
médicaments, tenir la porte ouverte pour des personnes
à mobilité réduite ou les aider à se déplacer. Cela ne peut
qu’améliorer notre qualité de vie.
Mais comment inciter concrètement les entreprises
à prendre part à cette révolution digitale ?
Martine : Nous avons réalisé une étude auprès de plus
de 500 gérants belges. Au moins 66 % des PME belges
n’ont pas de programme pour entreprendre par la voie
digitale. Cela ne s’explique pas toujours par un manque
d’ambition ; plutôt par manque de connaissances et de
temps. Elles n’ont pas toujours accès aux entreprises qui
peuvent les seconder. Nous avons lancé en 2017 notre
projet ‘Accélération Digitale’ : une vingtaine d’experts
indépendants se rendaient gratuitement chez des
entrepreneurs et PME et les aidaient à promouvoir leur
affaire en ligne. Un vrai succès. Nous avons aidé plus de
2.500 entrepreneurs. Telenet Business tentera d’ici 2025
d’aider deux PME sur trois à établir un plan de digitalisation.
Karen : Nous devons surtout continuer à sensibiliser et
à accompagner les PME, car la digitalisation reste trop
vague pour elles. L’accompagnement se
ait en partie par des bureaux-conseils,
mais les entreprises n’ont souvent
pas les budgets requis ou le retour
sur investissement est insuffisant
et elles n’entreprennent pas la
démarche. C’est aux grandes
entreprises, à mon sens, de leur
montrer la voie dans l’économie
digitale. C’est ce que fait Telenet
: elle relève le défi et partage une
partie de ses connaissances.
Martine Tempels
(Telenet)
On sent de la résistance de la
part des travailleurs.
Martine : Il manque un modèle de coaching. Les pouvoirs
publics et les entreprises devraient collaborer pour introduire
ce coaching dans les entreprises et chez les employeurs
qui en ont besoin. Certainement à Bruxelles. Notre capitale
regorge de petites entreprises digitales ; il faut en tirer
parti. Prévoyons des moyens, collaborons, échangeons
les savoirs. Ajustons les compétences des employeurs
pour qu’ils puissent suivre. Récemment, une entreprise
luxembourgeoise a donné à plusieurs de ses responsables
financiers une formation en cybersécurité. C’est une façon,
pour une entreprise, d’être dans le mouvement.
Karen : Il
faut également que les
entreprises communiquent
ouvertement et clairement à
leurs employés les raisons des
changements digitaux. C’est
la seule manière de chasser
l’angoisse et l’incertitude.
Des entreprises qui ont une
culture de communication
ouverte, se digitalisent plus
facilement. Dans celles qui
ne communiquent pas dans la
transparence ou qui favorisent le
top-down, beaucoup d’employés
sont inquiets ou s’en vont. Plus une entreprise est productive
dans ce domaine, plus les employés participent au projet
de digitalisation.
Karen Boers (BeCode)
Comment les entreprises bruxelloises peuventelles
être digitalement meilleures dans l’avenir ?
Martine : Beaucoup d’entreprises bruxelloises qui
privilégient la diversité acceptent plus facilement le
tournant de la digitalisation. Dans une ville multiculturelle
comme Bruxelles, une souplesse envers le bilinguisme
obligatoire permettrait d’attirer plus de talents compétents
en digitalisation, tout en réduisant la pénurie sur le marché
de l’emploi.
Karen : La réorientation et la formation des travailleurs et
jeunes est cruciale. Je rencontre chez BeCode beaucoup de
jeunes gens qui s’estimaient incapables de programmer. Ces
personnes avaient souvent de gros problèmes et aucune
perspective d’avenir. Il est donc assez émouvant de voir
comment, via notre école, ces jeunes réussissent à démarrer
une carrière prometteuse. Nous avons démarré BeCode
en 2017. Au début, nous n’avions qu’une quarantaine
d’étudiants diplômés. À la fin de cette année, nous en
comptons déjà 500 ! Cela démontre, une fois de plus, qu’en
investissant dans la réorientation digitale des travailleurs,
on leur redonne confiance en eux. Ils partent enthousiastes
au-devant du monde digital. ●
Info : www.accelerationdigitale.be
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 25
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Comprendre
avant d’utiliser
« Les entreprises tiennent encore trop peu compte des
compétences modernes. Il manque une véritable culture
de l’apprentissage. » Guy Tegenbos, expert du STEM,
et Caroline Pauwels, rectrice de la VUB, débattent des
compétences du 21e
siècle.
L
e journaliste Guy Tegenbos se penche sur les
compétences du 21e
siècle, en sa qualité de viceprésident
de la plate-forme STEM (Science, Technology,
Engineering & Mathematics). Cette plate-forme conseille le
ministère flamand de l’Enseignement et voudrait remédier
à la pénurie de diplômés scientifiques et techniques. « Nous
voudrions que, d’ici 2025, chaque jeune acquière des
compétences technologiques par l’enseignement », déclare
Guy Tegenbos. « La Flandre encourageait jadis la pensée
critique et les compétences sociales, dans toutes les matières.
Cela n’a pas toujours fonctionné. Réfléchissons donc à la
transmission de ces compétences multidisciplinaires. Cela
justifie une approche sous l’angle de projets. L’éducation
aux médias ? Oui, mais c’est aussi une question de pratique.
Nous avons besoin d’autres formes d’apprentissage que le
transfert classique de connaissances. »
Les jeunes ont une longueur d’avance parce qu’ils sont des
digital natives. Ils jonglent avec les TIC, mais manquent
souvent d’éducation aux médias.
Ce que l’histoire nous enseigne
Caroline Pauwels, rectrice de la Vrije Universiteit Brussel,
met en garde contre une prépondérance des compétences.
Elles sont indissociables de la connaissance et de l’attitude,
dit-elle. Elle plaide donc pour la répartition des compétences
du 21e
siècle en quatre catégories. La première englobe
la pensée critique, créative, analytique et axée sur la
résolution de problèmes ; en soi la base de toutes les autres
compétences. « La pensée créative implique d’apprendre à
utiliser son imagination. La connaissance et les compétences
s’acquièrent, mais ne servent à rien sans l’imagination. La
critique historique est tout aussi indispensable. L’histoire nous
aide à démasquer les ‘fake news’. Montrez combien de fois
les gens ont déjà été induits en erreur dans le passé : cela
nourrira la pensée critique et analytique. L’histoire facilite
aussi la résolution de problèmes. Elle nous enseigne que les
meilleures solutions sont nées de la volonté de personnes
de collaborer. Quant à la pensée analytique, elle s’enrichira
par la grammaire. La priorité à l’enseignement des langues
– y compris du langage mathématique – ne me pose pas
problème, mais il faut bien connaître les règles sous-jacentes
des langues pour les comprendre. »
Il en va de même pour la deuxième catégorie, celle des
compétences numériques. « L’utilisation des technologies
digitales implique la compréhension des mécanismes qui les
régissent. Lorsque je donne cours, j’explique abondamment la
black-box derrière ce qui se voit. Il faut ouvrir cette boîte avant
d’utiliser quoi que ce soit. Ce n’est qu’ainsi que la technologie
aide vraiment à aller de l’avant. À la VUB, nous avons lancé
un ‘DataBuzz’ : nous nous rendons dans des écoles primaires
pour inciter les élèves à réfléchir à la vie privée, au temps
passé devant les écrans, mais aussi aux possibilités d’utiliser
la technologie pour l’analyse de données et pour les sciences
de la citoyenneté. Les élèves apprennent à détecter la logique
et les algorithmes derrière les appareils et à réfléchir à euxmêmes.
Nous devons étendre cette démarche à toutes les
tranches d’âge. »
Critique des préjugés
La troisième catégorie regroupe les compétences
socioculturelles requises dans un monde toujours plus
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 27
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globalisé. Caroline Pauwels s’en explique : « Des compétences
linguistiques, bien sûr, mais aussi la capacité à critiquer ses
propres préjugés. Les interactions socioculturelles sont
plus simples quand on comprend le contexte et parfois les
traumatismes qui induisent les réactions des gens. Sans
cela, pas de dialogue. L’apprentissage de la communication
interculturelle reçoit trop peu d’attention. On rencontre au
travail des groupes de personnes auxquels on n’est pas
forcément confronté dans la vie privée. Il faut pouvoir discuter
des différences ethniques, sociales et de genre pour éviter la
politique de l’autruche face aux problèmes de la diversité. »
La quatrième catégorie, enfin, est celle de l’autorégulation.
« On s’attend aujourd’hui à ce que vous réagissiez rapidement
aux messages électroniques, mais est-ce toujours le bon
réflexe ? Si on vous envoie de la boue, réfléchissez à votre
réaction. Vous seriez tenté de répondre dans le même registre,
mais vous pourriez décider de ne pas le faire. Notre utilisation
des médias sociaux nécessite davantage de contrôle de soi,
mais nous sommes encore loin d’y parvenir. »
Guy Tegenbos conçoit l’autorégulation comme un
apprentissage autodirigé. « Donnons aux jeunes les moyens
de développer leurs propres connaissances et compétences,
à leur rythme et avec des accents qui leur sont propres. Ils
devront de toute façon le faire au cours de leur carrière.
Celui qui est manipulé et docile en permanence n’apprend
pas l’autorégulation. Des entraîneurs appliquent déjà ce
principe dans les clubs de sport, mais dans le système
scolaire, beaucoup reste à faire. »
Offline, sans remords
L’apprentissage des compétences du 21e
siècle concerne
aussi les travailleurs seniors, par l’apprentissage permanent.
Quel est le rôle des entreprises, à cet égard ? Guy Tegenbos
cite une étude récente sur les compétences du 21e
siècle
dans les zones portuaires : Rotterdam, Terneuzen, Vlissingen,
Anvers, Gand et Zeebrugge. « L’examen des postes
vacants et des critères a révélé que les ports néerlandais
mentionnaient en moyenne quatre
compétences à détenir, alors qu’en
Belgique, il n’y en avait que deux.
Les entreprises réfléchissent
encore trop peu en termes
de compétences modernes.
Il n’existe pas de véritable
culture de l’apprentissage.
Trop peu d’employeurs ont
développé une politique de
Guy Tegenbos
carrière. Ils ne réfléchissent donc
pas systématiquement avec le
28 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
personnel au développement des compétences.
Des rumeurs circulent chez Microsoft
Google selon lesquelles les entreprises
ne suivent pas les logiciels les plus
récents. Et les travailleurs ne seraient
pas suffisamment incités à se former
en continu. Les employeurs estiment
que les collaborateurs prennent euxmêmes
l’initiative de se familiariser avec
les dernières versions des programmes
Microsoft. »
Caroline Pauwels
Pas question, pour Caroline Pauwels, de culpabiliser les
travailleurs. « Il y a beaucoup d’angoisse et donc aussi de
résistance, chez les gens. L’employeur doit savoir qu’une
mise à jour des compétences peut être anxiogène. Certaines
personnes refusent explicitement de poursuivre dans cette
voie, au point de créer un problème. Proximus et les banques
en sont un bel exemple : ces entreprises licencient du
personnel pour engager d’autres personnes qui détiennent
les compétences digitales requises. Peu d’entreprises
développent un parcours permettant aux collaborateurs de
suivre les développements tout en douceur. »
Les entreprises devraient également être attentives aux
modes de coopération et d’interaction différents qu’induit
l’informatique. « Nous avons une politique e-mail à la
VUB. Parfois, il faut être capable de ne pas réagir à de tels
stimuli. La communication à distance peut générer des
messages mal perçus. Nous constatons l’importance d’un
bon équilibre. Depuis que la vie privée et le travail empiètent
l’un sur l’autre, il faut être capable de se déconnecter. Cela
nécessite également des compétences, pour ne pas se sentir
coupable. »
Peter Van Dyck
Les compétences du
21e
siècle selon l’OCDE
➜ la pensée critique
➜ la pensée créative
➜ la réflexion axée sur la résolution de problèmes
➜ la réflexion informatique (comprendre comment
la technologie peut résoudre les problèmes)
➜ des compétences en information
➜ des compétences informatiques de base
➜ l’éducation aux médias
➜ la communication
➜ la collaboration
➜ les compétences sociales et culturelles
➜ l’autorégulation
D.R.
D.R.
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La validation
des compétences,
un processus win-win
Marie Deronchêne (à gauche)
et Séverine Deneubourg.
V
aloriser les compétences, c’est
investir dans son personnel et
dans les talents. En termes de
gestion des ressources humaines, cela
permet de faire évaluer et certifier vos
employés par un organisme externe,
d’identifier des besoins en compétences
et d’optimiser les parcours de formation,
d’améliorer vos processus de recrutement
et de mobilité internes et de vous assurer
d’une bonne transmission des savoirs
et savoir-faire, grâce à des tuteurs en
entreprise certifiés.
La validation des compétences
représente aussi une professionnalisation
de votre entreprise et de vos travailleurs.
Ce processus permet une amélioration
de la performance individuelle et
collective, augmente la motivation et la
fidélité de vos travailleurs qui se sentent
reconnus et soutenus dans leur évolution
professionnelle. Cela renforce aussi
l’image de marque et la compétitivité
de votre entreprise et vous permet de
vous positionner comme un employeur
attractif.
Par ailleurs, la validation des compétences
satisfait à des obligations légales propres
à votre secteur (certification, hygiène,
sécurité…) et peut constituer une preuve
de la maîtrise de compétences pour les
assurances en cas d’accident.
Plus de 50 métiers concernés
Concrètement, les épreuves de validation
Formations non diplômantes, formations en entreprise,
expérience de terrain… Actuellement, de nombreux travailleurs
disposent de compétences qui ne sont pas reconnues.
La validation des compétences permet d’officialiser ces dernières
au travers d’un Titre de Compétence et apporte de nombreux
avantages aux acteurs de l’entreprise.
peuvent avoir lieu au sein d’un des
Centres de validation agréés, ou au
sein même de votre entreprise suite
à la signature d’une convention avec
un Centre agréé. La validation des
compétences en entreprise présente de
nombreux avantages ; notamment un
gain de temps, des épreuves réalisées
dans un environnement familier et, dans
la mesure du possible, en situation réelle
et, enfin, une aide financière de 600 €/
épreuve pour les entreprises ayant
un site d’exploitation en Région de
Bruxelles-Capitale.
Lancée en 2003, la validation des
compétences permet de certifier
officiellement les compétences
professionnelles. Issu d’un accord
de coopération entre les trois
gouvernements francophones (Région
wallonne, Communauté française et
Commission communautaire française),
et encadré par les partenaires sociaux et
les cinq opérateurs publics de formation
professionnelle continue, le dispositif
est paritaire, fiable et construit sur
une démarche qualité. En 2019, plus
de 50 métiers (employé administratif,
maçon, coiffeur, cuisinier, conducteur
de chariot élévateur ou des métiers
plus intersectoriels comme le tuteur en
entreprise) sont accessibles dans plus de
15 secteurs différents. Plus de 48 000
titres de compétence ont été délivrés ces
dix dernières années.
Aujourd’hui, la validation des
compétences peut être une action
personnelle à l’initiative d’un travailleur
ou d’un chercheur d’emploi, ou une
action initiée et portée par les acteurs
de l’entreprise, intégrée à la politique
de gestion des ressources humaines,
dans une relation gagnant-gagnant
employeur-travailleur.
Valoriser les talents de vos collaborateurs,
c’est investir dans vos talents et dans
votre avenir ! ●
Séverine Deneubourg et Marie
Deronchêne, Chargées de mission
pour le Consortium de validation
des compétences.
Pour aller plus loin
Vous souhaitez en savoir plus sur
la validation des compétences du
personnel en entreprise ?
Rendez-vous sur le site du Consortium
de validation des compétences
ou prenez contact avec Séverine
Deneubourg (s.deneubourg@cvdc.
be - 0490/52 45 77) et/ou Marie
Deronchêne (m.deronchene@cvdc.
be - 0475/34 57 48).
Voir www.cvdc.be/entreprises
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 29
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Les avantages
de l’externalisation
des tâches RH
Le service RH est la clé de voûte de l’entreprise.
Mois après mois, il assure le calcul des salaires et
l’administration du personnel avec exactitude et précision.
Mais cet exploit mensuel requiert toujours plus de temps.
De ce fait, certains projets stratégiques sont de plus en plus
souvent reportés à une date ultérieure. Comment alléger
l'agenda de votre équipe RH, sans nuire à la continuité de
l’administration du personnel ?
(Coproduction)
L’externalisation peut offrir une solution
Pour nombre d’entreprises, l’externalisation des RH n’a toujours
rien d’une évidence. On objecte encore souvent que les résultats
sont (généralement) meilleurs lorsque les tâches sont effectuées
en interne. Pourtant, l'externalisation présente toute une série
d’avantages pour votre société et vos collaborateurs RH.
1 Croissance stratégique : L’externalisation de tâches
chronophages et répétitives permet de libérer du temps
et des ressources pour les tâches stratégiques essentielles
et les projets RH spécifiques à l’entreprise, qui lui apportent
une réelle valeur ajoutée. Peut-être votre politique salariale
doit-elle être revue ou devez-vous vous concentrer
davantage sur la guerre des talents. L'externalisation vous
apportera assurément un ballon d'oxygène.
2 Garantie de continuité : Le recours à un consultant
RH externe vous permet de garantir la continuité
de l’administration du personnel, y compris en cas
d’augmentation de la charge de travail, de congés,
d’absences pour cause de maladie ou de grossesse, etc. :
les renforts se tiennent toujours prêts.
3 De l’expertise en plus : Grâce à l’aide d’un consultant
RH, non seulement vous réduisez sensiblement la charge
de travail, mais vous pouvez compter sur une expertise
supplémentaire. La législation sociale est en constante
évolution. Avoir un spécialiste à vos côtés n'est donc pas
un luxe. Vous êtes ainsi assuré de respecter chaque mois
les nombreuses obligations légales en matière de salaires.
Quelles tâches externaliser ?
Les tâches RH peuvent être externalisées en tout ou partie.
Vous décidez quelles tâches vous souhaitez confier ou non à un
spécialiste externe. Certains processus sont plus fréquemment
externalisés que d'autres. Curieux de connaître les 4 tâches
les plus populaires ? Les voici :
1 Calcul du payroll : Largement en tête des tâches RH les
plus externalisées, le versement des salaires en temps et
en heure est essentiel pour une bonne entente avec vos
collaborateurs. Mais il s'agit également d'une tâche très
complexe.
2 Administration du personnel : Qui dit calcul des salaires
3 Administration des congés : Chaque type de congé doit
dit administration. Rédaction des contrats de travail, saisie
des horaires, enregistrement des heures supplémentaires…
Des sous-processus souvent chronophages, complexes et
source d’erreurs.
être demandé, approuvé et saisi dans le système payroll. En
conséquence, des erreurs ont vite fait de se glisser dans le
processus. Raison de plus pour faire appel à des spécialistes
externes disposant de l’expertise juridique adéquate.
4 Questions de droit social : Elles font peut-être un peu figure
d’exception, mais n’en constituent pas moins un processus
RH souvent externalisé. Ce qui n’a rien de surprenant :
chaque jour, le service du personnel reçoit d’innombrables
questions de la part de collaborateurs et de supérieurs
hiérarchiques. Et si un manque de connaissance ou
d’attention entraîne des erreurs, certaines actions peuvent
avoir des conséquences juridiques ou financières.
L’externalisation, une bénédiction
Vous pouvez externaliser ces quatre processus RH en même
temps, mais aussi n’en choisir qu’un ou deux. Car en la matière,
la règle d’or est la suivante : c’est vous qui décidez. Vous êtes
curieux de découvrir les autres avantages de l’externalisation
des tâches RH ? Téléchargez notre e-book et devenez, en un
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Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 31
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Travailleurs étrangers : vers la
simplification grâce au permis unique
Vous employez ou souhaitez employer des
travailleurs non ressortissants de l’UE ?
Vous devrez obtenir pour eux ce que l’on
nomme aujourd’hui le « permis unique »,
à la fois permis de travail et de séjour.
Les explications de Martin Laurent et Violette
Mouvet, avocats chez Claeys & Engels.
Quels sont les grands principes de cette réforme ?
V. M. : Le permis unique est une initiative européenne pour
la simplification des demandes de séjour et d’occupation des
ressortissants issus de pays tiers à l’UE. Auparavant, il y avait
deux autorisations différentes à obtenir pour ces travailleurs
en Belgique. En premier lieu, l’entreprise devait demander un
permis de travail auprès de la région compétente. Une fois
celui-ci obtenu, le travailleur devait lui-même demander une
autorisation de séjourner en Belgique. Avec le permis unique,
il n’y a plus qu’une seule demande et unicité du permis.
Quelle est la différence entre un permis unique et un
titre unique ?
M. L. : Le permis unique est destiné aux personnes qui
viennent travailler en Belgique pour une durée supérieure à
90 jours, tandis que le titre unique est destiné aux personnes
autorisées à travailler en Belgique en raison d’une situation
particulière de séjour. Par exemple les personnes reconnues
comme réfugiés, les étudiants étrangers ou des personnes
qui bénéficient du regroupement familial. Le public est donc
différent et la procédure également.
Peut-on parler de simplification ?
V M. : Oui, avec toutefois un bémol puisque
la durée de la procédure est passée
de quelques semaines à 4,5 mois.
Travailleurs et employeurs doivent
donc s’y prendre bien à l’avance,
y compris pour le renouvellement
des permis. Par ailleurs, comme
la demande est centralisée, il est
désormais nécessaire de récolter tous
les documents nécessaires en même
Violette Mouvet
temps.
32 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
Les Régions ont adopté leurs propres règles de
fond. Comment Bruxelles se positionne-t-elle ?
M. L. : Tout ce qui touche à la migration économique a été
régionalisé, mais jusqu’à présent, aucune initiative n’avait
été prise. Les Régions ont profité de la réforme du permis
unique pour modifier leurs règles de fond. Ainsi, la Flandre
et la Wallonie ont mis en œuvre des réformes ambitieuses,
notamment pour les métiers en pénurie.
Bruxelles, de son côté, a simplifié
certaines formalités administratives
pour les employeurs, par exemple
en permettant aux profils
hautement qualifiés d’obtenir une
autorisation de travail de trois ans
au lieu d’un. En outre, les Régions
ont été contraintes de transposer
certaines directives européennes
relatives notamment aux transferts
intra-groupes et aux stagiaires.
Martin Laurent
Cette régionalisation n’entraîne-t-elle pas un risque
de « shopping » ?
V. M. : En effet. Légalement, pour déterminer la Région
compétente, on tiendra compte en premier lieu de l’unité
d’établissement où le travailleur exercera. Si on ne peut
pas le déterminer, ce sera la localisation du siège central.
Toutefois, une entreprise qui dispose de plusieurs sites
pourrait, en quelque sorte, choisir la Région la plus favorable
pour l’éligibilité de sa demande. Plus les règles différeront
d’une Région à l’autre, plus ce risque de shopping sera
important. Veillez tout de même à ce que le lieu de la
demande corresponde à la réalité.
Comment se passe la transition ?
V. M. : Comme pour tout changement, le passage à ce
permis unique demande une période de transition. Au sein
des communes, par exemple, les employés ne sont pas
toujours à l’aise avec cette nouvelle procédure. Au niveau
des entreprises, le problème majeur est celui du nouveau
délai ; les employeurs se trouvent parfois un peu pris de
court. ●
Gaëlle Hoogsteyn
D.R.
D.R.
׉	 7cassandra://iXZLRE2VklBC7o9dAR8gUcnN2EYjZmZc3Pwd0oD-UY0!` ]׼<V]g׉EDes travailleurs formés selon vos besoins
Avez-vous des difficultés à recruter du personnel qualifié
? Avez-vous déjà songé à la formation en alternance ?
Une formation complète, qui allie hard et soft skills, dans le
contexte entrepreneurial. Une solution souple et adaptable,
qui offre le soutien nécessaire aux entreprises pour former
les perles rares dont elles ont besoin, le tout à faible coût.
Vous avez tout à y gagner !
La formation en alternance à Bruxelles :
un tremplin vers l’emploi
La formation en alternance, c’est sans conteste le meilleur
apprentissage pour entrer dans la vie active avec
un bagage de compétences concrètes. L’alternance se
compose d’un temps de formation en centre, mais surtout
d’une intégration professionnelle dans une entreprise.
Cette articulation des savoirs et des savoir-faire développés
dans ces deux pôles offre ainsi la possibilité aux
apprentis d’intégrer le monde de l’emploi avec toutes les
cartes en main.
Mais devenir un vrai professionnel, ce n’est pas simplement
maîtriser des compétences techniques, c’est également
maîtriser des savoir-être, des soft skills. S’intégrer
dans une structure, partager avec ses collaborateurs,
prendre du recul sur ses forces et ses faiblesses, tous
ces aspects sont au cœur de la formation en alternance.
À cela, on peut également ajouter la dimension entrepreneuriale
très présente dans la formation en alternance au
sein des PME de Bruxelles.
La formation en alternance, pour quel profil ?
La formation s’ouvre aux jeunes et aux moins jeunes, aux
chercheurs d’emploi, aux chercheurs d’emplois, aux personnes
en reconversion professionnelle, aux employés
ou aux chefs d’entreprises désireux de renforcer leurs
compétences.
En Région Bruxelloise, plus de 80 métiers sont représentés
dans l’offre d’alternances. Plus de 3.000 entreprises
partenaires de l’efp et du sfpme, accueillent et forment
aujourd’hui des personnes qui ont opté pour l’alternance.
Les évolutions qui touchent le monde du travail ont également
conduit à proposer chaque année plus de 10 nouvelles
formations. Celles-ci visent à proposer aux candidats
à l’alternance un apprentissage dans les métiers qui
constituent l’avenir du travail à Bruxelles et au-delà : on y
compte notamment les nouveaux métiers du numérique
ou des professions inscrites dans une logique écoresponsable.
La
souplesse qui caractérise le système de formation,
permet notamment de créer de nouvelles formations très
rapidement. Ainsi, l’efp et le sfpme restent à l’écoute des
structures innovantes pour adapter en permanence ses
offres de formation.
L’efp et le sfpme souhaitent étendre leur partenariat
avec de nouvelles entreprises
Bien que le nombre de 3.000 entreprises partenaires soit
important et permette d’offrir une offre de formation en
alternance honorable, l’efp et le sfpme restent néanmoins
à la recherche de nouvelles entreprises avec qui collaborer.
Les grandes absentes du dispositif de formation en
alternance restent les grandes entreprises et les grandes
institutions.
Si des entreprises, de tous secteurs, souhaitent que
l’efp et le sfpme créent de nouvelles formations ou qu’ils
adaptent les formations existantes pour répondre à un
besoin de leur marché, alors qu’elles n’hésitent prendre
contact. Le sfpme et l’efp trouveront la meilleure solution
pour faire avancer les choses et répondre aux demandes.
La formation en alternance, au final, c’est un partenariat
profitable tant à l’entreprise qu’aux apprenants, dont les
avantages se situent tant au niveau du secteur privé que
du secteur public.
Franchissez le pas, osez l’alternance !
Info :
www.efp.be
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le droit de chacun et l’affaire de tous
Tout le monde veut être heureux, y compris au travail.
Après tout, nous y passons la majeure partie de notre
temps. Mais qu’est-ce qui fait que nous nous y sentons
bien ? Nous avons donné la parole à deux expertes et
à quelques travailleurs.
C
e n’est pas un scoop, le monde du travail devient de
plus en plus stressant. Trop de travailleurs subissent
trop de pression, ont trop de choses à faire, trop peu de
collègues, etc. Le stress est presque permanent et cela peut
mener à de vrais problèmes de santé. Les chiffres le prouvent :
le taux d’absentéisme lié au stress toxique, au burnout, à la
charge mentale… augmente sans cesse. Aujourd’hui, pour Griet
Deca, Chief Happiness chez Tryangle, « La loi sur le bien-être
au travail ne suffit plus à protéger les travailleurs. »
En cause, notamment, l'hyperconnectivité et la disparition de
la frontière entre vie privée et vie professionnelle. « On fait un
peu de tout en permanence et cela a un effet très néfaste sur
notre santé car notre cerveau n’est pas programmé pour être
constamment sur-sollicité », explique Stéphanie van de Perre,
coach, consultante et formatrice chez Growing Attitude. « Le
perfectionnisme ressort aussi fortement comme élément de
stress car il est difficilement compatible avec le rythme et la
charge de travail imposés aux travailleurs. »
Pour Griet Deca, l’une des solutions est
d’encourager un maximum d’entreprises
à agir préventivement : « Le bonheur au
travail doit être une des priorités des
entreprises ». Stéphanie van de Perre, qui
préfère parler de qualité de vie au travail,
abonde : « Les entreprises doivent intervenir
avant que les travailleurs se sentent mal.
L’entreprise porte une responsabilité : faire
en sorte que le collaborateur soit dans un environnement
optimal pour mener à bien les tâches qui lui ont été confiées
dans un contexte constructif. »
Griet Deca (Tryangle)
Des entreprises conscientes de leurs responsabilités
Nos deux expertes se réjouissent toutefois de voir que les
entreprises sont de plus en plus sensibilisées à l’importance du
bien-être et du bonheur au travail. « Même si cela va lentement,
les mentalités changent », explique Griet Deca. La Semaine du
bonheur au travail, organisée en septembre par Tryangle, le
prouve : « Énormément d’entreprises ont participé, organisé
une action et signé notre manifeste du bonheur au travail. »
« De plus en plus d’entreprises investissent dans ce domaine,
même si elles ne savent pas toujours par quel bout le prendre »,
ajoute Stéphanie van de Perre. Les entreprises ont compris
les enjeux, mais aussi les bénéfices qu’elles peuvent en tirer.
De nombreuses études démontrent le lien existant entre
performance et qualité de vie au travail. « Le capital humain
doit être valorisé et préservé. Se positionner comme une
34 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
© Getty
D.R.
׉	 7cassandra://fdf-AJ4p4acBzlv4v_lYaNMhT102dz1vnzPNDne8jt0"` ]׼<V]g׉ExGérer les talents
organisation attentive au bien-être de ses travailleurs est aussi un
véritable outil de recrutement et de rétention des travailleurs. »
Mais qu’est-ce qui influe sur notre bien-être au travail ?
Stéphanie van de Perre identifie trois piliers de qualité
de vie au travail. D’abord le management, c’est-àdire
tout ce qui touche à l’organisation, à la gestion
des flux, à la charge de travail, au contenu de la
fonction, à la communication et aux méthodes
de management. Ensuite l’interpersonnel :
l’ambiance entre les collaborateurs et avec
la hiérarchie, ainsi que le soutien apporté par
celle-ci. Enfin, l’individu lui-même. Le travail qu’il
Stéphanie van de Perre
(Growing Attitude)
réalise a-t-il du sens pour lui ? Est-il en adéquation
avec ses valeurs ? Quelles sont ses possibilités
d’évolution ? A-t-il un bon équilibre vie privéevie
professionnelle ? D’un collaborateur à l’autre, ces piliers peuvent
avoir une importance différente.
En tant que Chief Happiness, Griet Deca constate que ce qui rend
les gens malheureux au travail, c’est d’abord l’impression d’être un
numéro, sans aucune vue sur l’ensemble de l’organisation. « Quand
on ne trouve pas de sens à son travail, on ne peut pas y trouver de
bonheur », explique-t-elle. Autre point important : la communication
destructive, entre collègues mais surtout avec son responsable. Notre
experte insiste aussi sur l’importance de cultiver l’aspect humain et de
ne pas penser uniquement performance et productivité. « Au travail,
on doit aussi pouvoir parler de la pluie et du beau temps, de ses
vacances et de ses enfants. » Stéphanie van de Perre confirme que la
formation des managers aux soft skills est un domaine dans lequel les
entreprises devraient encore investir : « Certaines personnes, expertes
dans leur domaine, se retrouvent parfois à la tête d’une équipe et
responsables du bien-être de celle-ci sans y avoir été formées. Les
sensibiliser à l’importance de leur rôle et leur donner des outils pour
y parvenir est donc nécessaire. »
Trouver le juste milieu
Quand on parle de bien-être ou de bonheur au travail, le grand défi
est de trouver le juste milieu, tant du côté des entreprises que des
travailleurs. On ne vit pas chez les Bisounours ; il y aura toujours des
aspects du travail moins roses que les autres. Et Stéphanie van de Perre
d’expliquer : « Chaque individu doit avoir une balance positive entre
ce qu’on appelle les ‘stresseurs’ (tous les éléments qui lui prennent de
l’énergie) et les ‘donneurs’ (tout ce qui donne de l’énergie). » Chacun
devrait faire l’exercice de savoir comment il se sent, en prenant aussi
en compte sa vie privée. « Si vous avez de gros stresseurs à la maison,
cela aura forcément un impact sur le travail et inversement. » Cet
exercice peut aussi se faire en entreprise : chaque collaborateur reçoit
un bilan personnalisé tandis que la hiérarchie reçoit un reporting
anonymisé de l’état énergétique de ses collaborateurs et des points
d’attention sur des thématiques spécifiques. « De quoi donner aux
organisations et aux travailleurs des pistes pour avancer… », conclut
Stéphanie van de Perre. ●
Gaëlle Hoogsteyn
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 35
La parole aux
travailleurs
• Maëlle, 35 ans, organisatrice d'événements :
« Je suis heureuse au travail quand on clôture un
gros projet et que celui-ci s’est bien passé. Après
des semaines de rush et de stress, je me dis que
je vais enfin pouvoir souffler. »
• Axelle, 27 ans, employée administrative :
« Je ne suis pas très heureuse dans mon travail car
son contenu n’est pas très valorisant. Par ailleurs,
mon responsable sous-estime en permanence
le temps que prennent les tâches qu’il me confie
et ne comprend pas que je sois si souvent
débordée. »
• André, 55 ans, responsable logistique :
« J’ai toujours aimé mon travail jusqu’à l’arrivée
il y a deux ans d’une nouvelle responsable qui,
du haut de ses 30 ans, pense tout savoir et
nous impose des changements qui n’ont aucune
valeur ajoutée. Je suis loin d’être réfractaire au
changement, mais j’estime que notre expérience
et notre savoir-faire devraient aussi être pris en
compte. »
• Cassandra, 38 ans, comptable :
« Ce que j’apprécie le plus dans mon travail, c’est
que mon équilibre vie privée-vie professionnelle
soit respecté. Par ailleurs, j’ai une relation de
confiance avec mon patron, qui ne va jamais
rechigner à m’octroyer une journée de télétravail
si, pour des raisons personnelles, je dois rester à
la maison. Il sait qu’il peut compter sur moi pour
que le travail soit fait. »
• Alain, 50 ans, community manager :
« Le bonheur au travail dépend de nombreux
facteurs. Pour moi, le plus important est une
bonne entente et une collaboration collégiale
et sincère avec mes collègues directs, la
reconnaissance, le respect et la transparence de
la hiérarchie, et enfin un travail dans lequel je crois
et qui est plaisant. »
• Amélie, 42 ans, marketeer :
« Les relations avec mes collègues et avec mon
management sont très importantes pour moi. Il
faut que je trouve un sens dans leur manière de
travailler et que je me sente respectée dans nos
échanges. J’ai besoin de savoir clairement ce que
mon manager attend de moi tout en pouvant
également innover en me sentant soutenue par
lui. »
D.R.
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Optimiser la performance
des équipes et garder
le contrôle
D’après Gallup, 6 % des salariés se sentent impliqués dans leur travail.
Le bien-être au travail en souffre. Ce chiffre interpellant conduit
inévitablement à se pencher sur ses causes.
(Coproduction)
T
out d’abord le « management
archaïque » ou « command &
control », basé sur la performance
et le résultat des collaborateurs : ce
management-là n’est plus adapté à
l’humain, ni à l’éclosion d’une intelligence
collective. Un signe : les générations Y et
Z représenteront 70 % de la population
active en 2030. Leur bien-être au travail
passe loin devant leur salaire : 56 %
n’envisagent aucune collaboration avec
certains employeurs en raison de leur
éthique et 49 % ont déjà̀
refusé des
missions qui vont à l’encontre de leurs
valeurs.
Ensuite, la planification organisationnelle :
par souci de performance, l’entreprise
s’est structurée de manière rationnelle,
mais cela coince au niveau du
manque d’agilité entre collaborateurs/
départements. Une des causes : l’emailing.
L’accumulation instantanée
de nouvelles tâches déclenche chez
les collaborateurs un sentiment de
frustration. Pire : une incapacité à gérer
le flux et un sentiment de ne pas être
respecté. D’où stress et démotivation, qui
peuvent mener à l’absentéisme.
Enfin, la peur de l’échec, conséquence
ultime de la crainte d’être jugé
négativement.
Bien que le nombre de coaches en
accompagnement individuel ne cesse
d’augmenter, les cas de burn-out ont
progressé de 39 % en 5 ans en Belgique.
Afin de pallier cette spirale négative, le
dirigeant d’entreprise est confronté à
36 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
une nuée d’injonctions : il se doit d’être
innovant, compréhensif, motivant,
encadrant, leader, visionnaire…
Adopter un programme spécifique
en entreprise peut être porteur,
mais l’est-il pour toute l’équipe ?
Contribue-t-il au bien-être au travail ?
En revanche, « autoriser » son équipe
à détecter, analyser et solutionner les
problématiques est le summum de
l’efficience !
Les 4 piliers de l’intelligence
collective
1 S’écouter, s’accepter, s’organiser :
Chaque collaborateur doit se
sentir en sécurité psychologique
et pouvoir exprimer ses émotions.
Pour cette raison, il est impératif de
fixer ensemble un cadre basé sur la
fiabilité (engagement de chacun), la
clarté (tâches), la structure (rôles) et
l’impact (objectifs).
2 Faire converger les différences : Les
forces, faiblesses, compétences de
chacun sont acceptées et reconnues
car elles sont au service du collectif.
3 Faire émerger les solutions : Quand
l’écoute respective est atteinte, le
« je » est au service du « nous ». Le
« nous » est au service de la vision
de l’entreprise et des objectifs. Dans
ce cas, mis en œuvre par Henri
Ford, les équipes des différents
départements sont soucieuses de la
fluidité transversale d’exécution. La
productivité ne cesse d’augmenter.
4 Laisser la place à l’optimisation des
process : Rien n’est jamais figé ! Les
KPI définis collectivement doivent
permettre de mesurer l’efficacité
des process et chacun est en droit
de proposer des améliorations. À ce
dernier stade, le dirigeant d’entreprise
gère une équipe sage et lâche prise.
Pour réduire l’absentéisme, remotiver
les troupes, assurer la croissance en
mode durable, il faut donc permettre
aux cerveaux d’aborder les défis
ouvertement et collectivement. Cela
ne signifie pas que le patron ne dirige
plus son entreprise : il ne s’agit pas d’un
modèle « libéré ». Il s’inscrit dans l’humilité
et garde le contrôle total d’un chemin
que chaque collaborateur s’engage à
emprunter en toute conscience. Cela
dans un cadre de fonctionnement strict,
communément accepté, avec pour but de
participer à la performance d’une équipe
complémentaire, en mission vers une
vision commune.
Nathalie De Cnijf,
facilitatrice en intelligence
collective en entreprises
nathalie.decnijf@
pinwheelscommunity.com
www.pinwheelscommunity.com
D.R.
׉	 7cassandra://ks5WRnDybObCwbdTCF8UgWjL0zZv0zhuGxfDSJIbyuw'4` ]׼<V]g׉E Gérer les talents
À chaque génération sa valeur
Fidéliser le personnel implique de
maintenir des défis suffisants, tant pour
les plus jeunes que pour les seniors.
Chaque génér
et continuer à appr
L
e scénario
connu
un jeune, finance sa formation,
puis le voit filer chez un concurrent
qui paie bien mieux. Selon Acerta, un
collaborateur sur trois change de job
après un an. Comment l’employeur
doit-il s’y prendre pour garder des
jeunes de la génération Z ? L’entreprise
Exellys, qui forme et envoie en mission
des consultants techniques, a mené
l’enquête auprès de ses collaborateurs
âgés de 22 à 28 ans. « Il est essentiel
que les jeunes se sentent reconnus et
entendus », déclare An Siebens, Talent
Development Manager chez Exellys.
« Il faut qu’ils fassent partie intégrante
de l’entreprise et qu’ils aient voix au
chapitre. »
Gerrit Sarens, Director Strategic
Alliances chez Exellys, estime que les
employeurs doivent être disposés à
changer de mentalité. « Il est bon que les
gens développent leur expérience dans
d’autres contextes et d’autres emplois.
Le collaborateur qui, à 35 ans, retourne
chez un ancien employeur, apporte un
fameux bagage. Les changements de
Un candidat qui se présente après
avoir goûté à de multiples entreprises a
bien des atouts à offrir. Ce changement
de mentalité reste malheureusement
l’exception chez les employeurs. Ils
devraient pourtant accueillir de tels
candidats à bras ouverts. »
Impatients
La génération Z est vorace. Ces
jeunes veulent apprendre de manière
transversale, multidisciplinaire et
ultrarapide. Exellys a déjà tâté de
leur impatience : « Ils risquent de
décrocher après trois ou quatre
mois déjà parce qu’ils trouvent que
cela ne va pas assez vite », constate
Gerrit Sarens. « Il faut y être attentif
et réagir de manière appropriée.
Les collaborateurs à haut potentiel
– que nous visons, précisément –
ont empreints de la culture du ‘moi’:
what’s in it for me? S’ils sentent que
l’apprentissage ralentit ou se tarit, ils ont
besoin d’une nouvelle dose de défis. »
M. Sarens donne ce conseil pour gérer
l’impatience : « Confiez-leur des projets
annexes, pour qu’ils puissent goûter
d’autres choses à côté de leur job
habituel. Impliquez-les activement dans
des projets novateurs, en examinant
ce qu’ils peuvent apporter. Ils s’en
sentiront valorisés, du moins si la
hiérarchie s’abstient de peser de tout
son poids, ce qui reste trop souvent
la norme, surtout dans les grandes
entreprises. »
Des attentes claires
Silke Wagemakers, team manager
chez le prestataire de services RH
Hays, confirme. Rencontrer les attentes
des jeunes requiert une politique de
rétention efficace. « Cela débute par
des discussions d’évaluation sérieuses
qui abordent autant les aspects
positifs que ceux qui méritent d’être
optimisés. On y rattachera idéalement
un plan de formation personnalisé
et éventuellement du coaching. Les
jeunes apprécient énormément que l’on
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 37
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Les six
caractéristiques
de la génération
Z*
1. Value driven. Le besoin de se
sentir connecté aux objectifs et
valeurs de l’entreprise. Le besoin de
percevoir le job comme une facette
de sa propre identité.
2. Global mindset. Être hyper
connecté et soucieux d’acquérir une
expérience internationale.
3. ME culture. Estimer essentiel le
développement de soi. Souhaiter un
coaching personnalisé et du feedback
fréquent.
4. WE culture. Désirer la connexion
aux
autres. Vouloir
ensemble.
5. Entrepreneurial mindset.
Croire que chacun peut innover.
Vouloir entreprendre au sein de
l’organisation, par exemple via des
projets annexes.
6. Blurred lifestyle. Avoir plusieurs
passions. Faire preuve de flexibilité
dans la combinaison travail/vie
privée.
* Selon une étude conduite par
Exellys auprès de ses consultants
âgés de 22 à 28 ans.
innover
s’intéresse à leur situation personnelle. »
Un plan de carrière individualisé
qui détaille leur avenir suscite
habituellement l’enthousiasme. « Il
est bon de s’intéresser aux ambitions
personnelles du collaborateur »,
remarque Silke Wagemakers. « Les
attentes varient beaucoup d’une
personne à l’autre parce que tout
le monde n’a pas le même niveau
d’ambition. Il est plus facile de guider
les collaborateurs quand on sait
clairement à quoi ils aspirent. »
Ouverture d’esprit
Fidéliser la génération Z, c’est bel et
bien, mais il ne faudrait pas oublier les
collaborateurs seniors : leur expérience
vaut de l’or. Comment l’employeur
peut-il faire en sorte que les jeunes
autant que les quasi-quinquagénaires
se sentent bien au travail ? An Siebens,
d’Exellys, constate : « Nos jeunes
consultants travaillent souvent chez
nos clients avec des collaborateurs
plus âgés. Les seniors apprécient
l’arrivée de la jeunesse. Dès l’instant
où ils s’entendent – notamment en
faisant du fitness ensemble à l’heure
du midi – c’est positif pour tout le
monde. Leurs vécus peuvent être très
différents. Il importe donc que chacun
fasse un pas vers l’autre. »
L’ouverture d’esprit peut faire
merveille. Gerrit Sarens (Exellys) : « La
confrontation peut être enrichissante
pour les aînés. C’est ce qu’on appelle
le ‘reverse mentoring’ : les anciens
peuvent aussi apprendre des plus
jeunes. Faites travailler plusieurs
générations sur les mêmes projets.
N’oubliez pas que des initiatives plus
informelles créent également des liens.
Je prends l’exemple de ces clients où
tout le monde prend le café ensemble
à 10 heures. Cela semble ringard, mais
ce ne l’est pas. »
Synergie
La politique de rétention doit
s’adresser à tout le monde, jeune ou
38 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
moins jeune, parce que chacun aime
que sa participation soit reconnue.
Et chacun veut pouvoir continuer à
apprendre. « Les seniors sont devenus
des experts par l’expérience, mais je
trouve qu’ils doivent aussi pouvoir
redécouvrir d’autres talents », estime
Silke Wagemakers, chez Hays.
« Des formations aux hard skills
sont nécessaires pour rester à jour
et suivre les nouveautés. Mais les
études démontrent qu’il faut aussi
entretenir les soft skills, notamment
en raison de l’arrivée de la nouvelle
génération. Pensons notamment à la
création d’empathie envers les jeunes
collègues. Sans ouverture d’esprit, pas
de synergie. »
Silke Wagemakers préconise de tenir
compte d’une possible confrontation
des générations. « Les jeunes croient
tout savoir parce qu’ils viennent de
terminer leurs études. Et les aînés
s’estiment omniscients en raison de
leur expérience. En réalité, ensemble,
ils savent encore beaucoup plus.
Pour concilier deux générations,
il faut reconnaître la valeur de
chacune. Il faut aussi que l’une soit
disposée à apprendre de l’autre,
réciproquement. »
Silke Wagemakers travaille surtout
dans la distribution, où la synergie
comporte bien des atouts. « On voit,
dans le secteur des supermarchés,
des gens très expérimentés évoluer
d’une fonction de vendeur vers celle
de manager. Et puis débarquent
des jeunes issus d’une école de
management et donc bien au courant
des nouvelles tendances dans le retail.
Et que voit-on ? Le senior expérimenté
fait preuve d’ouverture et est disposé à
adapter la façon de travailler à laquelle
de nombreuses années d’expérience
l’ont pourtant habitué. Il accepte de
nouveaux concepts. Inversement, les
jeunes peuvent apprendre beaucoup
de leurs collègues plus âgés en termes
de people management. » ●
Peter Van Dyck
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׉	 7cassandra://1aDqPU3BsU-AC_gOklkUVwyLKTSbzjTA33wmLJu9NPw$w` ]׼<V]g׉ErGérer les talents
La discussion
de carrière, pilier
de loyauté
Une bonne carrière commence par une bonne
discussion. Et puisque les carrières changent
constamment, autant ne jamais la terminer, cette
discussion. Il y a tant de possibles dans l’entreprise
quand l’employeur et ses collaborateurs discutent en
adultes de leurs attentes et de leurs ambitions !
P
areille discussion semble l’évidence même, mais dans
bien des entreprises, ce n’est pas le cas. Bien des
aspects restent tabous. Et la multitude de non-dits
engendre des frustrations, qui sont pourtant assez faciles
à éliminer.
Parler, c’est efficace. Tant pour le collaborateur que son
employeur. Le travailleur qui peut parler ouvertement de
ses aspirations professionnelles aide son employeur à mieux
tenir compte des souhaits et besoins. Bref, pas une petite
papote vite expédiée en fin d’année, mais un échange de
vues régulier entre l’employeur et son collaborateur.
L’entretien de carrière contribue à la réactivité de
l’entreprise. Prenons le cas d’un collaborateur très occupé
et souvent en déplacement. Tout se passe bien jusqu’à ce
que subitement un membre de sa famille ou un proche ait
besoin d’aide, par exemple. Le collaborateur doit prévoir
une pause dans sa carrière, mais ne souhaite pas que cela
compromette son avenir au sein de la société. Que faire ?
Une conversation adulte permet aux interlocuteurs de
trouver un terrain d’entente. Une carrière n’a rien de statique
et parfois, elle emprunte un chemin de traverse avant de
revenir sur la grand-route. Une telle discussion donne aussi
au collaborateur le sentiment d’être écouté. L’attention est
au rendez-vous. Cela contribue à fidéliser les travailleurs.
Des départs qui pourraient être évités
La discussion de carrière – et une culture ouverte – sont
aujourd’hui fondamentales pour garder les talents. Les
entreprises doivent comprendre que les ambitions et
attentes des personnes évoluent au fil de leur carrière.
Il faut que l’employeur, mais aussi son collaborateur en
prennent conscience. Il faut leur donner les outils pour
trouver les mots et les approches adéquates afin de
débattre correctement des plans de carrière.
Bien des départs pourraient être évités en discutant
régulièrement avec le collaborateur. Comment peut-il luimême
modeler sa carrière, tant en termes de contenu que
dans les modalités pratiques ? Quels sont ses compétences
actuelles et vers quoi veut-il évoluer ? C’est bénéfique
également pour l’employeur, parce qu’il connaît son
personnel, sait sur qui il peut compter et qui n’est pas à
sa place. Tout le monde y gagne.
La professionnalisation d’une culture de la discussion aide
l’employeur à mieux exploiter les changements au sein de
l’entreprise. Par la même occasion, le personnel perçoit
davantage de respect et de confiance.
Évidemment, les gens doivent également comprendre
qu’une telle discussion ne mène pas forcément à la
réalisation de tous les souhaits. Toutes les entreprises
sont différentes et certaines permettent plus que d’autres.
La discussion est pourtant trop importante pour être
négligée. Une culture de la discussion ouverte aidera aussi
le collaborateur à admettre que certaines choses ne sont
pas possibles à brève échéance, mais plutôt à long terme.
C’est du donnant-donnant. Et c’est bon pour la confiance.
S’il est vrai que les collaborateurs ont parfois du mal à
exprimer leurs ambitions, les employeurs ne sont pas
toujours plus clairs quant à leurs objectifs. De nombreux
employeurs estiment que les possibilités d’évolution au
sein de l’entreprise sont limpides, alors qu’en réalité, ce
n’est vraiment pas le cas.
En fait, c’est très simple : tout est constamment en
mouvement. La société, les entreprises… Et aussi les
carrières, qui ne sont plus aussi statiques qu’auparavant.
Efforçons-nous tous d’en tirer le meilleur ; ce sera sans
aucun doute tout bénéfice pour l’environnement de travail.
Kathy Rosseel,
Career Management Manager chez Daoust
krosseel@daoust.be
www.daoust.be
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Un curateur pour
l’économie productive
L'économie productive renaît à Bruxelles.
Au fil des cinq dernières années, elle a connu un
véritable essor, avec un nombre croissant de projets et
de start-ups. Comment Bruxelles peut-elle soutenir ces
entreprises manufacturières innovantes, sans perdre de
vue les autres besoins urbains ?
L
a production est inscrite dans l'ADN de Bruxelles,
depuis l'industrie textile médiévale jusqu’à l'apogée de la
révolution industrielle au 19e
siècle. Après un demi-siècle
de déclin, cette économie productive urbaine est de retour :
bière, chocolat, voitures sont produits à Bruxelles, sans oublier
la construction, les nouvelles technologies ou la gestion des
déchets. Le secteur productif crée à nouveau des emplois
en ville. Les Bruxellois redécouvrent leur passé industriel et
réapprennent à vivre avec des industriels pour voisins.
L'intérêt pour l’économie productive s'est accru, grâce à un
certain nombre d'initiatives publiques et privées. Bruxelles
a été l'une des premières villes à lancer son propre plan en
faveur de l'économie circulaire et, plus récemment, en faveur
de l'industrie. Cette politique s'est traduite par la croissance du
nombre de start-ups et de projets innovants, notamment dans
la construction et l'agroalimentaire. L'Abattoir, par exemple, est
aujourd'hui l'un des plus grands bâtiments d'Europe à posséder
des serres urbaines intégrées, mais aussi une champignonnière
souterraine, tout en abritant un micro-incubateur vert et une
entreprise qui transforme les légumes invendus en soupes.
Greenbizz offre un autre exemple de hub de production.
Le succès de l’industrie urbaine crée cependant des tensions
avec d'autres fonctions. Logement, parcs, bureaux… : l'espace
est rare et les acteurs se le disputent. Selon les recherches de
Sarah De Boeck, à la VUB, Bruxelles a perdu environ 16 %
des surfaces consacrées à la logistique ou à la production au
cours des 18 dernières années.
Un curateur pour le territoire
Le projet ‘Cities of Making’ identifie comme principal défi
l’isolement et le manque de coordination dont souffre le secteur
productif. Aujourd'hui, il n'y a pas d’acteur unique mandaté
pour le soutenir et accompagner son développement. Pas
d’acteur unique qui réunisse les entreprises, fournisse une
meilleure infrastructure ou relie l'économie de la connaissance à
l'économie de production. Et pas d’acteur unique pour contrarier
la gentrification des sites de production et offrir des alternatives
afin de réaménager des sites industriels abandonnés.
Un tel acteur, un « curateur du territoire », pourrait réunir des
« penseurs », des « faiseurs », le secteur public et le privé.
C'est un rôle essentiel. Ce curateur pourrait contribuer au
développement du secteur productif, mais surtout présenter
une vision et des objectifs alignés. Mais comment ? S'agirait-il
d'une agence publique, d'une asbl ou d'une entreprise privée ?
Voyons à l'étranger. Vienne, la capitale autrichienne, ville
pionnière dans la protection de son secteur manufacturier,
lancera en janvier 2020 un partenariat public-privé entre
l'agence économique publique de Vienne et la Chambre
de Commerce d’Autriche. Résultat : les 'Vienna Business
Districts', qui divisent la ville en trois zones, chacune avec
un directeur commercial. L'asbl londonienne The Guardian
of the Arches, fondée après la vente des anciens ponts
ferroviaires, contribue à installer de petites entreprises sur les
sites les plus accessibles. Les parcs d'activités flamands ont
leur propre gestionnaire, avec des résultats intéressants. Et
aux USA, l'Urban Manufacturing Alliance fournit soutien et
connaissances aux PME.
Bruxelles ne doit pas attendre que le secteur productif s'aide
lui-même. Les acteurs sont nombreux, mais il nous faut une
organisation qui soit investie des intérêts du secteur. Nous
devons tirer parti de nos atouts et veiller à ce que l’économie
productive participe à construire le Bruxelles du 21e
siècle. ●
Adrian Hill,
Coordinateur de Cities of Making
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quelles conséquences pour les
entrepreneurs ?
En vigueur depuis le 1er mai, le code des sociétés
réformé implique bon nombre de changements pour
les (futurs) entrepreneurs. Ainsi, le nombre de formes
de sociétés a été réduit, et la constitution de la SRL, qui
succède à la SPRL, est facilitée : un administrateur suffit,
et il ne faut plus de capital de départ. Au mois d’octobre,
Beci organisait une table ronde d’experts pour évoquer
les contours et les conséquences de cette réforme.
L
e nouveau code des sociétés est marqué par trois
grandes lignes directrices, selon Paul-Alain Foriers,
avocat à la Cour de Cassation et avocat associé chez
Simont Braun, qui a été très impliqué dans cette réforme.
Modernisation, simplification, flexibilisation
La première ligne directrice, c'est une modernisation
nécessaire. « Les textes originaux du code des sociétés
remontent à 1999, et furent modifiés à plusieurs reprises.
Des incohérences sont apparues. Il fallait donc repenser
le droit des sociétés, mais aussi celui des associations,
devenu assez proche. De plus, il fallait rendre le droit belge
sur la création de société concurrentiel par rapport au droit
étranger. Ainsi, la nouvelle SRL, sans capital obligatoire,
est comparable à d'autres formes de sociétés en Europe. »
Ensuite, la réforme portait sur une simplification juridique :
« Le nombre de types de sociétés diminue. La définition de
la société a également été bouleversée : elle ne doit plus
avoir nécessairement et exclusivement un but de lucre,
mais peut avoir un but désintéressé, pour autant qu'elle
puisse donner quelque chose aux associés. Il y aussi une
simplification pratique : les SRL et les SA peuvent être
constituées d'un seul associé, sans aucune restriction de
nombre. »
Mais surtout on assiste à une flexibilisation : « La réforme
induit l'existence d'une SRL tout à fait flexible, avec des
titres multiples : actions avec droit de vote unique, multiple
ou sans droit de vote, plus de limite à la possibilité d'avoir
des actions sans droit de vote, des obligations convertibles,
avec droit de souscription... On peut avoir très peu de parts
dans la redistribution des bénéfices, tout en ayant un très
grand nombre de droits de vote. »
Responsabilité revue et corrigée
La responsabilité des associés est également modifiée
avec la SRL, comme l'explique Jean-Pierre Riquet,
juriste-fiscaliste, expert auprès du SPF Économie : « La
responsabilité des fondateurs demeure, mais avec une
différence. Du temps de la SPRL, tous les fondateurs
étaient responsables pendant la période de fondation.
Avec la SRL, si on a 7, 8 ou 9 fondateurs, certains peuvent
avoir la responsabilité, d'autres peuvent être de simples
apporteurs de capital, comme dans la SA. »
Mais la portée de cette responsabilité change également :
la somme maximum dépend du chiffre d'affaires et
du bilan de l'entreprise. « Elle varie entre 125.000 et
12 millions € », précise Paul-Alain Foriers. « Pour le reste,
cette limitation a perdu un peu de son contenu. En pratique,
elle ne s'applique plus qu'à la faute légère occasionnelle,
mais à l'exclusion de la faute légère répétitive, la
faute lourde et la fraude bien entendu. En revanche, il
subsiste l'interdiction d'établir une clause limitative de la
responsabilité avec les administrateurs. »
42 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
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׉	 7cassandra://uMzrKAyafQdVOLCTMFZW7cKWrc944LY-ZBgFY0zJB90'` ]׼<V]g׉ELegal
La définition de la nature de la faute est laissée à
l'appréciation des tribunaux : « Par exemple, le fait de ne
pas payer, involontairement ou non, ses cotisations ONSS,
la TVA, etc. pendant deux ou trois trimestres, n'est plus
considéré comme une faute légère », précise Jean-Pierre
Riquet. « On paye d'abord l'État, ensuite les fournisseurs.
Or, tout le monde fait l'inverse. Ne pas payer les indemnités
de rupture à un travailleur licencié n'est plus une faute
légère non plus. Mais avec cette limitation de responsabilité
sur les fautes légères, celle de l'administrateur devient un
peu plus assurable. »
Crédit et plan financier
Les représentants du secteur bancaire, pourvoyeur de
crédits, ne perçoivent pas cette réforme comme un séisme
majeur. « Cela n'a pas changé fondamentalement notre
politique crédit », constate Nancy Godfroid, Business &
Innovation Banker - Starters, Indépendants et PME, Banque
ING. « Au niveau des starters, on est toujours très attentifs
au capital apporté, à ce qu'il y ait le minimum nécessaire.
L'analyse va se porter sur l'effort propre de l'entrepreneur,
sa formation, son historique, ses compétences de gestion.
Je mets quand même toujours les starters en garde quant
à leurs responsabilités, la logique et la faisabilité de leur
activité aujourd'hui en fonction de leur capital de départ.
Cela dit, si nous avons constaté énormément d'ouvertures
de comptes de nouvelles sociétés, leur création ayant
été facilitée, nous n'avons pas encore eu beaucoup de
demandes de financement au démarrage. »
Les contraintes dans la composition du plan financier
ont par contre été renforcées, selon Jean-Pierre Riquet :
« Deux nouvelles obligations sont apparues. D'abord, il faut
détailler précisément toutes les hypothèses qui ont mené
au chiffre d'affaire prévisionnel à 12 et 24 mois, mais il
faut aussi détailler les plans de trésorerie après 12 et 24
mois. Beaucoup le faisaient déjà sérieusement, d'autres
plus légèrement. Et cela pouvait poser problème quand la
faillite intervenait dans la période de fondation. »
L'importance des statuts
Autre nouveauté du code des sociétés : les apports en
industrie et en know-how sont maintenant autorisés dans
les SRL.
« Cela répond à une vraie demande », analyse Sophie
Maquet, Notaire, Associée chez Sophie Maquet & Stijn
Joye. « Par exemple, du côté du Bois de la Cambre et de
toutes ces sociétés universitaires, où le chercheur apporte
ses idées, mais pas vraiment de capital. L'apport en
industrie est simplement un engagement, du chercheur
en l’occurrence. La question importante est comment
obliger cette personne à libérer son apport. On ne parle pas
d'argent, mais de bras, de cerveau. Cela doit être clairement
indiqué dans les statuts. »
Et en cas de conflit ? Il peut se régler via une clause de
médiation ou d 'arbitrage, également précisée dans les
statuts. « Et de préférence les deux, si la médiation ne
fonctionne pas, et si on veut éviter une très longue procédure
en justice. La procédure d'arbitrage est normalement bien
plus courte », précise Paul-Alain Foriers.
La réforme a justement induit une plus grande liberté
dans la rédaction des statuts. Même si une chose ne
change pas : tout doit y figurer, selon Sophie Maquet.
« Environ 80% des sociétés ont des statuts standard. Mais
parfois, une personnalisation est nécessaire, par exemple
pour les sociétés familiales ou les start-ups. Ainsi, dans
le cas où le fondateur veut garder son pouvoir et attirer
des investisseurs, on peut renforcer son droit de vote,
diminuer celui des investisseurs, donner un droit de veto
sur certains investissements... Tout cela doit être précisé
dans les statuts. »
« Dans le cas contraire, ce sont les règles supplétives qui
s'appliqueront », avertit Jean-Pierre Riquet. « Il faut bien
réfléchir à rédiger des statuts qui correspondent à son
business, et les changer le cas échéant. »
Créer une société « en quelques clics »
Cette réforme du code des sociétés permet aussi d'accélérer
la procédure de constitution, notamment par le biais des
publications légales. « Théoriquement, cela va plus vite »,
confirme Sophie Maquet. « On constitue la société à 9h
du matin, et elle est en ligne une heure après. On va aussi
dans cette direction pour les modifications des statuts. »
La constitution de sociétés qui n'exigent pas d'acte
authentique, comme les ASBL, les sociétés en commandite,
etc., peut se faire désormais en un seul clic ou presque, via
le portail www.e-greffe.be. « Un portail qui gagne à être
connu. Mais dès que vous avez besoin d'un acte authentique,
par exemple pour une SRL, une AISBL, une fondation, il y
a obligation de passer par une étude notariale », rappelle
M. Riquet. « Pour compléter la constitution de la société,
le site www.startmybusiness.be permet à l'entrepreneur
de remplir ses statuts en ligne, avec envoi vers la boite
mail du notaire de son choix, qui le convoquera alors pour
achever cette création. » ●
Cédric Lobelle
Contact et info : Alexis Bley, conseiller juridique Beci ;
+32 473 13 05 18, ab@beci.be
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 43
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Marchés publics :
loi du 17 juin 2016,
où en sommes-nous ?
Entrée en vigueur le 30 juin 2017, la nouvelle loi sur les marchés publics a
apporté de grands changements à une matière déjà complexe.
Un peu plus de deux ans plus tard, où en sommes-nous ?
Le point avec Christophe Dubois, avocat associé chez Equal Partners.
«L’
une des grandes difficultés engendrées par
cette nouvelle loi est que les pouvoirs adjudicateurs
n’ont pas eu un temps suffisant
pour se préparer à son entrée en vigueur, notamment en
termes d’exécution du marché », commence Christophe
Dubois. En effet, les règles en matière d’exécution du
marché n’ont été disponibles que début juin 2017, laissant
moins d’un mois aux pouvoirs adjudicateurs pour les
assimiler et changer leur façon de procéder. « Ils ont donc
été désarçonnés, en particulier par les mesures contre le
dumping social en matière de sous-traitance et surtout
par les causes de réexamen et par les modifications autorisées.
Cela a été très difficile pour eux de s’approprier
cette matière. Et deux ans et demi après, c’est toujours
le cas. » Aujourd’hui, par exemple, beaucoup de pouvoirs
adjudicateurs se contentent de reproduire les clauses de
réexamen qui sont prévues dans la réglementation, sans
en prévoir certaines qui leur seraient propres. « Il aurait
été opportun de produire l’arrêté royal beaucoup plus tôt
afin que les pouvoirs adjudicateurs puissent se familiariser
avec la matière. »
Plus de risques et plus de travail
Christophe Dubois cite une deuxième difficulté, celle de
devoir inclure des clauses sociales, environnementales
et éthiques dans les cahiers des charges. « Les pouvoirs
adjudicateurs ne savent pas comment faire et se servent
alors en toute bonne foi de modèles qu’ils trouvent sur
internet ou qu’on leur a fournis, mais qui contiennent des
erreurs. » Enfin, au niveau des clauses d’exclusion, notre
44 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
expert estime que l’on a doublé le travail administratif
des pouvoirs adjudicateurs pour les marchés supérieurs
au seuil européen. A contrario, rien n’a été prévu pour
les tout petits marchés. « En grossissant le trait, même
pour acheter un bouquet de fleurs à 30 euros, le pouvoir
adjudicateur est censé consulter au moins 3 opérateurs
économiques et conserver les preuves », explique
Christophe Dubois, qui estime que l’on a poussé le bouchon
un peu loin. « Dans ce cadre, la mutualisation
de la commande publique est une
piste de solution intéressante. » Par
ailleurs, à partir de janvier 2020,
la dématérialisation totale des
marchés publics va obliger les
opérateurs économiques (dont
les PME) à déposer leur offre par
voie électronique. « Cela implique
que ces personnes soient outillées
et compétentes, et augmente le risque
que des offres soient écartées de la
sélection à cause d’une éventuelle
erreur informatique. »
Christophe Dubois
Pour Christophe Dubois, cette nouvelle loi inclut une
série de mesures pour faciliter l’accès de marchés aux
PME, mais qui font courir plus de risques aux pouvoirs
adjudicateurs. Citons, par exemple, le fait que le pouvoir
adjudicateur doive réfléchir à l’allotissement du marché.
« S’il ne le fait pas et que quelqu’un s’en plaint, il court
un risque. » Autre exemple, l’examen de la régularité des
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D.R.
׉	 7cassandra://lYqby4UdZ9gtqYJWHKo4uBrj1rtF5x-jxrNA8i72fgQ-j` ]׼<V]g׉EIoffres, où le pouvoir adjudicateur
doit vérifier la conformité des prix.
« Fondamentalement, ce n’est pas son
rôle et cela lui rend la vie très difficile,
voire impossible, tout en augmentant
le risque de recours. »
Une matière de plus en plus
complexe
Du côté des soumissionnaires, il y a
également des mécontentements.
« Eux aussi ont dû s’adapter à la
nouvelle loi, mais contrairement
aux pouvoirs adjudicateurs, ils ont
rarement pu suivre des formations en
la matière. Même si des offres existent,
il faut avoir le temps et les moyens. »
Les petits marchés sont une mine
d’or pour les PME, mais la procédure
s’est tellement complexifiée qu’il
y a une sorte de découragement.
Notre expert invite donc les petites
entreprises à travailler dans une
optique aussi locale que possible et
à se faire connaître auprès de leurs
pouvoirs adjudicateurs locaux, qui
ont beaucoup de marchés à attribuer
avec des mesures de passation plus
souples.
Et Christophe Dubois de conclure :
« Assez paradoxalement, les
avancées de la nouvelle loi ne profitent
pas directement aux marchés publics.
Certaines mesures sont bien sûr
positives, mais elles n’impactent
pas les procédures de passation
en tant que telles. Aujourd’hui,
tant les pouvoirs adjudicateurs que
les soumissionnaires manquent
clairement de compétences pour
pouvoir répondre à ces nouvelles
exigences. La matière s’est tellement
complexifiée au fil des ans qu’il
n’est pas évident, pour les acteurs
de la commande publique, de
maîtriser la législation et de suivre la
jurisprudence y relative. » ●
Gaëlle Hoogsteyn
En route vers la facturation électronique
Suite à la transposition d’une directive européenne, depuis
avril 2019, toutes nos administrations doivent accepter
l’e-facturation dans le cadre de leurs marchés publics.
Les explications de Brahim Ammar Khodja, chargé de
projet chez Easybrussels, l’Agence bruxelloise pour la
simplification administrative.
Qu’est-ce qu’une facture électronique ? Il s’agit
de toute facture émise, transmise et reçue sous
une forme électronique structurée (format XML) qui
permet son traitement automatique et électronique.
Concrètement, ce type de facture passe directement
du logiciel comptable du fournisseur vers celui de son
client, sans intervention humaine. Les factures scannées
ou sous format PDF envoyées par e-mail ne sont donc pas considérées
comme des factures électroniques selon cette définition.
Brahim
Ammar Khodja
(Easybrussels)
Quels sont les avantages de l’e-facturation pour les entreprises ?
Premièrement, c’est une simplification administrative : ce mode de
facturation élimine des tâches manuelles en plus de l’encodage de création
de la facture. Cela permet donc de réaliser des économies, tant à l’envoi
qu’à la réception. L’Agence fédérale pour la simplification administrative
a calculé qu’un passage à 100 % de factures électroniques représenterait
une économie annuelle de plus de 3 milliards d’euros en Belgique.
L’automatisation permet aussi une réduction du délai de paiement,
particulièrement appréciable pour les indépendants et les petites entreprises
qui ne peuvent pas se permettre d’attendre trop longtemps avant de se faire
payer. Enfin, l’e-facturation réduit l’impact négatif sur l’environnement par
rapport à la facture sous format papier ou envoyée par e-mail.
Est-ce que les entreprises sont obligées d’envoyer des factures
électroniques aux administrations ? Il n’existe pas encore d’obligation
générale en Belgique, mais certaines administrations l’imposent déjà à
leurs fournisseurs, notamment en Flandre. En Région bruxelloise, il y a
aussi une volonté d’aller de l’avant dès 2020, tout en mettant en place un
accompagnement pour les indépendants et les petites entreprises.
Comment les indépendants et les PME qui ne disposent d’aucun
outil informatique peuvent-ils envoyer des factures électroniques ?
Il existe aujourd’hui des dizaines de solutions pour la gestion comptable
qui incluent la possibilité d’envoi de factures électroniques conformes à
la réglementation. Il est recommandé aux entreprises non équipées de se
renseigner auprès de leur fournisseur actuel ou sur internet.
Quelles recommandations adressez-vous aux PME bruxelloises
pour la facturation électronique ? Le passage à la facturation
électronique est une véritable opportunité de modernisation et d’économie.
Je les invite donc à se renseigner dès aujourd’hui et choisir la solution la plus
adaptée à leur situation.
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 45
D.R.
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Space Laser Games :
événements
ludiques et fun
Jérôme Desombre propose à Etterbeek un espace
polyvalent ouvert tant aux particuliers qu’aux
entreprises pour leurs événements, qui vient de
s’enrichir d’une nouvelle attraction : Space Team Games.
Jérôme Desombre en action
A
près une carrière dans le monde de la finance, Jérôme
Desombre a totalement changé d’activité il y a
maintenant deux ans et demi, en ouvrant à Etterbeek
le Space Laser Games.
C’est à Paris, auprès de connaissances, qu’il découvre cette
activité et qu’il décide de tenter l’aventure à Bruxelles, où il
est installé depuis quelques années. Depuis son lancement
au printemps 2017, Space Laser Games rencontre un succès
sans cesse croissant, tant auprès des particuliers que des
entreprises. Les premiers étant surtout présents les weekends
et les secondes durant la semaine. « Avec un espace
polyvalent de quelque 750 m² dont 500 de labyrinthe, nous
proposons le plus grand laser game de Bruxelles », confie-til.
« L’espace est privatisable et peut être utilisé pour un team
building, avec une salle de réunion disponible tant pour le travail
que la restauration. »
Attraction phare, le laser game est selon Jérôme Desombre
« 150 % fun » : « C’est une activité qui permet de déstresser
et qui procure du plaisir. On est déconnecté et on s’éclate
le temps d’une partie. Les participants choisissent un nom
de super-héros de l’espace et sont ensuite plongés dans la
pénombre du labyrinthe et dans une ambiance délirante avec
des fumigènes, de la musique, etc. On constate que s’il y a
parfois des personnes, lors de team buildings notamment, qui
ne sont pas intéressées au début, elles mordent très vite au
jeu. Et puis, comme j’aime souvent le dire : le laser game est
la seule activité qui vous permettra de tirer sur votre chef(fe),
sans lui faire de mal et surtout sans vous risquer de vous faire
virer ! C’est une activité très prisée par les entreprises, qui est
par ailleurs très ludique et favorise les discussions entre les
gens quand ils découvrent leurs résultats et comparent leurs
feuilles de score ».
Dans ce registre, Space Laser Games vient de lancer une toute
nouvelle activité dans un espace insolite, baptisée Space Team
Games. « C’est une sorte de mini escape game ou Fort Boyard,
sans animaux ni sorcier », détaille Jérôme Desombre. « On
peut avoir jusqu’à 11 équipes de 2 à 6 personnes, qui doivent
réussir une série de 11 épreuves interactives, chronométrées,
combinant sport, observation, action et adresse. Ce sont des
jeux réels, dynamiques, non-violents, collaboratifs et inclusifs, où
chacun peut apporter sa compétence et contribuer à la réussite
du groupe. Cette nouvelle activité convient parfaitement pour
un team building car elle permet d’améliorer la communication
et la cohésion entre les membres d’un groupe. C’est vraiment
un travail d’équipe qui est demandé, avec des talents différents
et complémentaires. »
Avec cette nouvelle activité, le lieu devient Space Fun Games,
regroupant Space Laser Games et Space Team Games. Un
espace multi-activités pour organiser des événements pour
entreprises mais aussi pour des particuliers, par exemple lors
d'anniversaires. Devant l’intérêt et le succès croissant que
rencontre son espace, Jérôme Desombre songe à décliner le
concept ailleurs dans Bruxelles et plus tard dans d’autres villes.
Surtout pour le Space Team Games, qui est tout nouveau sur
le marché. ●
Info : www.space-laser-game.com
Guy Van den Noortgate
Invest in starters
Bon plan : entrez dans la communauté des investisseurs
pour soutenir les jeunes entreprises innovantes de
Bruxelles !
• Vous participez au développement économique de Bruxelles
• Vous diversifiez vos placements
• Vous bénéficiez d’avantages fiscaux grâce au « tax shelter »
pour startups
Une seule adresse : starters@beci.be • www.beci.be/starter
46 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
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L’actualité Beci en photo
Former deux millions de Bruxellois et
de navetteurs à la mobilité de demain :
c’est l’objectif du Brussels Mobility
Store, inauguré par Beci et AG Real
Estate dans la galerie Anspach, au
centre-ville. Multimodalité, durabilité
et mobilité intelligente sont au cœur
de ce nouvel espace de
1.000 m², qui présente
des solutions de
mobilité urbaine et offre
aussi une piste d’essai.
© Reporters
Comment aider les femmes à financer
leur activité entrepreneuriale à
Bruxelles ? À quels freins sont-elles
confrontées ? Quelles sont leurs
opportunités ? Tel était l’objet d’un
séminaire ‘Women & Investment:
Key to Success’ organisé par Beci
et le réseau Womenpreneur.
D.R.
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 47
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Le Bruxelles des entrepreneurs
Dans les pas de
Marguerite de Crayencour
Après des études de droit et une année au Barreau de Bruxelles,
Marguerite de Crayencour prend conscience qu’elle n’est pas là où elle
devrait être. Un court séjour entre amis à la ferme biologique du Bec
Hellouin la décide à tout arrêter et à se former pendant près de trois ans
en agriculture biologique et plantes aromatiques. Aujourd’hui, elle est
à la tête du Jardin des Sens, où elle cultive plus d’une cinquantaine de
variétés de fleurs comestibles.
Marguerite travaille et collabore avec plusieurs restaurants
bruxellois, l’occasion pour nous de l’interroger sur ses
bonnes adresses culinaires…
Le resto pour voyager : Mumtaz. Franchissez la porte
de ce restaurant ixellois (en photo) et, en un clin d’œil,
l’Inde et ses saveurs s’invitent à votre table ! Le poulet
tikka massala est la spécialité de la maison. Pour les
végétariens, je conseille le dhal de lentilles avec le riz
royal, une tuerie ! Service rapide et bon rapport qualité/
prix.
propose, sur la table, les plats dans la poêle. La carbonara
aux asperges et la pasta al ragù font partis des classiques
de la maison. La cuisine est juste et savoureuse. Plaisir
garanti !
La meilleure ambassadrice : Chloé Roose ! En sept
ans, elle a su s’imposer comme la référence food à
Bruxelles. Son blog, Brussels Kitchen, répertorie les
meilleures adresses où manger à Bruxelles. Elle vient tout
juste de publier son deuxième guide papier, à retrouver
aux éditions Racine.
La boutique branchée : Kure (ci-dessous), un concept
store bruxellois parfait pour admirer les vêtements haut
de gamme de différentes marques internationales, en
stock limité. Difficile de ne pas craquer pour une pièce…
●
Elisa Brevet
Le resto des copains : Old Boy, sans hésiter ! Pour
moi, c’est l’une des meilleures adresses de Bruxelles ! Si
vous aimez découvrir de nouvelles saveurs, cette cantine
asiatique devrait vous plaire. Le chef a décidé de miser
sur une cuisine aux influences variées, et notamment
chinoises, à travers une carte courte et efficace.
La cantine idéale : l’italien Nuovo Rosso, où l’on vous
48 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
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Petites histoires de grands entrepreneurs
L’incroyable histoire de
Daniel Ek : de la Suède
ouvrière à Spotify
Daniel Ek, le puissant et secret patron suédois de Spotify, vit aujourd’hui son ‘American dream’. Entré en bourse à
Wall Street, il est considéré par le magazine Billboard comme « l’homme le plus puissant de la musique » et gagne
des milliards de dollars. Itinéraire en quatre temps.
Sa première entreprise à 14 ans : À 13 ans, Daniel
Ek commence à créer ses premiers sites internet. Sa
réputation grandit aux quatre coins du pays et les
demandes affluent. À 14 ans, il crée sa première entreprise
et gagne jusqu’à 15 000 € par mois. Sa technique ? Casser
les prix du marché en proposant des sites à 5000 €, trois
fois moins chers que la plupart de ses concurrents. Ek a
pour habitude de dire que sa passion pour l’informatique
et la musique sont nées lorsqu’il n’avait que cinq ans :
quand son père lui a offert une guitare et son tout premier
ordinateur.
Sa folie des grandeurs : À 23 ans, Tradedoubler,
une agence de pub sur internet, fait appel à lui pour
développer un programme de gestion de ses clients en
ligne. Il vend son CRM pour 2 millions de dollars. Avec
l’argent, il se paie un bel appartement à Stockholm et une
Ferrari Modena rouge cerise. Jet set et folie des grandeurs
finissent par avoir raison de lui. À 24 ans, Ek est
en pleine dépression, il vend tout et s’installe
dans une cabane au cœur de la forêt. Il passe
plusieurs mois seul, à s’interroger sur son
avenir et à jouer de la guitare.
Pourquoi les
spaghetti bolognese
n’existent pas ? Un
livre idéal pour secouer nos neurones
et nos croyances sur la cuisine en
près de 700 pourquoi et explications.
Chacune des réponses repose sur les
études et expériences scientifiques les
plus récentes, ponctuées d’une bonne
dose d’humour ! Marabout
Sa rencontre avec Martin Lorentzon : De passage
à Stockholm, Daniel Ek retrouve Martin Lorentzon, le
patron de Tradedoubler. Passionnés de musique et de
nouvelles technologies, les deux hommes ont la brillante
idée d’une plateforme proposant de la musique en ligne,
à la demande et en accès illimité. Après plusieurs mois
de réflexion, ils s’associent : Lorentzon vend sa société et
Daniel Ek investit jusqu’au dernier denier : Spotify est né.
Ses menaces de quitter la Suède : Fin 2016, le patron
de Spotify signe une lettre ouverte sur le site de Medium.
Pour lui, le pays manque cruellement de logements et
les prix sont beaucoup trop élevés pour attirer de jeunes
ingénieurs. Il ajoute qu’en interdisant les stock options, le
système fiscal suédois est trop contraignant. Le patron
de Spotify appelle son pays à des réformes libérales sous
peine qu’à terme, son entreprise se développe bien plus à
l’étranger. Ek nous offre là une vision bien différente d’un
modèle scandinave souvent plébiscité. Affaire à suivre. ●
Elisa Brevet
Glou Guide 2 : Une petite bible
du vin naturel qui ne vous quittera
plus. Plus de 150 chroniques au ton
décalé et 300 vignerons « nature »
référencés dans
toute la France.
Le concept ?
150 bouteilles à
15 € maximum !
Cambourakis
Juan Arbelaez
– CuisinezPartagez
: À 31 ans,
l’ancien de « Top Chef »
Juan Arbelaez vient de
sortir son premier livre : une cuisine
de tous les jours, des inspirations
culinaires venues des quatre coins du
monde. Idéal pour révolutionner son
repas de Noël… Marabout
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 49
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DEMANDES D'ADMISSIONS PAR PRÉSENTATION AU CONSEIL D'ADMINISTRATION
Abdillahi Fathia pp, avenue du
Capricorne 222 - 1200 Bruxelles Del. :
Abdillahi Fathia
ADS Consult, Rue du Lac 37 - 1000
Bruxelles Code Nace : 69201 -
Activités des experts-comptables et
des conseils fiscaux Del. : De Staercke
Marie Laure
Apydel SPRL, Rue de la Chênaie
6 bte A - 7000 Mons Code Nace :
46769 - Commerce de gros d'autres
produits intermédiaires n.c.a. Del. :
Delvaux Yves
Argel International SPRL, Rue du
Trône 177 - 1050 Bruxelles Code
Nace : 01610 - Activités de soutien
aux cultures, 43999 - Autres activités
de construction spécialisées, 46442
- Commerce de gros de produits
d'entretien, 46610 - Commerce de
gros de matériel agricole, 46739 -
Commerce de gros d'autres matériaux
de construction Del. : Luzolo Arnaud
Ben&Art Construct SPRL, Rue SaintDenis
136/7 - 1190 Bruxelles Code
Nace : 43320 - Schrijnwerk - Travaux
de menuiserie Del. : Challe François
CE+T - Constructions Electriques
+ Telecommunications S.A., Rue
du Charbonnage 12 - 4020 Wandre
Code Nace : 27110 - Fabrication
de moteurs, de génératrices et de
transformateurs électriques Del. :
Afsarian Vahé
ControlCase LLC, Lee Jackson
Memorial Highway Suite 520, 12015 -
22030 Fairfax, Virginia Del. : Holsters
Karolien
d'Otreppe de Bouvette Thierry
(Balance Event Design) pp, 49 rue de
toulouse - 1040 Bruxelels Code Nace :
77392 - Location et location-bail de
tentes, 82300 - Organisation de
50 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
salons professionnels et de congrès,
90022 - Conception et réalisation de
décors Del. : d'Otreppe de Bouvette
Thierry
Dijana Zoric PPE, Avenue de la
Renaissance - 1000 Bruxelles Del.
Zoric Dijana
Earth Avocats Brussels SCRL,
Avenue Louise 140 - 1050 Bruxelles
Code Nace : 69101 - Activités des
avocats Del. : Viseur François
Engineering-ConstructionConsulting
WorldWide SPRL, avenue
Daniel Boon 60 - 1160 Bruxelles Code
Nace : 41201 - Construction générale
de bâtiments résidentiels, 43211 -
Travaux d'installation électrotechnique
de bâtiment, 71121 - Activités
d'ingénierie et de conseils techniques,
sauf activités des géomètres Del. :
Banu Gabriela
HR Intelligence SPRL, avenue Paul
De Merten 52 - 1090 Bruxelles Code
Nace : 78100 - Activités des agences
de placement de main-d'oeuvre Del. :
Esgain Anne
IMB-Professionals CSC, Rue de la
Science 14 / B - 1000 Bruxelles Code
Nace : 62020 - Conseil informatique,
70220 - Conseil pour les affaires et
autres conseils de gestion, 73110 -
Activités des agences de publicité
Del. : Mukenge Emmanuel
Kostiuk Inna PPE, avenue des Villas
75 - 1190 Bruxelles Del. : Kostiuk Inna
La Passante SPRL, rue de Cotibeau
44 - 5100 Namur Code Nace : 47721
- Commerce de détail de chaussures
en magasin spécialisé Del. : Goethals
Nathalie
Le Monde Après BE SA, Place
Sainte-Gudule 5 - 1000 Bruxelles
Code Nace : 70220 - Conseil pour les
affaires et autres conseils de gestion
Del. : Giannini Maxime
Lease Plan Fleetmanagement NV,
Excelsiorlaan 8 - 1930 Zaventem
Code Nace : 64910 - Crédit-bail,
77110 - Location et location-bail
d'automobiles et d'autres véhicules
automobiles légers (< 3,5 tonnes)
Del. : Portier Johan
Mabel SPRL, Place du Champ de
Mars 5 - 1050 Bruxelles Code Nace :
53200 - Autres activités de poste et
de courrier Del. : Oturan Iris
Manymore SPRL, avenue de
Broqueville 12 bte Nestwork - 1150
Bruxelles Code Nace : 70220 - Conseil
pour les affaires et autres conseils de
gestion Del. : Stichelmans Patrick
Prosonix SPRL, Rue Dieudonné
Lefèvre 2 - 1020 Bruxelles Code
Nace : 46190 - Intermédiaires du
commerce en produits divers, 70220
- Conseil pour les affaires et autres
conseils de gestion, 85592 - Formation
professionnelle Del. : Dhen Serge
Quentin Gailly - GG Smile pp, Rue
N. Anrys 5 - 6280 Gerpinnes Del. :
Gailly Quentin
Space Refinery BVBA, Da Vincilaan 1
- 1930 Zaventem Code Nace : 41201
- Construction générale de bâtiments
résidentiels Del. : Sterken Roel
for people SCS, Rue
Dodonée77 bte A - 1180 Bruxelles
Del. : Dorsimont Fred
Tools
YoungThinkers ASBL, avenue des
Taillis 17 - 1170 Bruxelles Code
Nace : 94999 - Autres associations
n.c.a. Del. : Poullet Eleonore
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MÉDIATION JURIDIQUE
Jusqu’au 04.02.2020
Praktijkworkshops met case studies
over bemiddelen en collaboratief
onderhandelen**
> bMediation +32 2 643 78 47
info@bmediation.eu
FISCALITÉ & FINANCES
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LÉGISLATION SOCIALE
VENTE, MARKETING &
COMMUNICATION
Jusqu’au 19.12
Social selling coaching : 4 semaines
pour obtenir des leads qualifiés via
LinkedIn
17.12
Apprenez à réseauter et franchissez
la barrière de la communication
17.12
Social selling : l’efficacité de la
prospection
➜ Caroline Coutelier
+32 2 643 78 13 – cco@beci.be
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vos compétences, accroître la
performance de vos collaborateurs,
renforcer l’esprit d’équipe de votre
entreprise ? Nos formations peuvent
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Vous ne trouvez pas la formation
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formations est établi en fonction
des demandes que vous nous
formulez.
➜ Caroline Coutelier
+32 2 643 78 13 – cco@beci.be
24.01.2020
Les vendredis de l’actualité sociale
06.02.2020
HR-vinger aan de pols: update
sociaal recht**
21.02.2020
Actualités « compensation &
benefits »
05.03.2020
Actualités de droit social dans la
fonction publique
17.03.2020
Remboursement de frais à vos
travailleurs
28.05.2020
Missions et fonctionnement des
organes sociaux
04.06.2020
Actualités de droit social dans la
fonction publique
05.06.2020
Les vendredis de l’actualité sociale
12.06.2020
Actualités « compensation &
benefits »
18.06.2020
HR-vinger aan de pols: update
sociaal recht**
24.09.2020
Temps et facilités accordés aux
représentants syndicaux : la
contradiction surmontée ?
➜ Frédéric Simon
+32 2 643 78 17 – fs@beci.be
Déjeuner-conférence : Aides d’État,
pièges et opportunités
➜ Erick Thiry +32 2 643 78 36
eth@beci.be
ENVIRONNEMENT, URBANISME,
MOBILITÉ
10.12
Green afterwork – mobilité
alternative durable
➜ events@beci.be
STARTERS & RESTARTERS
10.12
Comment passer de l’échec au
succès ?
10.12
Workshop : Oser l’authenticité pour
un succès durable
12.12
Apéro Starters et reStarters : venez
pitcher votre projet
16, 23 et 30.12
Lunch Starter
19.12
Apéro Starters et reStarters :
entreprendre, c’est bon pour la
santé !
➜ Emmanuelle Einhorn
starters@beci.be
Bruxelles Métropole - décembre 2019 ❙ 51
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!Community
➜ Beci Events +32 2 643 78 13 –
events@beci.be
12.12
Quoi de neuf avec les Incoterms
2020 ?
➜ Beci’s International Department
+32 2 210 01 77 - jpm@beci.be
10.12
Discovery Meeting
11 & 18.12
Beci Welcome Breakfast
12, 17 & 19.12
Beci Welcome Lunch
Retrouvez notre agenda complet sur www.beci.be
**En néerlandais uniquement
INDEX DES ENTREPRISES ET ORGANISATIONS CITÉES DANS CE NUMÉRO
Abattoir
40
Actiris
AG Real Estate
Airbus
4-5 ; 7-11 ; 12-13 ; 47
17
Akros Solution
Amazon
Axel Beelen
BDO
BeCode
Betuned
Boeing
Boerenbond
Brightfish
CBR
Cercle des Voyageurs, Le
Chambre de Commerce
d’Autriche
Claeys & Engels
CNCD
CO2logic
CoderDojo
Communauté Portuaire
de Bruxelles
7-11
7-11
Association Renouveau Quartier
Grand-Place
14
4-5
7-11
18-19 ; 24-25
7-11
17
7-11
7-11
Brussels Airport Company 12-13
Bruxelles Formation
7-11
7-11
7-11
40
32
20-23
12-13
24-25
7-11
Confédération Construction 12-13
Consortium de validation
des compétences
Daoust
Easybrussels
École 19
Edenred
Engie
Enterprise Europe Network
Ephec
Equal Partners
7-11 ; 15 ; 39
44-45
7-11
12-13
12-13
16
20-23
44-45
52 ❙ Bruxelles Métropole - décembre 2019
29
7-11 ; 20-23
Europcar Mobility Group
Eventattitude
Exellys
FEB
Febev
12-13
6
37-38
4-5
17
Fédération belge
des Chambres de Commerce 7-11
FedeWeb
Fednot
Fevia
Filigranes
Fnac
Gallup
Gestion Loc.
Girleek
G.M. Electronics
Greenbizz
Growing Attitude
Guardian of the Arches, The
Hays
Hub.brussels
IBSA
ING
Interparking
Iris Group
IWEPS
Jardin des Sens
Jeasy
KBC
Koudetat
Kure
LeasePlan
LN24
Lucy
Marque Belge
Media Marketing
Menu Next Door
Micropole
MolenGeek
20-23
24-25
17
7-11
7-11
36
4-5
7-11
12-13
40
34-35
40
37-38
17
7-11
12-13 ; 42-43
12-13
12-13
7-11
48
12-13
18-19
7-11
48
12-13
7-11
7-11
7-11
7-11
7-11
12-13
18-19
Mumtaz
Nuovo Rosso
Old Boy
OMC
Panora.me
Pasha-Parking
Pinwheels
Schindler
SD Worx
Sibelga
Simont Braun
SNCB
Sodexo
Solvay
Solvay Brussels
School of Economics
Inscrivez-vous à une ou plusieurs
formations et bénéficiez des
subsides à la formation
Région Bruxelloise:
50% de subsides:
(investissement min. = 1.000 €)
48
48
48
17
6
12-13
36
7-11
4-5 ; 31
12-13
42-43
12-13
12-13
12-13
7-11
Sophie Maquet & Stijn Joye 42-43
Space Laser Games
Spotify
Statistiek Vlaanderen
Telenet
Telenet Business
Tempo-Team
Title Media
Total
Toukoul
Tractebel
Tradedoubler
Tryangle
ULB
View.brussels
Vinci Energies Belgium
VUB
WeMedia
Womenpreneur
Worldline Belgique
46
49
7-11
7-11
18-19 ; 24-25
7-11
7-11 ; 15
12-13
7-11
12-13
49
34-35
7-11
Urban Manufacturing Alliance 40
Veolia
12-13
20-23
12-13
7-11 ; 27-28 ; 40
7-11
47
14
׉	 7cassandra://LvEw1ogkgZO9bxKQryMEkFRsCRFZKnd5LHSM4wSSF7g8` ]׼<V]g׉E\Entreprises
en transmission
Fiduciaire
(cession de parts)
CA : < 0,5 Mo €
1 à 10 employés
Marketing, études
de marché, mystery
shopping
CA : < 1 Mo €
10 à 20 employés
Le Hub Transmission de BECI,
première organisation de la
Région Bruxelles Capitale
en cession/acquisition
d’entreprises, publie ses
nouvelles offres.
> entreprises à remettre / cessions de parts
Création, impression de
livres pour enfants
CA : 2 à 3 Mo €
1 à 10 employés
> Pour nos repreneurs-investisseurs,
le Hub Transmission recherche
> Une entreprise active dans la manutention,
le façonnage, l’emballage, l’assemblage
Bruxelles
Valeur d’acquisition : > 500.000 €
> Une société de fabrication, production
Bruxelles, Wallonie, Flandre
Valeur d’acquisition : > 300.000 €
Vous souhaitez céder votre entreprise, en partie ou totalement ? Vous êtes intéressé(e) par l'une de ces
entreprises ou connaissez une société à reprendre dans l'un de ces secteurs? Le Hub Transmission de Beci vous
accompagne dans votre projet de cession ou d’acquisition.
Salima Serouane + 32 2 643 78 49 • transmission@beci.be
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