׉?ׁB! בCט  {u׉׉	 7cassandra://kUo8zWX2WxxLnky4CgkG4YOjFoj8mqkDjlp0hGDTucw >`׉	 7cassandra://KruLretTUuDICtJe3y_RiaxBWQv7k2At56nvdkWPy0Ub`S׉	 7cassandra://7Fj0z4ZkLEDZ2s2TeBWU7CbLBBPz_vR_mBfGLaZefMA`̵ ׉	 7cassandra://gp6GrHLghIPNoCbf6ZNNWV2nUlM67ztc2y17k8oJSFs j͠U޶H7׈EU޶H7׉E <Le livre blanc de la
DIVERSITÉ
DIVERSITY MEANS PERFORMANCE
׉	 7cassandra://7Fj0z4ZkLEDZ2s2TeBWU7CbLBBPz_vR_mBfGLaZefMA`̵ U޶H7U޶H7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://b7C4UoWiQ2YgevXxwEtMUFU-yzXtEILKByO-ptcFnq8 `׉	 7cassandra://nAdjO851Oyr3wIAbHrFSw8oLrh8XHkNqnWxvnFn3I1ÈP`S׉	 7cassandra://rjO1q2g4wcU02FLjtd9Z_uN8y6e3Q9dvH3rUTE8cNIA.`̵ ׉	 7cassandra://YUGYbFMEY2NWOtx2la91PJPa4je8Pex5qbfIEJzCklw h$͠U޶H7ט  {u׉׉	 7cassandra://FyDj3JctXY5NqdoTL55CJTGN7p89djfgq-tCYZTfE5s `׉	 7cassandra://7BhCfk1rMaVL42I7WdYrIH8ME9n8jKP23Rzy1fNKHuwFF`S׉	 7cassandra://mnVN3rSLc_PqLwpILd5a6JomCsV0LPSoOmmBedZRmUAO`̵ ׉	 7cassandra://GlMJQYgfEckXXDU3lHw1BhRTRicMJO6lJS37v0lY12U;͠U޶H7׉E׉	 7cassandra://rjO1q2g4wcU02FLjtd9Z_uN8y6e3Q9dvH3rUTE8cNIA.`̵ U޶H7׉EBECI | livre blanc diversité
Avant-propos
La diversité est souvent invoquée par les pouvoirs
publics pour qu’elle se concrétise, se réalise, se développe.
À ce sujet, la dernière déclaration de politique
régionale proposait des mesures pour la favoriser, en
intégrant comme groupe cible les personnes issues
des quartiers socio-économiquement défavorisés.
Mais cette approche politique explique en ellemême
pourquoi la diversité ne se développe pas suffisamment
: une carte mentale différente. En effet,
la culture économique n’est pas la culture politique.
Chacune a ses valeurs, ses normes, son alphabet qui
demande une approche spécifique.
La culture d’entreprise est orientée vers la recherche de performance économique ;
c’est une valeur forte qui crée aujourd’hui deux tiers des emplois à Bruxelles.
Aussi, pour développer la diversité, il faut la comprendre. Sortir de sa carte mentale
pour approcher celle de l’autre qui va immanquablement élargir la nôtre.
Les entreprises qui ont approché la diversité en ont trouvé la valeur ajouté, à la fois
humaine et économique. Car les chiffres de ces entreprises le montrent : mixer les
équipes, tant en termes de genre que d’âge, de culture, de handicap… booste les
chiffres d’affaires.
Chaque forme de diversité apporte sa propre spécificité, différente mais complémentaire
et, en soi, elle devient une richesse tant sur le plan humain qu’économique.
Les jeunes apportent l’innovation, les plus âgés l’expérience ; les personnes d’ascendance
étrangère apportent de la créativité, de par une carte mentale bi-culturelle ; les
équipes managériales mixtes en termes de genre se complètent par leur approche différente
mais complémentaire des situations ; les personnes en situation de handicap
ont parfois développé des atouts que n’ont pas les personnes sans handicap.
De plus, avoir des équipes qui représentent sa clientèle permet aussi de mieux la
comprendre et donc de mieux l’approcher. Le potentiel économique en devient meilleur.
La
diversité, pour autant qu’elle soit bien managée, est donc facteur de réussite.
Certaines entreprises sont avant-gardistes à ce sujet. Les suivrons-nous ?
Thierry Willemarck
Président de BECI
1
׉	 7cassandra://mnVN3rSLc_PqLwpILd5a6JomCsV0LPSoOmmBedZRmUAO`̵ U޶H7U޶H7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://exCUdx3uHSZhz7gz7xut8t6ETyHCQxLp_AS71K0-hsw `׉	 7cassandra://KFfn1ZIJh1y4P4RDFrnCQBwiaZ3s77H9TYzTMiGheyIG`S׉	 7cassandra://duGqjjXxaOgNTJEIol4I4Ndjv2JPUdfBRY8IIo05e5A`̵ ׉	 7cassandra://3ukRHcPUc04lBkTP9I8SmRm7kSTWa4_eJmuA2tF_tp0ͦX͠U޶H7ט  {u׉׉	 7cassandra://op_OlcvbuikDXtlXaP0qagQffbSCqJwwWjdIU_myTaI 7j`׉	 7cassandra://dEDwj9h2TBx3rzsCaaJYnSZQN38AAG6jx2nTTnD9C6g8`S׉	 7cassandra://LJy5DAtXaF-qTIayWaoCmVRxGTejtIkEdQMFGGfr27g`̵ ׉	 7cassandra://eDS7_SpBKsBHXgBfm2TdTi5xsuUZ4Mw5l-eHYVicggsͿ͠U޶H7נU޶H7% ̲ρE9ׁHmailto:er@beci.beׁׁЈנU޶H7$ 0aM9ׁHmailto:ow@beci.beׁׁЈ׉ELe Livre blanc
de la Diversité :
Diversity Means
Performance
EDITEUR RESPONSABLE
Olivier Willocx
ow@beci.be
Avenue Louise 500
1050 BRUXELLES
COMITÉ DE RÉDACTION
Olivier Willocx,
Jan De Brabanter, Xavier Dehan,
Hayate El Aachouche,
Bouchra El Mkhoust.
En collaboration avec :
Souad Razzouk,
La Magie des Cultures asbl.
Commission Diversité BECI
PRODUCTION
Media Coordinator :
Emmanuel Robert – er@beci.be
Graphisme : Isabelle André
Impression : DB Group
Traduction : Data Translation
Photos : Reporters,
sauf indication contraire
Septembre 2015
Cette publication est également
disponible en néerlandais.
Nos remerciements vont
tout particulièrement aux
administrateurs de BECI,
premiers lecteurs attentifs du
Livre blanc ainsi qu’aux secteurs
professionnels qui ont pu
contribuer par leurs apports
critiques à cette étude.
4.3. Discrimination et ascendance étrangère
4.3.1. L’ascendance sur le marché de l’emploi
4.3.2. Les mesures publiques
4.3.3. Interview : Jean-Claude Daoust (société Daoust)
4.4. Discrimination et handicap
4.4.1. Le handicap sur le marché de l’emploi
4.4.2. Les mesures publiques
4.4.3. Interview: Andrea Leponce (societe Exki)
23
24
27
28
31
31
32
33
I.
Introduction
II. Méthodologie
III. L’emploi en région bruxelloise
IV. La discrimination sur le marché de l’emploi
4.1. Discrimination et genre
4.1.1. Le genre sur le marché de l’emploi
4.1.2. Les mesures publiques
4.1.3. Interview : Els Overbergh (société Microsoft)
4.2. Discrimination et âge
4.2.1. L’âge sur le marché de l’emploi
4.2.2. Les mesures publiques
4.2.3. Interview : Katleen Beyens (societe Sodexo)
8
9
10
12
12
13
15
16
19
20
21
22
Table des matières
2
׉	 7cassandra://duGqjjXxaOgNTJEIol4I4Ndjv2JPUdfBRY8IIo05e5A`̵ U޶H7 ׉EWBECI | livre blanc diversité
V.
L’enseignement : socle de l’inégalité
34
VI. Les entreprises :
entre questionnements et ajustements
VII. Déconstruire la discrimination
pour constuire la diversité
7.1. Genèse
7.2. Les atouts de la diversité
7.3. Les bonnes pratiques
VIII. La diversité dans le monde
8.1. La mise en place d’une législation spécifique
8.2. Les clauses sociales dans les contrats publics
8.3. Les interventions ciblées
8.4. Les emplois subsidiés
8.5. Les autres facteurs de réussite
8.6. Quelles mises en pratique pour bruxelles ?
IX. Recommandations
9.1. La diversité par tous
9.2. Enseignement & qualifications
9.3. Formations & actions positives
9.4. Mesures emploi
9.5. Mobilité professionnelle inter-régionale
X.
Conclusion générale
XI. Références
36
38
38
40
41
44
44
46
47
48
49
49
50
50
51
51
51
52
53
56
3
׉	 7cassandra://LJy5DAtXaF-qTIayWaoCmVRxGTejtIkEdQMFGGfr27g`̵ U޶H7!U޶H7 {בCט   {u׉׉	 7cassandra://grgHppq4ilDM3nfRwLqEwz2kUSymGoS2ShR56j-0Ii0 g`׉	 7cassandra://r_DAcRtHihLTkGKdy44YbeZR_Zj2w7QSrhqM6SAJIdcvs`S׉	 7cassandra://xxdG9mjnf2Kx_gkG2bt2L0Kkup2BdQPuZBMuobXSGqM$`̵ ׉	 7cassandra://oME99ZxzQ66-QvUNorvHhBGlqmmtft823EdbrqpL6lM͠U޶H7&ט  {u׉׉	 7cassandra://xbzy41GjFDeUJotB6jrnLqpnvcKD1qiI9v9fPYIv12A `׉	 7cassandra://XJA2fUMBWeQVs96W9qbHFt_GCaOwr7-b7eXIoSwyOec]`S׉	 7cassandra://_7KZ0rpPS6RKpgLYmIHniyvCs6jdVIYnpsaO_I9czOYs`̵ ׉	 7cassandra://fij-8jnOf1CDuxaDBhi6H2TIaG9pt61Gezxx56WvziE͚͠U޶I7'נU޶I7- >)̨
9ׁHhttp://www.inergie.com/bilanׁׁЈנU޶I7, 1
9ׁHhttp://emploi.MaׁׁЈ׉E)Executive summary
La diversité sur le marché de l’emploi concerne tous les
groupes de la population en âge de travailler qui ne sont pas
proportionnellement représentés sur le marché du travail 1
et/
ou qui ne sont pas proportionnellement représentés à tous les
échelons de l’entreprise.
Bien que de nombreuses caractéristiques soient concernées
par la diversité, ce Livre blanc se concentre sur quatre axes
principaux : le genre, l’âge, l’ascendance étrangère et le
handicap.
Depuis des décennies, de nombreuses études publiques et
académiques ont souligné des différences significatives sur
le marché de l’emploi. Ces différences ont imposé la diversité
parmi les priorités des pouvoirs publics.
Pour la déployer, des initiatives directes et indirectes ont été
prises. Toutes les aides à l’emploi, actuelles et généralistes,
sont des mesures indirectes, visant à promouvoir la diversité
sur le marché de l’emploi.
Mais les charges sur le travail continuent d’être lourdes pour
les entreprises et, en soi, elles constituent un frein au déploiement
de l’emploi en général et donc de la diversité.
Par ailleurs, en amont, d’autres paramètres institutionnels
freinent son développement.
Il s’agit notamment des institutions publiques créatrices d’inégalité,
à savoir l’enseignement qui, de par son organisation,
ses ressources, ses politiques, produit des taux d’échec scolaires
massifs.
Aujourd’hui, près de la moitié des demandeurs d’emploi en
RBC (46 %) ne disposent pas d’un diplôme de l’enseignement
supérieur : un quart (25 %) des demandeurs d’emploi n’ont
pas terminé le cycle de l’enseignement secondaire et 20% ont
comme plus haut diplôme celui du secondaire supérieur.
Les chiffres montrent que l’hémorragie ne s’arrête pas.
Aujourd’hui, près de 50 % des jeunes demandeurs d’emploi
inoccupés n’ont pas, non plus, terminé leur cycle de
Cette réalité est en tension avec le marché de l’emploi
bruxellois où près de 60 % des emplois (56,1 %)3
diplôme de l’enseignement supérieur ou universitaire.
exigent un
Dans les deux autres Régions, le marché de l’emploi manifeste
plus de besoins en qualification basse et intermédiaire. Les
besoins en diplômés de l’enseignement supérieur ou universitaire
n’est « que » de 38,5 % en Région Flamande et 37,8%
en Région Wallonne.4
C’est pourquoi Beci recommande, outre les différentes
solutions développées dans cette publication, d’également
développer la mobilité interrégionale des travailleurs.
Car aujourd’hui, on voit qu’il y a une forte mobilité vers
Bruxelles (plus de la moitié des emplois bruxellois sont occupés
par des non bruxellois) mais c’est moins proportionnel dans
l’autre sens.
Outre ces paramètres institutionnels, les analyses développées
ci-après montrent que la diversité est source de performance
économique. Elle développe les chiffres d’affaires : une étude
menée en France montre que 31 % des entreprises se sont
engagées en diversité pour améliorer leur performance économique.5
l’enseignement
secondaire : 49,6 % sont faiblement qualifiés
chez les moins de 25 ans et 26,7 % chez les 25-29 ans2
.
I. Constats
1. Le genre
Les données en matière de genre montrent des différences non
pas en termes d’accès à l’emploi mais surtout en terme d’évolution
professionnelle. Les postes à responsabilité continuent
d’être globalement portés par les hommes et les causes sont
multiples : des habitudes de recrutement stéréotypées, des
femmes qui avancent à reculons vers des postes à responsabilité…
1.
Décret du Conseil Flamand du 8 mai 2002 relatif à la participation proportionnelle sur le marché de l’emploi
2. Observatoire Bruxellois de l’emploi.2013. Jeunes dans la précarité. La position des jeunes adultes vis-à-vis du marché de l’emploi en RBC. Bruxelles. p.11
3. Observatoire Bruxelloise de l’emploi.Mars 2015. Focus : Quelles perspectives d’emploi pour les hautement qualifiés à Bruxelles ?
4. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2012. Bruxelles.p.15
5. INERGIE. Bilan diversité 2014. Site web sur INTERNET. < http://www.inergie.com/bilan-diversite-2014>. Dernière consultation : le 05-03-2014.
6. Ibidem. p.12
4
׉	 7cassandra://xxdG9mjnf2Kx_gkG2bt2L0Kkup2BdQPuZBMuobXSGqM$`̵ U޶I7(׉EBECI | livre blanc diversité
CONSTATS
• Un plafond de verre qui résiste,
• Un écart salarial entre 10 et 22 %,
• Cumuler d’autres caractéristiques (l’ascendance,
l’âge, le handicap,…) augmente les difficultés.
2. L’âge
Les données montrent que les probabilités de sortir de l’emploi
diminuent avec l’âge.6
Les jeunes rencontrent des difficultés
de par leur manque de qualifications ou d’expérience mais les
personnes à partir de 45 ans rencontrent des difficultés structurelles
indépendamment de leurs niveaux de qualifications ou
d’études. A Bruxelles, près d’un tiers des inscrits chez Actiris
(30 %) ont plus de 45 ans.
CONSTATS
• A partir de 45 ans, des difficultés
structurelles d’accès à l’emploi,
• Des charges financières lourdes pour les
entreprises pour les publics plus âgés,
• Sur les dix dernières années, le nombre de
demandeurs d’emploi âgés de + de 50 ans
a triplé.
3. L’ascendance étrangère
Depuis plus de 20 ans, les chercheurs ont étudié les différences
significatives sur le marché de l’emploi entre les personnes
d’origine étrangère et les personnes d’origine belge.
Les dernières études des pouvoirs publics ont re-confirmé des
différences significatives
CONSTATS
• A Bruxelles : 25,5 % des Bruxellois de
18 à 60 ans sont d’origine belge et
65,9 % d’origine étrangère (soit de nationalité
étrangère, soit nés avec une nationalité étrangère,
soit dont un des parents est né avec une
nationalité étrangère).
• Taux d’emploi :
- 74 % chez les personnes d’origine belge,
- Entre 38 et 53 % chez les personnes
d’origine étrangère.
• Symptômes de discrimination sur le marché de
l’emploi
- Ethnostratification horizontale : des différences
dans l’accès à l’emploi,
- Ethnostratification verticale : des différences
dans l’évolution professionnelle.
4. Le handicap
Les personnes porteuses d’un handicap peuvent l’être de
naissance ou le devenir en cours de vie (maladie dégénérative,
accident de la route…).
Ce sont la méconnaissance des différentes formes de handicap
et les a priori (manque de rentabilité, surcroit de travail…) qui
freinent leur accès à l’emploi.
II. Déconstruire la discrimination
pour construire la diversité
2.1. Genèse
Pour comprendre la discrimination, il y a lieu de distinguer les
facteurs exogènes et les facteurs endogènes.
Les causes exogènes :
Elles sont de deux sortes :
• Les facteurs institutionnels qui participent au manque de
diversité (l’enseignement…)
• Les facteurs sociaux qui construisent les stéréotypes, les
préjugés et les schémas psychologiques dans l’ensemble de
la société. Ces derniers se développent et se maintiennent
notamment à travers des mécanismes sociaux de valorisation
et dévalorisation :
- La valorisation masculine du pouvoir, la féminisation et la
masculinisation des métiers…
- Pour l’âge, il s’agit aussi de l’inversement des rôles « naturels
» dans le sens où les individus, de par le cycle de
vie, ont été habitués à avoir des personnes plus âgées qui
les guident (parents, professeurs…). Dans la vie professionnelle,
il arrive souvent que les personnes plus jeunes soient
hiérarchiquement au-dessus des personnes plus matures.
L’inconfort s’installe des deux côté, entraînant
des difficultés
d’engagement ou des licenciements plus nombreux.
- La valorisation sociale des différences culturelles est trop
souvent absente dans les canaux de communication, y
compris médiatiques. L’adage « L’arbre qui tombe fait plus
de bruit que la forêt entière qui pousse » est particulièrement
vrai en ce qui concerne les personnes d’ascendance
étrangère.
Et les arbres qui tombent nourrissent de manière disproportionnée
les préjugés envers ces personnes.
- De même, en ce qui concerne le handicap, la Belgique
CONSTATS
• En Belgique, le taux d’emploi des personnes sans
handicap est de 66,4 % contre 40,7 % chez
les personnes avec un handicap.
• Dans 80 % des cas, le handicap survient dans le
courant de la vie.
• 41 % : le nombre de personnes handicapées
belges inactives qui s’estiment aptes à travailler.
5
׉	 7cassandra://_7KZ0rpPS6RKpgLYmIHniyvCs6jdVIYnpsaO_I9czOYs`̵ U޶I7)U޶I7({בCט   {u׉׉	 7cassandra://O3zbv68jUeo7Z3J0jYkCD1h8XjC6azki5CnJp00EVuA I` ׉	 7cassandra://3ibALvh6M0PVLZE4AlTRWs5LpRPF1p5awcz7LWtvP-Ix>`S׉	 7cassandra://cjHQ5dgu1Jhhcw2EL_f8TfJMloS92GNJj0Y-UCI32Rk!*`̵ ׉	 7cassandra://yFQYspIti_tMkoHd8BuuemhebqfnacT6vq0WuL9axUM͐Y͠U޶I7.ט  {u׉׉	 7cassandra://wqtPLOY_Tl9a-0B8k9SDqsEHmKY2qz3u-RBrNB3PReQ n` ׉	 7cassandra://T_LuUClucyWMQfe1aIoPe_zeIrGLHgk6i9ZzYuqPEycsu`S׉	 7cassandra://D-M7TM7tRluCLjzAKqyE9EP50pZ_TzeHhri3SS7oWz4 `̵ ׉	 7cassandra://5Sv52PxGhpgTKakJG3sC4eGY9T6EmGldWhG9CzdoCeQ͞0͠U޶I7/נU޶I7; s.
9ׁHhttp://9.LAׁׁЈנU޶I7: w
9ׁH !http://sociologie.revues.org/1200ׁׁЈ׉E{est encore dans une approche trop souvent médicalisée,
comme l’ont souligné les Nations Unies dans leur dernier
rapport d’octobre 2014. Cette approche, qui ne se justifie
pas toujours, participe à créer un stéréotype de « care » envers
ces personnes. Or, ces personnes sont tout autant capables
de se mouvoir dans la vie, y compris professionnelle.
Elles se sont même, en général, sur-adaptées au monde.
Les causes endogènes :
Les causes endogènes sont l’inscription au niveau individuel de
ces facteurs sociaux qui deviennent des « habitus », « extraordinairement
ordinaires », qui sont :
« un ensemble de dispositions durables, acquises, qui consiste
en catégories d’appréciation et de jugement et engendre
des pratiques sociales ajustées aux positions sociales. Acquis
au cours de la prime éducation et des premières expériences
sociales, il reflète aussi la trajectoire et les expériences ultérieures
: l’habitus résulte d’une incorporation progressive des
structures sociales. C’est ce qui explique que, placés dans
des conditions similaires, les agents aient la même vision du
monde… »7
Les habitus s’exercent « comme par magie, en dehors de toute
contrainte physique ; mais cette magie n’opère qu’en s’appuyant
sur des dispositions déposées, tels des ressorts, au plus
profond des corps.»8
Aussi, pour réussir la diversité, il y a lieu de travailler dans tous
les champs humains (social, politique, économique, médiatique…)
pour dépasser les stéréotypes et pas uniquement sur
le marché de l’emploi.
Car les habitus peuvent se transformer, et ce par les mêmes
voies que leurs inscriptions : l’inculcation et l’incorporation.
Le travail d’inculcation peut se faire par la voie pédagogique
que ce soit à travers le parcours scolaire ou le parcours professionnel
(à travers des séminaires, des formations,…) qui
vont déconstruire les schèmes de perception, d’appréciation
et d’action.
Le véhiculement des préjugés et stéréotypes négatifs par les
médias, qui participent à la construction d’habitus, doit également
être profondément pensée.
C’est également par l’incorporation que les « habitus » se
construisent, c’est par l’incorporation qu’ils peuvent se déconstruire.
Aussi, une incorporation de la diversité dans la structure
même des entreprises, avec un accompagnement adéquat,
contribue à construire des habitus positifs en diversité.
Cela peut se faire notamment à travers des « actions positives »
au niveau des ressources humaines dont différents exemples
ont été développés dans cette publication.
2.2. Les atouts de la diversité
Si la diversité est une question d’égalité et d’éthique, elle est
aussi une réponse économique.
Car les entreprises engagées en diversité ont compris le potentiel
économique et ont pu découvrir que la diversité améliore
leurs performances économiques.
Ces performances économiques sont dues à plusieurs méthodes
:
2.2.1. Le développement
des ressources humaines
Développer la diversité au sein des ressources humaines, c’est
disposer d’une multitude de talents qui vont amplifier les
résultats, car chaque forme de diversité apporte sa particularité
qui bonifie l’ensemble.
En ayant du personnel aux potentiels différents, les entreprises
sortent notamment des schèmes de « pensée unique » et
monolithique qui rigidifient le développement de l’entreprise.
• Le genre
Les études qui démontrent la corrélation entre des équipes
managériales féminisées et des bilans financiers bonifiés ne se
comptent plus. Citons notamment celle de la banque Credit
Suisse : « Les entreprises comptant + de 15 % de femmes à
la direction générale ont dégagé un retour sur fonds propres
moyens de 14,7 % contre seulement 9,7 % pour les compagnies
en comptant moins de 10 %. »9
Ces performances sont notamment dues au fait que l’entreprise
bénéficie d’atouts managériaux différents mais complémentaires
en termes de genre.
• L’âge :
Investir dans l’âge, c’est disposer d’un capital savoir bonifiant
pour l’entreprise.
En effet, un collaborateur âgé possède ce que les diplômes
n’apportent pas : l’expérience. Elle donne un capital de
ressources pour développer des projets : un travailleur âgé en a
déjà beaucoup développé ou en a vu beaucoup se développer.
Il sait, d’expérience, ce qui marche ou moins bien.
Il a par ailleurs assisté à une multitude de situations à résoudre
et trouvera donc rapidement des solutions à des problèmes
de terrain. L’entreprise bénéficie ainsi d’un gain de temps
considérable.
Il a été constaté qu’il faut en moyenne 14 mois à un senior
pour transmettre tout son savoir à un jeune. Ce sont 14 mois
de « capital savoir » dont l’entreprise bénéficie en engageant
un senior.
De plus, il a été démontré que les collaborateurs seniors ont
une meilleure résistance au stress: leur vécu les rend moins
émotifs en cas de difficultés. Ce qui est particulièrement intéressant
lorsqu’on sait que la résistance au stress influe sur la
rapidité d’exécution mais aussi sur l’absentéisme.
• L’ascendance étrangère
Les personnes d’ascendance étrangère ont généralement des
schèmes de pensée bi-culturels. Une carte mentale élargie qui
apporte créativité et innovation à l’entreprise.
De plus, disposer d’un personnel qui parle d’autres langues
que les langues nationales permet, en cas de besoin, de mieux
accueillir et servir la clientèle.
Le dernier Taalbarometer montre le top 8 des langues parlées
à Bruxelles, par ordre d’importance : français, anglais, néerlandais,
arabe, espagnol, allemand, italien et turc.
Disposer de collaborateurs qui parlent d’autres langues, en plus
des langues nationales, c’est pouvoir offrir des interactions de
qualité à la clientèle surtout parmi les personnes matures qui
n’ont pas suivi les cursus scolaires en Belgique.
• Le handicap
Contrairement à ce qui est véhiculé par les stéréotypes, les personnes
en situation de handicap, moyennant les adaptations
nécessaires, ont une performance égale à une personne sans
handicap.
Ces personnes ont, par ailleurs, développé d’autres qualités
(selon la forme du handicap) que les personnes sans handicap
n’ont pas.
Elles sont, par exemple, plus souvent conscientes des problèmes
de sécurité au travail et ont une faculté de prévention
très développée.
6
׉	 7cassandra://cjHQ5dgu1Jhhcw2EL_f8TfJMloS92GNJj0Y-UCI32Rk!*`̵ U޶I70׉EeBECI | livre blanc diversité
certaines organisations (PME notamment) ne peuvent se
permettre ce coût. Et d’autre part, certaines entreprises ont
des collaborateurs seniors dont les talents ne sont pas totalement
exploités.
Cette plate-forme réunit
les entreprises demandeuses de
talents seniors et les entreprises les comptant parmi leurs
effectifs. Les collaborateurs seniors de ces dernières, peuvent,
s’ils le souhaitent, avoir des missions externes auprès d’autres
entreprises.
2.2.2. Mieux toucher la clientèle
Avoir des collaborateurs qui ressemblent à la clientèle (en
termes de genre, d’âges, de culture…) permet de mieux la
comprendre et donc de mieux répondre à ses besoins.
A Bruxelles, la clientèle est composée comme telle :
- 35 % de la population a plus de 45 ans
- 65,9 % de la population bruxelloise de 18 à 60 ans est d’origine
étrangère (soit de nationalité étrangère, soit né avec une
nationalité étrangère soit dont un des parents est né avec
une nationalité étrangère).
- En Belgique, plus de 10 % de la population entre 15 et 64
ans est porteuse d’un handicap ou d’une maladie chronique.
La clientèle est la principale source économique. Aussi disposer
de tous les talents en interne permet d’être en adéquation
avec le potentiel bruxellois.
2.2.3. Éliminer le risque réputationnel
Il ressort des études que la discrimination n’est pas forcément
visible ni intentionnelle puisqu’elle est construite, pour une
part, à partir d’habitus : des schèmes de perception, d’appréciation
et d’action, socialement construits chez chaque individu,
et qui « dirigent » les comportements de recrutement.
Or, en cas de plainte pour discrimination, les coûts directs et
indirects peuvent être conséquents car la charge de la preuve
est aujourd’hui, selon la loi, du côté de l’employeur qui doit
prouver la non-discrimination.
Les coûts sont à la fois ceux liés au procès, aux dédommagements
éventuels mais également ceux liés à une réputation
négative qui peuvent être durables et conséquents.
Le risque réputationnel est donc important et nécessite des
actions de prévention ciblées.
2.3. Quelques bonnes pratiques
Diversité et genre : programme d’assertivité
Dans beaucoup d’entreprises, le personnel féminin bénéficie
de programmes d’assertivité. Ces programmes, outre leurs
effets positifs en termes de comportements et de communication,
ont également un impact sur l’auto-discrimination du
personnel féminin.
En effet, il est communément admis que les femmes développent
des comportements d’auto-discrimination par rapport
aux fonctions à responsabilité.
Ces programmes d’assertivité amènent les femmes à se positionner
différemment et donc à être vues différemment.
Par ce fait, un changement naturel et subtil se passe à l’intérieur
de l’entreprise, qui mène les femmes vers des postes à
responsabilité.
Diversité et âge : experience@work
Il s’agit d’une plate-forme où les collaborateurs seniors sont,
en partie, employés à l’extérieur de l’entreprise.
L’expertise des collaborateurs seniors est connue. Pourtant,
III. Conclusion
Les entreprises ayant développé la diversité en ont
découvert la richesse humaine et économique.
Et pour que la diversité puisse se développer
entièrement, il y lieu d’agir dans tous les champs en
étant particulièrement attentif à plusieurs axes :
- L’enseignement et l’emploi des langues
- Les formations RH en diversité
- La mobilité inter-régionale des travailleurs
- Les charges sur le travail
- L’appropriation de la diversité par chaque
ministre dans ses matières.
Nul doute que cette appropriation globale sera une
réussite pour tous : les entreprises, les demandeurs
d’emploi, les travailleurs et les pouvoirs publics.
Un contrat de services est ensuite conclu dont la durée est
variable : mission courte, moyenne ou à durée indéterminée…
Le bénéficie est pour tout le monde : les seniors se ressourcent
au soir de leur carrière, les petites organisations bénéficient
d’un capital savoir à un coût abordable...
Diversité et ascendance étrangère :
le management interculturel
Si, de manière générale, la diversité nécessite d’être bien
managée pour être réussie, c’est particulièrement vrai dans
le cadre de la gestion interculturelle. Les entreprises ayant
développé le management interculturel ont formé leurs cadres
dans ce sens. Ils disposent ainsi de différentes clefs de lecture
des comportements culturels et, par ces clefs, créent une
homéostasie porteuse de performance.
Car les comportements sont socialement construits et sont
issus de normes, de valeurs et de croyances différentes ; de
même que leurs interprétations. C’est pourquoi peuvent naître
des malentendus ou des incompréhensions qui peuvent être
dépassés en ayant les outils nécessaires.
Diversité et handicap : un stylo pour parler
Les aménagements raisonnables sont nombreux et ont différentes
formes : matériaux, humains…
Un aménagement humain, pour une bonne collaboration
avec un collaborateur malentendant, est l’instauration d’un
stylo levé lors des réunions. Un seul stylo est d’application lors
de ces réunions et ne parle que celui qui l’a. Cela permet au
collaborateur malentendant de voir qui parle et de pouvoir lire
sur les lèvres.
Outre un meilleur échange pendant les réunions, le système
amène naturellement des temps de réunion plus courts car
l’ensemble des personnes vont à l’essentiel de ce qu’ils doivent
exprimer. Le résultat bonifiant est un gain de temps pour tous.
7. Anne-Catherine Wagner, « Habitus », Sociologie [En ligne], Les 100 mots de la sociologie, mis en ligne le 01 mars 2012, consulté le 15 juillet 2014. URL : http://sociologie.revues.org/1200
8 Ibidem. • 9.LAUWERS, Michel. Les femmes managers rapportent toujours plus gros. L’Echo. Samedi 10 janvier 2015
7
׉	 7cassandra://D-M7TM7tRluCLjzAKqyE9EP50pZ_TzeHhri3SS7oWz4 `̵ U޶I71U޶I70{בCט   {u׉׉	 7cassandra://XUCg09QaLaXJdYl0NW9kTXkDcs7qkswDx7lz0YZeFyg ?j`׉	 7cassandra://hQAmAZHfvRAZrjPDwg8k8aeLO52KX15gv8S9W71W0jI\`S׉	 7cassandra://9xXW0f4wQ5rs6b0zahaWIVd8Gw-rBP6T9iwAw0X0Vn4 `̵ ׉	 7cassandra://Bvy3erhDKTA6TbilWQJ4dpCeph_AIYJNqbNSy_WFOWI͇͠U޶I74ט  {u׉׉	 7cassandra://rxrLZs3qiO4o-Eng3JPh9KCY_YJujdbavbX8GLnU-n4 Lb`׉	 7cassandra://QTzke5z9gDMgUNDLPPyfX2fSHY9uy59t4pdJnrPy0oU_G`S׉	 7cassandra://Q4Az2iLNEo9na12_H1z0Ow-Ls_2Tpn4MSoxTXnEiXTw )`̵ ׉	 7cassandra://Nu0bYu85_xWovV_8rLrqvV0IHRU6MbKWlPIGyKGmNm8ͤ"͠U޶I75׉EI. Introduction
Le choix d’un Livre blanc de la Diversité est l’aboutissement
d’un long processus de réflexion. Le but étant de développer
la diversité sur le marché de l’emploi, à l’instar de son développement
démographique, de manière naturelle et positive
en sortant des positions caricaturales à tous les niveaux.
Les pouvoirs publics, les entreprises, les chercheurs d’emploi,
étaient demandeurs d’un processus visant à développer des
outils positifs, respectueux et adaptés à la fois aux entreprises
et aux demandeurs d’emploi.
Le défi n’était pas simple : plusieurs difficultés se sont invitées
tout au long du processus.
La première était de saisir une réalité difficilement appréhendable
dans sa globalité. Entre ses définitions juridiques, sa
réalité sociologique, sa réalité démographique et géographique,
sa réalité humaine… il a fallu trouver la sève commune
et un cadre concret.
Les premières consultations avec les entreprises et des experts
de la diversité ont permis de dégager des premières pistes. Le
Livre blanc devait pouvoir montrer les difficultés les plus importantes
avec des pistes d’action concrètes et réalisables à la
fois par les acteurs économiques et politiques.
Aussi, bien que les discriminations puissent couvrir des réalités
beaucoup plus nombreuses que celles développées dans
ce Livre blanc, les acteurs ont défini le cadre qui permettrait
de saisir les pans principaux de la discrimination, à savoir ceux
qui posaient les difficultés les plus profondes sur le marché
de l’emploi.
Sur cette base, quatre formes de diversité ont été retenues :
• Le genre
• L’âge
• L’ascendance étrangère
• Le handicap
La deuxième difficulté était d’éviter l’effet stigmatisant
que peut avoir l’intention de saisir une altérité (de genre,
d’ascendance, de handicap…) sans enfermer les publics
concernés dans cette altérité et participer, indirectement, à
une stigmatisation négative.
Tout au long du processus, cette donnée a pesé dans les
différents pans de construction.
La troisième difficulté était de sortir des processus de pensée
positive et de proposer des outils de diversité réels,
pragmatiques et équilibrés, tant sur le plan humain qu’économique
ou politique. Ce défi fut relevé au fur et à mesure
du processus de construction du Livre blanc et des consultations
avec les secteurs, les entreprises et les acteurs de la
diversité.
La quatrième difficulté était de proposer un projet collectif et
de trouver un équilibre et des pistes qui tiennent compte des
différentes positions entre les entreprises, les demandeurs
d’emploi et les pouvoirs publics. Ce défi fut également relevé
au fur et à mesure du processus.
Ce processus de construction a donc demandé plusieurs
étapes et a entraîné un processus de collaboration multiple
et très large.
Bien que les quatre profils discriminés soient présentés
séparément, ces caractéristiques peuvent évidemment être
portées simultanément par les personnes.
Le genre notamment, qui concerne la moitié des personnes
sur le marché du travail, doit être pensé avec les autres
caractéristiques.
Ce Livre blanc a donc demandé plusieurs démarches mais qui
ont permis d’aboutir à une architecture pertinente, à la fois
sur le plan économique et politique.
Loin d’être exhaustif, il illustre néanmoins les grandes difficultés,
en amont et aval, en matière de diversité et propose des
pistes de lecture et d’actions adaptées.
8
׉	 7cassandra://9xXW0f4wQ5rs6b0zahaWIVd8Gw-rBP6T9iwAw0X0Vn4 `̵ U޶I76׉E	II. Méthodologie
Fort de ces étapes, le Livre blanc se développe en plusieurs
strates.
Un premier volet dresse une cartographie claire de la discrimination
en rassemblant les dernières données empiriques de la
discrimination. Les données quantitatives concernant les différences
significatives sont présentées tout au long de cette
structure.
Cette cartographie a été la base d’un premier constat soumis
aux acteurs économiques.
Un deuxième volet concerne l’aspect qualitatif et explore la
genèse des différences sur le marché de l’emploi.
• Les aspects institutionnels qui participent
directement ou indirectement à la discrimination
• Les causes sociales
• Les difficultés pour les entreprises
• Les causes des comportements discriminatoires
Un troisième volet nourrit le Livre blanc par les données issues
des consultations avec les secteurs et les entreprises. Leurs expériences
de terrain sont une source riche de pertinences.
Deux formes de consultations ont été retenues :
• Une enquête anonyme a réuni un échantillon de près de
430 entreprises. L’échantillon représentatif se découpe,
selon la taille des entreprises, de la manière suivante :
• 100 employés ou plus
• 50 à 99 employés
• 10 à 49 employés
• Moins de 10 employés
22,14 %
9,09 %
29,84 %
38,93 %
• La deuxième forme de consultations s’est déroulée autour
de tables rondes et de Commissions Diversité réunissant
à la fois les secteurs, les entreprises et des
experts en diversité.
Un échantillon de près
de 430 entreprises
Des Tables
rondes et des
Commissions
10
secteurs
De par ces consultations, les acteurs économiques ont pu largement
peser dans l’élaboration et la construction des outils
proposés.
Les pratiques élaborées dans d’autres pays du monde, en matière
de diversité, sont également présentées même si elles ne
sont pas exhaustives des pratiques au niveau international.
Une réflexion autour de ces outils internationaux et leur faisabilité
nationale est également mis en perspective.
Enfin, chaque forme de diversité est illustrée par une interview
ou une pratique positive en diversité.
L’ensemble de ce processus donne lieu à ce Livre blanc qui se
veut être un plan architectural visant à construire la diversité.
9
׉	 7cassandra://Q4Az2iLNEo9na12_H1z0Ow-Ls_2Tpn4MSoxTXnEiXTw )`̵ U޶I77U޶I76{בCט   {u׉׉	 7cassandra://oiOa6icXNXzKeIwkKYllPNzGm5F-G1QWusnJ9Ylkcis 4/`׉	 7cassandra://FF8s8ncPyWz2ozQhKFCWpCLUCMGnzObF47Kbz7gwaVQoc`S׉	 7cassandra://HxiavW8CpeJwcXrnickETKs-4ImzOQIiZofTEvaZ2iU `̵ ׉	 7cassandra://9wsbbG6W1flwqR9dFAmczoWRwg9qgjj57BeIZyS87hw͠U޶I7<ט  {u׉׉	 7cassandra://yN1fV0Lrsw5lSKocWMJW65PHQkoWKmuCe9rxEm_dw3A `׉	 7cassandra://v1WB3vRVCxrLjuJc_pg6ORQhIfsYzIENrOEdZD7JofEK`S׉	 7cassandra://Z6gb0H0vtJvMltJJe9FRbEXSxl4DAncLFBUPns3iqQwO`̵ ׉	 7cassandra://6nPkDDeQj3D-Fd143In4Qkd0Wc6e74ReJOdyj6dzH9M͍͠U޶J7=נU޶J7F 
9ׁH 4http://www.actiris.be/marchemp/tabid/211/language/frׁׁЈנU޶J7E 1
9ׁHhttp://emploi.MaׁׁЈנU޶J7D r#
9ׁH Ehttp://www.emploi.belgique.be/moduleDefault.aspx?id=21166#AutoAncher1ׁׁЈ׉ErIII. L’emploi en région bruxelloise
La Région Bruxelloise connaît un paradoxe assez spécifique.
En effet, bien que son PIB soit parmi les plus élevés
d’Europe, cette richesse ne profite pas suffisamment aux
bruxellois.
Cette dichotomie est due notamment à une forte présence
de navetteurs venant travailler à Bruxelles, qui dopent la
Région mais ne reflètent pas la situation socio-économique
de sa population.
Par ailleurs, l’emploi intérieur progresse peu. En cinq ans,
l’emploi salarié n’a augmenté que de 0,9 % (+5.000 postes).1
Cette lente progression est également en dichotomie
au regard de la croissance démographique, qui apporte
naturellement de nombreux nouveaux entrants sur le marché
de l’emploi.2
3.1. La démographie bruxelloise
La Région de Bruxelles-Capitale connaît depuis le tournant
du siècle dernier une croissance remarquable de sa population.
Sur dix ans, elle a augmenté de 16,4 %3
1.163.486 habitants (au 1er janvier 2014).4
pour atteindre
Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la différence
entre les naissances et les décès, ainsi qu’avec les mouvements
migratoires internes (la différence entre les entrées et
sorties résidentielles au sein du territoire Régional).5
L’augmentation démographique est assez significative d’un
point de vue national ; en Flandre, elle n’est que de 6,4 % et
de 5,8 % en Région wallonne.6
Par ailleurs, sa jeunesse pourra aussi trouver des perspectives
d’emploi en Flandre et en Wallonie, étant donné que
les données y prévoient davantage de départs de personnes
âgées du marché de l’emploi que de jeunes y entrant.7
La répartition hommes/femmes est relativement équilibrée.
La population bruxelloise est également caractérisée par sa
grande diversité puisque les indicateurs montrent que 25,5%
de la population bruxelloise de 18 à 60 ans est d’origine
belge et 65,9% est d’origine étrangère.
3.2. Un marché du travail exigeant
Le marché de travail bruxellois présente plusieurs caractéristiques
qui le mettent en tension.
Il représente plus de 700.000 postes de travail dont 632.739
postes de salarié soit 16,5% de l’emploi salarié national.8
Ces postes de travail appartiennent majoritairement (92,7 %)
au secteur des services.9
Plus de la moitié des emplois bruxellois sont occupés par des
non-Bruxellois et près de 60 % des emplois (56,1 %)10
un diplôme de l’enseignement supérieur ou universitaire.
exigent
Dans les deux autres Régions, le marché de l’emploi manifeste
plus de besoins en qualification basse et intermédiaire.
Les besoins en diplômés de l’enseignement supérieur ou
universitaire n’est « que » de 38,5 % en Région Flamande et
37,8 % en Région wallonne.11
Par ailleurs, la population bruxelloise est également en tension
par rapport au marché de l’emploi bruxellois. En effet, bien
qu’elle connaisse un taux supérieur de diplômés de l’enseignement
supérieur (comparativement aux deux autres régions :
34,9 %), elle est également marquée par une proportion importante
de personnes faiblement qualifiées.12
Aujourd’hui, un quart (25 %) des demandeurs d’emploi ne
disposent que du diplôme secondaire inférieur et 20 % ont
comme plus haut diplôme celui du secondaire supérieur.
Ce qui veut dire que près de la moitié des demandeurs
d’emplois en RBC (46 %) ne disposent pas d’un diplôme de
l’enseignement supérieur.13
1. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2013. Bruxelles. p.13 • 2. Ibidem. • 3. Ibidem. • 4. SPF Economie, P.M.E., Classes moyennes et Energie.
Site Web sur INTERNET. http://bestat.economie.fgov.be/BeStat/BeStatMultidimensionalAnalysis?loadDefaultId=1310>. • 5. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale :
Etat des lieux 2013. Bruxelles.p.39 • 6. Ibidem.
10
׉	 7cassandra://HxiavW8CpeJwcXrnickETKs-4ImzOQIiZofTEvaZ2iU `̵ U޶J7>׉EBECI | livre blanc diversité
Graphique 1 : Emploi intérieur et population active occupée en Région bruxelloise (arrondi 1000) (2012) 14
Cela créé sans surprise, un taux
d’activité plus élevé chez les
personnes hautement qualifiées
(83,3 %) et le moins élevé chez les
personnes faiblement qualifiées
(46,5 %).
3.3. Répartition de
l’emploi par
Tableau 1: Evolution du nombre d’emplois salariés
par secteur en Région Bruxelloise (2008-2012)16
2008 2012 Variation 2008-2012
V.A.
%
Industries extractives et manufacturières
Energie
secteur en Région
bruxelloise15
L’emploi bruxellois relève majoritairement
du secteur privé puisqu’un peu plus
des deux tiers des postes de travail s’y
concentrent.
Par ailleurs, sa position de capitale (régionale,
belge et européenne) contribue à
accroître les postes dans l’administration
publique. Il s’agit du bassin d’emplois
le plus concentré avec 110.665
postes.
Le deuxième secteur concentrant le
plus d’emplois en Région bruxelloise est
le commerce avec plus de 62.000
postes. Pour les deux autres Brabant, il
est même le premier secteur d’emplois.
Suivent les secteurs des activités financières
et d’assurance ainsi que de la santé
humaine et de l’action sociale.
Construction
Commerce
Transports et entreposage
Horeca
Information et communication
Finance et assurances
Activités immobilières
Activités spécialisées, scientifiques et techniques
Services administratifs et de soutien
Administration publique
Enseignement
Santé humaine et action sociale
Arts, spectacles et activités récréatives
Divers
Total
23.832
7.870
19.018
66.740
29.448
25.813
34.940
66.359
3.751
35.469
42.406
20.795
8.406
16.405
62.033
27.930
26.307
31.621
60.468
5.643
36.216
59.102
107.777 110.665
56.368
68.087
9.002
24.613
62.328
63.616
8.845
26.123
621.483 626.503
-3.037
536
-2.613
-4.707
-1.518
504
-3.319
-5.891
1.892
747
16.696
2.888
5.960
-4.471
-157
1.510
5.020
-12,7
6,8
-13,7
-7,1
-5,2
2,0
-9,5
-8,9
50,4
2,1
39,4
2,7
10,6
-6,6
-1,7
6,1
0,8
Source: ONSS, calculs Observatoire bruxellois de l’Emploi
7. Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2013. Monitoring socio-économique. Bruxelles. p.27 • 8. Observatoire Bruxellois de l’emploi.
2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2012. Bruxelles.p.16. • 9. Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation Sociale. 2014. Répartition de l’emploi par secteur. Site web sur
internet. < http://www.emploi.belgique.be/moduleDefault.aspx?id=21166#AutoAncher1>. Dernière consultation : 14-06-2014 • 10. Observatoire Bruxelloise de l’emploi.Mars 2015. Focus : Quelles perspectives d’emploi
pour les hautement qualifiés à Bruxelles ?. p.1. • 11. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2012. Bruxelles.p.15 • 12. Ibidem. • 13. Obssevatoire
bruxellois de l’emploi. Statistiques sur le marché du travail bruxellois. Population active inoccupée.Voir : http://www.actiris.be/marchemp/tabid/211/language/fr-BE/Statistiques-sur-le-marche-du-travail-bruxellois.aspx • 14.
Ibidem. • 15. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2012. Bruxelles. • 16. Observatoire bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en
Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2013. Bruxelles.p.18
11
׉	 7cassandra://Z6gb0H0vtJvMltJJe9FRbEXSxl4DAncLFBUPns3iqQwO`̵ U޶J7?U޶J7>{בCט   {u׉׉	 7cassandra://_MIhGh1matDqxDDM_VqSoFblkxx_LjLjFgxAvirsxcc [`׉	 7cassandra://hDHn0PtdWWuMAaKKBL9XYvhdgozHjTABY94hfRKlgDsj[`S׉	 7cassandra://Yp4_klmSNlyunmlcIet_OSVUBtafZ6jeJxry95ju0i4"|`̵ ׉	 7cassandra://QYxMAqV2yP5ONffgPw4k1firS_o70IVjiknKYkphwmẁ͠U޶J7Cט  {u׉׉	 7cassandra://5pRTODf1Pol9FuJ_iM7DnlmJO1rM8252vjX3D_-FoRw N` ׉	 7cassandra://vxVKMoeGF1G-qLkka1L59OQ7QaVY-3u8_23TMNB0LPo^{`S׉	 7cassandra://tlxwgIO3Ligi2iZFhuLDe8zQmHiew3gg6x6oxESnM4M`̵ ׉	 7cassandra://A1TU9YqI2yoaFMy7JE2eC5AghnzjXIRQP-hMLoJ93Q0w͠U޶K7GנU޶L7L 
9ׁHhttp://www.cairn.info/revueׁׁЈ׉EIV. La discrimination
sur le marché de l’emploi
La discrimination est un comportement construit sur base
d’une altérité, subjectivement perçue, et qui aboutit à un
traitement différentiel notamment sur le marché de l’emploi.
La perception de l’altérité en soi n’est pas négative, elle est
même très naturelle puisque celle-ci est présente partout et
tout le temps, y compris parmi les personnes du même sexe,
d’une même culture, du même âge, d’une même famille,…
C’est la manière de percevoir cette altérité, de façon négative
ou positive, qui peut être problématique. Si les préjugés et les
stéréotypes négatifs dominent dans la perception, le comportement
qui suit sera naturellement négatif.
Cette perception, et son prolongement comportemental,
sera étudiée et analysée plus largement dans sa genèse au
cours de ce rapport.
Dans un premier temps, seront mis en perspective les
différentes formes de discrimination ainsi que leur rapport au
marché du travail.
Les législations actuelles interdisent la discrimination sur
base des critères suivants : la nationalité, la prétendue race,
la couleur de peau, l’ascendance, l’origine nationale ou ethnique,
l’orientation sexuelle, l’état civil, la naissance, la fortune,
l’âge, la conviction religieuse ou philosophique, l’état
de santé actuel ou futur, le handicap, la conviction politique,
la caractéristique physique ou génétique ou l’origine sociale.
La discrimination peut donc prendre différentes formes. Dans
le cadre de ce livre blanc, nous nous concentrerons principalement
sur les quatre formes les plus courantes en termes
de discriminations à savoir l‘ascendance, le genre, l’âge, le
handicap.
Bien que chaque type de discrimination soit traité de manière
monolithique dans ce projet, il est bien sûr évident que les
caractéristiques discriminantes se cumulent.
Par exemple, la discrimination des femmes s’aggravent lorsqu’elles
cumulent d’autres caractéristiques comme l’âge,
l’ascendance ou le handicap.
4.1. Discrimination et genre
La question de l’égalité en matière de genre est une question
que se sont appropriée depuis longtemps les pouvoirs publics.
C’est une question globale dont le champ déborde le champ
professionnel et qui irradie à travers tous les pans de la vie
humaine : social, familial, politique, culturel,…
Tous ces champs s’imprègnent les uns des autres et exercent
une influence les uns les autres. Un effet positif ou négatif
dans l’un de ces champs aura de facto un effet sur les autres
(un enfant, une promotion,…)
A cet égard, il y a lieu d’interroger les inégalités sous l’angle
des constructions sociales et des choix individuels.
Car aujourd’hui, plusieurs questions imprègnent la question
de l’égalité en matière de genre :
• Les différences salariales
• L’accès aux fonctions hiérarchiques supérieures
• La question de la conciliation vie privée / vie
professionnelle,…
Si la question des différences salariales et celles de l’accès
aux positions hiérarchiques supérieures est une question qui
s’insère uniquement dans le champ professionnel, celle de la
conciliation vie privée/vie professionnelle la déborde.
Cette question interroge la construction sociale du rôle des
femmes et des hommes ainsi que la reproduction de ces
rôles.
Elle mène également à la question de la construction sociale
du pouvoir et des responsabilités tant dans le champ professionnel
que dans le champ social et familiale.
Dans le cadre familial, on voit notamment que, même avec
toutes les structures aidantes actuelles et les mesures étatiques
(congé parental, structures d’accueil pour enfants, télé
travail, flexibilité d’horaires,...), il y a encore une reproduction
12
׉	 7cassandra://Yp4_klmSNlyunmlcIet_OSVUBtafZ6jeJxry95ju0i4"|`̵ U޶K7H׉EBECI | livre blanc diversité
Tableau 2 : Répartition des emplois salariés selon le sexe et la Région (2006 – 2011) 2
Région bruxelloise
2011
Hommes
Femmes
Total
319.857
312.882
632.739
Variation 06-11
-0,6
8,8
3,8
Région flamande
2011
1.146.828
1.036.335
2.183.163
Variation 06-11
0,7
9,4
4,6
Région wallonne
2011
519.097
500.670
1.019.767
Variation 06-11
1,4
11,4
6,0
2011
1.985.782
1.849.887
3.835.669
Belgique
Variation 06-11
0,7
9,8
4,9
Source: ONSS, calculs Observatoire bruxellois de l’Emploi
sociale des rôles familiaux.
Les données montrent notamment l’insuffisance du partage
des charges familiales au carrefour entre constructions sociales
et choix individuels. Cela mène à des demandes spécifiques
émanant plus souvent des femmes (que des hommes)
et qui construisent une absence plus grande des femmes sur
le marché de l’emploi : congé parental, aménagement d’horaires,
recours au temps-partiel,…
Ces demandes, légitimes, ont un impact significatif sur les
carrières : impact salarial direct, impact sur les pensions, évolution
de carrière,… et posent également la question de l’indépendance
économique des femmes, que l’Europe, dans sa
stratégie 2020, a mis en priorité.
Ainsi, l’ensemble des actions, privées ou publiques, entreprises
en matière de genre doivent pouvoir être réfléchies
afin de ne plus « coller » les politiques de conciliation vie
privée – vie professionnelle uniquement aux politiques pour
femmes mais d’essayer de coller ces politiques de conciliation
aux deux sexes, notamment par des mécanismes incitatifs…
4.1.1. Le genre sur le marche de l’emploi
L’analyse du marché de l’emploi selon le genre montre que
les femmes sont plus en retrait du marché du travail par
rapport aux hommes. Leur taux d’activité à Bruxelles est de
58,3 % contre 72,5 % pour les hommes.1
Par contre, les chiffres indiquent qu’une fois qu’elles sont sur
le marché de l’emploi, elles occupent à proportion égale le
marché de l’emploi salarial.
Les données sur la Région Bruxelloise indiquent (voir tableau 2):
> LE PLAFOND DE VERRE
La première difficulté à laquelle sont confrontées les femmes
sur le marché de l’emploi est une sous-représentation dans
les fonctions hiérarchiques supérieures.
A cet effet, nous avons sondé les entreprises concernant la
répartition des fonctions entre les hommes les femmes.
Les données montrent que plus de 43 % des entreprises
respectent un équilibre de genre au niveau des postes hiérarchiques
supérieurs et plus de 44 % ne l’ont pas encore
atteint.
Nous avons également interrogé les entreprises sur leurs
difficultés à trouver des femmes dans leur Conseil d’Administration
: 24 % ont confirmé ces difficultés et 47 % ne
l’ont pas confirmé. Près de 30 % des entreprises ne sont pas
positionnées.
Graphique 2 : Mon entreprise a des difficultés à trouver des
femmes pour siéger au CA
0%
Vrai
Faux
Je ne sais pas
10%
20%
30%
40%
La frilosité à l’égalité de genre gagnerait pourtant à être
éradiquée car, au-delà de la question d’équité, de nombreuses
études ont montré la corrélation entre la présence
de femmes dans les équipes de direction et la performance
économique.3
Une récente étude de la banque Crédit Suisse confirme cette
analyse.
« Les entreprises comptant + de 15 % de femmes à la direction
générale ont dégagé un retour sur fonds propres moyen
de 14,7 % contre seulement 9,7 % pour les compagnies en
comptant moins de 10 %. »4
Les fonds propres s’en trouvent également améliorés par la
présence de femmes dans les conseils d’administration.
Ils sont également meilleurs chez les groupes dirigés par une
femme CEO. En 2013, le retour sur fonds propres était de
15,2 % pour ces groupes et de 11,9 % pour les groupes
dirigés par un homme CEO5
.
Tableau 3 : Mon entreprise respecte-t-elle un équilibre homme-femme ?
Oui
Aux postes moins qualifiés
Aux postes plus qualifiés
Aux postes décisionnels
46,62 %
53,85 %
43,82 %
Non, les hommes
sont très majoritaires
28,67 %
26,57 %
44,76 %
Non, les femmes
sont très majoritaires
24,71 %
19,58 %
11,42 %
% des répondants
100 %
100 %
100 %
1. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2012. Bruxelles. p.12• 2. Ibidem. p.18 • 3. LAUFER Jacqueline & PAOLETTI Marion, « Spéculations sur les
performances économiques des femmes », Travail, genre et sociétés 1/ 2010 (n° 23), Site Web sur INTERNET. < www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2010-1-page-167.htm.>. Dernière consultation 05-06-2014. •
4. LAUWERS, Michel. Les femmes managers rapportent toujours plus gros. L’Echo. Samedi 10 janvier 2015 • 5. Ibidem.
13
׉	 7cassandra://tlxwgIO3Ligi2iZFhuLDe8zQmHiew3gg6x6oxESnM4M`̵ U޶K7IU޶K7H{בCט   {u׉׉	 7cassandra://kzj66JeyQ65hhmDP_7LdExIlxCQqQl03vTxOw1N7dJc `׉	 7cassandra://j-YV541iSsxI7DViL2kkLA0V8I6Nb7yZOTf2p5O8O-E``S׉	 7cassandra://XA3cm_89oxnr2SrNsVGNw3sFi5hg9fsAUxxB2AfjTs4`̵ ׉	 7cassandra://iTe3l_vHNSqd7f9e2IRYk3eGl5xBKNuNtvwl8uJzJJU͠(͠U޶L7Mט  {u׉׉	 7cassandra://vWNKpnbo5v7vf65y7kqHYktNZFkP4pLjMulppcQar8w ` ׉	 7cassandra://-UWGEZHXUpRdDOri-N5OM6XVqR6DBAQSpuN1QpX6CV4O`S׉	 7cassandra://MCuUo9ZiwL_OF0s-jbx-2Mflv6-gapmOvFXfJUj-i44>`̵ ׉	 7cassandra://jkvK36RB2LT6fL5TNNicRKNHL-o_tFHqLiR-kg-oPtMI(͠U޶L7N׉ETableau 4 : Ecart salarial sur base des salaires horaires et annuels bruts moyens (2007 – 2011)9
2007
Écart salarial en salaires horaires
Écart salarial en salaires annuels
12%
24%
2008
11%
23%
2009
11%
23%
2010
10%
2011
10%
23%
22%
Source: Bureau fédéral du Plan et DGSIE, Enquête sur la Structure et la Répartition des Salaires
Les performances vont dans le même sens en ce qui concerne
la cotation des actions. Celles-ci cotaient 2,62 fois leur valeur
comptable chez les sociétés à forte direction féminine (+ de
15 %) et 1,97 fois chez les autres6
. Les entreprises sont donc
gagnantes.
Mais la question du genre doit être pensée sous différents
angles : est-elle à renvoyer aux hommes uniquement ? Pierre
Bourdieu interroge ce fait et nous relate :
«… les femmes elles-mêmes appliquent, à toute réalité, et, en
particulier, aux relations de pouvoir dans lesquelles elles sont
prises, des schèmes de pensée qui sont le produit de l’incorporation
de ces relations de pouvoir… »7
Les femmes s’enferment donc pour une part dans les schémas
établis et incorporent une sorte de « norme » en ce qui
concerne les postes à responsabilité et plus particulièrement
en ce qui concerne leur masculinisation.
Leurs propres comportements dans les entreprises attestent
bien de cette incorporation. Elles ne sont moins souvent
pro-actives en ce qui concerne les postes à responsabilité
contrairement aux hommes qui y vont naturellement.
Elles demandent souvent à réfléchir lorsqu’on leur propose
des postes à responsabilités…
Sans minimiser la structure propre de l’entreprise, qui peut,
dans certains cas, être dans une vision masculine concernant
les fonctions de direction et être un frein à la promotion des
femmes, il y a eu tout de même lieu de juxtaposer clairement
la question de l’auto-discrimination chez les femmes.
Auto-discrimination qui est notamment due à une intégration
des stéréotypes et des préjugés à leur égard et qui les
maintient dans des positions hiérarchiques inférieures.
Aussi, favoriser une meilleure mixité du genre dans les postes
à responsabilité demande à travailler sur deux plans :
• Au niveau de l’entreprise même en changeant la vision,
notamment du management, et en menant des actions
positives.
• Au niveau du personnel féminin pour sortir de leurs
propres préjugés à leur égard.
Mais ces données doivent être mises en perspective avec
l’incorporation des pratiques institutionnelles d’inégalité au
niveau de la société entière.
Aussi, explorer la genèse de l’inégalité entre les hommes et
les femmes est en soi intéressant ; elle n’est pas simple mais
elle demande à ce que les femmes explorent leur relation
au pouvoir et que les hommes explorent leur perception des
femmes au pouvoir.
> ECART SALARIAL
L’autre inégalité qui est encore visible sur le marché de l’emploi
est l’inégalité salariale.
14
׉	 7cassandra://XA3cm_89oxnr2SrNsVGNw3sFi5hg9fsAUxxB2AfjTs4`̵ U޶L7O׉EYBECI | livre blanc diversité
Graphique 3 : Répartition des bénéficiaires d’une pension selon les montants perçus et selon le sexe
(montants mensuels en euros) (2008)10
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
Femmes
Hommes
Calculé par heure, l’écart salarial entre les hommes et les
femmes, tous secteurs confondus, est en moyenne de 10 %.
Il passe à 22 % lorsqu’il est calculé sur une base annuelle.
Cette différence reflète la répartition inégale des femmes sur
le marché du travail qui ont recours bien plus souvent que les
hommes aux temps partiels.
Cela est dû à la fois à la répartition inégale des charges
familiales, mais est également à celle de certains métiers
notamment la distribution ou le nettoyage (voir tableau 4).8
Soulignons également l’absence de mixité dans les métiers,
qui demeurent très sexués. Les femmes renforcent principalement
des métiers déjà très féminisés.
> FEMMES ET PENSIONS
Les femmes ont plus souvent recours au temps partiel que
les hommes, avec les avantages et les inconvénients que cela
apporte. Les inconvénients étant principalement d’ordre professionnel
: évolution de carrière, impact salarial, calcul de la
pension,…
Ainsi, les chiffres concernant les pensions des femmes
montrent des différences significatives par rapport à celles
des hommes.
Dans les catégories de pensions inférieures, les femmes
dominent largement, et dans les catégories de pensions supérieures,
ce sont les hommes qui dominent largement (voir
graphique 3).
Aussi, le fait qu’elles soient en retrait par rapport au marché
du travail, qu’elles sont moins payées que les hommes,
qu’elles évoluent moins dans les catégories hiérarchiques
supérieures et qu’elles aient plus souvent recours au temps
partiel, va inévitablement avoir des répercussions dans le
calcul de leur pension.
4.1.2. Les mesures publiques
Plusieurs législations sont apparues afin de permettre un
meilleur équilibre sur le marché de l’emploi, notamment :
• la loi sur l’égalité de traitement entre hommes et femmes
(2007) : elle interdit et sanctionne la discrimination sur base
du sexe.
• La loi du 22 avril 2012 (en vigueur au 7/09/2012) impose
désormais de nouvelles obligations en matière salariale.
Pour les entreprises de plus de 50 travailleurs, l’employeur
a l’obligation de rentrer tous les deux ans une analyse montrant
que la politique de rémunération est neutre sur le
plan du genre.
Il revient au Conseil d’Entreprise ou au CPPT (Comité pour
la prévention et la protection au travail) de déterminer s’il y
a lieu de faire un plan d’action.
En cas de non-respect de ces dispositions, des sanctions
sont prévues par le législateur : amendes pénales ou administratives.
•
La loi du 28 juillet 2011 : elle vise à garantir la présence de
femmes dans les conseils d’administration des entreprises
publiques autonomes, des entreprises cotées et de la
Loterie Nationale. Des démarches doivent être prises afin
de garantir dès 2018 le respect des dispositions prévues
par la loi.
6. Ibidem.• 7. BOURDIEU, Pierre, La domination masculine, Paris, Editons du Seuil, 2002. p. 54 • 8. Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes. 2014. L’écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique.
Rapport 2014. Bruxelles. p.6 • 9. Ibidem. p.7 • 10. Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes. 2011. Femmes et Hommes en Belgique : Statistiques et indicateurs de genre. Bruxelles. p.71
15
0,01 - 249
250 - 499
500 - 749
750 - 999
1.000 - 1.249
1.250 - 1.499
1.500 - 1.749
1.750 - 1.999
2.000 - 2.249
2.250 - 2.749
2.500 - 2.749
2.750 - 2.999
3.000 et plus
׉	 7cassandra://MCuUo9ZiwL_OF0s-jbx-2Mflv6-gapmOvFXfJUj-i44>`̵ U޶L7PU޶L7O{בCט   {u׉׉	 7cassandra://KkCRGzICZpDDjlBFidCco0F7spMRN_HBMYIGo5SYb30 `׉	 7cassandra://hryqlftL8YfGMTK-vhPdcT4vlArqyg6KrTnMDqubV3Ik`S׉	 7cassandra://7WTvrNQlJEZbG6_NFyT-sAjuJc8oMCbeIvUzlQzMaLEn`̵ ׉	 7cassandra://8BNhf_kMZfmt-I_w1Jiru49obj441iyQH065Ud-kY5Eͅ͠U޶M7Rט  {u׉׉	 7cassandra://8qb8FqZP2lQUxJYK5rxgZt0SL9aXSZRe5xIUSphFv0U `׉	 7cassandra://ZIancNS8SGBb2UKXa3N8QEabS24tBRa1ah9BAsnmH3sj%`S׉	 7cassandra://ZLmfNICBowRzX9m0xoAhUP7Okvswscuns4-b3ojD2rk`̵ ׉	 7cassandra://CT3eiVAfCB1B2w-35zIuCYUJKlTvx7SD7LVVkoty378~͠U޶M7S׉EINTERVIEW D’ELS OVERBERGH
4.1.3. Interview société Microsoft : Els Overbergh
LES FEMMES AU CRÉNEAU
Un nombre croissant d’entreprises veillent à la diversité de leur
personnel quant à l’origine, à l’âge et au sexe, et s’assurent
que leurs travailleurs reflètent fidèlement la société. Microsoft
Belgique, dont le siège est situé à Zaventem, consent
également tous les efforts nécessaires sur ce plan, explique
sa directrice des Ressources humaines Els Overbergh : « Une
entreprise est capable de mettre en place un grand nombre
d’actions positives à cet égard. »
Propos recueillis par Frédéric Petitjean
La politique des Ressources humaines de Microsoft Belgique,
employant quelque 375 personnes, est sous la responsabilité
d’Els Overbergh depuis octobre 2012. Cette économiste
occupe depuis une dizaine d’années diverses fonctions dans
les départements marketing, ventes et RH. Auparavant, elle
a travaillé au sein de l’entreprise pharmaceutique
Abbott Vascular et pour le
géant brassicole ABInbev. Au fil des ans,
Els Overbergh confie qu’elle a remarqué
chez ses différents employeurs un intérêt
croissant envers la diversité.
Comment Microsoft gère-t-elle la
diversité ? Quelle est sa place dans
la politique du personnel ?
« Microsoft est à l’origine une entreprise
américaine, ce qui signifie donc
que la diversité fait partie de ses priorités.
Cette valeur est également promue
par la société mère dans toutes ses implantations
à travers le monde, y compris
ici en Belgique. Créer un effectif du
personnel diversifié revêt dès lors une
importance capitale pour nous. »
« Au sein de notre entreprise, la politique
en matière de diversité est actuellement
principalement axée sur le ‘sexe’. En
d’autres termes, nous tentons de compter
dans notre effectif un nombre suffisant
de collègues féminins. »
Els Overbergh,
HR Director Microsoft Belgium & Luxemburg
fréquemment remarqué qu’une femme reste davantage
confrontée au dilemme famille/enfant ou carrière, ce qui peut
représenter une sorte de barrière «naturelle» à la réussite
professionnelle. Mais les entreprises disposent de nombreux
moyens pour leur offrir une solution, et fort heureusement
Microsoft en fait partie. »
Comment procède-t-elle ?
« Par exemple à travers ce que nous appelons le ‘New World
of Work’ ou ‘la nouvelle manière de travailler’. Cette méthode
permet d’organiser son travail et son agenda de manière
extrêmement flexible et en toute liberté. Je suis en mesure,
dans une certaine limite, de fixer moi-même mes heures et
de travailler aisément depuis mon domicile. Je commence par
exemple par conduire mes enfants à l’école le matin et puis
je me rends au travail. Ou si, en cas de journée pédagogique
imprévue ou dans d’autres circonstances, je ne parviens pas à
trouver le moyen de faire garder mon enfant, je peux travailler
facilement de chez moi ou depuis
un autre endroit. Tant que les objectifs
sont atteints, ce qui reste bien entendu
la condition essentielle, Microsoft fait
preuve d’une grande souplesse à ce
sujet. »
« L’autre façon dont votre employeur
peut vous aider est très simple :
accepter que la personne et le travailleur
traversent des phases différentes
dans leur vie. Par exemple, la mère
d’un enfant de quelques mois n’a pas
envie de partir en voyage d’affaires
plusieurs semaines à l’étranger. À ce
moment, sa carrière est plutôt secondaire,
sans pour autant entraîner des
conséquences sur ses ambitions à plus
long terme. Elles peuvent rester intactes
à cent pour cent, vous savez. »
J’imagine que cette approche
constitue aussi pour vous le moyen
idéal d’attirer les jeunes travailleurs
dans votre entreprise, un aspect clé
dans la guerre des talents qui fait
rage actuellement.
Le domaine de l’informatique a en effet la réputation
d’être un univers exclusivement masculin, est-ce le cas ?
« Oui, c’est un peu cliché mais comme la plupart des clichés,
il dissimule une grande part de vérité, bien sûr (rires). Le
changement auquel nous aimerions assister sur ce plan reste
en effet lent à se concrétiser. Un petit coup d’accélérateur ne
ferait pas de tort. Évidemment, le problème apparaît dès le
choix des études : les orientations scientifiques plus ‘dures’
telles que les maths, la chimie, l’informatique attirent encore
trop peu de filles. La Belgique est à la traîne dans ce domaine
par rapport à beaucoup d’autres pays. »
Avez-vous déjà été personnellement confrontée
au célèbre plafond de verre ?
« Hmmm (elle réfléchit) ... Non cas. Je ne l’ai jamais ressenti
ou éprouvé chez mes employeurs précédents. J’ai toutefois
« Oh, absolument, et elle est aussi une bonne raison de rester.
La
culture et la flexibilité d’une organisation sont deux
éléments fondamentaux lorsque la question de quitter une
entreprise ou d’y rester se pose. Le salaire n’est pas le seul
facteur décisif. »
De quelles manières Microsoft fait-elle
la part belle à la diversité ?
« Eh bien, nous avons notamment fixé des objectifs sur le
nombre de femmes que nous souhaiterions compter au sein
de notre personnel. Lorsque nous cherchons à engager une
personne, par exemple, nous nous assurons qu’un nombre
suffisant de femmes ont été retenues avant d’inviter les candidats
à passer un entretien. Le rapport hommes/femmes
dans notre équipe de direction doit lui aussi être équilibré.
Nous sommes sur la bonne voie, même si j’admets qu’il reste
encore pas mal de pain sur la planche. »
16
׉	 7cassandra://7WTvrNQlJEZbG6_NFyT-sAjuJc8oMCbeIvUzlQzMaLEn`̵ U޶M7T׉EBECI | livre blanc diversité
La diversité : la pierre d’achoppement
de nombreux acteurs du secteur IT
Microsoft n’est pas la seule entreprise à tenter de stimuler la diversité dans ses rangs. La plupart
des entreprises informatiques dans le monde s’y intéressent.
Chez Google, le géant américain de l’internet, la diversité sexuelle et ethnique est abominable. Ce constat n’est pas
dressé par l’un ou l’autre groupe de pression mais par l’entreprise elle-même dans un rapport publié en mai de l’année
dernière. Parmi les près de 50.000 personnes employées par Google dans le monde, pas moins de 70 % sont de sexe
masculin. Près de 61 % sont blancs, 30 % sont d’origine asiatique, 3 % sont hispaniques et 2 % sont noirs.
Le problème est encore plus important si l’on regarde les emplois dans le domaine de la technologie pure où 83 %
des postes sont occupés par des hommes et 60 % par des blancs. Les noirs représentent à peine 1 % des personnes
occupant ce type de fonction. Avec seulement 2 %, les hispaniques sont eux aussi sous-représentés. À titre de comparaison
: selon le département américain des statistiques du travail, les noirs et les hispaniques composent en moyenne
12 et 16 % respectivement des effectifs aux États-Unis. Les femmes représentent quant à elles 47 %.
Le problème : l’enseignement
Google désigne l’enseignement comme principal responsable de ces problèmes. Aux États-Unis, à peine 18 % des
diplômes de bachelier en informatique sont décrochés par une femme. Ce nombre est même inférieur à 10 % en ce
qui concerne les noirs et les hispaniques. 5 % seulement tentent ensuite de décrocher un master.
Google a déjà donné 40 millions de dollars à des organisations actives sur le plan de la diversité afin de contribuer à
réduire ces écarts. L’entreprise déclare également collaborer avec des hautes écoles et des universités noires afin de
stimuler les étudiants à postuler au sein de Google.
La situation n’est pas beaucoup plus réjouissante chez son concurrent Apple. En août de l’année dernière, le PDG Tim
Cook a déclaré que, même si Apple ne diffère pas profondément des autres entreprises de la Silicon Valley, il n’est pas
satisfait de son niveau de diversité. Selon une enquête interne, 55 % des travailleurs américains de l’entreprise à la
pomme sont blancs. Apple emploie par ailleurs 15 % d’Asiatiques, 11 % d’hispaniques et 7 % de noirs. Le pourcentage
de travailleurs masculins et féminins est respectivement de 70 et 30 %.
Une diversité importante = plus de bénéfices
Prenons un dernier exemple : Facebook. Dans cette entreprise également, les hommes blancs sont surreprésentés :
69 % de l’ensemble des employés de Facebook sont de sexe masculin et 57 % sont blancs. Un peu plus d’un employé
sur trois est d’origine asiatique et seulement 2 % sont noirs.
Facebook a également fait part de sa volonté d’accroître la diversité au sein de son personnel, surtout en raison de ses
activités dans le monde entier et parce qu’une étude a révélé que des équipes composées de personnes d’origines ethniques
différentes parviennent à résoudre plus efficacement des problèmes complexes. D’autres études indiquent que
les entreprises caractérisées par une plus grande diversité sont plus créatives et engrangent des bénéfices plus élevés.
Facebook en semble consciente elle aussi et s’est donc lancée dans un partenariat avec des organisations dont les activités
sont destinées à promouvoir le secteur ICT parmi les groupes de population sous-représentés. L’année dernière,
le réseau social a même mis sur pied une strategic diversity team spéciale dont la tâche est d’adapter à court terme les
procédures de sélection. Facebook estime que ses actions portent déjà leurs fruits et les derniers chiffres révèlent une
amélioration par rapport à l’année dernière.
17
׉	 7cassandra://ZLmfNICBowRzX9m0xoAhUP7Okvswscuns4-b3ojD2rk`̵ U޶M7UU޶M7T{בCט   {u׉׉	 7cassandra://6y4ZC7p6VL3JKgKIT6s_3QITPS6IpetrxvH0Xr4SkBQ Dp`׉	 7cassandra://qCI4DK_TpnBYRkMomnv-KwuUU0qHUh9FSrPaFxmCmVMn`S׉	 7cassandra://biYGoKMR7mlMvCgmTDVRaEKcGQ7CVhv1KQ92QMDXlRQ`̵ ׉	 7cassandra://LS6xi18cjDZUfypWg7OY5aucjStPV-O4rxhgajIHeQU]s͠U޶N7Wט  {u׉׉	 7cassandra://Il_b14vO6UGkyHpQwwr7WQZBDkJ5XQHFViEm5kVKC0U b`׉	 7cassandra://HOgQk9g-ZLK-BC7JGVBDPiv8EWFZWrWpCoMfE7xj1YoU`S׉	 7cassandra://0Qi12Yu15zWxCZ2FE_kjdwHdtlfBR32b_dIl30Fa8BA`̵ ׉	 7cassandra://60jdGIqip34Ghag-eK76HtMVLIDNd-xAg9sG5hR7tZ8~F͠U޶P7X׉ELe personnel féminin de Microsoft se soutient-il
mutuellement ? Ou l’encouragez-vous particulièrement ?
« Nous tentons effectivement de permettre aux femmes
d’interagir dans le cadre d’un système de réseautage. Nous
prévoyons pour cela des moments spécifiques durant lesquels
elles peuvent se rencontrer et apprendre à se connaître. On
entend parfois que les femmes sont généralement moins efficaces
que les hommes en matière de réseautage, pour la
simple raison que la plupart du temps elles doivent aussi gérer
leur ménage. Je généralise probablement, mais tout de même
: de nombreuses femmes n’ont tout simplement pas de temps
à consacrer au réseautage. »
L’âge des travailleurs fait-il également l’objet d’une
attention particulière au sein de votre entreprise ?
« Microsoft n’est pas une jeune entreprise, quatre générations
s’y côtoient donc. Et chaque génération poursuit naturellement
ses propres objectifs et a ses habitudes bien particulières.
Les managers sont formés à ce sujet, oui. Par exemple, une
personne de la génération Y émettra des idées singulièrement
différentes sur le travail, la carrière et l’épanouissement personnel
qu’une autre appartenant à la génération des babyboomers.
»
Et en ce qui concerne les origines ? Qu’en est-il
des travailleurs d’origine étrangère par exemple ?
« Cet aspect revêt une moindre importance car dans le
domaine informatique, ce sont surtout les compétences de la
personne qui entrent en compte. Inutile de vous expliquer que
notre secteur est confronté à une pénurie de profils techniques
spécialisés : nous nous intéressons surtout aux aptitudes d’une
personne, ses origines ne jouent aucun rôle sur ce plan. Donc
pour l’instant, en matière de diversité, nous nous concentrons
véritablement sur le sexe. »
La politique de diversité a-t-elle déjà donné
des résultats positifs ?
« Du côté des chiffres, il est évidemment difficile d’établir un
rapport entre nos bénéfices ou notre chiffre d’affaires et le
nombre de femmes que nous employons. Tous ensemble, nous
nous efforçons bien entendu de garantir le fonctionnement
optimal de notre activité, tant les hommes que les femmes. »
« Je remarque toutefois que les équipes au sein desquelles le
rapport hommes/femmes est équilibré sont animées par une
autre dynamique, une dynamique positive. Il apparaît très
vite qu’une équipe composée de personnes issues de milieux
différents est une richesse. Les hommes et les femmes n’ont
pas le même caractère, ils ont des forces et des faiblesses
différentes qui s’équilibrent parfaitement dans ces équipes. Et
au final, tout le monde profite de cet apprentissage mutuel
permanent. »
Avez-vous dû surmonter des obstacles
pour mettre cette politique en œuvre ?
« Je n’emploierais pas le terme d’obstacle, un peu exagéré,
mais certains hommes se sont en effet dit : et nous ? Ils ont
pensé : allons-nous être relégués à l’arrière-plan ? Il est alors
important de prendre le temps nécessaire d’expliquer la
politique au personnel et que l’objectif n’est évidemment pas
de favoriser ou de désavantager un sexe, mais que nous cherchons
l’équilibre. Nous ne cessons jamais de sensibiliser notre
personnel à ce sujet. »
Même si tel n’est pas votre objectif principal, cette
politique est également bénéfique pour votre image.
« Oh oui, bien entendu. Microsoft est une entreprise très innovante
et moderne et ce genre de politique lui correspond
parfaitement. Je pense que nous pouvons en être fiers. Nous
avons remporté plusieurs prix du meilleur employeur, certainement
en partie grâce à nos efforts dans ce domaine. »
Recevez-vous également des réactions de la part de vos
clients ou fournisseurs ?
« Je dois avouer que ce type de feed-back est plutôt rare. En
revanche, nous partageons régulièrement nos meilleures pratiques
avec le département des ressources humaines d’autres
entreprises. Par exemple, j’ai récemment entendu le directeur
du personnel de De Lijn. Cette entreprise est bien entendu plus
grande et ses activités tout à fait différentes des nôtres, mais
on remarque qu’elle s’intéresse également à cette question. La
diversité est un thème qui anime le monde de l’entreprise et je
crois que tel sera de plus en plus le cas à l’avenir. »
En effet, comment la politique en matière de diversité
évoluera-t-elle selon vous chez Microsoft dans les prochaines
années ?
« Eh bien, je pense que nous devrons nous remettre sans cesse
en question et que nous devrons toujours être en mesure de répondre
à cette interrogation : de quelle manière pouvons-nous
refléter du mieux possible la société dans laquelle nous vivons
tout en fournissant un service optimal à nos clients ? À travers
des formations, des rencontres, des discours de notre direction,
etc. Le management doit aussi veiller à prendre en compte les
talents de chacun et à s’occuper de tous les membres de son
personnel. Mais il doit être formé dans ce domaine également
et sensibilisé à la question. Nous allons continuer à interroger
régulièrement les travailleurs à ce sujet. »
Avez-vous déjà remporté des prix grâce à votre politique
en matière de diversité ?
« Oui, nous avons notamment remporté à plusieurs reprises le
prix Great Place To Work. Il s’agit d’une récompense internationale
dans le cadre de laquelle l’employeur est évalué par ses
travailleurs. La diversité n’est bien entendu pas la seule variable
prise en compte mais nous savons que nous obtenons toujours
de bons résultats dans la catégorie ‘traitement égal des
hommes et des femmes’. »
Pour conclure : comment évitez-vous qu’une politique
en matière de diversité ne se transforme en discrimination
positive ? Ou ne faut-il justement pas l’éviter ?
« Oh, je pense qu’il est nécessaire de maintenir un équilibre. Si
cette politique est perçue comme un obstacle, il convient impérativement
de faire en sorte que tel ne soit plus le cas. Je ne
dis pas qu’il ne faut pas parfois donner un coup de pouce à la
politique mais, en fin de compte, une chose reste importante :
permettre à la bonne personne d’occuper la bonne fonction,
qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. »
18
׉	 7cassandra://biYGoKMR7mlMvCgmTDVRaEKcGQ7CVhv1KQ92QMDXlRQ`̵ U޶P7Y׉E<BECI | livre blanc diversité
4.2. Discrimination et âge
Le vieillissement de la population fait partie du paysage
conjoncturel belge. Ce phénomène a des répercussions
sociales et économiques qu’il importe donc de prendre en
compte.
Employer des travailleurs plus âgés, en luttant contre les
discriminations à leur égard, comporte un certain nombre
d’avantages pour l’entreprise.
La diversité au niveau des âges des travailleurs permet les
échanges de savoirs, de compétences, de savoir-faire ou encore
d’expérience, qui s’avèrent des plus bénéfiques pour
l’entreprise. Les aînés peuvent aussi participer à la formation
et à la maturité professionnelle des plus jeunes. Les travailleurs
ne sont pas mis en concurrence sur base de leur âge
mais travaillent ensemble pour plus d’efficacité.
Incorporer cette diversité d’âges dans l’entreprise peut augmenter
les performances globales de l’entreprise.
Par ailleurs, la diversité au sein de l’entreprise permet l’aménagement
d’horaires qui soient plus adaptés aux travailleurs
en fonction de leur âge et de leurs préoccupations quotidiennes.
(Exemple : engager des travailleurs plus âgés pour
permettre aux travailleurs qui ont des jeunes enfants d’adapter
leur horaire aux besoins de l’organisation familiale.)
Bien que l’expérience professionnelle soit plutôt un atout sur
le marché de l’emploi, l’âge peut souvent constituer un filtre
lors de l’embauche des travailleurs. Pourquoi ?
Le coût salarial plus élevé des travailleurs plus âgés constitue
le principal frein à l’embauche de ceux-ci ou au maintien
en fonction de ceux-ci passés un certain âge et un certain
nombre d’années d’ancienneté.
Graphique 4: D’une manière générale, mon entreprise perçoit
certaines difficultés dans la capacité des personnes plus âgées
à s’adapter au changement
0%
Vrai, précisez
Faux
Je ne sais pas
10% 20% 30% 40%
50%
60%
Par ailleurs, il existe de nombreux stéréotypes et préjugés
au sujet des travailleurs ayant atteint un certain âge. Ceuxci
sont considérés comme moins flexibles, moins productifs,
plus fragiles physiquement, comme ayant plus de soucis de
santé ou encore comme étant moins aptes à s’adapter aux
changements et aux nouvelles technologies, que les travailleurs
plus jeunes.
Ces stéréotypes et préjugés fonctionnent de manière invisible
puisqu’ils agissent déjà au moment de la sélection des candidats
et de leur invitation (ou non) aux entretiens d’embauche.
BECI, dans son enquête, a interrogé les entreprises et leur a
demandé si elles percevaient des difficultés dans la capacité
des personnes plus âgées à s’adapter au changement.
Plus de 60 % des entreprises ne confirment pas ces difficultés
mais 23 % les affirment. Près de 15 % ne se positionnent
pas (voir graphique 4).
19
׉	 7cassandra://0Qi12Yu15zWxCZ2FE_kjdwHdtlfBR32b_dIl30Fa8BA`̵ U޶P7ZU޶P7Y{בCט   {u׉׉	 7cassandra://PCHV4B98hhKJPjDFcI_bLqF0YuVMiFMLH4w6qeUO-hY `׉	 7cassandra://tb2ULWQE2j8IlKxbO9Cs2dZTM1fukUNiCHBls61kcqkb0`S׉	 7cassandra://TW6mGOXDY88h7yFS1CPLLHQClAKmPYvEqorgjZbmkvI`̵ ׉	 7cassandra://-aMxwPzodq6vnGdHoCvejX6LmoHpeRDlJ2zPNZGQG6E͠J͠U޶Q7\ט  {u׉׉	 7cassandra://cDWbHV_FG2CDzrumRn3bVXe30d3edaAnnJAhh-WP2Vw ` ׉	 7cassandra://SzE2NDeCQg4mFfWzngFjkMkQCFblTkloZa_k02bZ7JwT`S׉	 7cassandra://46vXmkvfM90te-7EqJzNNhogmrTj2vifzkRwMn2Cr-Iw`̵ ׉	 7cassandra://FUibB0WHBuj7KfMkIqazXdWxNhz5tyTt4w3WF6p3I7cT͠U޶R7]׉EVLe baromètre de la diversité a évalué le désavantage de l’âge
en matière de recrutement.
Il indique : « Pour le candidat âgé, la probabilité de subir un
désavantage discriminatoire, c’est-à-dire de ne pas être invité
à cet entretien alors que le candidat plus jeune reçoit l’invitation,
est de 7 à 8 points de pourcentage plus élevée. En revanche,
ce candidat âgé a 4 points de pourcentage de moins de
chances de bénéficier d’un avantage discriminatoire, autrement
dit d’être le seul à être invité. »11
Par ailleurs, certains aspects, dus aux constructions sociales
naturelles, peuvent également freiner l’embauche ou accélérer
les licenciements des personnes ayant plus de maturité
professionnelle.
La population active des 25-49 étant plus souvent sur le
marché de l’emploi et donc évoluant au niveau hiérarchique,
peut se trouver confronter à un cycle de vie nouveau. La vie
humaine naturelle est élaborée telle que, depuis la prime enfance,
les personnes sont habituées (au sens « habitus »12
) à
être sous l’autorité de personnes plus âgées (parents, enseignants,
éducateurs,...)
Dans la vie professionnelle, ce cycle, de par l’évolution des
jeunes au niveau hiérarchique, peut s’en trouver renversé. Les
personnes plus jeunes occupent des fonctions d’autorité envers
les personnes plus âgées. Cela peut mener à un inconfort
tant pour les personnes jeunes que pour les personnes
matures. L’inconfort, de par cette position inhabituelle, peut
freiner les engagements ou accélérer les licenciements
En outre, la discrimination envers les travailleurs âgés peut
se dérouler non seulement au moment de l’embauche mais
peut aussi s’exercer au quotidien sur le lieu de travail, via des
différences de traitement ou des attitudes négatives.
4.2.1. L’âge sur le marché de l’emploi
Les données fournies par les services publics révèlent des taux
d’occupation professionnelle inférieurs, à la moyenne chez
les personnes expérimentés.
Sur les dix dernières années, les observations montrent une
augmentation du nombre de demandeurs d’emploi âgés de
plus de 50 ans.
« Leur nombre a plus que triplé en Région bruxelloise sur cette
période alors que leur taux de chômage est passé de 10% en
2002 à près de 20% en 2012. »13
> TAUX D’EMPLOI
Leur taux d’emploi montre les difficultés : en 5 ans (entre 2007
et 2012), leur taux d’emploi n’a augmenté que de 4 %. 14
Tableau 5 : Le taux d’emploi selon le sexe et la classe
d’âge en RBC (2012)15
De 45 à 49 ans
De 50 à 54 ans
De 55 à 59 ans
De 60 à 64 ans
Total
Hommes
67,9
74,2
62,5
36,5
59,4
Femmes
61,4
56,5
45,7
20,7
48,6
Total
64,8
65,3
53,8
28,1
54,0
Source: SPF Economie - DGSIE (EFT), calculs Observatoire de bruxellois de l’Emploi
11. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2012. Baromètre de la Diversité : Emploi.
Bruxelles. p. 49 • 12. Cf. chapitre déconstruire la discrimination pour construire la diversité • 13. Observatoire
bruxellois de l’emploi. 2014. Focus : Aperçu de la situation des travailleurs « seniors » sur le marché de
l’emploi bruxellois. Bruxelles. p.1 • 14. Ibidem. p.2 • 15. Ibidem. • 16. Service Public Fédéral : Emploi, Travail
et Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2013. Monitoring
socio-économique. Bruxelles. p.196 • 17.Observatoire bruxellois de l’emploi. 2014. Focus : Aperçu de la
situation des travailleurs « seniors » sur le marché de l’emploi bruxellois. Bruxelles. p.3 • 18. Service Public
Fédéral : Emploi, Travail et Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le
Racisme. 2013. Monitoring socio-économique. Bruxelles. p.196
Graphique 5 : Taux de chômage BIT selon la classe d’âge et la
région (2012)17
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
45-49 ans
50-54 ans
Région bruxelloise
Région flamande
55-59 ans
60-64 ans
Région wallonne
Belgique
Source: SPF Economie - DGSIE (EFT), calculs Observatoire de bruxellois de l’Emploi
Ce faible pourcentage est aussi dû au fait que le faible flux
de personnes entrant dans la catégorie « actifs occupés » se
combine avec un flux élevé de personnes sortant de cette
catégorie (pré-pension, maladies, etc...)
> TAUX DE CHÔMAGE
En 2013, près d’un tiers des inscrits chez Actiris soit 30%
avaient plus de 45 ans. Bruxelles connaît donc le plus haut
taux de chômage des 45-60 ans avec une moyenne de
17,5 %.
Par ailleurs, les données du monitoring socio-économique
confirment également ces difficultés. Pour plus de 80 %
des + de 45 ans, il s’agit d’un obstacle épais puisqu’ils
connaissent globalement un chômage de longue durée.16
Nous pouvons également souligner un phénomène de
« double difficulté » pour les personnes d’origine étrangère
parmi cette catégorie d’âge (graphique ci-contre).
20
׉	 7cassandra://TW6mGOXDY88h7yFS1CPLLHQClAKmPYvEqorgjZbmkvI`̵ U޶R7^׉EBECI | livre blanc diversité
Graphique 6 : Chômage de longue durée (plus d’un an) chez les chômeurs du 4e
40%
45%
50%
55%
60%
65%
70%
75%
80%
85%
90%
Total
n 30
n 30-44
n 45+
n Total
Belgique
46,5%
64,0%
83,2%
66,3%
Belge
42,6%
62,8%
82,2%
64,2%
UE-14
47,4%
65,1%
83,5%
66,1%
UE-12
43,7%
61,7%
83,0%
65,3%
Candidat
UE
51,6%
66,2%
85,2%
64,6%
Autre
Européen
46,5%
59,9%
74,1%
60,0%
Maghrébin Autre
Africain
55,5%
58,2%
85,6%
67,6%
46,0%
61,7%
74,4%
60,6%
Sud/Centre
Américain
45,4%
59,9%
76,9%
60,3%
Asiatique
45,4%
57%
76,6%
60,1%
Source: Datawarehouse marché du travail et protection sociale, BCSS. Calculs et traitement: SPF ETCS
trimestre de 2008, par origine et classe d’âge18
4.2.2. Les mesures publiques
A. LA LEGISLATION
En vertu de la législation, l’employeur qui commet un acte de
discrimination envers un travailleur sur base de son âge (que
ce soit lors de l’embauche ou une fois celui-ci en fonction)
s’expose à une sanction légale.
Si la loi anti-discrimination prévoit l’égalité de traitement des
travailleurs indépendamment de leur âge, celle-ci n’empêche
pas ce type de discriminations d’exister.
Cette loi autorise, dans certains cas, les entreprises à procéder
à une distinction des travailleurs sur base de leur âge,
mais cette distinction doit être justifiée objectivement et raisonnablement.
Toutefois,
la discrimination s’exerce le plus souvent via des
mécanismes invisibles, ce qui rend difficile toute mesure objective
de ce phénomène.
B. LES MESURES INCITATIVES
Les instruments politiques ont déjà été créés afin d’augmenter
la participation professionnelle des personnes plus âgées.
Il s’agit notamment :
• Plan ACTIVA : Celui-ci présente des avantages pour les
employeurs comme la réduction ou l’exonération des cotisations
patronales de sécurité sociale et l’activation de l’allocation
de chômage ou de l’intégration sociale que l’employeur
peut déduire du salaire net à payer.
• Complément de reprise du travail pour les chômeurs de 55
ans ou plus. Ce complément de reprise du travail est une
indemnité à charge de l’ONEM qui vient s’ajouter au salaire.
La demande de complément de reprise du travail doit
être introduite auprès de l’organisme de paiement.
• Réduction des cotisations sociales pour le groupe cible des
travailleurs âgés de 54 ans ou plus (ONSS et secrétariat social)
L’ensemble
des mesures des aides à l’emploi sont très nombreuses
et elles gagneraient à s’améliorer en lisibilité.
Par ailleurs, toutes ces mesures devraient être régulièrement
évaluées par les pouvoirs publics afin d’analyser leur faisabilité
avec la réalité du marché de l’emploi.
La question de la méconnaissance et de la maîtrise des outils
d’aides doit également être avancée.
21
׉	 7cassandra://46vXmkvfM90te-7EqJzNNhogmrTj2vifzkRwMn2Cr-Iw`̵ U޶R7_U޶R7^{בCט   {u׉׉	 7cassandra://iyxnJIi_K1sCQrg5eBPpIAEmDlRtG9UPYqWyqMTbVZo `׉	 7cassandra://6ZdmzdXPs4oK3Aw8z2gtLckEkkFuetuTHXCLClsIjn8b`S׉	 7cassandra://tQRpaPtbV-g4bpYd-n7Bk4pAGuaNvbKNHKSNxHOv77Y`̵ ׉	 7cassandra://QtiG2h3bQzBey-ZZFaiTqluWHYphSpLKbW0WuJXHqKE}͠U޶T7aט  {u׉׉	 7cassandra://uSpZMbEpY_4zl25eb0jG_gPiq0A68BD2QYThPP2Xqb0 ?`׉	 7cassandra://U0lERJAojkhPxX5oUht26mdH_YCDvS54R1Ey_T29OEMVi`S׉	 7cassandra://K6q-Apw4yRdIdw83CdQzqKu4vjhd0-4pIh3aJymd59Eb`̵ ׉	 7cassandra://dbzka7W_oUPHQ3LY8gj3hvSc4JJPjMSoZ3Rsq9lBQaQ̓͠U޶U7b׉EINTERVIEW DE KATLEEN BEYENS – HUMAN RESOURCES MANAGER – SODEXO
4.2.3. Interview de Sodexo : Mme Katleen Beyens
Quelle est votre fonction au sein de l’entreprise ?
« Human Resources Manager. »
Si vous deviez parler de la diversité
dans votre entreprise, que diriez-vous ?
« Sodexo considère chaque collaborateur comme une personne
unique sans distinction d’âge, de sexe, de formation, de milieu
socio-économique, de race, d’origine ethnique, de langue, de
nationalité, de religion, d’orientation sexuelle, de capacités physiques
et mentales, etc.
La diversité fait partie intégrante de la culture de notre entreprise
et constitue un axe stratégique de Sodexo. Nous travaillons,
par exemple, sur l’égalité entre les hommes et les femmes
à tous les niveaux, sur le bien-être des travailleurs plus âgés,
sur l’intégration des personnes handicapées, sur la collaboration
entre les travailleurs de différentes générations, sur l’égalité des
chances pour tous. Sodexo a l’ambition d’aider ses collaborateurs
dans leur évolution au sein de l’entreprise et de les encourager
à suivre le rythme de la croissance de Sodexo, et ce tant
pour les hommes que pour les femmes. Sodexo souhaite garder
ses travailleurs de plus de 55 ans le plus longtemps possible en
activité et veiller à leur motivation. »
Quelles mesures
ayant
trait
à
la
diversité
avezvous
mises en place ? Quel public avez-vous ciblé ?
(femmes, handicap, origine étrangère, âge, etc.)
« Seniors : des entretiens de carrière individuels, des séances
d’information annuelles, une brochure 55+, un dépistage des
‘métiers lourds’, etc.
Intergénérations : réseau ‘Young Sodexo’, formation I-gen, développement
d’un programme de parrainage pour l’intégration
des nouveaux collaborateurs, etc.
Femmes : réseau Women@Sodexo, refonte des offres d’emploi
(les rendre plus ‘favorables aux femmes’), mentorat, gestion
active des talents, flexibilité lorsque cela est possible, brochure
pour les femmes enceintes, etc.
Handicap : création de places de stage, élaboration d’une
séance de sensibilisation, etc. »
Avez-vous vu des effets positifs ? Si oui, lesquels ?
« Oui. Une évolution positive des KPI relatifs au sexe, aux seniors,
aux personnes atteintes d’un handicap, etc. Nous sommes
convaincus que notre culture axée sur la diversité et l’intégration
mobilise la richesse de chacun de nos travailleurs et contribue à
leur développement personnel et à la croissance de notre entreprise.
Il s’agit là d’un véritable avantage concurrentiel.
Notre enquête de dévouement bisannuelle nous indique également
une évolution positive de la satisfaction envers notre politique
et nos plans d’action en matière de diversité.»
Avez-vous rencontré des obstacles ou des difficultés ? Si
oui, lesquels ?
« Lorsque nous avons lancé notre politique en matière de
diversité en 2007, nous étions ‘pionniers’. Nous avons depuis lors
réussi à ancrer la diversité et l’intégration dans notre stratégie,
dans notre politique et dans nos plans d’action stratégiques. »
Kathleen Beyens,
Human Resources Manager Sodexo
Comment faire adhérer vos collaborateurs, en général, à
vos actions dans le domaine de la diversité (le personnel
mais aussi ceux qui tirent profit de ces actions) ?
« Chez Sodexo, nous responsabilisons tous nos collaborateurs,
y compris la direction et l’ensemble du management, à travers
des séances de sensibilisation à la diversité et à l’intégration.
Tous les nouveaux collaborateurs sont eux aussi invités à suivre
cette séance. De cette manière nous créons un véritable réseau
d’ambassadeurs de la diversité et de l’intégration car le succès
de la mise en œuvre de notre stratégie incombe à chacun et
chacune d’entre nous.
Nous disposons d’un groupe d’experts composé de collaborateurs
de chaque niveau, âge, sexe, etc.
Nous avons créé un réseau interne appelé ‘women@sodexo’ et
‘young sodexo’. »
Prévoyez-vous de mener d’autres actions à l’avenir ?
« Oui, notre politique et nos plans d’action en matière de diversité
sont établis sur plusieurs années et font l’objet d’un suivi et
d’adaptations permanents. »
Que pensent vos clients/fournisseurs de la diversité chez
Sodexo ?
« Ils se montrent très positifs à ce sujet. On nous demande souvent
d’expliquer notre approche et nos résultats et d’optimiser
notre partenariat avec notre client/fournisseur. »
Avez-vous reçu des certifications, des prix ou des labels
pour vos actions ?
« Oui : Le Label Égalité Diversité (2007 – 2010) ;
Le Label Diversité Bruxelles (2011 – 2013) ;
L’Active Ageing Award Belgique et Europe (2012) ;
Le prix Cap 48 (2014). »
22
׉	 7cassandra://tQRpaPtbV-g4bpYd-n7Bk4pAGuaNvbKNHKSNxHOv77Y`̵ U޶U7c׉EBECI | livre blanc diversité
4.3. Discrimination et
ascendance étrangère
La question de la diversité sous l’angle de l’origine se pose
particulièrement en Belgique, d’une part pour des raisons
historiques et, de facto, pour des raisons démographiques.
En effet, il y a 50 ans, la Belgique signait des conventions
bilatérales avec le Maroc et la Turquie pour importer de la
main d’œuvre vers la Belgique.
Depuis, la Belgique a connu une immigration élargie, qui
a conduit à un paysage démographique très diversifié.
Aujourd’hui, ¼ de la population en Belgique entre 18 à 60
ans est d’origine étrangère et à Bruxelles, c’est 65 % de la
population qui est d’origine étrangère19
.
Le monitoring socio-économique précise : « 60,2% de la
population de 18 à 60 ans est d’origine belge c’est-à-dire qu’ils
sont de nationalité belge, nés belges de parents nés belges.
25,3% est d’origine étrangère c’est-à-dire qu’ils sont soit de
nationalité étrangère soit qu’ils sont nés avec une nationalité
étrangère ou encore qu’un de leurs parents est né avec une
nationalité étrangère. Et 14,5% est d’origine non déterminée
principalement parce qu’il n’est pas possible d’identifier
nationalité ou le pays de naissance des parents. »20
la
Les trois groupes d’ascendance étrangère les plus représentés
sont : « les personnes originaires de l’UE-14 (33,3 %), les
personnes originaires du Maghreb (26,8 %) et les personnes
originaires d’un autre pays africains (9,5 %). »22
Graphique 7 : Répartition de la population de 18 à 60 ans selon l’origine21
Population de 18 à 60 ans
Origine belge
3.774.490 (60,2%)
Origine étrangère
1.584.174 (23,3%)
UE-14 774.146 (12,3%)
UE-12 103.833 (1,7%)
Candidat UE 123.666 (2,0%)
Autre Européen 83.993 (1,3%)
Maghrébin 251.083 (4,0%)
Autre Africain
108.388 (1,7%)
Nord Américain 12.588 (0,2%)
Sud/Centre Américain 27.296 (0,4%)
Asiatique 98.139 (1,6%)
Océanien 1.042 (0,02%)
19. Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2013. Monitoring socio-économique. Bruxelles. p.17. • 20. Les catégories « origine »
utilisées par le monitoring sont : UE-14 : France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Luxembourg, Irlande, Royaume-Uni, Danemark, Grèce, Espagne, Portugal, Finlande, Suède et Autriche. UE-12 : République tchèque, Estonie,
Chypre, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Malte, Pologne, Slovénie, Slovaquie, Bulgarie et Roumanie. Candidats UE : Macédoine, Turquie, Croatie. Autres pays européens : Albanie, Andorre, Islande, Lichtenstein, Monaco,
Norvège, Saint-Marin, Suisse, Russie, Saint-Siège, Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, etc. Maghreb : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie et Mauritanie. Autres pays africains : Burundi, Cameroun,
Afrique du Sud, Congo, Sénégal, Rwanda, etc. Amérique du Nord : Canada, Etats-Unis d’Amérique. Amérique Centrale et du Sud : Cuba, Guatemala, Mexique, Nicaragua, Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie,
Equateur, Pérou, Venezuela, etc. Asie : Chine, Japon, Thaïlande, Malaisie, Inde, Indonésie, Arabie Saoudite, Iran, Irak, Israël, etc. Océanie : Australie, Nouvelle-Zélande, Samoa, etc. • 21. Ibidem. p. 25 • 22. Ibidem. p. 27
Belge né belge
parent non
déterminé
Reste
397.985
(6,3%)
6.269.742
Origine non déterminée
911.078 (14,5%)
Belge né belge un 507.568
parent né belge
l’autre non déterminé
(8,1%)
5.525
(0,8%)
23
׉	 7cassandra://K6q-Apw4yRdIdw83CdQzqKu4vjhd0-4pIh3aJymd59Eb`̵ U޶U7dU޶U7c{בCט   {u׉׉	 7cassandra://dQ5H80rGuOUr73-O82jPcV8yIOzPgM_sQkyMpNGFOjI Z` ׉	 7cassandra://IxLB83iHH-FI3Bka2OZT8uttGBk7hGhdDg4bbZEHy28YW`S׉	 7cassandra://hBMk0p59yDHkbOEuuOmcdMlIVdiExOH50WTC5c5d_os`̵ ׉	 7cassandra://ipheBjgxb-tyDR3jgSUyY63dhUfomNFC0oYUAKIKa-Iz͠U޶U7fט  {u׉׉	 7cassandra://nlIsNj8hxWN5S3A5ZTJJDG58ampw93zIHYkG8raKwDI ` ׉	 7cassandra://2LDYIu-aUlHzPNcTQaKFE9_9EIDJHQoKGPpke9LQkD4Ur`S׉	 7cassandra://NlEb6KBZVZCqoY3Rk4t8InzVHzRqLZluZkqW22iCzHMP`̵ ׉	 7cassandra://gvebqWZQyt6taAJYc8iPFcpxdo00VUDilgPWGVUrVEsm͠U޶W7gנU޶W7k ہ
9ׁH 2http://www.brusselsstudies.be/medias/publications/ׁׁЈ׉EGraphique 8 : Répartition des personnes d’origine étrangère par origine et par région.23
4.3.1. L’ascendance sur le marche de l’emploi
De très nombreuses études ont été entreprises concernant la
discrimination, à la fois par les institutions publiques et par
les Centres de recherches universitaires.
La question de la discrimination des personnes issues de l’immigration
s’est vue établie pour la première fois en Belgique
en 1997 par une étude réalisée par le Bureau International
du Travail (BIT).
L’étude, nationale, pointait à l’époque un taux de discrimination
à Bruxelles de l’ordre de 34,1 %.24
De nombreuses études ont ensuite été entreprises, notamment
par les acteurs académiques, et ont toutes confirmé ces
tendances, à savoir un traitement différentiel des personnes
d’ascendance étrangère par rapport aux personnes d’ascendance
nationale.
La perception des personnes d’origine étrangère, comme population
homogène, est la première fausse perception qu’il
y a lieu de déconstruire. Il n’y rien de plus diversifié que des
personnes d’ascendance étrangère.
Derrière cette nomination se cache une diversité de cultures,
de philosophies et de cultes intenses.
En ce qui concerne la culture et/ou le culte d’origine, ces populations
se les ont appropriés de manière très diverse : certaines
complètement, d’autres pas du tout, d’autres en partie,…
Ainsi des personnes peuvent avoir une même origine religieuse
(mais pas la même origine culturelle) et vivre leur spiritualité
différemment ou au contraire ne pas la vivre du tout
ou de manière laïque.
Il y a lieu donc d’être prudent et ouvert à la diversité dans la
diversité en ce qui concerne l’ascendance.
Il est, par ailleurs, difficilement aisé de déterminer quels
aspects pèsent le plus dans les discriminations: les aspects
culturels ou cultuels ou s’ils sont perçus subjectivement de
manière globale derrière l’ascendance.
Dans le cadre des processus de recrutement, ces deux aspects
peuvent constituer un obstacle de manière monolithique ou
combinée.
Les données mesurées par les institutions publiques ne permettent
pas de mesurer de manière objective si certains paramètres
pèsent plus que d’autres ; les stéréotypes et préjugés
sont nombreux et souvent catégorisants.
Mais la discrimination sur base de l’ascendance étrangère a
pu clairement être mesurée. Les dernières mesures publiques
ont été établies par le monitoring socio-économique ainsi
que par le Baromètre de la Diversité.
Ce dernier a ainsi mesuré le « degré » de discrimination selon
l’origine et indique : « Un candidat d’origine étrangère a 6,6
points de pourcentage de chances en plus de subir un désavantage
discriminatoire. »25
Par ailleurs, « près de 10% des responsables RH interrogés
affirment que l’origine du candidat exerce une influence sur la
sélection finale et 5% indiquent que la couleur de peau intervient
également. Et ce, même après l’invitation à un premier
entretien d’embauche. » 26
Le baromètre montre également que 45 % des responsables
en Ressources Humaines révèlent que les signes religieux ont
un impact dans la sélection finale notamment le voile et 8 %
affirment
que les candidats issus d’une minorité ethnique
doivent davantage prouver leur valeur lors du recrutement.
A. L’EMPLOI SELON L’ORIGINE27
Les données établies par le monitoring socio-économique
confirment les
études antérieures établissant la discrimination
sur base de l’origine. Les chiffres montrent des différences
significatives dans le taux d’emploi :
« Le taux d’emploi des personnes d’origine belge (74%) est supérieur
au taux d’emploi observé pour les personnes d’origine
étrangères.»28
23. Ibidem. p.28 • 24. REA, Andréa et al. Février 2009. « Les jeunesses bruxelloises : inégalité sociale et diversité culturelle », Brussels Studies. Site web sur INTERNET. <http://www.brusselsstudies.be/medias/publications/
FR_79_EGB9.pdf>. • 25. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme.2012. Baromètre de la Diversité : Emploi. Bruxelles. Bruxelles. p.73 • 26. Ibidem. 27. Service Public Fédéral : Emploi, Travail et
Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2013. Monitoring socio-économique. Bruxelles. p. 53 • 28. Ibidem. p.63 • 29. Ibidem. • 30. Ibidem. p.65
24
׉	 7cassandra://hBMk0p59yDHkbOEuuOmcdMlIVdiExOH50WTC5c5d_os`̵ U޶W7h׉EJBECI | livre blanc diversité
Graphique 9 : Taux d’emploi des 18 à 60 ans selon l’origine 30
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
74,2%
66,0%
53,4% 52,4%
43,3%
38,1%
42,9%
46,3% 43,9%
39,7%
Source: Datawarehouse marché du travail et protection sociale, BCSS. Calculs et traitement: SPF ETCS
Le tableau ci-dessus montre les différences significatives par
groupe d’ascendance. Les tendances indiquent également
une double difficulté lorsque les personnes cumulent les caractéristiques
discriminantes. Il s’agit notamment des femmes
dont l’ascendance est étrangère. Le monitoring souligne :
« Les taux d’emploi les plus faibles sont observés pour les
femmes originaires d’un pays candidat à l’UE et les femmes
d’origine maghrébine (respectivement 29,2 % et 31,5%). Les
données semblent indiquer que les femmes d’origine étrangère
font face à une double discrimination : le fait d’être une femme
et le fait d’être d’origine étrangère. »29
L’enquête de BECI auprès des entreprises, qui a interrogé les
entreprises sur le pourcentage de leur personnel d’origine
étrangère, a montré des tendances significatives.
Aux postes moins qualifiés, les données montrent que 27 %
des entreprises n’ont aucune personne d’origine étrangère et
que 17 % d’entre elles en ont plus de 50 %. Le manque de
diversité de personnes d’origine belge est également présent
chez 6 % des entreprises.
On peut voir également que 36 % des entreprises ont du
personnel issu de la diversité aux postes plus qualifiés.
Lorsqu’on croise les chiffres, on peut voir que 13,5 % des
entreprises n’ont aucune personne d’origine étrangère dans
leur personnel (tout niveau confondu), ce qui veut dire que
86,5 % des entreprises ont du personnel issus de la diversité.
Les données indiquent également que pour 38 % d’entre
elles, le personnel d’origine étrangère se situe entre 0 et
20 % (tout poste confondu).
L’ethnostratification verticale (le fait de retrouver des personnes
d’origine étrangère globalement dans les niveaux hiérarchiques
inférieurs) est présente chez 22 % des entreprises
ayant du personnel diversifié.
L’ethnostratification horizontale du marché du travail (c’est
à dire une sur-représentation dans certains secteurs et une
sous-représentation dans d’autres) n’a pas été quantifiée par
notre enquête mais a souvent été soulignée par des études
contemporaines.
Nous avons également sondé les entreprises sur leur préférence
en termes de recrutement :
Près de 20 % des entreprises ont répondu « vrai », plus de
12% ne se sont pas positionnées et 67% d’entre elles ont
répondu par la négative.
Graphique 10 : À compétences égales, mon entreprise
préfère engager des personnes belges plutôt qu’étrangères
ou d’origine étrangère
0%
Vrai
Faux
Je ne sais pas
10% 20% 30% 40%
50%
60%
70%
Tableau 6 : Mon personnel est composé de personnes ayant une ascendance étrangère à hauteur de :
Aucun
Aux postes moins qualifiés
Aux postes plus qualifiés
Aux postes décisionnels
27,74 %
24,48 %
51,28 %
36,13 %
23,08 %
22,61 %
23,78 %
12,59 %
17,25 %
12,35 %
8,16 %
Moins de 20 % De 20% à 50 % Plus de 50 % Plus de 90 % % Total
26,11 %
6,29 %
3,26 %
4,9 %
100
100
100
25
Total Belgique
Belge
UE-14
UE-12
Candidat UE
Autre Européen
Maghrébin
Autre Africain
Sud/Centre
Américain
Asiatique
׉	 7cassandra://NlEb6KBZVZCqoY3Rk4t8InzVHzRqLZluZkqW22iCzHMP`̵ U޶W7iU޶W7h{בCט   {u׉׉	 7cassandra://GIxKP-DoOLGSRfoE1_DGN0IQyq5PwOG6xul8hrxm8FU v` ׉	 7cassandra://qgzMHLi9MyyOLinlqx0qJ66xGILr8O7oWdD5UlYEDWMYr`S׉	 7cassandra://XnRcgwiGxP7vpV0sXvW6_K80e4jJkEQOq9bE0-_H490`̵ ׉	 7cassandra://DM_16acH7q504-3qhHjEOa9v1Pkgj0r1QgmeUDfLl4gd͠U޶Y7lט  {u׉׉	 7cassandra://P2bfTqac7ThW-8imc1vRhpwTF3CxOEfP_iC6QaSWBu0  ` ׉	 7cassandra://mj4OqLJ24lvrAdbeiiuMDRhSi8Mn2DH56u4d8H_ifbM]`S׉	 7cassandra://ZHR6kXxkncDN8dUKRwdqercOMdAaoEQcyPK8b6RGXeU`̵ ׉	 7cassandra://Qc6cnGNa1fv7gdThKh3sCy8VsFv6uavF6spEIFuLqbYjU͠U޶Z7m׉E	B. CHÔMAGE ET ORIGINE
Les données concernant les taux de chômage montrent également
des différences significatives.
A Bruxelles, les tendances indiquent des taux plus élevés de
chômage chez les personnes d’ascendance étrangère. Les
personnes les plus touchées sont les personnes originaires
d’un pays candidat à l’UE31
avec 31,1 % et les personnes
d’origine maghrébine avec 31 %.
Dans ces deux groupes, deux autres faits sont à souligner :
• le taux de chômage des femmes est largement supérieur à
celui des hommes.
• les catégories d’âge supérieures connaissent un taux de
chômage supérieur aux autres groupes.
Ainsi, les données établies montrent que le fait de cumuler
les caractéristiques discriminantes, femme et d’origine
étrangère ou âge supérieur et origine étrangère, était doublement,
voire triplement discriminant. Les personnes cumulant
ces caractéristiques sont donc confrontées à des
murs doublement voire triplement épais, tant sur le plan
horizontal (accès à l’emploi) que vertical (accès aux positions
hiérarchiques supérieures).
Aussi, d’un point de vue vertical, le plafond de verre, qui est
déjà en soi un obstacle majeur pour les femmes ou pour les
personnes d’origine étrangère, s’épaissit doublement voir triplement
selon les caractéristiques cumulées.
C. SALAIRE ET ORIGINE
Des différences, sur le plan salarial, sont souvent pointées
par les chercheurs. Les données suivantes montrent que les
personnes d’origine étrangères sont majoritairement dans
les tranches des bas salaires (sauf pour les personnes issues
de l’Amérique du Nord et d’Océanie). La dualisation est
particulièrement importante chez les personnes originaires
d’un pays candidat à l’UE33
Une part de ces différences significatives est notamment
due aux secteurs, à l’âge, l’ancienneté, et d’autre part au
plafond de verre bloquant l’évolution professionnelle des
personnes d’ascendance étrangère mais également des
femmes.
Soulignons par ailleurs que, pour toutes les catégories
d’âge, les deux groupes connaissant les plus hauts taux de
chômage, à savoir le groupe des « candidats à l’UE » et le
groupe des « Maghrébins » sont les deux groupes comprenant
les personnes originaires des pays avec qui la Belgique
a établi des conventions bilatérales il y a 50 ans (le Maroc et
la Turquie).
Les conventions, à l’époque, étaient destinées à promouvoir
l’immigration vers la Belgique afin d’augmenter la main
d’œuvre en Belgique.
avec + 26,4 % de représentation
dans les bas salaires par rapport à la moyenne et
– 20,9 % de représentation dans les salaires élevés.34
Graphique 11 : Taux de chômage des 18 à 60 ans par classe d’âge selon l’origine32
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
40%
Belge
n 18,19
n 20-29
n 30-54
n 55-60
8,2%
7,7%
5,2%
7,8%
UE-14
13,7%
15,6%
11,8%
14,9%
UE-12
8,5%
7,5%
7,6%
14,5%
Candidat
UE
16,8%
24,2%
23,5%
37,5%
Autre
Européen
14,6%
18,6%
15,5%
19,3%
Maghrébin
18,0%
28,3%
24,7%
32,0%
Autre
Africain
11,1%
19,0%
17,7%
22,9%
Sud/Centre
Américain
15,4%
14,0%
13,0%
21,7%
Asiatique
7,7%
10,1%
10,8%
13,8%
Source: Datawarehouse marché du travail et protection sociale, BCSS. Calculs et traitement: SPF ETCS
31. Candidats UE : Macédoine, Turquie, Croatie • 32. Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2013. Monitoring socio-économique.
Bruxelles. p. 179 • 33. Candidats UE : Macédoine, Turquie, Croatie • 34. Ibidem. p.138
26
׉	 7cassandra://XnRcgwiGxP7vpV0sXvW6_K80e4jJkEQOq9bE0-_H490`̵ U޶Z7n׉EfBECI | livre blanc diversité
Graphique 12 : Répartition des salariés par niveau de salaire et origine 35
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
Bas salaires
Salaires moyens
Salaires élevés
Source: Datawarehouse marché du travail et protection sociale, BCSS. Calculs et traitement: SPF ETCS
4.3.2. Les mesures publiques
A. LA LEGISLATION
En Belgique, deux lois interdisent la discrimination.
• la loi anti-racisme de 1981 et modifiée en 2007 : elle interdit
et sanctionne la discrimination dans les relations de
travail sur base de la nationalité, d’une prétendue race, de
la couleur de peau, de l’ascendance ou de l’origine nationale
ou ethnique.
• la loi anti-discrimination (2007) : elle fait référence à la discrimination
dans les relations de travail sur base de l’âge,
l’orientation sexuelle, l’état civil, la naissance, la fortune, la
conviction philosophique ou religieuse, la conviction politique,
la langue, l’état de santé actuel ou futur, un handicap, une
caractéristique physique ou génétique ou l’origine sociale.
Sont visés par ces législations la discrimination directe, la discrimination
indirecte ou l’injonction de discriminer.
La charge de la preuve (de non-discrimination) en cas de
plainte incombe à l’employeur. Des sanctions pénales ont été
instaurées par le législateur en cas de discrimination.
B. LES MESURES INCITATIVES
Les politiques publiques en matière de discrimination sont
des politiques globalement utilisées dans d’autres pays à
savoir des mesures « affirmative actions ».
Ces politiques se définissent de la manière suivante : « Par
les politiques d’affirmative action, nous entendons un ensemble
assez large de politiques publiques dont l’objectif est d’inverser
des tendances lourdes qui se traduisent par le maintien de certains
groupes minoritaires dans une position désavantageuse,
notamment en matière d’accès à l’emploi.36
»
Elles désignent globalement les mesures de discrimination
positive et représentent à Bruxelles notamment les aides salariales,
les plans diversité,…
> Charte, plan diversite et label
Ces politiques ont été apportées, en Région Bruxelloise, par
quatre ordonnances (du 4 septembre 2008) qui encadrent
les politiques de diversité de tous les acteurs du secteur privé,
public et associatif à l’exception des CPAS.
Elles proposent trois actions : la signature d’une Charte Diversité,
la construction d’un Plan Diversité et un label (« offert »
aux entreprises ayant réussi leur plan diversité).
Comme pour la Région Flamande, ces ordonnances imposent
une obligation de plan diversité pour le secteur public et des
subsides pour le secteur privé ayant établi un plan diversité.
Elles ont instituées des groupes cibles afin d’engager les
recruteurs dans des actions de « discrimination positive ». Il
s’agit : des travailleurs de nationalité étrangère, des jeunes
travailleurs, des travailleurs expérimentés, des travailleurs
handicapés, des travailleurs infraqualifiés, traversées par des
données en matière de genre.
Cette législation a été une mesure forte, mais elle a restreint
le public touché par la discrimination. La modification intervenue
dans l’arrêté du 7 mai 2009 (secteur privé) a fait
remplacer la catégorie « travailleurs d’origine étrangère » au
profit des « travailleurs de nationalité étrangère » tandis que
celle des travailleurs infra-scolarisés a été ajoutée.37
« Mais il est permis de douter que le groupe des ‘infra scolarisés’
constitue un ‘équivalent fonctionnel’ suffisant, car l’on constate
que même lorsqu’elles sont dotées de hautes qualifications, les
personnes d’origine étrangère - quoique de nationalité belge -
demeurent largement victimes de discrimination.38
»
Ce changement a également été relevé par le Conseil d’Etat
dans son avis du 7 avril 2009 en soulignant que la nouvelle
définition est plus restrictive que ne le permet l’ordonnance
du 4 septembre 2008 et devait être dûment justifiée au
regard des principes constitutionnels d’égalité et de nondiscrimination.39
35.
Ibidem. p.141 • 36. ADAM, Ilke, « Immigrés et minorités ethniques sur le marché de l’emploi. Les politiques publiques en question ? », dans Marco MARTINIELLO et al. (dir), Immigration et intégration en Belgique Francophone.
Etat des savoirs. Louvain-la-Neuve, Bruylant-Academia, 2006, p.188. • 37. RINGELHEIM, Julie & VAN DER PLANCKE, Véronique, Plans de diversité dans l’entreprise : action positive ou communication positive ? Le
cas de la Région de Bruxelles-Capitale in Ch. Bayart, S. Sottiaux et S. Van Drooghenbroeck (dirs), Actualités du droit de la lutte contre la discrimination, La Charte/die keure, Bruges, 2010, 309-352. • 38. Ibidem. • 39. Ibidem.
27
Belge
UE-14
UE-12
Candidat UE
Autre Européen
Maghrébin
Autre Africain
Sud/Centre
Américain
Asiatique
Nord Américain
Océanien
׉	 7cassandra://ZHR6kXxkncDN8dUKRwdqercOMdAaoEQcyPK8b6RGXeU`̵ U޶Z7oU޶Z7n{בCט   {u׉׉	 7cassandra://KmFU5JVEeva7WH79cCbxRDdx0AOFuEyjcMGjHi1S478 ˤ`׉	 7cassandra://aJ8DETx_lnNtLlYSJfE4Pzc0_y0WwPrkj9_qzqpM9oo``S׉	 7cassandra://YyOimrXndbcmzMUwQC_w40yySoWG4h85dHRTpnk5Hvw`̵ ׉	 7cassandra://Mnt5931TntglimoY8gHqTKwiO56nl8ijW5eScl1rqB8ͱ͠U޶Z7qט  {u׉׉	 7cassandra://h2ZBM9faFtN2TaDyNIQI2zswjkCnmv51x6y_rCJmBQE 	$` ׉	 7cassandra://m798UciReDKlbLpGW_-F55JsQWCdOyIHg4OjCN_Sm58s8`S׉	 7cassandra://5FDrrRsSJaDWoRDwKtcQcypxGxduBesuI1uEcuXio0M`̵ ׉	 7cassandra://kO21yqugcOxmhquQ6O5QOlvul-00o8bu0OyPoPOFs-I_͠U޶[7rנU޶\7{ ka
9ׁHhttp://www.iefh-action.be/ׁׁЈ׉E
INTERVIEW DE JEAN-CLAUDE DAOUST
> Mesures incitatives
Deux mesures d’aide salariale existent pour aider les recruteurs :
• Les mesures généralistes
• Les mesures ciblées
Les aides généralistes visent des publics connaissant structurellement
des taux de chômage importants. Mais elles ont
l’inconvénient d’être très nombreuses et agissent sur différents
plans (activation, réductions ONSS, groupes cibles,…).
Dans le cadre des nouvelles régionalisations des politiques de
l’emploi, une simplification des politiques d’aides à l’emploi
serait une plus-value à la fois pour les employeurs mais également
pour les demandeurs d’emplois.
Toutes les aides généralistes peuvent être utilisées pour le recrutement
de profils discriminés sur le marché de l’emploi. Certaines
d’entre elles visent d’ailleurs indirectement ces profils.
Par ailleurs, il existe des mesures plus ciblées pour les publics
d’origine étrangère mais elles demeurent peu connues et aucune
évaluation de ces mesures sur le marché de l’emploi n’a
été établie.
Il s’agit notamment de la mesure de réduction de cotisations
pour le groupe cible « jeunes travailleurs ».
Elle est destinée, notamment mais pas uniquement, aux
jeunes d’origine étrangère ou aux jeunes ayant un handicap
et ne possédant pas de diplôme de l’enseignement secondaire.
Elle donne droit à une réduction de cotisations entre 3
et 4 ans selon le profil.
Elle peut être cumulée, dans certains cas,
avec la mesure
Activa Start où une partie du salaire net est prise en charge par
l’Onem pendant maximum 6 mois. Elle est également destinée,
mais pas uniquement, aux profils présentés ci- dessus.
De plus, dans le cadre de l’obligation, pour les entreprises
d’au moins 50 travailleurs, d’engager minimum 3% des
jeunes de moins 26 ans (sous la convention de premier emploi),
les jeunes d’origine étrangère ou les jeunes avec un
handicap comptent double dans ce pourcentage.
Jusqu’à présent, aucune mesure de ce genre n’a été instituée
pour les personnes d’origine étrangère bachelières ou
universitaires.
Jean-Claude Daoust,
administrateur délégué
de Daoust.
4.3.3. Interview de la societe Daoust :
M. Jean-Claude Daoust40
CHAQUE PERSONNE DOIT AVOIR LES
MÊMES CHANCES SUR LE MARCHÉ DU
TRAVAIL
Depuis sa création, Daoust a toujours accordé une
importance primordiale à l’accueil et à la diversité.
Pour cette société, les valeurs humaines et sociétales,
autant que la qualité de ses services, sont essentielles.
Son objectif : que ses employés soient le reflet de la
société moderne avec sa richesse et sa diversité. JeanClaude
Daoust, administrateur délégué, nous en dit
un peu plus.
Propos recueillis par Gaëlle Hoogsteyn
28
׉	 7cassandra://YyOimrXndbcmzMUwQC_w40yySoWG4h85dHRTpnk5Hvw`̵ U޶[7s׉EBECI | livre blanc diversité
Quelle est votre fonction au sein de votre entreprise ?
« Je suis administrateur délégué de Daoust, une entreprise familiale
fondée par mon père il y a 60 ans. En interne, Daoust
emploie 250 personnes. Notre métier de base est le placement
d’intérimaires, mais au fil du temps nous avons élargi
notre gamme de services à d’autres aspects des ressources
humaines. Ainsi, nous proposons aussi des prestations en
titres-services (nous avons environ 3.500 aides ménagères au
travail), de l’outplacement, de l’aide à la sélection du personnel
et du job coaching. Nous essayons, sur le marché du
travail, d’accompagner toutes les personnes, des plus jeunes
aux plus âgées, sans aucune discrimination quant aux origines,
à la religion, etc. »
Quelle est la philosophie de Daoust en termes
de diversité ?
« L’intérim a toujours été un métier très intégrateur de personnes
de toutes origines. Mais la diversité, ce n’est pas que
les personnes étrangères qui cherchent un emploi, c’est aussi
une égalité hommes/femmes, jeunes/vieux,… Nous nous
efforçons de respecter les principes de neutralité et de
non-discrimination sous toutes ses formes, par rapport à des
critères tels que le sexe, l’âge, le pays d’origine, la race, la
couleur de peau, l’origine sociale, l’orientation sexuelle, le
handicap et la conviction religieuse ou philosophique.
Nous sommes en effet convaincus que :
• Chaque personne a droit aux mêmes chances sur le marché
du travail lors de la recherche d’un emploi, quelles que
soient sa provenance, ses caractéristiques ou ses particularités.
•
La mise en commun et la combinaison de différents types
de personnalités et visions, dans le respect des valeurs de
chacun et le non-jugement, sont enrichissantes pour tous.
• Une gestion proactive de la diversité impliquant la direction
et l’ensemble des collaborateurs a une influence positive
sur les prestations fournies par l’entreprise ainsi que sur son
image. »
Quelles actions en diversité avez-vous menées ?
« Dans notre métier, nous avons toujours pris des engagements
de qualité par rapport à notre clientèle, c’est-à-dire
que nous cherchons la personne qui convient le mieux pour
le travail demandé. Lors du recrutement, afin de garantir
l’égalité des chances pour tous, nous travaillons avec un test
de sélection non discriminatoire et exclusivement axé sur
l’évaluation des compétences et des qualifications.
Mais cette action n’était pas ‘cadrée’, tout était un peu informel.
Suite à l’actualité et à divers scandales relayés dans la
presse, nous avons décidé de formaliser notre politique. Nous
avons donc établi une charte sur la diversité qui a été signée
par tous nos employés, s’engageant ainsi à la respecter.
Nous avons aussi mis en place une cellule chargée de veiller
à la diversité en interne. Cette cellule, composée de 5 personnes
(la directrice des ressources humaines, une consultante
de terrain, une recruteuse interne, un délégué syndical
et la responsable de notre département Responsabilité sociale),
se réunit une fois par mois pour examiner la problématique
en interne. Quel est le profil moyen du personnel ?
Quelle est la pyramide des âges ? Y a-t-il eu des plaintes ?
Des désaccords ? Que peut-on faire pour y remédier ? Quand
on a une plainte pour discrimination déposée par un intérimaire
ou une employée titres-services, cette cellule s’occupe
40. Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes. Bonnes pratiques. Voir : http://www.iefh-action.be/
aussi d’investiguer, de voir ce qu’il en est et des mesures à
prendre. S’il y a réellement eu discrimination, nous tentons
de convaincre le client que cette pratique n’est ni dans son
intérêt, ni dans notre politique d’entreprise. Mais avec le
temps, cela arrive de plus en plus rarement.
Daoust est aussi certifiée ISO et nous disposons d’un département
Responsabilité sociale qui est en relation avec les
départements Responsabilité sociale de nos clients et fournisseurs.
»
Avez-vous constaté des effets positifs ? Si oui, lesquels ?
« Oui, sans aucun doute. Une première preuve concrète est
la diminution du nombre de plaintes pour discrimination. En
2014, nous avons reçu une plainte sur les 25.000 personnes
mises au travail. Du côté de la clientèle, nous ressentons aussi
de plus en plus la disparition de réflexes discriminatoires à
l’embauche. Je suis d’ailleurs heureux de constater que cette
tendance n’est pas limitée à notre entreprise, mais s’étend
au monde du travail en général. De par l’évolution des générations,
les recruteurs sont aujourd’hui des jeunes qui ont
toujours côtoyé des personnes de toutes origines, qui ont
étudié avec elles et qui sont beaucoup plus ouverts qu’on ne
pouvait l’être il y a 20 ou 30 ans. Aujourd’hui, c’est la discrimination
qui choque ! »
Rencontrez-vous des obstacles, des difficultés ?
Si oui, lesquels ?
« Anciennement, nous étions parfois confrontés à des clients
qui ne voulaient pas d’intérimaires de couleur ou étrangers,
ou des entreprises qui voulaient spécifiquement des hommes
et pas de femmes. Mais comme je l’ai dit, cela s’estompe de
plus en plus. Nous arrivons à faire comprendre aux clients
qu’il faut regarder les compétences du candidat, pas son
sexe, sa couleur de peau ou son âge. Il faut toujours chercher
le meilleur candidat en fonction du poste à pourvoir.
L’expérience leur prouve que notre optique est la bonne et
ces demandes discriminatoires ont fondu comme neige au
soleil. Je pense à une entreprise en particulier, cliente chez
nous depuis 20 ans, qui, à l’époque, avait vraiment un politique
d’embauche discriminatoire. Aujourd’hui, cette même
société compte trois personnes d’origine étrangère dans son
comité de direction.
Je pense qu’il y a eu des caps, des actions, qui ont fait réfléchir
les entreprises, comme le ‘Manifeste contre la discrimination’
publié en 2007 par la FEB dont j’étais président à
l’époque. Ce manifeste mettait notamment à l’honneur des
entreprises exemplaires en la matière, comme Colruyt, et les
bénéfices qu’elles en tiraient. Montrer des exemples positifs
engendre un effet d’entraînement. Avoir dans son personnel
des gens qui ne se ressemblent pas mais qui sont complémentaires
ne peut être que profitable à la société. Cela crée
de la valeur ajoutée pour l’entreprise. Si tout le monde se
ressemblait, il y aurait une grande perte de richesse.»
Comment votre personnel, en général,
s’approprie-t-il vos actions en diversité ?
« Je pense que notre personnel est fier de travailler dans
une société où la diversité est si importante. Même si signer
une charte peut sembler simple de prime abord, ce n’est pas
qu’un morceau de papier. Nos employés sont fiers de porter
des valeurs positives. Dans nos job centers, si un employé
était confronté à la demande discriminatoire d’un client, je
29
׉	 7cassandra://5FDrrRsSJaDWoRDwKtcQcypxGxduBesuI1uEcuXio0M`̵ U޶[7tU޶[7s{בCט   {u׉׉	 7cassandra://scwDfUqdy7IJ6tqzs_Uf4xk2yI104Gwd8sabg45b2gc h` ׉	 7cassandra://YnQeEL7b5p-btBT_B0Z1DfmWyB0BBfOKC7LCKHX-ZScf`S׉	 7cassandra://I-8EJYk0hrJzzRQzinijomFV2SpSDsjooh4XVYLC3FMi`̵ ׉	 7cassandra://zX1lWSsHiejlMeuLZBPF3JA-FS866qV8IhVovB2q7Z0o͠U޶[7vט  {u׉׉	 7cassandra://rzH9SO5mIUYt9yan6iHSJU4pkAt5i-J5I93FK-8gvxw 0`׉	 7cassandra://iJrXkZ4pX9BNo7Xz3w4OKmU4d1Zq0HSVCgVZOIoYrM4\`S׉	 7cassandra://CIzsFg0cTAGfZgS_jnVcHk8c8bZ7CmVRyxTx_TfBjy8`̵ ׉	 7cassandra://kNAk_Ds5wTCrV00MOGPbzHIVjK6NKsd3DEl2-jt-VZc|̎͠U޶\7wנU޶\7} K
9ׁHhttp://europa.eu/rapid/pressׁׁЈ׉EINTERVIEW DE JEAN-CLAUDE DAOUST
pense qu’il réagirait très négativement et tenterait de faire
entendre raison au client.
Par ailleurs, lors d’entretiens d’embauche, les valeurs de
Daoust sont souvent citées comme un atout. Récemment,
nous avons rencontré plusieurs personnes qui travaillaient
dans d’autres sociétés d’interim, plus centrées sur le commercial,
et qui souhaitaient venir travailler chez nous pour
nos valeurs, quitte à gagner moins. »
Envisagez-vous d’autres actions à l’avenir ?
« Nous allons continuer à renforcer nos différentes actions. Il
ne faut pas se reposer sur ses lauriers. On peut toujours faire
mieux et il faut rester vigilant. Par nature, l’homme préfère ce
qui lui ressemble, ce qu’il connaît. Nous allons donc également
poursuivre notre travail de sensibilisation vis-à-vis des clients. »
Quel regard portent vos clients/fournisseurs
sur la diversité de votre entreprise ?
« Nos clients sont des entreprises ou des familles à la recherche
de personnes pour combler des besoins bien précis. Le marché
du travail est ainsi fait qu’à Bruxelles et en Wallonie le taux de
chômage est très important. Mais à côté de cela, il y a aussi
toute une série de métiers en pénurie pour lesquels il est difficile
de trouver de bons candidats. En ne discriminant à aucun
stade du processus de recrutement, on ouvre un champ de
possibilités bien plus large et on a donc plus de chance de
trouver la personne qui correspond parfaitement à l’attente
du client. Tant que les résultats sont positifs, ils ne peuvent que
s’en estimer heureux. Nous n’avons jamais mené d’enquête
sur ce sujet de façon directe, mais nous avons des clients qui
ont eux-mêmes une charte de diversité et qui nous demandent
d’y adhérer. Cela prouve que l’égalité des chances pour tous
est aussi au cœur de leurs préoccupations. Cela consolide encore
nos relations avec ces sociétés clientes. Nos fournisseurs
de leur côté ne font pas de commentaires.»
Avez-vous obtenu des prix pour vos actions ?
« En 2008, nous avons reçu le label ‘Cluster Diversiteit Plan’,
pour chacune de nos 13 agences en Flandre. Ce label certifie
que notre recrutement interne est non discriminatoire, ainsi
que nos relations avec nos intérimaires, et que nous gérons
aussi les relations entre les intérimaires de façon égale.
En 2013, nous avons reçu, pour la Région de Bruxelles, le
‘Label pour la Diversité’. En Wallonie, il n’existe actuellement
aucun système de labélisation, probablement parce que la
problématique est moins présente qu’à Bruxelles ou dans
les grandes villes flamandes. Nous avons aussi été nominés
trois années de suite pour le HR Excellence Award pour notre
programme de diversité. »
Pensez-vous que les pouvoirs publics ont un rôle à jouer
pour éviter la discrimination ?
« Sans aucun doute. Une première chose est de dispenser
un enseignement de qualité à tous. Je suis toujours effaré
par les scores des études PISA. Il n’est pas normal que des
jeunes ayant fréquenté l’école jusqu’à 18 ans ne sachent ni
lire ni écrire correctement. L’accompagnement en milieu scolaire
n’est clairement pas le même pour tous. Or, tout l’avenir
professionnel passe par là.
Par ailleurs, les pouvoirs publics devraient aussi donner
l’exemple en engageant eux-mêmes des personnes de toute
origine, religion ou couleur. Or, c’est précisément dans les
institutions publiques qu’on en trouve le moins. Si la société
belge souhaite intégrer les personnes d’autres origines, cela
ne doit pas être réservé aux entreprises. L’exemple doit venir
d’en haut. »
Comment voyez-vous l’avenir de la diversité
en Belgique ?
« L’évolution de ces dernières années me permet d’oser être
positif. Je trouve que, de manière générale, la discrimination
raciale a nettement diminué. Mais mener une politique antidiscriminatoire
ne se limite pas aux personnes étrangères. Il
faut aussi veiller à l’équilibre des âges, donner plus de place
aux femmes dans les comités de direction ou les fonctions à
hautes responsabilités, aménager ses bâtiments pour les personnes
à mobilité réduite… il y a encore beaucoup de choses
à mettre en œuvre pour arriver à une égalité des chances
totale. »
Le projet BOOST
En dehors de ses activités chez Daoust, Jean-Claude Daoust travaille aussi, en collaboration avec la Fondation Roi Baudouin, à un
projet appelé « BOOST ». Ce projet vise des jeunes ayant du talent et qui risquent de sous-utiliser leur potentiel si aucune aide ne
leur est apportée.
L’objectif de BOOST est de renforcer les compétences de ces jeunes talents afin qu’ils progressent de manière significative dans
leur développement scolaire et personnel. L’ambition de BOOST est que ces jeunes, en fonction de leurs talents et de leurs intérêts,
accèdent à des études supérieures ou qualifiantes et les réussissent. BOOST a pour ambition de soutenir dans la Région de
Bruxelles-Capitale des jeunes filles ou garçons issus de familles défavorisées.
Le soutien apporté à chaque jeune s’étale sur 4 ans et comporte :
• la participation à des séminaires et à des activités de développement personnel autour de différents thèmes : l’orientation
scolaire, l’expression orale et écrite, les métiers et professions, les études supérieures, les codes sociaux ;
• un ordinateur portable ;
• une bourse de 500 euros/an ;
• un soutien scolaire personnalisé, en cas de besoin.
30
׉	 7cassandra://I-8EJYk0hrJzzRQzinijomFV2SpSDsjooh4XVYLC3FMi`̵ U޶\7x׉Elivre blanc diversité
4.4. Discrimination et handicap
Le terme « handicap » fait référence à bien des réalités et très
différentes puisque diverses causes peuvent être à l’origine
d’une diminution des capacités d’un individu : handicap physique,
psychique, sensoriel, maladies chroniques, déficience
mentale, séquelles physiques ou mentaux liés à un accident,
etc...
Le centre pour l’égalité des chances insiste pour une prise en
compte du handicap dans ses dimensions plus globales et sociales.
Est ainsi considéré comme un handicap, tout élément
empêchant un individu de participer pleinement à la vie en
société.
La discrimination sur base du handicap est connue. Les personnes
porteuses d’un handicap et le mentionnant dans leur
curriculum vitae ont 4 points de pourcentage de probabilité
en plus de subir un désavantage discriminatoire par rapport à
une personne sans handicap.41
Par ailleurs, 70 % des responsables RH disent que l’état de
santé du candidat a un impact dans le processus de recrutement.42
Le
screening de l’enquête de BECI a montré que près de
29 % des entreprises ont du personnel présentant un handicap
et 71 % d’entre elles n’en ont aucun.
Nous avons également demandé aux entreprises si elles
disposaient des ressources nécessaires pour adapter les infrastructures
à l’accueil de personnes handicapées : 45 % des
entreprises ont répondu par l’affirmative, 40 % ont répondu
par la négative et 15 % ne sont pas positionnés.
4.4.1. Le handicap sur le marché de l’emploi
Eurostat, Office statistique de l’Union Européenne, a récemment
pris le pouls dans l’Union Européenne concernant le
taux d’emploi des personnes avec un handicap.
En 2011, dans l’UE 28, tandis que le taux d’emploi des personnes
sans handicap (de 15 à 64 ans) était de 66,9 %, celui
des personnes avec un handicap était de 47,3 %.
La Belgique est en dessous de la moyenne européenne. Le
taux d’emploi des personnes sans handicap est de 66,4 %
chez nous, celui des personnes avec un handicap est de
40,7 %.
La Suède (66,2 %) et le Luxembourg (62,5 %) sont les pays
ayant le mieux réussi leur politique d’emploi à l’égard des
personnes porteuses d’un handicap.
La Hongrie (23,7 %) et l’Irlande (29,8 %) sont parmi les plus
mauvais élèves d’Europe.
En termes d’accès à l’éducation et à la formation tout au
long de la vie, les chiffres sont également mauvais. Le taux
de participation à ces cycles est de 6,9 % pour les personnes
handicapées contre 9,8 % pour les personnes sans handicap.
D’autres chiffres sont également intéressants à mettre en
perspective :
• 1 famille sur 4 est touchée par le handicap en Europe.
• Dans 80 % des cas, le handicap survient dans le courant
de la vie.
• 15 % : le nombre des personnes en situation de handicap
et en âge de travailler en Belgique.
• 41 % : le nombre de personnes handicapées belges inactives
qui s’estiment aptes à travailler.
• 91% : le taux d’entreprises belges satisfaites de leurs collaborateurs
handicapés.
Graphique 13 : Accès à l’emploi, la formation continue et l’inclusion sociale dans l’UE28, par état de handicap (%)45
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
Taux d’emploi
(15-64 ans)
Personnes handicapées
Personnes non-handicapées
Taux de participation
à la formation tout au long
de la vie (25-64 ans)
Taux de risque de pauvreté
ou d’exclusion sociale
(16 ans et plus)
41. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2012. Baromètre de la Diversité : Emploi. Bruxelles. p. 91 • 42. Ibidem. • 43. Commission Européenne - Eurostat : Communiqué de presse 2/12/2014
(184/2014) : Situation des personnes handicapées dans l’UE : Moins d’1 adulte handicapé sur 2 avait un emploi dans l’UE28 en 2011. Voir : http://europa.eu/rapid/press-release_STAT-14-2283_fr.htm • 44. Beci. Juin 2015..
La compétence au-delà du handicap. Bruxelles Metropole.n°5. p.44 • 45. Ibidem.
31
׉	 7cassandra://CIzsFg0cTAGfZgS_jnVcHk8c8bZ7CmVRyxTx_TfBjy8`̵ U޶\7yU޶\7x{בCט   {u׉׉	 7cassandra://354Pw1n3WWgNwcUm9TY9j9dM650vFRM_gY99F-oU2Do `׉	 7cassandra://TleVbe4gKbqVSkNc_cgzUpEtME3rvdbdER5nNSvjnq8e`S׉	 7cassandra://bGYdtpJ_Qa16NwKHUvd-RWN_DJf2ziTNTzHAiHbyHB4&`̵ ׉	 7cassandra://Kkqj9iYIZDkz97VKGwAVRVuLkU9yXrFvo8A3S_W8HBg͚͠U޶\7|ט  {u׉׉	 7cassandra://pot6sfLj3-CT5kyHbJ2UUWeesIXGbXmK76Rxa2WNjaQ w` ׉	 7cassandra://nM7phEwLLp4YidAY-znfHYKRUrbgdT47_kIRjY2wS6ke`S׉	 7cassandra://8MVpd538eem4xtJfL-M3lYadMDugTyZi-4Qoinb1pXA`̵ ׉	 7cassandra://vTPmLJL86hxWcPE33ht7ZUEsxu-VBMWtRTv3v-am5k4qI͠U޶\7~׉EDe plus, la Belgique a signé la Convention relative aux droits
des personnes handicapées le 30 mars 2007 avec une entrée
en vigueur au niveau national le 1er août 2009.
Les Nations Unies ont remis leur rapport d’observation à la
Belgique en Octobre 2014. Plusieurs manquements sont soulignés
qui rejoignent les observations d’Eurostat.
Les Nations Unies regrettent que la représentation des personnes
avec un handicap soit avancée comme des personnes
avec une déficience et non comme des citoyens qui participent
pleinement à la société.
Le rapport regrette également que la focalisation en termes
d’accessibilité soit faite sur les personnes avec un handicap
physique et que ne soit pas pris suffisamment en compte
l’accessibilité en termes auditifs, visuels, intellectuels et psychociaux.
L’accès
à l’emploi a, sans surprise, été jugé comme insuffisant,
ainsi que l’absence d’enseignement inclusif.
La représentation médiatique a également été jugée comme
problématique par les Nations Unies.
Globalement, la Belgique a donc encore beaucoup d’efforts
à faire en termes de représentations et d’actions concernant
le handicap.
4.4.2. Les mesures publiques
A. LA LEGISLATION
La loi nationale anti-discrimination de 2007 sur base du handicap
n’a pas limité la notion d’handicap. Elle ne l’a pas enfermée
dans un statut ou une reconnaissance officielle. Elle
n’est pas uniquement liée aux personnes en relation avec les
institutions publiques pour personnes souffrant d’un handicap.
Par contre, la Cour de Justice des Communautés Européennes,
dans son arrêt Chacon Navas46
jurisprudence.
de 2006, a fait
Elle a considéré que la notion de « handicap », au sens de
la directive européenne, doit être entendue comme « une
limitation, résultant notamment d’atteintes physiques, mentales
ou psychiques et entravant la participation de la personne
concernée à la vie professionnelle ». La Cour insiste sur le fait
que « pour qu’une limitation relève de la notion de ‘handicap’,
il doit être probable qu’elle soit de longue durée ».47
La longue durée établie pour le handicap va ainsi, de facto,
se différencier de « l’état de santé » défaillant qui est lui de
courte ou moyenne durée.
En matière de handicap, l’absence « d’aménagements raisonnables
» peut constituer une discrimination sur le plan
légal. Cela peut représenter un coût pour l’employeur, même
si des interventions financières sont prévues par la Cocof (en
termes d’accompagnement ou de développement
d’infrastructures).
En 2004, un Plan Diversité a été lancé dans tous
les services publics fédéraux et les organismes
d’intérêt public. Il vise une participation accrue
dans la fonction publique fédérale des personnes
d’origine étrangère, des femmes et des
personnes handicapées.
Le Service Public Personnel et Organisation (P&O)
est chargé du suivi de ce plan. Il a créé une Cellule
Diversité qui propose et développe des initiatives
afin de promouvoir l’emploi des personnes
handicapées et la mise en place d’aménagements
raisonnables. Un réseau de responsables
s’est créé dans tous les services publics fédéraux.
L’Arrêté Royal du 5 mars 2007 organise le recrutement
des personnes handicapées dans la
fonction publique administrative
fédérale.
Celles-ci sont
soumises
Il
instaure une liste spécifique (mais non obligatoire)
composée de personnes handicapées.
aux
mêmes
épreuves de sélection que
les personnes sans handicap. Elles
peuvent néanmoins bénéficier
d’adaptations raisonnables en
fonction de leur handicap, et ceci
pour leur permettre de passer les
épreuves sur un pied d’égalité
avec les autres candidats.
L’Arrêté Royal prévoit que les
services publics fédéraux devront
mettre au travail des personnes
handicapées à concurrence de
3% de leur effectif à partir de
2010. Une commission est chargée
de veiller au respect de cette
nouvelle législation.
32
׉	 7cassandra://bGYdtpJ_Qa16NwKHUvd-RWN_DJf2ziTNTzHAiHbyHB4&`̵ U޶\7׉EcDISCRIMINATION ET HANDICAP
BECI | livre blanc diversité
B. Les mesures incitatives
Les personnes porteuses d’un handicap sont en général
considérées comme moins productives, moins autonomes et
moins efficaces que les personnes valides. Tout cela représente
un certain désavantage aux yeux des employeurs. Ces
préjugés peuvent avoir des répercussions sur la sélection des
travailleurs, que ce soit lors de leur invitation (ou non) aux
entretiens d’embauche ou lorsque l’employeur procède au
choix final.
Afin de pallier aux difficultés des Ressources Humaines, les
pouvoirs publics ont prévu différentes mesures notamment :
• Au niveau fédéral, une intervention financière dans le
salaire et les charges sociales de personnes handicapées
est prévue dans la convention collective de travail n°26
concernant le niveau de rémunération des personnes
handicapées occupées dans un emploi normal. Cette
convention dispose qu’un employeur peut obtenir une
subvention salariale allant jusqu’à 50% maximum de la
rémunération conventionnelle minimale fixée par la commission
paritaire ou, à défaut, par l’usage pour compenser
la différence de rendement d’un travailleur handicapé.
Le paiement de cette intervention est effectué par les
institutions régionales et communautaires d’intégration.
• Au niveau de la région Bruxelles-Capitale, une intervention
financière de la Cocof peut être perçue par l’employeur en
ce qui concerne l’adaptation du poste de travail. L’intervention
est accordée à l’employeur et couvre les frais réellement
exposés pour l’adaptation du poste de travail en
fonction du handicap. Si l’adaptation consiste en l’achat
d’un matériel spécialisé, l’intervention ne couvre que la
différence entre le coût de ce type de matériel et celui du
matériel standard.
• Toujours au niveau de la région
Bruxelles-Capitale,
l’employeur peut percevoir une « prime d’insertion ».
Celle-ci est accordée à l’employeur en vue de compenser
la moindre productivité présentée par certains travailleurs
du fait de leur handicap. Cette prime consiste en un remboursement
d’une partie, ne pouvant excéder 65%, de la
rémunération à charge de l’entreprise. Elle est fixée pour
un an et peut être prolongée en fonction de la persistance
de la perte de rendement.48
46. Affaire C-13/05 ChacónNavas, Cour de Justice des Communautés européennes • 47. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme. 2009. Discriminations des personnes avec un handicap. Bruxelles. p.4
• 48. SPF Emploi, Travail et Concertation Sociale. 2005. Clés pour les aménagements raisonnables au profit des personnes handicapées au travail. s.L.
4.4.3. Interview Exki : Mme Andrea Leponce
Quelle est votre fonction au sein de votre entreprise ?
« Talent Manager, responsable de la politique de développement
et formation des personnes. »
Si vous deviez raconter l’histoire de votre entreprise sur la
diversité, que diriez-vous ?
« Au lancement d’Exki en 2001, il n’était pas question de
diversité. Le concept n’existait pas à cette époque. La seule
idée que nous avions en tête était de recruter du personnel
varié.
En 2004, Nous avons reçu le CV d’une personne sourde…
C’était une première… nous n’étions pas vraiment préparés.
Mais comme nous cherchions à engager quelqu’un en
production, nous avons voulu tenter l’expérience. De fil en
aiguille, la diversité s’est installée naturellement et perdure
car elle s’inscrit dans quelque chose de plus vaste à savoir le
développement durable. Si je respecte l’environnement et je
suis sensible aux enjeux du commerce équitable, je respecte
aussi les personnes. La diversité a alors tout son sens et est
vécue comme un enrichissement humain. »
Quelles actions en diversité avez-vous menées ?
Vers quels publics ? (femmes, handicap, origine
étrangère, âge,…)
« Etrangement, nous menons peu d’actions. Les cadres
montrent l’exemple en recrutant des personnes variées. Tant
que la diversité est présente, il n’y a rien à pousser. Nous
ne voulons pas de quotas. D’autre formes de diversités sont
possibles ; nous apprenons à nos managers, qu’une équipe
gagnante est une équipe constituée de forces différentes (les
analytiques, les empathiques, les gens centrés sur l’action, les
bons commerçants…). »
33
Avez-vous constaté des effets positifs ?
« • Les personnes sourdes ont certains sens beaucoup plus
développés que les entendants. En général, les sourds détecteront
plus vite un vol dans un restaurant.
• La plupart des sourds savent lire sur les lèvres mais il faut
veiller à bien se placer et ne pas tourner le dos. Se faire
comprendre et adapter son rythme à l’autre apporte une
valeur ajoutée de solidarité dans une équipe. »
Rencontrez-vous des obstacles, des difficultés ? Si oui,
lesquels ?
« Pas vraiment. Je n’en connais pas. »
Comment votre personnel, en général, s’approprie-t-il
vos actions en diversité (tant le personnel en général
que ceux qui bénéficient de vos actions) ?
« Comme il n’y a pas d’action, je ne peux vraiment répondre à
cette question. Je peux simplement vous dire que les équipes
vivent cela très positivement et naturellement. »
Envisagez-vous d’autres actions à l’avenir ?
« Nous sommes en réflexion au sujet de : quelles adaptations
faudra-t-il prévoir pour le personnel vieillissant ? »
Quel regard porte vos clients/fournisseurs sur la diversité
de votre entreprise ?
« Ils sont comme nous, je pense qu’ils doivent se dire : cela
fait partie du style d’Exki. »
Avez-vous obtenu des certifications, labels, Awards ou
autres pour vos actions ?
« En 2007 : Charte de la diversité signée – Région Bruxelles
Capitale ; En 2008 : Prix Cap48 de l’Entreprise citoyenne dans
la catégorie Emploi PME ; En 2010 : Prix de l’Entreprise de
l’année. »
׉	 7cassandra://8MVpd538eem4xtJfL-M3lYadMDugTyZi-4Qoinb1pXA`̵ U޶\7U޶\7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Z2pkEHYkhZhEIKZ2MbsWq2MWAB9EUlNefhv4UP59-4A g`׉	 7cassandra://Jb60gM-PMpdUcj6V5e1JfQ3eq7IEfCI4wHSLWiG9rCk͉`S׉	 7cassandra://86iCo045ZO74izcwmIsaeMmrHd0SjTeh3q39PhUFVdk)`̵ ׉	 7cassandra://3umrO_zl7sMgW7IdFu9dyLQhgsKbrl2zbnmjD-_uBmk;J͠U޶]7ט  {u׉׉	 7cassandra://2OwtCi0uHJ2UW7aazrFUEQ0bZsIpvl-SQMZKIKPaFds 4` ׉	 7cassandra://ubSg3rtN6Kg5R8pxi7PlFOogvO7z4uijuYSi7jYMZFc_}`S׉	 7cassandra://YH3bE7D23sE5DtkNw6v2m-Hsa2J3pGo_4hGI6yl6qw0+`̵ ׉	 7cassandra://Llh0-k3XUXRRXIpTGHwd4NNEjvXvQef1rct6KIf-tAIbD8͠U޶^7נU޶_7 
9ׁH 4http://www.enseignons.be/actualites/2013/08/07/echecׁׁЈנU޶_7 U4
9ׁHhttp://Enseignons.beׁׁЈ׉EV. L’ enseignement : socle de l’inégalité
Les différentes étapes relevées précédemment ont pu donner un
aperçu de la discrimination sur le marché de l’emploi.
Mais afin de dresser une cartographie plus complète, il y a lieu de
relever, en amont, les mécanismes de discrimination produit par les
institutions publiques.
Notre enseignement, notamment, est inéquitable et produit
chaque jour, massivement, de l’inégalité de par sa construction institutionnelle.
Il
connaît depuis des décennies trois problèmes structurels majeurs :
• Un taux d’échec annuel (donc de redoublement) important. En
2011, il était de 18 % à Bruxelles1
.
• Un taux élevé de sortie des jeunes de l’enseignement secondaire
sans diplôme.
Aujourd’hui, un quart (25 %) des demandeurs d’emploi ne
disposent que du diplôme de secondaire inférieur et 20 % ont
comme plus haut diplôme celui du secondaire supérieur. Ce qui
veut dire que près de la moitié des demandeurs d’emplois en RBC
(46 %) ne disposent pas d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
Si
on prend les chiffres au niveau des jeunes, on voit que l’hémorragie
ne s’arrête pas : aujourd’hui, près de 49,6 % des jeunes
demandeurs d’emploi inoccupés (moins de 25 ans) ne disposent
que du diplôme de secondaire inférieur ; c’est également le cas
pour 26,7 % des 25-29 ans.
À cela, s’ajoute le phénomène des jeunes ayant fait des études
faiblement qualifiées à l’étranger, non reconnues en Belgique
(7,3 % chez les moins de 25 ans et 12,1 % chez les 25-29 ans).2
• Par ailleurs, comme le soulignent les chiffres de l’OCDE, même
quand la réussite est présente, les élèves de l’enseignement francophone
présentent des performances globalement en-dessous
de la moyenne des 64 pays de l’OCDE. La dernière
étude PISA de 2012 confirme ces tendances. Ce qui n’est pas le
cas de la Flandre, qui se situe en meilleure position, au-dessus de
la moyenne des pays de l’OCDE.
L’enseignement francophone est donc une usine à production
d’inégalités. Il ne joue pas son rôle d’ascenseur social et ne le fera
pas tant que les pouvoirs publics ne prennent pas des dispositions
structurelles pour transformer profondément l’enseignement et
faire de celui-ci un moteur d’ascension sociale.
Par ailleurs, Bruxelles est caractérisée par sa dualisation spatiale
entre quartiers défavorisés et quartiers favorisés. Cette ségrégation
socio-spatiale est reproduite par l’enseignement qui se divise globalement
entre écoles populaires et écoles élitistes. Le décret inscriptions
a voulu « limiter » cette réalité mais il passe, pour une part, à
côté de sa fonction puisqu’il privilégie la proximité géographique.
Un enseignement déficitaire n’est pas seulement catastrophique
pour les jeunes sur le plan individuel, il l’est aussi pour l’ensemble
de la société qui ne bénéficie pas de l’ensemble des talents en présence,
qui pourraient porter Bruxelles vers l’excellence dans tous les
domaines (scientifique, économique, politique…).
L’inégalité sur le marché de l’emploi est donc d’abord le produit
d’une construction sociale structurelle, qui se reproduit de manière
permanente.
Ce constat est également souligné par les entreprises. Près de
50 % des entreprises ont affirmé percevoir certaines lacunes dans
la qualification des jeunes diplômés.
Les entreprises insistent également sur le manque de connaissance
du néerlandais, outil indispensable sur le marché de l’emploi
bruxellois.
Néanmoins, la thèse du déficit de qualifications ne peut expliquer
entièrement la discrimination puisqu’elle touche autant les personnes
diplômées qu’infra-qualifiées.
Le tableau ci-contre (graphique 15) indique: « Les chômeurs peu
qualifiés d’origine étrangère sont moins souvent chômeurs
de longue durée. Les différences sont les plus importantes pour
les chômeurs de longue durée peu qualifiés ayant pour origine
un autre pays d’Europe (15 points de pourcentage), d’Afrique
hors Maghreb (16 points de pourcentage), d’Amérique Centrale
ou du Sud (15,1 points de pourcentage) et d’Asie (15,1 points de
pourcentage). Pour les chômeurs hautement qualifiés, c’est le
contraire. On constate une proportion plus élevée de chômeurs
de longue durée originaires de l’UE-12 (7,6 points de pourcentage),
du Maghreb (5,9 points de pourcentage), d’Afrique hors Maghreb
(8,4 points de pourcentage), d’Amérique Centrale ou du Sud (4,8
points de pourcentage) et d’Asie (2,9 points de pourcentage). »3
Pourtant, il est possible d’améliorer notre enseignement facilement
sans devoir passer des moyens budgétaires déraisonnables.
Le bureau McKinsey s’est spécialisé dans les recherches sur l’enseignement
et a pu ainsi établir les clés du succès des systèmes
Graphique 14 : De manière générale, percevez-vous certaines
lacunes dans la qualification des jeunes diplômés ?
0%
Vrai, précisez
Faux
Je ne sais pas
10%
20%
30%
40%
50%
34
׉	 7cassandra://86iCo045ZO74izcwmIsaeMmrHd0SjTeh3q39PhUFVdk)`̵ U޶^7׉EmBECI | livre blanc diversité
scolaires les plus performants.5
Ces systèmes, les plus performants au monde, se regroupent autour
de 4 axes :
> INCITER DES PERSONNES DE QUALITÉ À DEVENIR ET À RESTER
ENSEIGNANTS
Les recherches réalisées par le bureau McKinsey ont démontré que
la qualité des enseignants est un facteur clé de réussite ; ceci explique,
bien plus que la taille des classes, les différences de niveau
entre élèves.
Les qualités essentielles sont : la maîtrise des compétences dans les
matières enseignées, la motivation à enseigner, les compétences
de communication et d’intelligence émotionnelle, l’aptitude à la
résolution de problèmes, la capacité et la volonté de se remettre
en question tout au long de la carrière, l’ouverture au travail en
équipe… Enseigner est donc un métier important et exigeant. La
valorisation doit pouvoir suivre ces exigences.
Les systèmes les plus performants recrutent les futurs enseignants
parmi les meilleurs élèves de l’enseignement et proposent des salaires
adaptés, en adéquation avec ceux des autres diplômés.
> AMÉLIORER DE MANIÈRE CONTINUE LES PRATIQUES
PÉDAGOGIQUES DANS LES SALLES DE CLASSES
Un enseignement de qualité est la somme des pratiques de chaque
enseignant. Pour doter l’ensemble des enseignants des outils de
performance individuelle, les établissements ont développé les démarches
suivantes :
• Le renforcement des compétences pratiques lors de la formation
des enseignants ;
• Le développement systématique du tutorat pour les nouveaux
enseignants dans chaque établissement ;
• Le développement d’une culture structurelle de travail en équipe
au sein de chaque établissement. Préparations collectives, réflexions
communes, mentorat… sont des facteurs de réussite ;
• Le partage des bonnes pratiques entre enseignants, écoles et
groupes d’écoles ;
• Le financement de la recherche sur l’innovation pédagogique.
> METTRE EN PLACE DES ÉQUIPES DE DIRECTION DE QUALITÉ
Les directions exercent un rôle central dans les facteurs de réussite
des élèves. Des directions de qualité peuvent contribuer à améliorer
de 10 à 20 % les résultats des élèves.6
La sélection et la formation des directions d’écoles est rigoureuse
dans les meilleurs systèmes scolaires du monde.
Trois missions claires sont assignées à ces directions performantes :
• Veiller à l’amélioration des pratiques pédagogiques des
enseignants ;
• Instaurer une collaboration continue entre collègues, entre les parents
et les acteurs pédagogiques… ;
• Veiller à un environnement de travail de qualité pour les enseignants
et les élèves.
> VISER LA RÉUSSITE DE CHAQUE ÉLÈVE POUR AUGMENTER LA
RÉUSSITE GLOBALE DU SYSTÈME
L’accès, pour chaque enfant, à un enseignement de qualité. Les
systèmes les plus efficaces, après avoir fixé des objectifs de performance,
interviennent à deux niveaux pour le succès de chaque
élève : au niveau des écoles et au niveau des élèves.
• Au niveau des écoles, plusieurs moyens sont développés : des
rapports de performance sont établis pour renforcer la sensibilisation
des responsables (directions et pouvoirs organisateurs) ; un
financement différencié pour les écoles qui accueillent des élèves
issus de milieux défavorisés ; le remplacement ou renforcement
d’équipes de direction défaillantes.
• Au niveau des élèves : des interventions individuelles rapides par
des enseignants spécialisés.
L’ensemble de ces programmes présente des résultats positifs et
placent les pays qui les ont développé parmi les plus performants.
Les études indiquent qu’une amélioration significative peut être obtenue
en seulement 6 ans en suivant ces programmes, quel que
soit le point de départ d’un système scolaire.
Graphique 15 : Ecart de chômage de longue durée (plus d’un an) chez les chômeurs du 4e trimestre 2008 par rapport aux Belges
d’origine, par origine et niveau d’éducation (en points de pourcentage)4
10
-10
-5
0
5
-15
-20
UE-14
n Primaire
n Secondaire
n Supérieur
-1,2
1,6
1,9
UE-12
-5,9
2,0
7,6
Candidat
UE
-4,2
-1,5
1,5
Autre
Européen
-15,0
-1,8
2,6
Maghrébin
-1,5
2,9
5,9
Autre
Africain
-21
-2,1
8,4
1. Enseignons.be asbl. 2013. Le Taux d’échec varie selon le basin scolaire. Site web sur internet. Voir: <http://www.enseignons.be/actualites/2013/08/07/echec-scolaire-bassin • 2.
Sud/Centre
Américain
-15,1
-2,2
4,8
Asiatique
-15,1
-1,2
2,9
Source: Datawarehouse marché du travail et protection sociale, BCSS. Calculs et traitement: SPF ETCS
Observatoire Bruxellois de l’emploi.2013.
Jeunes dans la précarité. La position des jeunes adultes vis-à-vis du marché de l’emploi en RBC. Bruxelles. p.11. • 3. Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte
contre le Racisme. 2013. Monitoring socio-économique. Bruxelles. p. 200 • 4. Ibidem. • 5. McKinsey&Company. 2007. « Les clés du succès des systèmes scolaires les plus performants ». Bruxelles • 6. Waters, Tim, “School
leadership that works”, 2003 ; Robinson, Viviane, “School leadership and student outcome”,2007
35
׉	 7cassandra://YH3bE7D23sE5DtkNw6v2m-Hsa2J3pGo_4hGI6yl6qw0+`̵ U޶^7U޶^7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://obAA7KLb37VkPR81Z8csAg5kN3tgrPz382FfevkjCxA `׉	 7cassandra://EMvAMDFeQ-SlT5ZAez4LgJCFbDAQQt5YaRCqcslIfroY`S׉	 7cassandra://QVB4IdCyyJ4R5RnkXjYQr2khRUDmC13a1QSdHmdjxN0`̵ ׉	 7cassandra://2lA5hXMhS_dSzOLc56OLAAQj4bSJBIS32G36WHdZvek͘>͠U޶_7ט  {u׉׉	 7cassandra://oxE1ke21qhMGy9fGgANXfGbhnBSXwYPLfF1BpEiyeCs `׉	 7cassandra://5MwCTwL-359kZGWRlCckZ6hh9T8TPxpysSACtKnnrNEU`S׉	 7cassandra://MGpkP3A5tQExSpRxNP1LyTgK0FRatyrJFniH3PbrybI`̵ ׉	 7cassandra://ujO8l1oZ71oc4R7hdoOMheY5A-zrk5N0qDikZDXC-oc|͠U޶_7׉E
VI. Les entreprises :
entre questionnements et ajustements
La diversité dessine une trame inscrite dans un tissu plus
large : celui des ressources humaines, dont le cadre est notamment
déterminé par des mesures politiques.
À cet égard, les charges patronales sur le travail, en Belgique,
ne favorisent pas la création d’un tissu qui soit souple et large
en termes de diversité.
Cette situation défavorable construit, en matière de recrutement,
des comportements spécifiques : par exemple, des
employeurs qui, en raison des coûts, préfèrent recruter des
profils multitâches plutôt que plusieurs profils.
La décision du nouveau gouvernement de ramener ces
charges à 25 % constitue un bon pas en avant pour le déploiement
des ressources humaines.
C’est sur cette base que les entreprises invitent la diversité à
travers leur personnel et, de plus, s’y engagent à différents
degrés.
L’inscription de cette diversité au sein des entreprises se fait
de quatre manières différentes selon le profil des entreprises.
La première forme perçue par les chercheurs en matière
de diversité est une négation de la discrimination1
, perçue
comme inexistante dans la pratique ou ne concernant pas les
entreprises. C’est une position qui n’est pas souvent perçue
par les recruteurs et qui n’ouvre pas vers des perspectives de
diversité.
La deuxième forme rencontrée dans les entreprises est une
inscription naturelle de la diversité au sein des équipes. Ce
profil d’entreprises ne fait pas nécessairement appel aux outils
de la diversité (plan, charte…) ou à des actions spécifiques
(formations, management de la diversité, consultant en diversité…).
Une
troisième forme de diversité se rencontre de manière plus
« inopinée » : l’entreprise, dans sa gestion des ressources humaines,
se trouve confrontée à des demandes particulières,
des comportements sociaux spécifiques… et s’interroge fortement
sur la légitimité de ces demandes.
Dans ce cadre, les entreprises sont plutôt dans des attitudes
réactives. Les actions des entreprises vont plutôt viser à « rencontrer
des problèmes concrets qui se posent dans l’organisation,
à réduire les dysfonctionnements liés à une main d’œuvre
de plus en plus hétérogène, à supprimer les tensions ressenties
par cette hétérogénéité. »2
Dans ces actions réactives, les entreprises peuvent se retrouver
démunies face à des questions concrètes ; elles cherchent
le pouls entre liberté individuelle et la bonne continuité des
services, tant en interne qu’à l’égard des clients et services
extérieurs.
En matière de handicap, la notion « d’aménagement raisonnable
» a été inscrite dans les textes juridiques et apporte un
certain confort sur le plan légal.
36
׉	 7cassandra://QVB4IdCyyJ4R5RnkXjYQr2khRUDmC13a1QSdHmdjxN0`̵ U޶_7׉E5BECI | livre blanc diversité
Sur le plan culturel ou cultuel, où on parle plutôt « d’accommodements
raisonnables » ; leur inscription au sein des
entreprises relève souvent d’une gestion informelle.3
Mais en cas de difficultés, qui peuvent parfois être résolues
simplement avec un médiateur culturel, l’orientation parfois
prise est de faire appel à l’arsenal juridique dont il semble
communément admis qu’il ne peut résoudre, à lui seul, les
questions de la diversité même si son cadre est nécessaire.
Par ailleurs, une autre difficulté pour les entreprises est la
« diversité dans la diversité », à savoir la multiplicité de cette
diversité au sein d’une même culture ou d’un même culte ou
en matière de genre, de handicap et d’âge…
Avoir des collaborateurs d’origine étrangère implique une
gestion de la diversité très différente selon les personnes
qui sont parfois croyantes – mais pas nécessairement – ou
croyantes mais laïques.
Et lorsque les collaborateurs affichent leur croyance spirituelle,
il y a une pluralité dans la manière de la vivre au quotidien
selon la branche du culte (exemple de l’islam : sunnisme,
chiisme, soufisme…) ou le parcours pédagogique spirituel.
Les entreprises se trouvent donc face à des demandes ou des
comportements très différents au nom d’une même foi, sans
pouvoir trancher sur leur légitimité, à la fois sur le plan religieux
ou juridique.
Des questions sociales larges s’invitent donc dans les entreprises
avec toutes les difficultés et les ajustements que cela
peut représenter.
Ces questions interrogent à la fois les recruteurs et les travailleurs
sur la question de la norme.
Cette interrogation est en soi positive en matière de diversité.
« La diversité n’existe que par rapport à une norme consciente
ou inconsciente. Il s’agit donc d’identifier la norme, de la questionner
et de la transformer. »4
Dans un quatrième cas de figure, il arrive heureusement que
la diversité s’invite aussi de manière très positive. Certaines
entreprises s’inscrivent alors dans une vraie dynamique et
mettent en place des stratégies d’action positives. Ces actions
visent « à mobiliser l’organisation autour d’objectifs
sociaux (responsabilité sociale et lutte contre les discriminations),
mais aussi à créer de la valeur ajouté interne et externe
autour de cette diversité : mieux rencontrer les besoins
des usagers et de la clientèle, faire face à une pénurie de
main d’œuvre, introduire plus de mixité et de diversité dans
certains métiers et dans certains fonctions, susciter plus de
créativité et d’innovation, par exemple ».5
Les entreprises dotées de ces profils sont non seulement
convaincues par la diversité mais la considèrent comme une
plus-value forte.
Elles vont aussi se faire accompagner pour la diversité et vont
notamment faire appel à des consultants en diversité ou
s’inscrivent, de manière structurelle, dans un management
de la diversité.
Ainsi, le regard et l’approche des entreprises en diversité sont
très variés. Cette diversité d’appropriation se trouve en relation
avec des questionnements, des tensions et des ajustements
spécifiques.
C’est pourquoi l’accompagnement des entreprises, à cet
égard, doit nécessairement être ajusté à chacune d’elles.
1. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le racisme & Business et Society Belgium. 2006. L’entreprise et la diversité : quelles mises en pratique ? Bruxelles.p.11.
2. Ibidem.
3. ADAM Ilke & REA andréa. 2010. La diversité culturelle sur le lieu de travail : pratiques d’aménagements raisonnables. Bruxelles
4. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le racisme & Business et Society Belgium. 2006. L’entreprise et la diversité : quelles mises en pratique ? Bruxelles
5. Ibidem.
37
׉	 7cassandra://MGpkP3A5tQExSpRxNP1LyTgK0FRatyrJFniH3PbrybI`̵ U޶_7U޶_7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Fx5Y4sFajHYGaSMhP-m03M0GMFpgJpOQvmvysy0U-5U `׉	 7cassandra://foSSBGN3-CUboFicNbR47GqJU52qCLzpV97wHNDbBVMo`S׉	 7cassandra://v52vUBPwLKjqLttKxlMLdlck8Nr2t_HC7C3WYlBwnPA#
`̵ ׉	 7cassandra://p0V1F2cVhDVyngH9Sw7EHCg1WXj5de8w3klhC5VcQ1o͠U޶`7ט  {u׉׉	 7cassandra://BysmlpKgyzBqf3NPDIcKHsazUtNcN7aDV66_P0mI-Yc P` ׉	 7cassandra://cx8cew6opzmXv7GRtIF7fsk7ZK77c3P0spBWwdr0UikTU`S׉	 7cassandra://z1vUIfgCgOTWfhf_lviDb52ey6u43ZZ69I45ZRXOapI`̵ ׉	 7cassandra://2BGNmmM_53vI7fNPKNrmEYcmiCITOOXxlPszw2OlQmMLZ͠U޶`7נU޶a7 Eb
9ׁH !http://sociologie.revues.org/1200ׁׁЈ׉EVII. Déconstruire la discrimination
pour constuire la diversité
7.1. Génèse
L’inégalité et l’iniquité sont donc structurellement inscrites dans
notre société et ces iniquités se multiplient proportionnellement
aux caractéristiques que portent les personnes.
Mais derrière les mécanismes discriminatoires, il y a différents
mécanismes de construction.
Si on enferme souvent les mécanismes de discrimination dans
un sexisme « simplement » sexiste ou dans un racisme « simplement
» raciste, ils ne sont pas exhaustifs de la discrimination,
même si une part des comportements discriminatoires s’inscrit
clairement dans ces mécanismes.
L’autre versant des discriminations est à lire sous l’angle des
constructions sociales : «…il faut prendre acte et rendre compte
de la construction sociale des structures cognitives qui organisent
les actes de construction du monde et de ses pouvoirs. »1
Les comportements humains sont le prolongement de dispositions
internes, des « habitus » qui sont « un ensemble de dispositions
durables, acquises, qui consiste en catégories d’appréciation
et de jugement et engendre des pratiques sociales
ajustées aux positions sociales. Acquis au cours de la prime éducation
et des premières expériences sociales, il reflète aussi la
trajectoire et les expériences ultérieures : l’habitus résulte d’une
incorporation progressive des structures sociales. C’est ce qui
explique que, placés dans des conditions similaires, les agents
aient la même vision du monde… »2
Ainsi, toute interaction humaine, y compris professionnelle,
s’établit au départ d’habitus qui sont des schèmes de percep38
tion,
d’appréciation et d’action inscrits dans le corps des
agents en interaction.3
Les actes d’organisation des ressources humaines n’échappent
pas aux habitus. C’est pourquoi les comportements discriminatoires
sont parfois silencieux, ils sont même, pour une part,
inaudibles dans l’interaction discriminante et peuvent rester invisibles
à ceux même qui les posent.
Ils s’exercent « comme par magie, en dehors de toute contrainte
physique ; mais cette magie n’opère qu’en s’appuyant sur des
dispositions déposées, tels des ressorts, au plus profond des
corps.» 4
Ainsi, même si les comportements discriminatoires s’inscrivent
tous de la même façon, il y a lieu d’en faire une lecture chirurgicale
quant à leur genèse.
Ce sont les habitus qui vont construire les comportements de
recrutement sur le marché de l’emploi. Ils vont, notamment,
faire privilégier, inconsciemment, les hommes aux fonctions supérieures.
Les
recruteurs vont également avoir des réserves, sans le percevoir,
à engager quelqu’un dont ils seront le supérieur, parce que
le futur employé est plus âgé qu’eux.
Des dispositions individuelles vont également faciliter le recrutement
de personnes dont la culture est commune. Ainsi des
trajectoires sociales « mono-culturelles » peuvent engendrer des
pratiques sociales – et des pratiques RH - « mono-culturelles ».
Ces trajectoires vont également faire privilégier, lors du recrutement,
des personnes qui partagent les mêmes disponibilités au
׉	 7cassandra://v52vUBPwLKjqLttKxlMLdlck8Nr2t_HC7C3WYlBwnPA#
`̵ U޶`7׉EBECI | livre blanc diversité
niveau des sens physiques, sensoriels et psychiques.
Lorsqu’on interroge d’ailleurs les entreprises sur les trois principaux
freins qu’elles rencontrent en termes de diversité, elles
soulignent plusieurs éléments et notamment les habitus :
• Le manque de qualifications (compétences).
• Les habitus (manque d’information, incertitudes,
habitudes GRH,…)
• Les problèmes d’infrastructures
Et derrière les habitudes, il y a ce dont on n’a pas l’habitude.
L’adage « l’inconnu fait peur » est vrai, y compris en matière de
ressources humaines.
Ces peurs sont nombreuses et variées, individuelles et universelles,
et méritent d’être approchées pour mieux les dépasser.
Il y a lieu également de tenir compte de l’autre volet de la discrimination,
qui participe directement aux processus, à savoir
l’auto-discrimination.
Si cette dernière se construit également à partir des préjugés et
des stéréotypes, elle doit être prise en compte par les publics
concernés (femmes, personnes d’origine étrangère, les personnes
avec un handicap,…) pour pouvoir se dégager, notamment
avec des coaches, de cette position et se déployer pleinement
sur le marché de l’emploi.
Car les recherches ont ainsi pu démontrer que ces publics vont
avoir des comportements d’auto-discrimination et par ricochet
d’auto-exclusion.
En ce qui concerne l’égalité de genres, les données montrent
notamment des comportements d’auto-exclusion des femmes
pour les fonctions supérieures à des degrés divers: certaines n’y
pensent pas du tout, d’autres s’y avancent mais à reculons,…
Il en va de même pour les personnes d’origine étrangère qui
vont parfois ne plus être dans une recherche active d’emploi
ou postuler uniquement à des fonctions en-dessous de
leurs qualifications. Ces personnes vont également avoir , des
comportements d’auto-discrimination, identiques à ceux des
femmes, pour les fonctions hiérarchiques supérieures. Et lorsque
les deux caractéristiques se cumulent, l’auto-discrimination peut
être plus forte…
En termes d’handicap et d’âge également, la manière dont la
personne porte et vit son handicap ou son âge va jouer un rôle
sur le marché de l’emploi.
Ainsi, les habitus vont faire discriminer mais également auto-discriminer.
Mais
les habitus peuvent se transformer et ce par les mêmes
voies que leurs inscriptions : l’inculcation et l’incorporation.5
Le travail d’inculcation peut se faire par la voie pédagogique,
que ce soit à travers le parcours scolaire ou dans le parcours
professionnel (à travers des séminaires, des formations,…) qui
vont déconstruire les schèmes de perception, d’appréciation et
d’actions.
La véhiculation des préjugés et stéréotypes négatifs par les médias,
qui participent à la construction d’habitus, doit également
être profondément pensée.
C’est également par l’incorporation que les « habitus » se
construisent, et c’est par l’incorporation qu’elles peuvent se déconstruire.
Aussi une incorporation de la diversité dans la structure
même des entreprises, avec un accompagnement adéquat,
contribuera à construire des habitus positifs en diversité. Cela
devra notamment passer par une gestion des ressources humaines
traversée par des « actions positives ».
Ces actions ont été développées par un certain nombre d’entreprises
et constituent le catalogue des bonnes pratiques cicontre.
Graphique
16 : Selon moi, les freins au développement d’une politique de diversité plus ambitieuse dans mon entreprise sont :
(Trois réponses possibles)
0%
Infrastructures : bâtiment et
bureaux inadaptés
Compétences : résultats aux
tests à l’embauche
GRH : habitudes de recrutement
Incertitude : peur de l’inconnu,
inconfort, appréhensions
Manque d’information
Syndicats réfractaires
Autres ? Précisez
5% 10% 15% 20% 25% 30% 35%
1. BOURDIEU, Pierre, La domination masculine, Paris, Editons du Seuil, 2002. p. 62 • 2. Anne-Catherine Wagner, « Habitus », Sociologie [En ligne], Les 100 mots de la sociologie, mis en ligne le 01 mars 2012, Voir : http://
sociologie.revues.org/1200 • 3. BOURDIEU, Pierre, La domination masculine, Normandie, Editons du Seuil, 2002. p. 59 • 4. Ibidem.
39
׉	 7cassandra://z1vUIfgCgOTWfhf_lviDb52ey6u43ZZ69I45ZRXOapI`̵ U޶`7U޶`7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://4G6SzaJ1Kgmzvm6oZMfMZP6AYvzJOOViXQ8RQ2Fen00 P`׉	 7cassandra://sy2GUU09frzrrlz79OJZTCFfpwdAn8RYKgOMI6aw7qsy`S׉	 7cassandra://6SKcH3DpchnoS3WY3yAuaHeeX-YRI_IVXyc8WCl_E10#`̵ ׉	 7cassandra://6RibAG_QtE2G5Mg_8qyZbj9Exa1cMqhqnCQQn6DqKvM͹͠U޶a7ט  {u׉׉	 7cassandra://PRZNjg5ChuF8G9WX8px2JMfNaDX7VsA7fWfkOgal7Es `׉	 7cassandra://6xy-Y18XXc2amJGvV4rEewCWQhE3sVfxG3N_Jf6zxP8u`S׉	 7cassandra://E-xsnCs1e2ywVDO2_HSPv6MSz5ox8TUgiwPlgT-1VV4!`̵ ׉	 7cassandra://LL9DUSZ1l3lLgfQUfh4RI9CJFPViGw8yXGlbgtHC1QMͨ͠U޶b7נU޶b7 ^
9ׁH &http://www.goodwill-management.com/nosׁׁЈנU޶b7 AЁO9ׁHhttp://www.ediv.beׁׁЈ׉Eg7.2. Les atouts de la diversité
Si la diversité est une question d’égalité et d’éthique, elle est
aussi une réponse économique.
L’enquête de BECI a révélé que plus de 30 % des entreprises
envisagent d’augmenter la diversité dans leur entreprise à court
ou moyen-terme et 67 % ne l’envisagent pas.
Pourtant, celles engagées en diversité ont compris le potentiel
économique et ont pu découvrir que la diversité améliore leurs
performances économiques.
Ces performances économiques sont dues à plusieurs méthodes
:
> LE DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES HUMAINES
Développer la diversité au sein des ressources humaines, c’est
disposer d’une multitude de talents qui vont amplifier les résultats
car chaque forme de diversité apporte sa particularité qui
bonifie l’ensemble.
En ayant du personnel aux potentiels différents, les entreprises
sortent notamment des schèmes de « pensée unique » et monolithique
qui rigidifient le développement de l’entreprise.
• Le genre
Les études qui démontrent la corrélation entre des équipes
managériales féminisées et des bilans financiers bonifiés ne se
comptent plus. Citons notamment celle de la banque Crédit
Suisse :
« Les entreprises comptant + de 15 % de femmes à la direction
générale ont dégagé un retour sur fonds propres moyen
de 14,7 % contre seulement 9,7 % pour les compagnies en
comptant moins de 10 %. »6
Ces performances sont notamment dues au fait que l’entreprise
bénéficie d’atouts managériaux différents mais complémentaires
en termes de genre. En effet, la vision, l’approche des
situations, la mise en pratique des projets sont généralement
différents mais ampliatifs de par leur complémentarité.
• L’âge
Investir dans l’âge, c’est disposer d’un capital savoir bonifiant
pour l’entreprise.
En effet, un collaborateur âgé possède ce que les diplômes
n’apportent pas : l’expérience. Elle donne un capital de ressources
pour développer des projets : un travailleur âgé en a
déjà beaucoup développé ou en a vu beaucoup se développer. Il
sait, d’expérience, ce qui marche ou moins bien.
Il a par ailleurs assisté à une multitude de situations à résoudre
et trouvera donc rapidement des solutions à des problèmes de
terrain.
Il a été constaté qu’il faut en moyenne 14 mois à un senior pour
transmettre tout son savoir à un jeune. Ce sont 14 mois de capital
savoir dont l’entreprise bénéficie en engageant un senior.7
Par ailleurs, il a été démontré que les collaborateurs seniors ont
une meilleure résistance au stress: leur vécu les rend moins émotifs
en cas de difficultés. Ce qui est particulièrement intéressant
lorsqu’on sait que la résistance au stress influe sur la rapidité
d’exécution mais aussi sur l’absentéisme.
• L’ascendance étrangère
Les personnes d’ascendance étrangère ont généralement des
schèmes de pensée bi-culturels. Une carte mentale élargie qui
apporte créativité et innovation à l’entreprise.
De plus, disposer d’un personnel qui parle d’autres langues que
les langues nationales permet, en cas de besoins, de mieux accueillir
et servir la clientèle. Le dernier Taalbarometer montre le
top 8 des langues parlées à Bruxelles, par ordre d’importance :
français, anglais, néerlandais, arabe, espagnol, allemand, italien
et turc.
Les Diables Rouges, qui figurent aujourd’hui dans le top 5 mondial,
apparaissent comme le reflet (gagnant) d’une société multiculturelle.
Disposer de collaborateurs qui parlent d’autres langues, en plus
des langues nationales, c’est pouvoir accueillir toutes les clientèles
et répondre à leurs besoins.
• Le handicap
Contrairement à ce qui est véhiculé par les stéréotypes, les personnes
en situation de handicap, moyennant les adaptations
nécessaires, ont une performance égale à une personne sans
handicap.
Ces personnes sont par ailleurs plus souvent conscientes des
problèmes de sécurité au travail et ont une faculté de prévention
très développée.
Par ailleurs, travailler avec des collaborateurs en situation de
handicap permet de mieux comprendre et anticiper les besoins
de la clientèle également en situation de handicap.
> MIEUX TOUCHER LA CLIENTELE
“We understand the business case: in the marketplace, the face
of our 75 million consumers is changing and we must resemble
it; we need to understand the market and design the relevant
products or services, fitting with the needs of our clients
and consumers.” (Jean-Michel Monnot, Managing Diversity,
Sodexo).
Avoir des collaborateurs qui ressemblent à la clientèle (en termes
de genre, d’âges, de cultures,…) permet de mieux la comprendre
et donc de mieux cerner leurs besoins pour y répondre.
A Bruxelles, la clientèle est composée comme telle :
• 35 % de la population a plus de 45 ans
• 65,9 % de la population bruxelloise de 18 à 60 ans est
d’origine étrangère (soit de nationalité étrangère, soit né
avec une nationalité étrangère soit dont un des parents est
né avec une nationalité étrangère).
• En Belgique, plus de 10 % de la population entre 15 et
64 ans est porteuse d’un handicap ou d’une maladie chronique.
L’ensemble
de cette population constitue la clientèle des entreprises
bruxelloises, et donc une source de développement économique
pour autant que les entreprises aient les équipes pour
mieux comprendre et toucher cette clientèle.
40
׉	 7cassandra://6SKcH3DpchnoS3WY3yAuaHeeX-YRI_IVXyc8WCl_E10#`̵ U޶b7׉EBECI | livre blanc diversité
> DES FORMATIONS EN DIVERSITE
Les formations en diversité ont grandement montré leur efficacité
que ce soit en matière de genre, d’âge, de culture, de
handicap,…
Elles permettent de mieux comprendre et voir les mécanismes
inconscients de discrimination et donc de les dépasser.
Il existe différentes déclinaisons selon les besoins et le degré de
diversité que l’entreprise veut atteindre :
• Manager de la diversité
• Handicap et entreprises
• Gestion réussie de la diversité
• Recrutement neutre
• Management interculturel
• La diversité : les premiers pas
• …
Des séances de sensibilisation et/ou de formation (selon la taille
de l’entreprise) à l’égard du personnel ont également montré
leur pertinence. Elles permettent aussi une meilleure adéquation
entre les différentes équipes issues de la diversité pour unifier
les équipes autour d’un projet collectif : le projet de l’entreprise.
> ELIMINER LE RISQUE REPUTATIONNEL
Il ressort des études que la discrimination n’est pas forcément
visible ni intentionnelle puisqu’elle est construite, pour une part,
à partir d’habitus : des schèmes de perception, d’appréciation
et d’action, socialement construits chez chaque individu, et qui
« dirigent » les comportements de recrutement.
Or, en cas de plainte pour discrimination, les coûts directs et
indirects peuvent être conséquents car la charge de la preuve est
aujourd’hui, selon la loi, du côté de l’employeur qui doit prouver
la non-discrimination.
Les coûts sont à la fois ceux liés au procès, aux dédommagements
éventuels mais également ceux liés à une réputation négative
qui peuvent être durables et conséquents.
Le risque réputationnel est donc important et nécessite des actions
de prévention ciblées.
7.3. Les bonnes pratiques
Les pratiques ci-dessous ont été mises en place par des entreprises.
Loin d’être exhaustives, elles sont néanmoins des pratiques
inspirantes pour les entreprises qui désirent initier, développer
ou compléter les actions en diversité en leur sein.
Les entreprises avancent souvent en commençant par une seule
forme de diversité mais il est communément admis qu’une solidarité
naturelle s’installe peu à peu avec d’autres formes diversités.
7.3.1.
Toute diversité confondue
> EDIV
« EDIV » est un outil public d’apprentissage en ligne (e-learnig)
qui offre différents atouts :
• Formation en ligne gratuite sur les lois anti-discrimination
• 120 cas concrets, avis juridiques et conseils aux managers
• Un forum pour échanger questions et bonnes pratiques
L’ensemble des outils est disponible sur : www.ediv.be
5. Ibidem. • 6. LAUWERS, Michel. Les femmes managers rapportent toujours plus gros. L’Echo. Samedi 10 janvier 2015 • 7. Goodwill Management : Diversité du capital humain et performance économique de l’entreprise.
Voir : http://www.goodwill-management.com/nos-publications.html
> LES ENTRETIENS D’EMBAUCHE MIXTES
Les recruteurs font passer les entretiens d’embauche à deux, ou
bien le candidat est vu par deux personnes différentes dans un
intervalle différent. Les recruteurs peuvent percevoir des choses
différentes et faire une lecture différente de ce qui est perçu du
candidat.
Les points de vue se complètent et s’objectivent naturellement.
La composante existe également pour l’évolution vers des
postes à responsabilité. Les actions et les choix sont faits par
deux personnes de sexe différent qui permettent une vision différente
mais complémentaire.
> LA MIXITE DES GROUPES
Outre la sélection et le recrutement, la diversité devient une
réussite lorsqu’elle est mixée en termes de genres, d’âge, de
cultures, de handicap,… C’est le mélange des équipes qui fait
que les équipes s’enrichissent mutuellement.
Chaque personne apporte sa complémentarité et sa plus-value
à l’équipe, qui déploie ainsi une plus grande performance.
Les jeunes profitent du capital savoir et de l’expérience des plus
âgés ; les jeunes apportent innovation. Les cartes mentales en
termes de genre, de cultures,… se complètent et s’enrichissent
mutuellement au sein des équipes. Chacun bonifie l’ensemble
par sa particularité.
> UN (AUTO)-DIAGNOSTIC INTERNE
Le simple fait d’avoir réalisé un diagnostic interne, tant à l’horizontale
qu’à la verticale, permet d’avoir une vision de ses collaborateurs
et d’être attentif à la diversité dans ses équipes.
Ce diagnostic, remis aux recruteurs, donne une perspective
qui fait que les ressources humaines donnent plus de place à
la diversité et construisent à l’intérieur de l’entreprise d’autres
pratiques.
> LES ENTRETIENS DE SORTIE
Les entretiens de sortie sont effectués lorsqu’une personne
quitte l’entreprise pour un autre emploi ou qu’elle prend sa (pré)
pension. Ils sont particulièrement intéressants car ils permettent
d’avoir un retour des aménagements à prendre en considération
en matière de gestion RH et du développement de l’entreprise.
Ils permettent également d’avoir un retour pertinent des personnes
issues de la diversité et des améliorations à faire pour
mieux l’intégrer.
41
׉	 7cassandra://E-xsnCs1e2ywVDO2_HSPv6MSz5ox8TUgiwPlgT-1VV4!`̵ U޶b7U޶b7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://R3jbNU_3qswG9GV1Fn6QuqQOrBn1F68xa5Z3eQaH-1c `׉	 7cassandra://RbpnX4QQ1ONKsOfaOeUC_8QMXa3mC0PZjMgL3MHm3OYqF`S׉	 7cassandra://SFH_EVDftyw78sVFl2D4Z-1PigrZYBm8KzXbRfn5fYA"`̵ ׉	 7cassandra://xGQ0YcegA5_xi3Yzqf2REvxDHquy-PJQ0aO8soMqTwIͱ͠U޶b7ט  {u׉׉	 7cassandra://VmmFOJ9gwBfht8dEqOGZmparGMqmjsaylyZqr-AmhU0 *` ׉	 7cassandra://PvSpv44C2ApZUFqaect-YP4SXaAW1MxrFi5QManCEcgho`S׉	 7cassandra://-k-ZtGohcr3xDzbgfWXtJeyG_6acxEMAB36xtAA4rXE`̵ ׉	 7cassandra://ulyiG8Qyme4NnKeRqbfviVG5bdDEwCipWIsX9Nw4mkojs͠U޶c7נU޶c7 I9
9ׁH Thttp://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2007/2007_25_%20laurent_berail.pdfׁׁЈ׉E{> LES OFFRES D’EMPLOI
Il arrive aussi que les entreprises mettent dans leur offre d’emploi
quelques mots concernant la diversité. Il s’agit souvent
d’une phrase qui invite tous les publics à postuler quel que soit
l’âge, le genre, la culture, le handicap,…
> RESEAU DIVERSITE INTERNE
Les grosses et les petites entreprises mettent en œuvre la diversité
de manière différente. Les grosses entreprises développent
souvent des réseaux internes de responsable en diversité : Diversity
Manager.
Un réseau est ainsi créé au sein des entreprises qui se réunit
régulièrement pour :
• Partager les expériences positives comme négatives
• Travailler ensemble sur les points d’amélioration
• Trouver des actions innovantes
• …
> LE VOLONTARIAT D’ENTREPRISE :
DES SALARIES POUR LES FUTURS SALARIES
Il s’agit d’une pratique où des salariés mettent quelques heures
par mois de leur temps à disposition de demandeurs d’emplois.
Outre le fait que le demandeur d’emploi bénéfice de conseils
et d’un coaching d’un salarié, il le met en confrontation direct
avec la vie de l’entreprise, sa réalité, sa culture, ses besoins, ses
exigences,…
Par ailleurs, le demandeur d’emploi (qu’il soit en situation de
handicap, plus âgé, d’origine étrangère,…) bénéficie d’un réseau
social (élément positif dans la recherche d’emploi) auquel il
ne bénéficie plus de par son retrait socio-professionnel souvent
long.
7.3.2. Diversité genre
> LES « ROLE MODELS »
Une autre méthode qui fonctionne naturellement est d’avoir
des « role models » dans les sphères hiérarchiques supérieures
notamment en matière de genre.
Les données montrent que, même en n’ayant pas de politique
pro-active, le simple fait de placer une personnalité féminine à
un poste de direction amène une féminisation évolutive dans les
promotions au sein de l’entreprise.
Le fait d’avoir des personnes qui nous ressemblent amène une
identification naturelle du bas vers le haut mais également du
haut vers le bas. Les équipes se modifient peu à peu positivement
et facilement en matière de diversité.
> PROGRAMME D’ASSERTIVITE
Dans beaucoup d’entreprises, le personnel féminin bénéficie de
programmes d’assertivité. Ces programmes, outre leurs effets
positifs en termes de comportements et de communication, ont
également un impact sur l’auto-discrimination du personnel féminin.
En
effet, il est communément admis que les femmes développent
des comportements d’auto-discrimination par rapport
aux fonctions à responsabilité.
Ces programmes d’assertivité amènent les femmes à se positionner
différemment et donc à être vues différemment.
De ce fait, un changement naturel et subtil se passe à l’intérieur
à l’entreprise qui mène les femmes vers des postes à responsabilité.
>
PRATIQUE SALARIALE NEUTRE
Les entreprises ayant avancé dans cette démarche ont commencé
par effectuer un screening des rémunérations pour mesurer
les éventuels écarts salariaux en matière de genre. Les entreprises
s’étant penchées sur cette action ont adopté un canevas
basé sur des indicateurs objectifs en termes de rémunération
(diplôme, années d’expériences, ancienneté,…)
Cette action permet, par ailleurs, de se mettre en adéquation
avec la législation actuelle, qui impose désormais aux entreprises
de plus de 50 travailleurs, de rentrer tous les deux ans une analyse
montrant que la politique de rémunération est neutre sur
le plan du genre.
> TELETRAVAIL
Le télétravail et une flexibilité des horaires permettent non seulement
une meilleure adéquation entre vie priviée et vie professionnelle,
mais elles permettent aussi au personnel féminin, de
rester, sur le marché de l’emploi sans devoir choisir entre une vie
professionnelle ou une vie privée. Les femmes, qui portent plus
souvent les charges familiales, peuvent ainsi rester plus longtemps
dans leur vie professionnelle et évoluer vers les échelons
supérieurs.
7.3.3. Diversité âge
> EXPERIENCE@WORK
Il s’agit d’une plate-forme où les collaborateurs seniors sont en
partie employés à l’extérieur de l’entreprise.
L’expertise des collaborateurs seniors est connue ; pourtant
certaines organisations (PME notamment) ne peuvent s’en permettre
le coût.
Et d’autre part, certaines entreprises ont des
collaborateurs seniors dont les talents ne sont pas totalement
exploités.
42
׉	 7cassandra://SFH_EVDftyw78sVFl2D4Z-1PigrZYBm8KzXbRfn5fYA"`̵ U޶c7׉EGBECI | livre blanc diversité
Cette plate-forme réunit les entreprises demandeuses de talents
seniors et les entreprises les ayant. Les collaborateurs seniors de
ces dernières, peuvent, s’ils le souhaitent avoir des missions externes
auprès d’autres entreprises.
Un contrat de services est ensuite conclu dont la durée est variable
: mission courte, moyenne ou à durée indéterminée…
Le bénéficie est pour tout le monde : les seniors se ressourcent
au soir de leur carrière, les petites organisations bénéficient d’un
capital savoir à un coût abordable,...
> MENTORAT
Le mentorat est particulièrement utilisé concernant la diversité
de genre et/ou d’âge.
En termes de genre, les entreprises développent des actions où
les cadres dirigeants suivent des femmes, chaque année, pour
les initier aux fonctions dirigeantes. Les femmes apprennent ainsi
le métier et les dirigeants peuvent percevoir les différents talents
en développement pour les futurs postes à responsabilité.
Il existe également sa composante en termes d’âge. La procédure
est identique : les équipes fonctionnent en binôme. Les
plus âgés transmettent leur savoir, leur sagesse professionnelle
et les plus jeunes apportent innovation et nouvelles idées à
l’équipe.
7.3.4. Diversité et origine étrangère
> LE MANAGEMENT INTERCULTUREL
Si, de manière générale, la diversité nécessite d’être bien managée
pour être réussie, c’est particulièrement vrai dans le cadre
de la gestion interculturelle. Les entreprises ayant développé le
management interculturel ont formé leur cadre dans ce sens.
Ils disposent ainsi de différentes clefs de lecture des comportements
culturels et, par ces clefs, créer une homéostasie porteuse
de performance.
Car les comportements sont socialement construits et sont issus
de normes, de valeurs et de croyances ; de même que leurs interprétations.
C’est pourquoi, peuvent naître des malentendus
ou des incompréhensions qui peuvent être dépassés en ayant
les outils nécessaires.
> OUVERTURE PLUS LARGE DES JOBS ETUDIANTS ET DES STAGES
Les entreprises qui se sont engagées dans cette démarche ont
fait une double démarche : ouverture des jobs étudiants au-delà
des enfants du personnel et ouverture à un public issu de la
diversité.
Les avantages sont à la fois pour les jobistes et pour les entreprises.
Il est, en effet, démontré que les jobs étudiants améliorent
de façon significative l’accès à l’emploi. 8
Ils sont donc, avec les stages, une bonne porte d’entrée sur le
marché de l’emploi à la fois pour les futurs travailleurs et pour
les entreprises. Celles-ci en tirent également une source de recrutement
futur avec des jeunes qui ont appris à connaître l’entreprise,
ses besoins, ses exigences, sa culture,…
> LA FORMATION DES TRAVAILLEURS PEU QUALIFIES
A L’INTERCULTURALITE
Beaucoup de jeunes connaissent un chômage de longue durée
et, étant donné la dualisation socio-spatiale de Bruxelles,
connaissent un retrait social important. Aussi, certaines entreprises
ont développé des programmes à l’égard des nouveaux
engagés visant à s’approprier les codes et usages sociaux communs.
Ces programmes permettent également au public issu de
la diversité de mieux lier ses schèmes bi-culturels.
Il y a également, à travers ces programmes, une sensibilisation
à la culture d’entreprise qui a sa propre culture tout comme
chaque secteur professionnel a sa propre culture (la culture médicale,
la culture syndicale, la culture politique,…)
Ces outils donnent ainsi aux travailleurs des clefs de lecture pour
participer au mieux à leur nouvelle fonction.
En cas de difficultés, peuvent également intervenir des médiateurs
culturels dans les processus de gestion de ressources humaines.
7.3.5.
Diversité handicap
> UN INTRANET D’APPRENTISSAGE
Le temps manque souvent en interne pour former et accompagner
l’ensemble du personnel à l’interaction avec des collaborateurs
en situation de handicap (malvoyant, malentendant,..).
Des entreprises ont recours à un guide pratique à usage interne
qui permet aux collaborateurs de saisir la politique de diversité
de l’entreprise mais également de recevoir directement les outils
pour l’interaction avec les personnes en situation de handicap.
Exemple : interagir avec une personne malentendante (souvent
en lecture labiale) ; ne pas mettre sa main devant la bouche, ne
pas finir ses phrases en tournant le dos,…
> L’ONGLET “ ADAPTATION(S) NECESSAIRE(S) ”
En matière d’handicap, les entreprises accompagnent leur offre
d’emploi d’une invitation à signaler les éventuelles adaptations
nécessaires à la sélection et à la mise à l’emploi du candidat en
situation de handicap.
Cela permet tant au candidat qu’au recruteur de se concentrer
sur les qualifications et les exigences du poste vacant.
Par ailleurs, les candidats se sentent ainsi pleinement accueillis,
ce qui permet de diminuer les éventuels risques d’auto-discrimination.
>
UN STYLO POUR PARLER
Les aménagements raisonnables sont nombreux et ont différentes
formes : matériaux, humains,…
Un aménagement humain, pour une bonne collaboration avec
un collaborateur malentendant, est l’instauration d’un stylo levé
lors des réunions. Un seul stylo est d’application lors de ces réunions
et ne parle que celui qui l’a. Cela permet, au collaborateur
malentendant, de voir qui parle et de pouvoir lire sur les lèvres.
Outre un meilleur échange pendant les réunions, le système
amène naturellement des temps de réunion plus courts car
l’ensemble des personnes vont à l’essentiel de ce qu’ils doivent
exprimer. Le résultat bonifiant est un gain de temps pour tous.
8. Voir le rapport sur « Le travail des étudiants » du Conseil économique et social (RF), 2007. Voir :
http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2007/2007_25_%20laurent_berail.pdf
43
׉	 7cassandra://-k-ZtGohcr3xDzbgfWXtJeyG_6acxEMAB36xtAA4rXE`̵ U޶c7U޶c7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://y-NekwIm4mT4Mly_Sj-1RnoYg4A1rIdk5FEC05J1lnE *8`׉	 7cassandra://9DdDKK---2gk6j5mlkoExIBx-Xv5a-iUhxKJbRxxU7YvT`S׉	 7cassandra://w-cuBZoxSs5kdD9v254Nw1vAUBVdk4QZsqXmU95Xm5M%u`̵ ׉	 7cassandra://_5dM_IpHt8aj1Ul5yGRdkHENCwvg9eLg_TkWUE6hzCk:͠U޶c7ט  {u׉׉	 7cassandra://iBrdKL8az0SeMWfUhbJdeG3MAsg1lGBa9G53LtPWhoA e`׉	 7cassandra://HNDuQCXEw1yvNDROfe5zEgkcwVZoN8tVXhSeCvUTGUMkj`S׉	 7cassandra://2Tlsp2PG34x0YKQ1osudIzMOrbpEYKBdK70Y1XX-9tw#`̵ ׉	 7cassandra://WsTm7EnJ2V6XQe0fuXEPamdp-VARc49HpT2x-k-jBZs͓s͠U޶c7׉EVIII. La diversité dans le monde
Cinq pays font figure d’exemple dans le monde en matière
de diversité à savoir les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la
Suède, les Etats-Unis et le Canada.1
Différentes mesures d’action positive sont menées dans ces
cinq pays sous forme de quatre types d’interventions principales.
Il y a d’abord un processus de mise en place d’une
législation spécifique obligeant les employeurs à faire des
analyses de leur effectif et de leurs processus de travail, de
manière à entreprendre des actions permettant de remédier
aux éventuels problèmes relevés. Les clauses sociales dans
les contrats publics sont ensuite envisagées comme des pratiques
effectives et efficaces pour lutter contre la discrimination
sur le marché de l’emploi. Le troisième type de pratiques
répertoriées concerne le développement d’actions publiques
ayant pour but d’augmenter la participation sur le marché de
l’emploi des groupes discriminés, en recourant à des interventions
ciblées. Enfin, les emplois subsidiés sont une autre
forme d’action positive mise en place par les différents pays
concernés par cette étude.
8.1. La mise en place d’une législation
spécifique
Malgré leur contexte socio-historique spécifique, les cinq pays
concernés par cette étude comparative ont tous procédé à la
mise en place d’une législation obligeant les employeurs à
faire des analyses de leur effectif ainsi que de leurs modes
de fonctionnement de manière à repérer les éventuelles pratiques
discriminatoires et à entreprendre des actions permettant
d’y remédier. Il s’agit du Civil Rights Act de 1964 pour les
Etats-Unis, de la loi sur l’équité en matière d’emploi datant
de 1986 et 1995 au Canada, du Wet stimulering arbeidsdeelname
minderheden (SAMEN) de 1997 au Pays-Bas, de
l’Equality Act de 2010 pour la Grande-Bretagne et enfin de la
loi sur les discriminations de 2008 en Suède.
Seuls les employeurs du secteur public sont concernés par
ces législations pour le Canada et la Grande-Bretagne. En
ce qui concerne les États-Unis, les Pays-Bas et la Suède, tout
employeur, tous secteurs confondus, est concerné par ces
obligations à partir d’un certain nombre d’employés.
La loi sur l’équité en matière d’emploi (1986, 1995) au Canada
vise à redresser les inégalités sociales sur le marché de
l’emploi de manière proactive. Cette loi oblige les employeurs
à développer des actions de manière à réaliser l’équité en
matière d’emploi, en déterminant et en éliminant les obstacles
à la carrière des membres des groupes discriminés, et
à réaliser des plans d’équité. Ces derniers comprennent des
objectifs qualitatifs (recrutement, avancement, formation, ...)
et quantitatifs (en cas de sous-représentation) qui doivent
être pensés à court et à long terme.
La préoccupation principale est de permettre l’augmentation
des membres des groupes concernés. Un calendrier doit être
élaboré comprenant la mise en œuvre des mesures, ainsi
que des règles et usages. Les employeurs doivent procéder
1. Crosby, A., « Etude comparative sur les modèles de politique publique relatifs à la notion « d’action positive » en matière de politique de discrimination et de diversité sur le marché de l’emploi », GERME ULB, 2013.
44
׉	 7cassandra://w-cuBZoxSs5kdD9v254Nw1vAUBVdk4QZsqXmU95Xm5M%u`̵ U޶c7׉EBECI | livre blanc diversité
à l’analyse de leur effectif (recueil d’informations permettant
de mesurer la sous-représentation de certains groupes) ainsi
que de leurs modes de fonctionnement de manière à identifier
les éventuels obstacles à la carrière des groupes désignés.
Les analyses et plans d’action élaborés constituent des dossiers
que les employeurs doivent conserver. Ils font aussi l’objet
de rapports, lesquels doivent être complets et véridiques
et soumis au Conseil privé de la Reine pour le Canada. Une
amende pécuniaire est prévue pour les employeurs qui ne
respecteraient pas cette obligation, sauf dans le cas d’une
excuse légitime.
L’Equality Act en vigueur en Grande-Bretagne depuis
2010 établit l’obligation intitulée public sector equality duty
pour toute autorité publique de prendre en compte l’élimination
de toute discrimination et de promouvoir l’égalité des
chances et la bonne entente entre les personnes issues des
groupes désignés et celles qui ne le sont pas. Il incombe à
toute autorité publique de publier, une fois par an, les informations
concernant les personnes avec une caractéristique
considérée comme protégée (globalement les mêmes que
chez nous) et concernée par les politiques et pratiques en
vigueur en matière de lutte contre les discriminations. Elles
doivent, en outre, élaborer et publier des objectifs à atteindre,
lesquels doivent être précis et mesurables.
C’est l’Equality and Human Rights Commission qui est l’instance
compétente pour superviser ces obligations. En cas
de soupçon de non-respect de l’equality duty, la commission
peut entrer en dialogue avec l’autorité publique concernée
pour que celle-ci prenne les mesures nécessaires. Elle peut
aussi lui adresser un avis de conformité. Un délai est alors
accordé à l’autorité pour qu’elle se conforme aux obligations.
Si la situation reste inchangée au terme de ce délai, la Commission
a le pouvoir de renvoyer l’affaire en justice.
Aux États-Unis, le Civil Rights Acts (1964) impose à toutes
les agences fédérales, aux syndicats et aux agences pour
l’emploi (indépendamment de leur nombre d’employés) ainsi
qu’à toutes les entreprises privées, aux États ou aux agences
de gouvernement local (employant au minimum 15 personnes)
d’établir des employment records, soit des rapports
sur leurs effectifs. Si ces entreprises emploient au moins 100
personnes, elles ont pour obligation de soumettre ces rapports
annuellement à l’Equal Employment Opportunity Commission
(EEOC), sous la forme d’un formulaire standardisé
(« EEO-1 »).
Des sanctions pécuniaires ou pénales peuvent suivre en cas
de mauvais rapportage. Cet organisme a aussi pour objectif
de veiller au respect du principe de non-discrimination en
vérifiant de manière indépendante toutes les allégations de
discriminations. Si la commission évalue comme plausible le
cas étudié, elle est compétente pour entamer une procédure
judiciaire.
La Wet stimulering arbeidsdeelname minderheden des
Pays-Bas avait instauré en 1997 jusqu’en 2004 un cadre législatif
qui obligeait toutes les entreprises publiques ou privées
comptant au moins 35 employés à conserver un registre
de leurs effectifs (les noms, les initiales, le pays de naissance,
le pays de naissance des parents, la fonction dans l’entreprise,
le type de contrat). L’employé a cependant le droit de
refuser d’y être enregistré.
L’employeur doit élaborer des rapports annuels comprenant
une série d’informations et de mesures sur ses effectifs, ainsi
que les mesures déjà prises et celles étant prévues pour permettre
d’augmenter la participation des minorités.
Des objectifs quantitatifs doivent aussi apparaître dans ces
rapports, lesquels doivent être soumis aux bureaux régionaux
pour l’emploi. En cas de non-respect de cette loi ou en cas
de non-conformité des rapports, une investigation de l’Inspection
du travail peut potentiellement avoir lieu. Le taux de
soumission des rapports était relativement élevé (70 % dans
les dernières années où la loi était en vigueur) étant donné
l’absence de réelles sanctions. Cette loi a pris fin le 1er
janvier
2004.
En Suède, la loi sur les discriminations (2008) impose aux
employeurs de travailler en se fixant des objectifs respectant
les obligations et les modalités énoncées dans cette loi. Ils
doivent prendre des mesures actives pour atteindre l’égalité
et lutter contre les discriminations. Si l’égalité est un principe
à appliquer dans le cadre du recrutement, il s’agit aussi
du principe à mettre en œuvre dans la distribution des sexes
dans les différents emplois et catégories d’employés.
La formation ou d’autres mesures appropriées doivent ainsi
être développées pour promouvoir l’égalité entre les hommes
et les femmes. Si cette égalité n’est pas atteinte, l’employeur
se doit d’y remédier en attirant le genre sous-représenté. Le
fonctionnement de l’entreprise, les pratiques ainsi que les
différences salariales entre hommes et femmes doivent être
examinés et analysés par l’employeur tous les trois ans, de
manière à pouvoir y remédier.
David Blunkett, ex-Ministre (aveugle) de l’Intérieur puis du Travail
dans les gouvernements de Tony Blair, en Grande-Bretagne.
45
׉	 7cassandra://2Tlsp2PG34x0YKQ1osudIzMOrbpEYKBdK70Y1XX-9tw#`̵ U޶c7U޶c7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://gviSxn8Nd67WWkRTeffArt-ZIq3venoiMwtxxceIJlI Ç`׉	 7cassandra://j-iXvXbvZzQElxF3xgybuwg4ISIoLlgzIhbf2LPA9xkd`S׉	 7cassandra://IQ8_X1YrDJl_CmNByCxCbB7O6FltQgu0-2BSbysqqjI`̵ ׉	 7cassandra://W8ME9yu4WUlEyVp3zYqcX51fDYyUaNqhuYDxeSMRfB0ͤ͠U޶d7ט  {u׉׉	 7cassandra://QwZ1B78_sWzvTrd0-iHYrGxER4SNkNL2sAjloKG3isE `׉	 7cassandra://o2c84BhmeChHuZncRcVY85GfL9TAs2srcV5ejR5bkJYh`S׉	 7cassandra://h2t1Zofrk0dkcD91DbVr8N6M4RpkCn_Z-KgcP9o05U0 `̵ ׉	 7cassandra://4YvlBy1YprZAzV1Wtiyq2N44YpszvfF91NarZP50H7sͺ͠U޶e7׉ELes entreprises employant plus de 25 personnes ont l’obligation
d’élaborer un rapport reprenant les résultats de ces
analyses et d’établir un plan pour l’égalité de salaire entre
les sexes, comprenant une estimation du temps et des coûts
nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Ce plan doit être
soumis à l’Ombudsman. S’il doit en première instance œuvrer
pour la soumission volontaire des entreprises aux obligations
qui leurs incombent, il peut aussi leur enjoindre une sanction
financière.
8.2. Les clauses sociales
dans les contrats publics
Cette pratique a été mise en place dans plusieurs pays avec
des variations importantes selon les contextes. Ces clauses
sociales imposent aux entreprises privées qui veulent contracter
avec une autorité publique de se conformer à des conditions
antidiscriminatoires ou de promotion de la diversité.
Cette clause doit être respectée, soit avant de soumissionner
un contrat pour pouvoir être éligible, soit une fois sélectionné,
soit dès la signature du contrat. De nombreuses variations
existent entre les différents pays étudiés en ce qui concerne
la mise en œuvre de ces clauses sociales dans les contrats
publics. Cette obligation varie notamment en fonction du
nombre d’employés ou encore du chiffre d’affaire traité avec
les autorités publiques.
« Walk a Mile in her Shoes » : manifestation organisée en mai
2015 à Toronto en faveur de l’égalité des genres
Les soumissionnaires du contrat sont soumis à une autorité
qui juge de la conformité de celui-ci. Ils doivent, en outre,
prouver leur volonté de réaliser des actions en matière de
lutte contre les discriminations en élaborant des plans d’action
ou des analyses de leur effectif. Malgré certaines variations
en fonction des contextes nationaux envisagés, ce type
d’intervention a eu des effets positifs en matière de diversité.
Aux États-Unis, l’Office of Federal Contract Compliance
Programs (OFCCP) s’adresse aux entreprises privées qui emploient
au minimum 50 personnes et qui détiennent 50.000 $
de contrats avec le gouvernement fédéral. Ces dernières
sont obligées d’élaborer un Affirmative action program. Ce
programme consiste à identifier et à analyser les potentiels
problèmes liés à la participation des femmes et des minorités
aux effectifs de l’entreprise et de proposer des moyens
permettant d’y remédier. Des examens de conformité sont
menés par l’OFCCP dans les entreprises et celles-ci peuvent
se voir rayées de la liste des contractants fédéraux en cas de
non-conformité. Des rapports standardisés, les EEO-1 (cf. supra)
doivent être remplis par ces entreprises et des sanctions
pécuniaires ou pénales peuvent éventuellement suivre.
Le Programme de contrats fédéraux oblige toute entreprise canadienne
employant au minimum 100 personnes, et voulant
signer un contrat avec le gouvernement fédéral ou une offre
à commande de 200.000 $ ou plus, à œuvrer pour l’équité
en matière d’emploi selon les modalités précisées par la loi. Si
elles veulent être éligibles, les entreprises doivent avant toute
chose signer une attestation d’engagement, véritable contrat
juridique obligeant celle-ci à se conformer aux exigences du
programme de contrats fédéraux.
Ursula Burns, CEO de Xerox : un exemple de réussite pour les
femmes comme pour les minorités.
Ces entreprises sont soumises à un examen de conformité
au terme duquel elles risquent éventuellement de perdre
leur droit à soumissionner ou de se voir attribuer de futurs
contrats gouvernementaux ou offres à commandes de plus
de 25.000 $. Ce programme ne couvre qu’une petite part du
marché de l’emploi canadien car de nombreuses entreprises
privées tombent sous l’autorité des juridictions provinciales.
46
׉	 7cassandra://IQ8_X1YrDJl_CmNByCxCbB7O6FltQgu0-2BSbysqqjI`̵ U޶e7׉EBECI | livre blanc diversité
Les clauses sociales dans les contrats publics en Grande-Bretagne
existent depuis plus de 30 ans au niveau des autorités
locales. Les soumissionnaires sélectionnés devaient démontrer
être en règle avec la législation sur l’égalité, mais l’impact
de cette mesure ne fut mesuré que du point de vue de la
conformité à la loi et non sur l’emploi des minorités.
Un projet pilote fut néanmoins lancé en 2006 au niveau national,
au département du travail et des pensions (DWP). Ce
projet pilote comprenait deux versants. Les entreprises retenues
dans le cadre d’un contrat avec ce département devaient
produire plusieurs plans : un plan d’égalité, un plan sur
le harcèlement, un plan de formation à la diversité et enfin
un plan de diversité des fournisseurs.
Le second versant du projet exige des entreprises qu’elles
produisent des données sur leur effectif de manière à exposer
le nombre des membres du personnel issu d’une minorité
ethnique, le nombre de femmes et de personnes avec un
handicap.
8.3. Les interventions ciblées
Ce type d’intervention fait référence aux actions publiques
réalisées dans le but d’augmenter la participation de groupes
ciblés sur le marché de l’emploi ou dans un secteur précis de
celui-ci.
Différents acteurs interviennent dans ce type de mesure
comme le bureau de l’emploi qui se charge de mettre en lien
les chercheurs d’emploi avec les employeurs, des particuliers
qui s’attachent à relier les chercheurs d’emploi au bureau de
l’emploi et au marché de l’emploi en leurs proposant les informations
et les éventuelles formations nécessaires, ou encore
des employeurs du secteur privé ou des PME.
Il s’agit dans la majorité des cas, excepté pour la Suède, de
programmes temporaires. Ces derniers peuvent éventuellement
être reconduits et travaillent en se fixant des objectifs
chiffrés, voire des quotas à atteindre pour les groupes ciblés.
Le fait de tenir des objectifs quantitatifs permet aux acteurs
des différents projets de s’évaluer, d’observer leur progression
ou de modifier leur pratique de manière à pouvoir les
atteindre. Il s’agit ainsi d’un outil positif pour mesurer la réalisation
de leurs objectifs de base.
Cette mesure s’inscrit en adéquation avec le cadre légal qui
prévoit que ce type d’action soit de nature temporaire.
Si l’idée derrière ces programmes est de favoriser l’intégration
durable des publics ciblés sur le marché du travail, force
est de constater que ces interventions ne débouchent pas
toujours sur la stabilité souhaitée. Les facteurs clés de ce type
d’actions ciblées sont l’organisation, la communication et
l’existence d’un point central de référence. Les groupes ciblés
ainsi que les objectifs poursuivis doivent être clairs, précis et
connus par tous les acteurs en présence.
La convention PME établie en avril 2000 aux Pays-Bas est
une intervention ciblée des plus exemplaires en la matière.
La MKB-Nederland, soit l’organisation des PME des PaysBas,
le bureau de l’emploi, la ministre des Affaires Sociale
et de l’Emploi et le ministre pour la Politique des Grandes
Villes et de l’Intégration ont ainsi établi une convention, la
MKB-Convenant et la Minderhedenconvenant, dont l’objectif
est d’accroître le nombre d’employés issus des minorités au
Aux Pays-Bas, la MKB-Convenant avait pour objectif d’accroître le nombre d’employés issus des minorités au sein des PME.
47
׉	 7cassandra://h2t1Zofrk0dkcD91DbVr8N6M4RpkCn_Z-KgcP9o05U0 `̵ U޶e7U޶e7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://1ovDS4YYleaF5k1tx0O1tu5ffoEaA956bVFNBXeZUiQ S`׉	 7cassandra://eWR9NdB9NAKnHCqO3VDMXrR-3E3cAhQizl8x9jG1gLwt
`S׉	 7cassandra://zw_vAHzPna6ZzLVeRRWmxvl2Sc1TETa4STe1PN5ygnA"7`̵ ׉	 7cassandra://LqqScz3XgIfJVr86Lq2OqUwH0QrWgJbx7bNH6_kOOLAͦ͠U޶f7ט  {u׉׉	 7cassandra://tSLrfG5_TEf4Dl7oBCLc2BLQ8r8wyKNc_-t58gu5FRQ `׉	 7cassandra://BCdXkgOeNoK4YVgxq_njElIVcAb1T0cU5Oztc09vtgggq`S׉	 7cassandra://F61xH_pn3JozkmiY5aKRHkz9c4yJEj8XBluOcrNXRg8`̵ ׉	 7cassandra://5CdeSMmKviAc_Tm2A425KMftJ79xI2aAwPh7lCBciYM̓͠U޶f7׉Esein des PME et de réduire leur taux de chômage.
L’objectif chiffré établi visait l’embauche de 60.000 personnes
issues des minorités ethniques avant la fin du mois
de décembre 2002. Une campagne de publicité massive fut
organisée (brochures, newsletters, tours d’appels téléphonique,
...) auprès des entreprises de manière à les informer
des objectifs de ce programme.
Une centrale téléphonique fut ouverte par le bureau de l’emploi
à destination des employeurs afin que ceux-ci puissent
signaler des vacances et être informés endéans un délai de
72 h de la présence de candidats disponibles pour le poste
vacant. Les résultats de cette convention furent plus qu’encourageants.
En
Grande-Bretagne, l’Ethnic Minority Outreach programme
(EMO) fut mis en place en 2002 par le département du travail
et des pensions (DWP) pour guider les chômeurs vers le
marché de l’emploi. Ce programme fut reconduit jusqu’en
septembre 2006. L’EMO s’adressait spécifiquement aux personnes
issues des minorités ethniques de manière à favoriser
leur insertion sur le marché de l’emploi, soit en leur trouvant
du travail, soit en les rapprochant de ce marché.
Trois types de services furent mis en place dans les secteurs
volontaires et communautaires. Il s’agit de la mise en place
d’un processus de sensibilisation dans les communautés ethniques,
de sensibilisation des employeurs et enfin de formation
dans le cadre d’actions positives. Si ce programme en
est resté à sa forme pilote, il a néanmoins rencontré un certain
succès en ce qui concerne la réalisation de ses objectifs
de base (13.000 personnes ont trouvé un emploi grâce à
ce programme et de nombreuses personnes se sont rapprochées
du marché de l’emploi grâce aux formations reçues).
Précisons
cependant, que l’EMO a rencontré quelques difficultés
au cours de sa mise en application. De nombreux soucis
de communication entre les différents acteurs du projet
créèrent des frustrations et ralentirent ainsi son bon fonctionnement
(manque d’habitude de soumissionnaires à travailler
avec le service de l’emploi, manque d’information des
employés de ce service, problèmes administratifs et bureaucratiques
entre les différentes sections du service de l’emploi
et du DWP, rémunération des contractants en fonction des
résultats obtenus et manque de clarté quant à la définition
de ces résultats,...).
En 1995, la Suède a lancé un projet de loi visant l’égalité des
sexes au sein des universités en créant 31 places de professeurs
devant être remplies de préférence par des femmes.
C’est ce que l’on a appelé les professorats « Tham ». Les universités
concernées devaient mettre en place une série d’actions
positives de manière à privilégier un équilibre entre les
sexes (un poste devait être rempli par un candidat du sexe
sous-représenté à condition qu’il remplisse les conditions nécessaires
et cela, même si un candidat du sexe opposé était
mieux qualifié).
Des plans de répartition et de remplissage des nouvelles
places entre les universités devaient être élaborés par cellesci
en collaboration avec les différents conseils nationaux de
recherche scientifique. Les facultés et domaines scientifiques
employant un taux relativement bas de femmes se voyaient
attribuer la priorité. En ce qui concerne les coûts relatifs à la
rémunération de ces nouveaux postes, ceux-ci furent répartis
entre le gouvernement, les conseils de recherche et l’université
concernée.
Visite du couple princier suédois à l’école pour migrants de Tensta, près de Stockholm.
8.4. Les emplois subsidiés
Ce type d’intervention suppose que le salaire d’un employé
soit pris partiellement ou entièrement à charge par une autre
personne que l’employeur, en général par l’Etat. Si ces emplois
ne visent en général pas forcément un groupe cible, il
n’en reste pas moins qu’ils sont une offre de travail privilégiée
pour les jeunes et pour les personnes issues des minorités
ethniques. Ces emplois sont de nature temporaire et doivent
servir de tremplin vers une insertion plus durable sur le marché
du travail, grâce à l’expérience professionnelle ainsi acquise
par les personnes ciblées.
En Suède, les step-in jobs et les new start jobs sont des
exemples de ce type d’emplois subsidiés. Les step-in jobs
s’adressent spécifiquement aux nouveaux immigrés et proposent
un travail en combinaison avec des cours de suédois.
Les employés doivent, pour pouvoir prétendre aux subsides,
entrer dans les critères spécifiques (être un nouvel arrivant),
mais l’employeur doit aussi soumettre le dossier aux autorités
qui décident de l’octroi ou non du subside sur base d’un test.
Sont concernées par les new start jobs, les jeunes, les étrangers,
les personnes âgées et les personnes présentant un
handicap, étant au chômage depuis plus de 12 mois. Dans
le cadre de ce type d’emplois, les subsides sont un droit pour
l’employeur qui les reçoit automatiquement sans devoir soumettre
de dossier.
Aux Pays-Bas, ce sont la Wetinschakelingwerkzoekenden
(WIW), soit la loi sur l’insertion des chercheurs d’emploi et le
Besluit in- en doorstroombanen (ID-besluit), soit l’arrêté sur les
emplois d’insertion et de promotion. Ces mesures accordent
48
׉	 7cassandra://zw_vAHzPna6ZzLVeRRWmxvl2Sc1TETa4STe1PN5ygnA"7`̵ U޶f7׉EBECI | livre blanc diversité
de l’emploi, aucune mesure d’action positive ne peut être
élaborée.
Les mesures prises lorsque les autorités sont partagées entre
l’obligation d’intervenir et le respect de leur électorat sont
souvent trop vagues que pour permettre de réels progrès
en la matière. L’ambiguïté apparaît alors dans la manière de
définir un désavantage, les personnes concernées par ce désavantage
ou encore l’égalité et les mesures à prendre. Les
différentes mesures d’actions positives risquent alors d’être
handicapées par ce type d’ambiguïté.
Andrew Crosby reprend la thèse énoncée par d’autres sociologues
avant lui, en expliquant le principe de la « chaise musicale
». Selon ce principe, les personnes issues des minorités
ethniques et sous-représentées sur le marché de l’emploi, qui
ont gravi les échelons de l’entreprise pour occuper un poste à
responsabilité auront plus de facilité à recruter des personnes
issues du même groupe.
8.6. Quelles mises en pratique
pour bruxelles ?
Toutes les mesures citées ci-dessus s’inscrivent dans un pays
qui a une culture et une législation propres.
La Belgique, et Bruxelles plus particulièrement, ont déjà pu
se doter d’un certain nombre d’outils proches de ceux utilisés
dans d’autres pays pour promouvoir la diversité, même si
certains peuvent être améliorés.
La mise en place des législations (à l’instar d’autres pays du
monde), à la fois fédérales et bruxelloises, permet aujourd’hui
un cadre strict d’interdiction de la discrimination.
aux communes des subsides leurs permettant de financer
une partie du salaire auprès d’un employeur ayant engagé
un chercheur d’emploi de longue durée.
D’après ces textes législatifs, ces emplois sont de nature temporaire
et doivent permettre au chercheur d’emploi de réintégrer
le marché du travail en progressant vers un contrat à
durée indéterminée et non-subsidié.
Les minorités ethniques sont surreprésentées dans ce type
d’emploi, et cela même s’il elles ne sont pas spécifiquement
visées par ces mesures. Ce type d’emploi subsidié a rencontré
un succès considérable auprès de ces populations.
8.5. Les autres facteurs de réussite
Outres les différents types d’intervention présentés, une série
de facteurs est à prendre en considération dans la mise
en œuvre de ces mesures, lesquels influence fortement les
actions menées en termes de lutte contre les discriminations
sur le marché de l’emploi.
La croissance économique est avancée comme un facteur
déterminant en ce qui concerne les taux de participation
des personnes issues des minorités ethniques au marché de
l’emploi.
La volonté politique et l’engagement sont un second facteur
à prendre en considération dans l’étude des actions menées
dans les différents pays. Sans volonté politique allant dans
le sens d’une lutte contre les discriminations sur le marché
Par ailleurs, de nombreux outils d’aide sont mis à la disposition
des administrations publiques et du secteur privé pour
améliorer la diversité dans leur secteur. Il s’agit notamment
de toutes les mesures généralistes d’aide à l’emploi. Ces mesures
d’emplois subsidiés ont prouvé leur efficacité au niveau
international.
Il y a lieu néanmoins d’améliorer certains paramètres pour
qu’ils trouvent leur efficacité. En effet, les entreprises, à côté
des réductions structurelles des charges, peuvent faire appel
aux réductions des cotisations patronales ainsi que des mesures
d’activation des allocations de chômage. Elles renvoient
à de nombreux profils, à des âges différents, des diplômes
différents… Par ailleurs, certaines mesures sont cumulables
et d’autres pas.
Ces mesures gagneraient à être harmonisées et simplifiées
afin de permettre une lisibilité et une simplification directe
pour les recruteurs.
Les interventions ciblées, également facteur de succès, dans
d’autres pays, sont mises en application sous une autre forme
par BECI, notamment par la promotion de la diversité lors des
Jobs Days.
Des mesures actives, également vecteurs de succès, sont
mises en place par BECI ; notamment des mesures de formation,
la mise à disposition de consultants en diversité, des
rencontres inter- entreprises, des campagnes et des articles
de sensibilisation,…
Mais pour développer la diversité, BECI conseille de mettre en
application les recommandations ci-après.
49
׉	 7cassandra://F61xH_pn3JozkmiY5aKRHkz9c4yJEj8XBluOcrNXRg8`̵ U޶f7U޶f7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://LZWkFdBeeilfX0dVptt_vw8XxUH0FIZVDflfQNlb2_w 
`׉	 7cassandra://LdPwuciyhN62_oYuUJ_6Ta3sbRDTeyZAaDzmDYeU3QYY_`S׉	 7cassandra://9cGVcfOOQezzbXHuM5LMsDl-hEkwyVAHbaXGt29S1rw`̵ ׉	 7cassandra://PJTbmqVFYOeLh7tF8u1hYJSxNlbxDu7yUfL9x7O-kuo͕T͠U޶g7ט  {u׉׉	 7cassandra://JwwUfx-CwqFlLswNhLGAFqAXsBb9WSJvpuyHzT2k5qk [}` ׉	 7cassandra://mtZ0TAuzE7hF0oH6ZSZtdmGbcGN4v9mqrbLuuNF8r2wP`S׉	 7cassandra://QFLgybBsG0OlBqTv71iXHxNcF0Z81uXg7shYB8IzIsM`̵ ׉	 7cassandra://YSD8kSn8hCmuxmSXM3E_cgIC4KKxsCewKszKcyHJKX0O:͠U޶h7׉EIX. Recommandations
La diversité sur le marché de l’emploi pourra être réussie si
elle est portée par l’ensemble des acteurs publics et privés et
ce dans tous les champs de la vie humaine, à savoir politique,
médiatique, culturel, associatif, économique, académique,…
Ce n’est que par l’appropriation de tous, en agissant aussi
bien en amont qu’en aval, que les chiffres de la discrimination
pourront commencer à diminuer.
Plusieurs champs méritent une attention profonde.
9.1. La diversite par tous
L’erreur qui est faite en matière d’égalité des chances et de
diversité est de mener des actions politiques uniquement
dans le champ professionnel.
Or, le marché de l’emploi n’est pas un champ qui fonctionne
et se régit dans un espace solitaire et fermé.
Le champ professionnel est un membre du corps social
fonctionnant en interaction avec tous les autres champs :
politique, culturel, associatif, familial, pédagogique, médiatique,...
Il
est, de facto, le reflet de la société toute entière. Aussi, les
stéréotypes, les préjugés, les « habitus » sont universellement
sociaux et sont inscrits partout et tout le temps.
Les actions menées, pour faire réussir la diversité, doivent
s’inscrire dans la société toute entière.
Les symptômes de cette inscription globale de la discrimination
dans toute la société sont nombreux. Lorsque des clients
émettent des réserves voire des oppositions à être servis ou
50
à être en contact avec certains profils de personnes, le problème
ne se situe pas d’un seul côté de la barrière et le chantier
déborde le marché de l’emploi.
C’est pourquoi BECI recommande, à l’instar de la politique
flamande, de mener une politique inclusive et coordonnée
d’égalité des chances où chaque ministre l’inclut dans ses
matières. Un ministre d’égalité des chances coordonnant les
actions de chaque ministre et initiant différentes initiatives
(affirmative actions…)
Soulignons également que les législations anti-discrimination,
bien que nécessaires, dans le sens où elles imposent un
cadre strict, s’avèrent peu efficaces en pratique en termes de
changement.
« Si la discrimination est perçue comme un phénomène collectif
pouvant prendre la forme d’une pratique institutionnalisée,
la lutte contre la discrimination par sanction s’avère
peu efficace ou insuffisante. Dès lors que les discriminations
apparaissent comme un phénomène structurel, ancré dans
les mentalités, une politique de sensibilisation et une politique
‘d’actions positives’ sont des options pour éradique le
problème. 1
»
Par ailleurs, vouloir tout solutionner par l’appareil judiciaire
n’est pas nécessairement pertinent. A la fois, parce que cela
fige et rigidifie, et de facto enferme à la fois les employeurs
mais également les publics touchés par la discrimination.
Il y a donc lieu de travailler sur tous les plans afin d’atteindre
une pleine maturité sociale en matière d’égalité des chances
et de promouvoir la diversité à tous les niveaux de la société.
׉	 7cassandra://9cGVcfOOQezzbXHuM5LMsDl-hEkwyVAHbaXGt29S1rw`̵ U޶h7׉EBECI | livre blanc diversité
9.2. Enseignement & qualifications
Il faudra agir profondément au niveau de l’enseignement
francophone. Il est aujourd’hui une usine structurellement
discriminante.
Les chiffres mentionnés en termes d’échec scolaire sont les
mêmes depuis des décennies ; seul un nouveau système
capable d’agir au niveau structurel pourra faire basculer les
chiffres positivement. La Belgique francophone pourra se
calquer notamment sur d’autres pays du monde qui ont incorporé
les changements dans leur enseignement, avec aujourd’hui
des taux de réussite majoritaires chez leurs élèves.
La dernière étude de Mc Kinsey a démontré qu’il était possible
de renverser les chiffres, en seulement 6 ans, en mettant
l’accent sur 4 volets :
• Inciter des personnes de qualité à devenir et à rester
enseignants.
• Améliorer de manière continue les pratiques pédagogiques
dans les salles de classes
• La mise en place d’équipes de direction de qualité
• Viser la réussite de chaque élève
D’autres actions, plus ciblées, devront compléter ces changements
institutionnels. Il faudra notamment :
• Ouvrir plus largement l’enseignement classique
aux enfants porteurs d’un handicap pour incorporer
la diversité dans sa « naturalité » et non plus
comme une marginalité. Actuellement, seuls 2069
enfants porteurs d’un handicap sont intégrés dans
l’enseignement ordinaire via le décret Intégration.
La Belgique se trouve à ce sujet en porte-à-faux avec la
Convention de l’ONU relative aux droits des personnes
handicapées ratifiée en 2006. Cela devra passer également
par l’amélioration des structures corporelles et
humaines d’accueil.
• Former les équipes pédagogiques (professeurs, directions
d’école) à la diversité.
• Améliorer le bilinguisme des demandeurs d’emploi.
9.3. Formations & actions positives
• Formations en diversité : aujourd’hui, étant donné l’évolution
de la société et sa démographie, les ressources humaines
doivent disposer de tous les outils en adéquation
avec sa réalité sociale.
Aussi, chaque responsable de ressources humaines, devrait
suivre régulièrement des formations en diversité afin de
pouvoir sortir des réflexes inconscients et disposer de tous
les talents.
• Les actions positives : les exemples d’actions positives (méthodes
d’incorporation développant la diversité) développés
dans ce livre blanc sont nombreux mais non exhaustives.
La cellule diversité de BECI peut également conseiller
aux entreprises d’autres actions spécifiques sur mesure à
chaque entreprise.
9.4. Mesures emploi
> DIMINUTION DES CHARGES
Les charges sur l’emploi sont particulièrement lourdes pour
les entreprises, en soi elles constituent, de manière générale,
un frein indirect au recrutement.
Lors de l’enquête diversité, BECI a interrogé les entreprises en
leur demandant de choisir deux mesures qu’elles jugent nécessaires
afin de promouvoir la diversité. Elles ont principalement
plébiscité l’accompagnement pédagogique, la consultance
et les incitants fiscaux comme outils positifs.
Ces diminutions de charges, particulièrement pour les travailleurs
âgés, devront s’intégrer harmonieusement avec la
6e
réforme de l’état qui régionalise les politiques d’activation
des allocations de chômage et les politiques de réduction des
cotisations ONSS.
> SIMPLIFICATION ET HARMONISATION :
Dans le cadre de la régionalisation des politiques de l’emploi,
Beci recommande également une simplification et une
harmonisation des aides financières octroyés aux entreprises
en ce qui concerne les mesures d’activation et de réduction
ONSS.
Graphique 17 : Je pense que de nouvelles mesures de soutien sont nécessaires pour inciter à la diversité en entreprise :
(Deux réponses possibles.)
0%
Pédagogie
(prévention; formation…)
Consultance (en diversité,
Change management…)
Incitants fiscaux
Non
Autres ? Précisez
10%
20%
30%
40%
51
׉	 7cassandra://QFLgybBsG0OlBqTv71iXHxNcF0Z81uXg7shYB8IzIsM`̵ U޶h7U޶h7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://NZO_ox97uqs3i5ZrruJ2Kk8RhzIT_DFRlfz6anc1cFg _` ׉	 7cassandra://klJ7QrShK4I0-7zDwbbip_j5KOantvE7MGGj6nepwX4h`S׉	 7cassandra://y77LEstHN1QmZUq3omkqvWn6vKkyNbiW6dubK7lQreY`̵ ׉	 7cassandra://FCI0zDkuezGG3HlSEzpKapbZxFeLppPsWG-wsZfZIMAf|͠U޶i7ט  {u׉׉	 7cassandra://PZuQE9O_mRA9IIiMYxqhbryoCpu879GB1MXsQOi0uFE `׉	 7cassandra://428anEHCR_RoCMm4xTpSo0RI9JHlj_H1J2yE4ysSY4sb`S׉	 7cassandra://WxqfnPcNY1h-DZwOVq6c1qO8lZTocR0k5AlG9TwSo9s`̵ ׉	 7cassandra://6EjhRbZmpxt4YkzSTi-M9SfkQ06C_PYwGQyeGd-wwz4͙͠U޶j7׉EBElles sont aujourd’hui très nombreuses et ne permettent pas
une lecture directement lisible pour les entreprises.
> MODIFIER LA LEGISLATION
Calquer la législation bruxelloise sur la législation flamande
en modifiant au niveau législatif le groupe cible « travailleurs
de nationalité étrangère » par « travailleurs d’ascendance
étrangère » institué par l’Arrêté du Gouvernement de la Région
de Bruxelles-Capitale relatif aux plans de diversité et au
label de diversité du 7 mai 2009. Cette modification devrait
répondre plus adéquatement à la sociologie bruxelloise et
à la réalité des profils des personnes discriminées. Actuellement,
cette législation passe, pour une part, à côté de son
objet de par cette restriction.
D’autres paramètres peuvent cibler positivement les personnes
d’origine étrangère en évitant l’effet stigmatisant. Il s’agit notamment
de faire référence à « la langue maternelle » des
personnes d’origine étrangères. Cette donnée est aisément
insérable à la fois dans un cv ou un appel de fonction.
Ainsi, les appels de fonctions pourraient concerner les personnes
qui ont, outre une des deux langues nationales, une
autre langue maternelle.
> ELIMINER LES PIEGES A L’EMPLOI
Les personnes porteuses d’un handicap perdent leur allocation
de handicap une fois qu’elles retrouvent un emploi. Si
elles veulent retrouver leurs allocations, elles doivent repasser
par toutes les procédures de reconnaissance qui sont non
seulement longues mais lourdes, administrativement et
humainement.
BECI recommande de simplement suspendre le bénéfice de
ces allocations durant la mise à l’emploi et de les réaccorder
automatiquement lors de la perte d’un emploi ou d’allocations
de chômage.
BECI
recommande également
de
raccourcir
les
délais
d’attente de décision pour les personnes en situation de
handicap, à la fois concernant l’octroi des allocations pour
handicap mais également concernant les aides à l’emploi.
En effet, l’octroi des aides à l’emploi aux employeurs arrive
souvent très tard après l’engagement, ce qui freine énormément
les entreprises. Le problème se pose d’autant plus pour
des engagements à court terme.
Par ailleurs, à l’instar d’autres pièges à l’emploi, la différence
n’est parfois pas très élevée entre les allocations de handicap
(et les aides parallèles) et un salaire professionnel.
> AUTRES
• Tracer des trajectoires d’insertion socioprofessionnelle et
de formations correspondant aux profils recherchés sur le
marché de l’emploi.
• Pour les fonctions critiques, qui ne nécessitent pas de
qualification de l’enseignement supérieur, construire des
trajectoires d’insertion socioprofessionnelle et de formations
plus directs.
• Améliorer notamment l’information à ce sujet auprès
des demandeurs d’emploi. En effet, des études tendent
à démontrer que les discriminations semblent s’atténuer
dans les fonctions critiques, qu’elles demandent de hautes
qualifications ou pas.
• Promouvoir l’apprentissage des langues, notamment par la
gratuité, jusqu’au bilinguisme pour les demandeurs d’emplois.
•
Intégrer la diversité dans les programmes de cours des
Hautes Ecoles et Universitaires pour les orientations concernées
: ressources humaines, management,…
• Mieux faire connaître aux demandeurs d’emploi les services
de sélection et recrutement privés (intérims,…).
• Evaluer de manière objective les tests de sélection. Certains
pourraient contenir des références culturelles de nature
mono-culturelle et des personnes ayant des schèmes
de perception ou de pensée bi-culturels pourraient être
« indirectement » sanctionnées par les réponses qu’elles
donnent.
« La discrimination peut découler des tests de sélection euxmêmes
qui peuvent contenir des éléments culturels (non liés
à l’évaluation des compétences et des qualifications) propres
à disqualifier les personnes de nationalité ou d’origine étrangère.
» 2
Une étude objective portant sur les tests de sélection serait
pertinente sur le marché de l’emploi.
9.5. MOBILITE PROFESSIONNELLE
INTER-REGIONALE
Améliorer la mobilité professionnelle des demandeurs d’emploi
serait à la fois positif pour les demandeurs d’emploi et
les employeurs.
En effet, le taux de jeunes sans diplôme de l’enseignement
secondaire est important en Région bruxelloise, qui propose
insuffisamment d’offres d’emplois pour les personnes infraqualifiées.
Par
contre, les deux autres régions offrent davantage d’emplois
à qualification basse et intermédiaire. Les besoins en
diplômés de l’enseignement supérieur ou universitaire n’est
« que » de 38,5 % en Région Flamande et 37,8% en Région
Wallonne.3
Aussi, améliorer la mobilité professionnelle interrégionale
peut être positif pour tout le monde.
Cette mobilité concerne plusieurs axes :
• Favoriser également la coordination interrégionale en matière
de formation-emploi afin de développer des axes de
formation pertinents menant à un emploi dans les deux
autres régions également.
• Favoriser la concertation structurelle des organismes publics
régionaux de mise à l’emploi (Actiris, VDAB, Forem)
avec les organismes de formations, d’OISP, …
• Développement des transports inter-régionaux : de par la
régionalisation de la mobilité et des transports publics, BECI
recommande de lever les obstacles politiques afin que les
secteurs privés puissent organiser la mobilité des travailleurs.
La première zone de facilité doit impérativement aller
vers la périphérie étant donné que la zone économique de
Bruxelles dépasse largement la Région.
Les employeurs et les chercheurs d’emploi pourraient ainsi
mieux rencontrer leurs objectifs mutuels.
1. ADAM, Ilke, « Immigrés et minorités ethniques sur le marché de l’emploi. Les politiques publiques en question ? », dans Marco MARTINIELLO et al. (dir), Immigration et intégration en Belgique Francophone. Etat des savoirs.
Louvain-la-Neuve, Bruylant-Academia, 2006, p.185 • 2. Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le racisme & Business et Society Belgium. 2006. L’entreprise et la diversité : quelles mises en pratique ? Bruxelles.
p.20 • 3. Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux 2012. Bruxelles.
52
׉	 7cassandra://y77LEstHN1QmZUq3omkqvWn6vKkyNbiW6dubK7lQreY`̵ U޶j7׉EPrésentation du Livre blanc de la Diversité, le 17 juin dernier au siège d’AG Insurance. De gauche à droite : Hayate El Aachouche (BECI), Thierry Willemarck (Président de BECI), Antonio
Cano (CEO d’AG Insurance), Kathleen Beyens (Human Resources Manager Sodexo) et Jean-Claude Daoust (administrateur délégué de Daoust).
X. Conclusion générale
La discrimination est présente partout dans tous les aspects
de la sphère humaine. Elle est « extraordinairement ordinaire
»1
et indirects.
Parmi les causes qui participent indirectement au manque de
diversité, citons notamment notre enseignement qui est en
soi une usine discriminante. Outre le fait qu’il produit chaque
année des taux d’échec massifs, il est profondément inégal,
dans le sens où il se partage dichotomiquement entre écoles
porteuses de réussite et écoles porteuses d’échec.
Cela conduit, sans surprise, à un taux d’élèves important
qui sortent chaque année sans diplôme du secondaire avec
comme résultat un quart des demandeurs d’emploi qui n’ont
pas de diplôme du secondaire supérieur. Quant au niveau
global de notre enseignement, il se trouve en dessous de la
moyenne des pays de l’OCDE.
Cette réalité des demandeurs d’emploi vient se mettre en
tension avec la réalité des besoins du marché de l’emploi, où
près de 60 % (56 %) nécessitent un diplôme de l’enseignement
supérieur.
De plus, le manque de connaissances du néerlandais constitue
un frein important sur le marché de l’emploi bruxellois.
Par ailleurs, la diversité repose sur un socle globalement défavorable
aux entreprises, à savoir des charges élevées sur
le travail. Ceci va quantitativement limiter le développement
des ressources humaines.
Ces éléments sont donc à prendre en compte dans toute mesure
visant à favoriser la diversité sur le marché de l’emploi.
Cette diversité peut encore être largement développée sur le
marché du travail comme en attestent les dernières mesures
et sa genèse est due à la fois à des facteurs directs
établies par les institutions publiques et académiques. Elles
confirment les études précédentes en matière de discriminations,
à savoir des difficultés d’accès à l’emploi et d’évolution
professionnelle pour certains publics de personnes.
Le monitoring socio-économique a l’avantage d’avoir mesuré
très précisément cette discrimination d’un point de vue
macro, tant au niveau national que régional.
Il a ainsi montré que le taux d’emploi des personnes d’origine
belge (74,2 %) est largement supérieur au taux d’emploi
des personnes d’origine étrangère (qui reste entre 38
et 53 % selon le groupe d’origine).
Des taux de chômage supérieurs et de plus longue durée
des personnes d’origine étrangère, par rapport aux
personnes d’origine nationale, montrent également des
symptômes de discrimination. Cette discrimination est particulièrement
interpellante pour les groupes comprenant
les personnes d’ascendance turque ou d’ascendance marocaine
qui connaissent, aujourd’hui, les plus haut taux de
chômage et ce quel que soit l’âge. Elle interroge particulièrement
quand on sait que c’est avec le Maroc et la Turquie
que la Belgique a établi des conventions bilatérales il y a 50
ans pour un besoin de main d’œuvre.
En ce qui concerne l’âge, il apparaît que le coût pour les employeurs
pour des personnes de plus de 45 ans est particulièrement
important. Des mesures de réduction patronales plus
importantes pour les personnes de plus de 45 ans pourraient
faire évoluer positivement les chiffres.
Cette discrimination peut ainsi être plus facilement levée,
par ces incitants financiers, contrairement aux autres profils
de discrimination où les préjugés, les stéréotypes, les a priori
dominent plus fortement.
53
׉	 7cassandra://WxqfnPcNY1h-DZwOVq6c1qO8lZTocR0k5AlG9TwSo9s`̵ U޶j7U޶j7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://7x_3ZvtilA_59Scec5L-3VzHMBO9zwVnLGH9fbISWd0 !c` ׉	 7cassandra://l4QRQsU789S0FcCYLXvIAoOf4Wi_zGgHhCiLm7GefCIW`S׉	 7cassandra://a7FFmnMjeWpLo2GBOP-hkTcRKHajBZKQHHOa76K3s3g3`̵ ׉	 7cassandra://w0ZAt93wZAAABnYJqF88uCIoyW-OI-lf_PKVjJaEq28Ij͠U޶k7ט  {u׉׉	 7cassandra://YAH5GnUAOCOmnKdZQrGUk_wvgVSJGyLliUlYlBEEVuU \`׉	 7cassandra://MF9JX6wuomFXeRsI3jnhlSV4EJVk42DIHN6yFaLjwQU\~`S׉	 7cassandra://DQlKs2meryZe6z83aL7Mwd-j-rV4HxD19sd0wHSRBQ4`̵ ׉	 7cassandra://8rr0sHqw-TpRqt8JN3SE0Fba4t7ivrtEwKOOcDH9Qpsͮ͠U޶k7ĒנU޶m7ˁ l9ׁH "http://lalibre.be/actu/belgique/leׁׁЈנU޶m7ʁ >9ׁHhttp://ropa.eu/rapid/pressׁׁЈ׉E!La discrimination en matière de genre montre toujours des
différences significatives sur le plan salarial mais également
une sous-représentation dans les positions hiérarchiques supérieures.
Les
données établies par le monitoring ont également permis
de montrer que le fait de cumuler des caractéristiques
discriminantes était en soi doublement difficile sur le marché
de l’emploi. Cela rend les murs doublement épais, tant sur
le plan horizontal (accès à l’emploi) que vertical (accès aux
positions hiérarchiques supérieures).
Ainsi, en matière de genre, le plafond de verre s’épaissit
doublement voire triplement lorsque les femmes cumulent
d’autres caractéristiques : origine étrangère, âge, handicap,…
Dans cette perspective, il y a lieu donc d’être particulièrement
attentif aux actions politiques et privées menées en matière
de genre. Pour tous les autres profils, le fait de cumuler les
caractéristiques discriminantes peut également compliquer
sérieusement les choses sur le marché du travail: âge et handicap,
âge et origine étrangère,…et ce, pour les deux sexes.
Un cumul qu’il faut également prendre en considération dans
les actions menées.
Mais la genèse de ces discriminations est multiple et ne se
situe pas, comme nous l’avions démontré, uniquement dans
un racisme pur et dur ou dans une sorte de « machisme »
simplement « machiste ». Loin de là. Elle se situe au carrefour
de causes exogènes et de causes endogènes.
Les causes exogènes se situent comme nous l’avons vu à
la fois autour de productions étatiques (enseignement,…)
mais elle est également inscrite partout dans la société. Elle
est présente dans tout le paysage social à travers des mécanismes
de valorisation sociale et de dévalorisation (médiatique,
politique, social, associatif,…) qui construisent ces
discriminations.
Elles deviennent endogènes et s’inscrivent à l’intérieur de
tout être humain qui reproduit à travers des « habitus » -
des dispositions acquises qui construisent des catégories de
perception, appréciation et actions - et qui « dirigent » les
comportements de sélection, recrutement et gestion des ressources
humaines.
De manière globale, les différences significatives, en termes
de genre, d’ascendance, de handicap, d’âge, ne pourront
être effacées que par deux méthodes : inculcation et incorporation.
Les méthodes d’inculcation font notamment référence
aux formations en diversité, aux sensibilisations,..
Les méthodes d’incorporation sont des actions positives dont
nous avons cité plusieurs exemples dans ce livre.
Ces actions sont multiples, tant sur le plan horizontal que
vertical, et peuvent s’inspirer notamment des pratiques développés
par les entreprises et présentées dans ce livre blanc.
Car le pari peut être gagnant ! Les entreprises sont nombreuses
à témoigner des facteurs de réussite et de succès
économiques par l’incorporation de la diversité en leur sein.
Lorsqu’on interroge les entreprises sur les raisons qui leur ont
fait développer la diversité, 52 % révèlent qu’elles se sont engagées
pour améliorer la gestion de leur ressources humaines
et 31 % pour améliorer leur performance économique.2
Citons notamment l’exemple de cet hôtel en Suède qui a vu
le nombre de ses nuitées exploser de par les accommodements
multiples qu’il a mis en place pour les non-voyants,
les malentendants, les personnes à mobilité réduite,… Ainsi,
cet hôtel, en intégrant un personnel avec un handicap, a pu
développer sa créativité économique et devenir un lieu privilégié
pour les personnes porteuses d’un handicap.
Les études sont également nombreuses à avoir montré la
performance économique augmentée dans les entreprises
ayant des femmes dans leur top management. Probablement
parce qu’allier les schèmes différents mais complémentaires
en termes de genre, dans les fonctions supérieures, contribue
à une vraie complémentarité et développe les performances
globales de l’entreprise.
De même, avoir du personnel multi-culturel apporte de nombreuses
richesses à la fois humaines et économiques. Les entreprises
ayant réalisé cette diversité rapportent notamment
que cela leur permet de mieux comprendre et donc de mieux
rencontrer les besoins de leur clientèle. Ces équipes diversifiées
contribuent également à augmenter la créativité générale de
l’entreprise et ainsi sa performance globale.
Aussi, la diversité est un ADN où se déploient de multiples
chromosomes : peurs, incompréhensions, tensions, indifférences,
stéréotypes, habitus mais également ressources, richesses,
potentialités, créativités, performances, …
Mais c’est l’appropriation de la diversité, par tous les acteurs
(politiques, économiques, associatifs, médiatiques,…) et la
mise à distance des a priori qui pourra faire de celle-ci une
réussite et une richesse sur tous les plans : humain, politique
et économique.
1. bourdieu • 2. INERGIE. Bilan diversité 2014. Site web sur INTERNET. < http://www.inergie.com/bilan-diversite-2014>.
54
׉	 7cassandra://a7FFmnMjeWpLo2GBOP-hkTcRKHajBZKQHHOa76K3s3g3`̵ U޶k7׉EXI. Références
• ADAM, Ilke. 2006 « Immigrés et minorités ethniques
sur le marché de l’emploi. Les politiques publiques en
question ? », dans Marco MARTINIELLO et al. (dir), Immigration
et intégration en Belgique Francophone. Etat des
savoirs. Louvain-la-Neuve, Bruylant-Academia.
• ADAM, Ilke. 2006. « Les immigrés et leurs descendants
sur le marché de l’emploi. Qu’en savons-nous en Belgique
francophone (1989-2004) ? », dans Marco MARTINIELLO
et al. (dir), Immigration et intégration en Belgique
francophone. Etat des savoirs, Louvain-la-Neuve,
Bruylant-Academia.
• Beci. Juin 2015.. La compétence au-delà du handicap.
Bruxelles Metropole.n°5.
• BOURDIEU, Pierre.2002. La domination masculine, Paris,
Editons du Seuil, .
• Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le racisme
& Business et Society Belgium. 2006. L’entreprise
et la diversité : quelles mises en pratique ? Bruxelles.
• Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le
Racisme. 2009. Discriminations des personnes avec un
handicap. Bruxelles.
• Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme.2012.
Baromètre de la Diversité : Emploi. Bruxelles.
• Commission européenne Justice. 2011. Les Chartes de
la Diversité en Europe : comprendre les avantages pour
l’entreprise. Gérer la diversité au travail. Luxembourg.
• Commission Européenne - Eurostat : Communiqué de
presse 2/12/2014 (184/2014) : Situation des personnes
handicapées dans l’UE : Moins d’1 adulte handicapé sur
2 avait un emploi dans l’UE28 en 2011. Voir : http://europa.eu/rapid/press-release_STAT-14-2283_fr.htm
•
Crosby, A.2013. « Etude comparative sur les modèles de
politique publique relatifs à la notion « d’action positive
» en matière de politique de discrimination et de diversité
sur le marché de l’emploi », GERME ULB.
• DEMONTY, Bernard. 30 juin 2011. « Le cv anonyme,
c’est joli, mais pas efficace », La Libre Voir : http://www.
lalibre.be/actu/belgique/le-cv-anonyme-c-est-joli-maispas-efficace-51b8d5b3e4b0de6db9c1fe4d
•
DE RUDDER, Véronique et al., 2000. L’inégalité raciste.
L’universalité républicaine à l’épreuve, Paris, Presses Universitaires
de France.
55
׉	 7cassandra://DQlKs2meryZe6z83aL7Mwd-j-rV4HxD19sd0wHSRBQ4`̵ U޶k7ƁU޶k7Ł{בCט   {u׉׉	 7cassandra://EAqR6PuNkEGrWjBh6FPA142BF_XJ0ZinFme5dw-vVXU M` ׉	 7cassandra://kMTH3_A7Q6Kq1xdeReY34451KKjso9Jb9OhGsasnhxgW`S׉	 7cassandra://_D1jgw21P7YJdRcTHMUGmg1glV5YPkiuedF-D4bTvVI`̵ ׉	 7cassandra://VK_UZEd4FI0n7Pb0merZWUkFG899wmlCA4QmdXvT4yQH͠U޶m7ט  {u׉׉	 7cassandra://7A_2N-GBDKmii7WOMFRboli2YSP8C48jkKR16SPvUOA `׉	 7cassandra://NhVfnnWNrLKiD9731zvQnIguKLPIijsuBTtAcncpJsQ͜D`S׉	 7cassandra://0-p2ERl88CEzfFXgr98O7T-OYshCqPBKKaxlXlc4Eto6^`̵ ׉	 7cassandra://5qMskM8IbWqiUOG-tCBpb5if9STxYw729TXWGEIJVI0  ͠U޶n7 נU޶o7 5J9ׁH ,http://fgov.be/fr/binaries/analyse_fr_tcm326ׁׁЈנU޶o7 \O9ׁH 8http://selsstudies.be/medias/publications/FR_79_EGB9.pdfׁׁЈנU޶o7 Ln9ׁHhttp://www.brׁׁЈנU޶o7߁ }h9ׁHhttp://revues.org/1200ׁׁЈנU޶o7ށ Al=9ׁHhttp://2012.SiׁׁЈנU޶o7݁ f%9ׁH 2http://www.brusselsstudies.be/medias/publications/ׁׁЈנU޶o7܁ 9ׁH !http://www.afsp.info/congres2011/ׁׁЈנU޶o7ہ @C9ׁH 7http://ploi.belgique.be/publicationDefault.aspx?id=3616ׁׁЈנU޶o7ځ ܁+9ׁHhttp://moduleDefault.asׁׁЈנU޶o7ف ˁ9ׁHhttp://www.emploi.belgique.be/ׁׁЈנU޶o7؁ ~r9ׁH  http://cietes-2010-1-page-167.htׁׁЈנU޶o7ׁ a9ׁHhttp://www.cairn.info/revueׁׁЈנU޶o7ց }ˁ$9ׁH 1http://dies.be/medias/publications/FR_73_EGB5.pdfׁׁЈנU޶o7Ձ P̙9ׁHhttp://www.brׁׁЈנU޶o7ԁ }̎9ׁHhttp://www.iefh-action.be/ׁׁЈנU޶o7Ӂ ~19ׁHhttp://www.inergie.com/bilanׁׁЈנU޶o7ҁ }k9ׁH &http://www.goodwill-management.com/nosׁׁЈנU޶n7с }	m9ׁH 4http://www.enseignons.be/actualites/2013/08/07/echecׁׁЈנU޶n7Ё ~\9ׁHhttp://Enseignons.beׁׁЈ׉E• Enseignons.be asbl. 2013. Le Taux d’échec varie selon
le basin scolaire. Site web sur internet. Voir: <http://
www.enseignons.be/actualites/2013/08/07/echec-scolaire-bassin>.
•
FASSIN Didier & FASSIN Eric. 2009. De la question sociale
à la question raciale, Paris, La Découverte.
• Goodwill Management : Diversité du capital humain et
performance économique de l’entreprise. Voir : http://
www.goodwill-management.com/nos-publications.html
• INERGIE. Bilan diversité 2014. Site web sur INTERNET. <
http://www.inergie.com/bilan-diversite-2014>..
• Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes. 2011.
Femmes et Hommes en Belgique : Statistiques et indicateurs
de genre. Bruxelles.
• Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes. 2014.
L’écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique.
Rapport 2014. Bruxelles.
• Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes.
Bonnes pratiques. Site web sur INTERNET. Voir : http://
www.iefh-action.be/> )
• Janssens, R. et al., « L’enseignement à Bruxelles », Brussels
Studies, janvier 2009, Voir : http://www.brusselsstudies.be/medias/publications/FR_73_EGB5.pdf
•
Landrieux-Kartochian Sophie, « Femmes aux commandes,
entreprises performantes? », Travail, genre et
sociétés 1/ 2010 (n° 23), p. 171-179
• Laufer Jacqueline, Paoletti Marion, « Spéculations sur les
performances économiques des femmes », Travail, genre
et sociétés 1/ 2010 (n° 23), p. 167-170
Voir : http://: www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2010-1-page-167.htm.>..
•
LAUWERS, Michel. Les femmes managers rapportent
toujours plus gros. Le Journal L’Echo. Samedi 10 janvier
2015
• McKinsey&Company, « Les clés du succès des systèmes
scolaires les plus performants », 2007.
• Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de
l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux
2013. Bruxelles.
• Observatoire Bruxellois de l’emploi. 2014. Le marché de
l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale : Etat des lieux
2012. Bruxelles.
• Observatoire bruxellois de l’emploi. 2014. Focus : Aperçu
de la situation des travailleurs « seniors » sur le marché
de l’emploi bruxellois. Bruxelles.
• Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation
Social & Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte
contre le Racisme. 2013. Monitoring socio-économique.
Bruxelles.
• Service Public Fédéral : Emploi, Travail et Concertation
Sociale. 2014. Répartition de l’emploi par secteur. Site
web sur internet. Voir : http://www.emploi.belgique.be/
moduleDefault.aspx?id=21166#AutoAncher1. Dernière
consultation : 14-06-2014
• SPF Emploi, Travail et Concertation Sociale. 2005. Clés
pour les aménagements raisonnables au profit des personnes
handicapées au travail. s.l. Voir : http://www.emploi.belgique.be/publicationDefault.aspx?id=3616
•
TANDE, Alexandre, « Cheval de Troie ou « écran de fumée
» : dans quelle mesure les plans de diversité de la
Région de Bruxelles-Capitale peuvent-ils empêcher les
discriminations ethniques et raciales sur le marché du
travail ? », Site de l’Association française de Science Politique,
2011, voir : http://www.afsp.info/congres2011/
sectionsthematiques/st22/st22tande.pdf
• VANDERMOTTEN, Christian et al., « L’économie bruxelloise
», site de Brussels Studies, janvier 2009. Site web
sur INTERNET. Voir :
http:// www.brusselsstudies.be/medias/publications/
FR_76_EGB7.pdf
• WAGNER, Anne-Catherine, « Habitus », Sociologie [En
ligne], Les 100 mots de la sociologie, mis en ligne le 01
mars 2012.Site web sur INTERNET,voir : http://sociologie.
revues.org/1200
• Observatoire Bruxellois de l’emploi.2013. Jeunes dans
la précarité. La position des jeunes adultes vis-à-vis du
marché de l’emploi en RBC. Bruxelles
• REA, Andréa et al., « Les jeunesses bruxelloises : inégalité
sociale et diversité culturelle », Brussels Studies, Février
2009, Site web sur INTERNET. Voir : « http://www.brusselsstudies.be/medias/publications/FR_79_EGB9.pdf
•
RINGELHEIM, Julie & VAN DER PLANCKE, Véronique,
Plans de diversité dans l’entreprise : action positive
ou communication positive ? Le cas de la Région de
Bruxelles-Capitale in Ch. Bayart, S. Sottiaux et S. Van
Drooghenbroeck (dirs), Actualités du droit de la lutte
contre la discrimination, La Charte/die keure, Bruges,
2010, 309-352.
• S.P.F. Economie, P.M.E.,
Classes Moyennes et Energie.
2012. Le marché du travail en Belgique en 2012.
Bruxelles. Site Web sur INTERNET. Voir : http://statbel.
fgov.be/fr/binaries/analyse_fr_tcm326-238812.pdf.
56
׉	 7cassandra://_D1jgw21P7YJdRcTHMUGmg1glV5YPkiuedF-D4bTvVI`̵ U޶n7׉E׉	 7cassandra://0-p2ERl88CEzfFXgr98O7T-OYshCqPBKKaxlXlc4Eto6^`̵ U޶n7΁U޶n7́{בCט   {u׉׉	 7cassandra://T-karlUrJzOsRks2YOwaoad0ZjHnWdpDVqKd0ZvUxpk z`׉	 7cassandra://ozMtnzoAZmOoZ1eSd3-2kttrByAN5lSihXIY9AXmxlYhm`S׉	 7cassandra://bs_sboOOXZd4_PJ3U2Z5pRgeLhc87eU0NeWES97ky3E#c`̵ ׉	 7cassandra://WdDn4iRiIZ6vJtRrvfu1xo6V9Ad5M6qGbKDSARL823Y͠U޶x7נU޶x7 h.q9ׁHmailto:bem@beci.beׁׁЈ׉ELa diversité
une force pour votre entreprise !
La société bouge et votre entreprise bouge avec elle.
Pour pouvoir tenir la distance dans la course de fond à des performances
optimales, vos ressources humaines ont besoin de l’impulsion nécessaire
qui leur garanti bien-être, écoute et inclusion!
Saviez-vous que…
Des équipes managériales mixtes en termes
de genre boostent les chiffres d’affaires ?
Des équipes mixtes culturellement augmentent la
créativité interne et donc la performance ?
Allier jeunesse et maturité dans vos équipes,
c’est allier sagesse et innovation ?
Appropriez-vous les aides mises à votre disposition !
BECI vous accompagne dans vos démarches
de recrutement avant, pendant et après celui-ci.
Faites appel à la Cellule Diversité de BECI – Des conseillers
à l’écoute de vos besoins et au service de votre entreprise.
Contact : Bouchra El Mkhoust - 02/643.78.20 (bem@beci.be)
׉	 7cassandra://bs_sboOOXZd4_PJ3U2Z5pRgeLhc87eU0NeWES97ky3E#c`̵ U޶x7׈EU޶x7U޶x7{ !2015.09 livre-blanc-diversite-webU޶C..,n