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MAGAZINE
N° 11 Du 16 Novembre 2020
Professeur
Aly TANDIAN
Président de l'observatoire
sénégalais
des migrations
Mme Fatoumata
NDIAYE
Conseillère en Emploi-Responsable du Programme des
Centres d’Initiative pour l’Emploi Local (CIEL)
L’objectif général des Missions
locales pour l’Emploi et
l’Entrepreneuriat est de renforcer
la territorialisation des initiatives
de création d’emploi...
"
M. Demba DIOP
Inspecteur du Travail et de la Sécurité Sociale
Ancien Directeur de l'Emploi du Sénégal
Fondatrice de K&R Design
Mame Anta Loum
Le Sénégal a enregistré des
performances réelles en
termes de croissance économique
et de création d'opportunités
pour les jeunes mais
la demande reste entière."
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ENTRETIEN EXCLUSIF
M.Demba DIOP
"Le Sénégal a enregistré des performances réelles en termes de croissance économique
et de création d'opportunités pour les jeunes mais la demande reste entière."
P.22
P.10
P.16
ENTRETIEN PORTRAIT
Mme Fatoumata NDIAYE
Conseillère en Emploi-Responsable du Programme
des Centres d’Initiative pour l’Emploi Local (CIEL)
"L’objectif général des Missions locales pour l’Emploi et
l’Entrepreneuriat est de renforcer la territorialisation des
initiatives de création d’emploi..."
AVIS D'EXPERT
Professeur Aly TANDIAN
P.44
DÉCOUVERTE
Mame Anta Loum
Président de l'observatoire sénégalais des migrations Fondatrice de K&R Design
"K&R Design est une société de conseil en
design intérieur."
Page 2-Biramawa Magazine-Novembre 2020
SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE -
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-
- SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
P.7
ÉDITO
Waly NDIAYE
Fondateur de Biramawa
Et si l'emploi était notre fer de lance ?
P.8
ÉDITION SPÉCIALE
Michèle BURON-MILLET
Appel aux dons
Créatrice de la pouponnière “Vivre Ensemble” de Mbour
P.20
LE COIN D'AUTRUI
Ayoba FAYE
Journaliste d’investigation-Rédacteur en chef Pressafrik
" Nous présentons nos sincères condoléances à toutes
les familles qui ont perdu un proche dans la mer."
P.34
VEILLE ET INTELLIGENCE DES AFFAIRES
Moustapha FAYE
Chercheur en Marketing Stratégique – UGB
L'entrepreneuriat
- SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 3
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P.38
À L'ÈRE DU NUMÉRIQUE
Aicha kassé LAWSON
Cyberharcèlement scolaire : le cauchemar des ados
Présidente & Fondatrice de l'association Dunya Ethic
P.42
DÉVELOPPEMENT PERSONNEL
Abdoulaye NDIAYE
Chancelier des Affaires étrangères
Économiser de l'argent
P.50
LA CVTHÈQUE
Raymond Carvalho de Alvarengo
contactez-nous: contact@biramawa.com
Adresse postale : Île-de-France, France
Éditeur : Waly NDIAYE
Page 4-Biramawa Magazine-Novembre 2020
SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
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Chercheur en Droit privé
Expert maritime en formation
Ayoba FAYE
Journaliste d’investigation
Rédacteur en chef Pressafrik
Moustapha FAYE
Chercheur en Marketing Stratégique – UGB
Omar Mallé SAKHO
Doctorant à l’Université Cheikh Anta Diop
Laboratoire LARHISA.
Thierno NGAMB
Agronome
Spécialiste en Sécurité Alimentaire et Résilience
Guilaye TINE
Designer-Digital Marketer-Telemarketer
CEO IN'FINITY
Djiby SADIO
Photographie
CEO Studio 13
Alioune FALL
Juriste d’Affaires
Inspecteur du travail et de la sécurité Sociale
Abdoulaye NDIAYE
Chancelier des Affaires Étrangères
Docteur Benjamin NDOUR
Médecin généraliste
Khadime SENE
Educateur Spécialisé au Ministère de la Justice
Marianne SECK
Docteur en droit de l’environnement et de la santé
Ousseynou GUEYE
Responsable communication chez Afric’innov
et fondateur de Polaris asso
Nafissatou NDAO
Responsable des Ressources Humaines-FAMY SENEGAL
Dr Jean Sibadioumeg DIATTA
Spécialiste en communication
Aïcha KASSE LAWSON
Présidente & Fondatrice de l'association Dunya-Ethic
contactez-nous: contact@biramawa.com
Adresse postale : Île-de-France, France
Éditeur : Waly NDIAYE
Page 6-Biramawa Magazine-Novembre 2020
L’ÉQUIPE BIRAMAWA
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Et si l’emploi était
notre fer de lance ?
Chers abonnés, abonnées
Avant toute chose, je m’incline devant la mémoire de ces jeunes sénégalais victimes de l’émigration
clandestine. Le Sénégal vit des jours très sombres marqués par le désir des jeunes de quitter le
navire au prix de leurs vies.
Acte de suicide, Acte de bravoure ou Acte de désespoir ? Une chose est sûre, mes compatriotes sont,
à tort ou à raison, en quête d’un emploi stable, en quête de moyens pour subvenir aux besoins de
leurs familles.
Je suis donc convaincu que des opportunités professionnelles à la portée des plus aux moins diplômés,
la défense des ressources nationales et le développement de l’expertise locale, contribueront
considérablement à réduire le phénomène de l’émigration clandestine. Une attention particulière
devant, aussi, être portée à ces jeunes qui, comme Mame Anta LOUM, fondatrice de K&R Design, ont
jeté leur dévolu sur l’épineuse voie de l’entrepreneuriat.
Chers tous, nous allons aborder, dans ce numéro, l’importante question de l’emploi au Sénégal et
de l’émigration clandestine. Et ce grâce au concours de Monsieur Demba DIOP, Ancien Directeur
de l’Emploi du Sénégal, de Madame Fatoumata NDIAYE, Responsable du programme des Centres
d’Initiative pour l’Emploi Local et de Professeur Aly TANDIAN, Président de l’Observatoire sénégalais
des Migrations, que je remercie au passage.
Bonne lecture !
Fondateur Biramawa Magazine
Waly NDIAYE
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 7
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cÉDITION
SPECIALE
Michèle BURON-MILLET
Créatrice de la pouponnière “Vivre Ensemble” de Mbour
Le magazine Biramawa à travers sa rubrique " Edition spéciale "a souhaité donner
la voix à la Pouponnière "Vivre Ensemble "de Mbour. Créée en 2002 la pouponnière
est un "lieu d’accueil temporaire du tout petit enfant privé de sa maman
". Confrontée à des difficultés à cause de la crise sanitaire, la pouponnière
fait appel à toutes les bonnes volontés.
Vivre Ensemble – La Pouponnière de Mbour
La Pouponnière de Mbour a vu le jour en Janvier 2002,
Michèle BURON-MILLET en est la créatrice. C’est un
lieu d’accueil temporaire du tout petit enfant privé de
sa maman. Elle permet aux orphelins de mère ou aux
enfants dont la maman ne peut pas s’occuper (pour
des raisons gravissimes), de vivre protégés, leurs premières
années de vie si fragile, avant de regagner leur
famille au bout d’un à deux ans. Très rapidement, l’association
se développe et il apparaît que tous les enfants
ne peuvent rentrer chez eux (rejet de la famille
ou mauvaises conditions d’accueil). En 2003, les Unités
Familiales sont créées pour prendre le relais et
s’occuper de ces enfants qui sortent de la Pouponnière,
mais ne peuvent pas rentrer en famille. Avec le temps
la Pouponnière a acquis une certaine notoriété au vu
du sérieux des professionnels. Aujourd’hui la Pouponnière
compte 136 salariés et 148 enfants.
Vivre Ensemble c’est aussi et avant tout un séjour de
rupture, crée en 2001 pour des jeunes français en difPage
8-Biramawa Magazine-Novembre 2020
ficultés. Ils restent durant 9 mois et participent à des
chantiers humanitaires (reconstruction, réhabilitation
dans les villages ), ils sont aussi amenés à faire un stage
dans la pouponnière. L’objectif étant de les remobiliser
et de les valoriser à travers l’aide apporté à la
population locale défavorisée. Le projet est double et
complémentaire, en effet une grande partie du financement
des frais de fonctionnement de la Pouponnière
provient du séjour de rupture lui même.
En raison de la situation sanitaire mondiale l’équipe de
direction de Vivre Ensemble a dû prendre des mesures
rapidement. Début mars l’association s’est vue fermer
ses portes aux visiteurs, nombreux chaque jour et en
provenance d’Europe. Il a fallu ensuite faire de même
pour l’accueil des bénévoles, une quarantaine par mois
à nous apporter leur soutien. Enfin depuis maintenant
le mois de mars le confinement des enfants et du personnel
c’est organisé. Notre souhait comme toujours
est de préserver nos enfants, mais aussi le personnel
׉	 7cassandra://4m3YxvcM2IT4cdNw0DHe_bjKNxf5mfL87gT1168bDiU-`̵ _S3T:׉Esqui s’en occupe. Nous avons réussi à composer une
équipe de volontaires pour rester confinés. Aujourd’hui
250 personnes sont au centre, dont 148 enfants.
L’ensemble du personnel est mutuellement très solidaire,
ils sont comme une grande famille. Et ce malgré
l’inquiétude pour leur famille respective à l’extérieur.
Nous nous devons maintenir les salaires. Pour les salariés
sur place mais aussi tout ceux, qui de chez eux,
sont au chômage technique et pour qui nous souhaiterions
maintenir le salaire initial. Nous devons aussi
assurer l’approvisionnement de l’association en denrées
alimentaires, produits d’entretien, d’hygiène,
médicaments. Cette situation engendre une augmentation
considérable nos dépenses quotidiennes, pour
lesquelles nous avions déjà des difficultés de prise en
charge tout au long de l’année.
Du fait de l’absence de visiteurs et de bénévoles, nous
constatons une baisse des dons au quotidien. Nous gardons
aussi en tête que les jeunes accueillis en séjour
de rupture peuvent à tout moment être rapatriés en
France, en fonction de l’ évolution de la situation. L’avenir
de la Pouponnière en deviendrait alors très incertain.
Nous
sommes en permanence à la recherche de soutien
pour nous aider dans la prise en charge des frais de
fonctionnement et le maintien des activités de l’association.
Les
sources de financements :
(Budget total annuel 291 332 806 FCFA)
‒ Vivre Ensemble Madesahel, séjour de rupture : 44
% du budget total de la Pouponnière.
‒ L’état Sénégalais 10 000 000 CFA
‒ L’association Louly l’Ecole au Sénégal , tous les
frais liés à la scolarité des enfants : 5 262 087 FCFA (année
scolaire 2018-2019)
‒ La Banque Mondiale 4 520 000 CFA en 2019
‒ 270 parrains pour environ 51 085 900 CFA par an
‒ Le reste des financements dépendent des dons de
particuliers et entreprises.
Nous contacter :
‒ Accueil : + 221 33 957 31 36
‒ E-mai : contact@lapouponnieredembour.org
‒ Responsable communication : Arnoult Mathilde
‒ Tel : + 221 77 881 83 60
Nous aider :
‒ Orange Money : + 221 77 500 19 32
‒ Faire un don en ligne :https://www.helloasso.com/
don/associations/vivre-ensemble-la-pouponniere
‒ Notre site
Voici quelques chiffres :
Effectif de la Pouponnière :
‒ La Pouponnière : 91 bébés de 0 à 2 ans.
‒ Les Unités Familiales : 37 enfants de 2 à 6 ans.
‒ La Grande Enfance : 20 enfants de plus de 6 ans.
‒ Enfants accueillis en ce moment : 148
‒ Enfants accueillis et sauvés depuis janvier 2002 : 1
260
‒ Employés à la Pouponnière : 136
pouponnieredembour
‒ Devenir parrain
‒ Faire un don par virement bancaire :
IBAN : FR76 4255 9100 0008 0040 4472 464
BIC : CCOPFRPPXXX
Intitulé du compte : Vivre Ensemble, la Pouponnière
internet: http://www.lapouponnieredembour.org
‒
Notre page facebook: https://www.facebook.com/
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 9
׉	 7cassandra://nnClqtafq26aWRDKATa5sO1B6cNLIR2ds163e0a0wwc(`̵ _S3T:_S3T:{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Kll1kPio3LLu40ZJ-DhYVzcEVSOKJ0UPRAZGm5UsX58 	`׉	 7cassandra://U9zvsTKyJ9-R6FqHeGwaCLdjVK8OgrMICcJ_wdg8y1Ml`S׉	 7cassandra://25bkTU0nw8rzjR9rrbtKbT3nQy84ayztWRX8cltavc8&``̵ ׉	 7cassandra://iBTHhHMwEx0RQShYYoxwhkNKjwOAST91RTzKZiGW3l4 K͠_T3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://XofrTz-4oOD7GBavK10qNfC0hZomEL33O7YeRS9JkMg Z` ׉	 7cassandra://ewxB0clXBIrTCnylvBQ8T9wrnt_a5gt8mPDv-Chz0yIͶj`S׉	 7cassandra://YtMeG1RMe747_ApjOuXCG0S8JNrBHIxZNiQ5T1ob0Pg2`̵ ׉	 7cassandra://VBqxstbbhf_HeemFuhzPCN7Or7OzkXLTW2YsS37ereo͇i|͠_T3T;׉E Mme Fatoumata NDIAYE
Conseillère en Emploi-Responsable du Programme des Centres
d’Initiative pour l’Emploi Local (CIEL)
ENTRETIEN
PORTRAIT
׉	 7cassandra://25bkTU0nw8rzjR9rrbtKbT3nQy84ayztWRX8cltavc8&``̵ _S3T:׉EPour ce numéro 11 de votre magazine, nous sommes allés à la
rencontre de Madame Fatoumata NDIAYE, Conseillère en Emploi
et Responsable du Programme des Centres d’Initiative pour
l’Emploi Local (CIEL).
Madame NDIAYE a bien voulu nous présenter son parcours du
Lycée Mame Cheikh MBAYE de Tambacounda au Ministère de la
Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne en passant
par l’Ecole nationale des Travailleurs sociaux spécialisés
(ENTSS). Elle est également revenue plus en détails sur le Programme
des Centres d’Initiative pour l’Emploi Local (CIEL).
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs
?
Je suis Fatoumata NDIAYE, une citoyenne sénégalaise,
engagée aux questions de développement
social, d’entrepreneuriat féminin et d’égalité et
d’équité de genre, convaincue que les femmes
doivent être associées à tout parce qu’elles peuvent
faire énormément de choses.
Quelles sont les grandes
lignes de votre parcours ?
A la suite de l’obtention de mon
Baccalauréat scientifique au
lycée Mame Cheikh Mbaye de
Tambacounda en 2011, j’ai intégré
la Faculté des Sciences
et Techniques de l’Université
Cheikh Anta DIOP de Dakar. En
deuxième année de formation en
Biologie, Chimie et Géoscience, j’ai
été admise au concours d’entrée à
l’Ecole nationale des Travailleurs sociaux
spécialisés (ENTSS) où j’ai obtenu le Diplôme
d’Etat en Travail Social en 2016.
“Je suis…
jeunes porteurs de projets professionnels et de les
préparer à une intégration réussie au marché du
travail. Après deux ans d’animation et d’activités
de terrain dans presque toutes les régions du Sénégal,
j’ai été promue pour occuper le poste de Responsable
de Suivi-évaluation (RSE) qui m’a amené
à faire un MBA en Management de Projet à l’Institut
Supérieur de Management (ISM)
pour renforcer mes compétences
dans ce domaine.
convaincue que les
femmes doivent être associées
à tout parce qu’elles
peuvent faire énormément
de choses..
"
En 2017, j’ai été recruté au Ministère de la Jeunesse,
de l’Emploi et de la Construction citoyenne
(MJECC) à la Direction de l’Emploi en qualité de
Conseillère en Emploi en vue d’accompagner les
Actuellement, je suis Responsable
du Programme
des
Centres
d’Initiatives
pour l’Emploi local
(CIEL), chargé de territorialiser
la prise en charge
des préoccupations des
demandeurs d’emploi à
l’échelle nationale.
Vous êtes donc conseillère
en Emploi à la Direction
de l’Emploi du Sénégal ? Comment
décririez-vous ce métier ?
Le conseiller en emploi exerce des missions opérationnelles
dans le champ du marché du travail,
notamment en matière d’insertion, d’intermédiation,
d’information et de suivi/accompagnement.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 11
׉	 7cassandra://YtMeG1RMe747_ApjOuXCG0S8JNrBHIxZNiQ5T1ob0Pg2`̵ _S3T:_S3T:{בCט   {u׉׉	 7cassandra://LO5HZweBhcnlrgw3aGl0KEW-oKnUZbkCylWTx1txPr4 	`׉	 7cassandra://85PQi5F33y3wo5zmbOcgRbnxCaF9zrSW5Hf7Q79TD9Aͦ`S׉	 7cassandra://9ukKNlVrI3wUquJJdaWHvZHvrOH-BbH2gGtFEx_mo7c.`̵ ׉	 7cassandra://nzPgfCcRK9X7H3UKPX7azvKHAqcAosriKk5j-srJHxQ 9Y|͠_T3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://G5ShY3d5scMqINtHXfypD7zZbV-IPf3sn19KoOcS-XM `׉	 7cassandra://2N_NLdTR-OTHi0m3vWNYf-rPUbf32WHiRcrJSWiirLcͣ`S׉	 7cassandra://qsrh7t6jMJUtPks1bRD0i4gysnMFWVDEwI7qi9FHjq4,`̵ ׉	 7cassandra://a0DRcgCzoOOH-6kneWLzMQ6zi1Ss8Ttp7OXZzIV7mK8 Vt͠_U3T;׉E
MIl est un acteur intermédiaire de terrain qui est en
contact permanent avec les usagers du service
public de l’emploi.
Il conseille et propose des actions
d'accompagnement vers l’emploi,
de maintien et de retour en emploi
des personnes en âge de
travailler (15-64 ans). Pour
les primo-demandeurs
d’emploi (ceux qui n’ont
jamais travaillé) et les chômeurs
de longue durée, il
assure l’encadrement et
fournit les informations et
les contacts susceptibles
de leur faciliter l’accès à
un emploi. Parallèlement, le
Conseiller réalise des prospections
d’entreprises
pour
une assistance dans leur recherche
de ressources humaines
de qualité favorisant l’insertion professionnelle
des chercheurs d’emploi.
“ L’objectif général
des Missions locales
pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat
(MILE) est de renforcer la terriLa
Direction de l’Emploi vous a confié le
Programme des Centres
d’Initiative pour l’Emploi
Local (CIEL).
Pouvez-vous revenir
sur la
genèse de ce
programme
?
torialisation des initiatives de création
d’emploi et de consolider la synergie
conciliation entre la croissance économique
et la grande disponibilité
d’emplois.
"
La promotion
de l’emploi a
toujours figuré
parmi
les grands
objectifs du
Gouvernement
du Sénégal. Cependant,
les politiques
de croissance
économique avaient
surtout pour but de favoriser
l’augmentation du produit
intérieur brut. De ce fait, il n’était donc
pas mis en place les mécanismes nécessaires pour
que la croissance génère des emplois en quantité
et en qualité répondant significativement à la demande
sociale en la matière.
C’est pourquoi, l’emploi est érigé au rang de super-priorité
dans le Plan Sénégal émergent (PSE)
à travers lequel le Gouvernement s'est résolument
engagé à promouvoir la création massive d’emplois
décents et durables grâce à la croissance et
transformation structurelle de l’économie.
Par ailleurs, avec la loi 2013-10 du 28 décembre
2013, le Sénégal a adopté une grande réforme de
la gouvernance locale avec l’Acte III de la Décentralisation.
Cette loi consacre le département, non
plus comme simple découpage administratif, mais
comme collectivité locale, avec les prérogatives
d’une personne morale de droit public.
En outre, lors du Conseil des Ministres du 13
septembre 2017 le Chef de l’Etat a demandé au
Gouvernement de mettre en place, dans chaque
commune, une Mission locale pour l'Emploi et
l'Entreprenariat des jeunes (MILE) chargée d'optimiser,
à la base, les stratégies et outils de promotion
de l'emploi.
Page 12-Biramawa Magazine-Novembre 2020
׉	 7cassandra://9ukKNlVrI3wUquJJdaWHvZHvrOH-BbH2gGtFEx_mo7c.`̵ _S3T:׉EC’est dans cette logique que le Ministère en charge
de l’Emploi à travers la Direction de l’Emploi a initié
le programme des Centres d’Initiatives pour
l’Emploi local (CIEL) qui met en place des Missions
locales pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat (MILE)
afin de promouvoir l’emploi au sens large et de lutter
activement contre le chômage et l’émigration
clandestine des populations locales.
Quels sont les objectifs du programme
CIEL ?
L’objectif général des Missions locales pour l’Emploi
et l’Entrepreneuriat (MILE) est de renforcer la
territorialisation des initiatives de création d’emploi
et de consolider la synergie d’ensemble favorisant
une meilleure conciliation entre la croissance
économique et la grande disponibilité d’emplois.
Plus spécifiquement, elles visent :
le renforcement de l’attractivité des territoires
à travers la promotion des gisements et bassins
d’emplois et l’entrepreneuriat ;
la lutte contre le chômage, le sous-emploi et les
discriminations ;
l’intervention ciblée contre les déterminants de la
migration professionnelle irrégulière.
Quelles sont les activités et les actions
que vous comptez mettre en œuvre ?
Pour l’atteinte des objectifs susmentionnés, nous
effectuons des démarches auprès des autorités
administratives déconcentrées et locales pour la
mise à disposition de locaux et l’implication des
acteurs à la base. Il est, ensuite, question d’installer
et d’équiper 45 Missions locales
pour l’Emploi et l’Entrepreneuriat
(MILE), soit une MILE par département.
Nous
travaillons aussi à
la mise à disposition de
ressources humaines
pour la prise en charge
des préoccupations locales
des jeunes et demandeurs
d’emplois
partenarial
et travaillent aussi bien à la définition
des stratégies locales qu’au suivi des activités
des structures partenaires en matière de création
d’emplois. Etant le service public local de l’emploi,
par excellence, et un démembrement du Ministère
en charge de l’Emploi, la MILE a la mission de coordination
globale des questions d’emploi au niveau
local sous l’autorité du Préfet du département.
“On ne peut
ou porteurs de projets.
Dans la mise en
œuvre des programmes
locaux de développement
de l’emploi, les MILE
maillent également le tissu
pas parler de numérique si
l'électricité n'est pas accessible de
partout. Après, l’accès et la cherté du
coût d’accès à Internet sont des freins
pour le développement du numérique
éducatif.
"
Quel est le périmètre du programme
CIEL ? Est-ce que le programme
concerne tout le territoire
national ?
Le Programme intervient sur
l’ensemble du territoire national
à travers la mise en
place de services public
de l’emploi de proximité
dans les collectivités
territoriales. Dans un
premier temps, il s’agira
de s’installer dans
chacun des 45 départements
du Sénégal avant
d’avoir des antennes dans
les communes.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 13
׉	 7cassandra://qsrh7t6jMJUtPks1bRD0i4gysnMFWVDEwI7qi9FHjq4,`̵ _S3T:_S3T:{בCט   {u׉׉	 7cassandra://CVgYAx0MtPYmcgpbHgcAzCFmzE--wfMCKwDmZt8OwV4 ` ׉	 7cassandra://w1iCKbJuHwDUcqJJc-os2NAXL7nQxm7IPRt4j0K4Ohoͨ@`S׉	 7cassandra://2_XBIkW7q1bpCReBVJ2HegIQqztUIM11ffULgg06O-c*`̵ ׉	 7cassandra://8-TvK9mKgZmMI6JyyDgWPKuY6_K8i2C6HcCA5TCtG60͏Y͠_U3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://ihyV0m2ydd5qMIpsoB7cUrCbU-BBmP-J2BGofYZneOE s`׉	 7cassandra://ygZQ5ydathYZfdmLYI3_YSjbUxQuAQd4KHRB9wBRn0E͛`S׉	 7cassandra://o4E86v-pFQDB1A0G891g-J3TG4C3LHC8qZZUuYLFRws)`̵ ׉	 7cassandra://dM61HlpqzKLPYelyWgJVfup_pXnucKqnawwrqm_s2io V͠_U3T;׉EQu’en est-il alors de la Diaspora sénégalaise
?
La Diaspora se définit comme la quinzième région
du Sénégal ; moi, je dirai la première région même
du pays. Le Sénégalais, où qu’il se trouve, pense au
Sénégal et veut développer quelque chose pour
lui-même ou pour sa famille. Nous offrons notre
éventail de services aussi à ces migrants
investisseurs à partir de l’étranger ou
de retour pour s’installer définitivement.
A ce niveau, l’accompagnement
est plus manifeste dans
le domaine de l’entrepreneuriat
c’est-à-dire l’auto-emploi.
“Le ProVu
l’ampleur du programme,
nous imaginons
que vous allez vous appuyer
sur des partenaires. Quelles
sont les organisations publiques
et privées impliquées ?
Effectivement, le programme préconise le développement
de synergies et de complémentarités
avec les acteurs opérant au niveau local. Il s’agit,
spécifiquement, des services déconcentrés
de l’Etat intervenant dans
le développement local, en
général, et dans l’insertion
professionnelle durable
des jeunes, en particulier
; les entreprises ; les
Organisations non gouvernementales
(ONG) ;
les Organisations communautaires
de Base
(OCB). Aujourd’hui,
notre partenaire le plus
dynamique reste le Centre
d’études et de Coopération
internationale (CECI) du Canada.
Le secteur privé national
nous accompagne très activement
aussi dans le cadre de l’insertion des
jeunes en demandes de stages et d’emploi à travers
la Convention nationale Etat-Employeurs pour la
promotion de l’Emploi (CNEE) mis en place depuis
1987. Ce dispositif qui est le plus ancien au Sénégal
reste le plus efficace pour l’insertion professionnelle
des jeunes.
Page 14-Biramawa Magazine-Novembre 2020
gramme intervient
sur l’ensemble du territoire
national…
"
Pour les jeunes qui souhaitent bénéficier
du programme, quelle est la marche à
suivre ?
Le programme cible toutes les personnes en âge
de travailler au niveau déconcentré. Les jeunes
souhaitant bénéficier d’un accompagnement vers
l’insertion doivent se rapprocher des Missions
locales pour un rendez-vous et un enregistrement.
Ils sont, à la suite, suivi
de façon personnalisé jusqu’à gain
de cause. En outre, les représentations
locales du Conseil national
de la Jeunesse (CNJ) constituent
l’interface entre le programme
et les jeunes.
On constate un engouement
pour l’entrepreneuriat
chez les jeunes. Qu’est-ce que
cela vous inspire ?
“L’inadéquation
entre la formation
et les besoins du marché
"
constitue l’un des facteurs
explicatifs du chômage au
Sénégal.
Aujourd’hui, les entreprises sont presque saturées
car elles ne sont pas aussi nombreuses. Il y a un tissu
économique faible au niveau national dominé par
le secteur informel. Le nombre de jeunes demandeurs
d’emploi est largement supérieur aux
capacités d’accueil des entreprises.
Des espoirs renaissent avec le Plan
Sénégal Emergent (PSE), la découverte
du pétrole et du gaz,
les investissements de l’Etat
et l’attractivité de l’économie
nationale. Par ailleurs,
les jeunes ne sont pas suffisamment
armés par les
écoles pour aller vers l’entrepreneuriat
qui pourtant
reste une option sérieuse à
emprunter. Les jeunes pourraient
non seulement se créer
leurs propres emplois mais aussi
employer d’autres jeunes. Le jeune
sénégalais est ingénieux et a un goût
affirmé de l’innovation et cela rassure quant
à la floraison des start-ups et des entreprises individuelles
qui règlent aussi beaucoup de problèmes
et besoins locaux. Les nouveaux programmes de
l’Etat comme des partenaires techniques et financiers
sont orientés vers l’entrepreneuriat dans lequel
les femmes excellent déjà.
׉	 7cassandra://2_XBIkW7q1bpCReBVJ2HegIQqztUIM11ffULgg06O-c*`̵ _S3T:׉E
nin (FNPEF). Les instituts de formation
doivent être contrôlés aussi du point de
vue des contenus des curricula et de la
qualité des diplômes. Les entreprises
pourront davantage s’impliquer avec
des incubateurs pour mieux accompagner
l’entrepreneuriat sectoriel. La fibre
entrepreneuriale aussi doit être développée
dans nos écoles primaires et collèges,
en premier.
Il ressort des interviews réalisées par
le magazine qu’entreprendre au Sénégal
« relève du parcours du combattant
». Quelles sont vos préconisations pour
une meilleure promotion de l’entrepreneuriat
au Sénégal ?
Pour une meilleure prise en charge de la question
de l’entrepreneuriat, il est nécessaire de favoriser,
d’une part, le renforcement du service public
de l’emploi favorable à un accompagnement rapproché
des entrepreneurs ou porteurs d’idées de
projet vers le développement des soft-skills clés
et, d’autre part, la mise en place d’un mécanisme
de subvention avec un réel suivi des bénéficiaires.
Il faudrait également appuyer largement des initiatives
comme le Programme Sénégalais pour
l’Entrepreneuriat des Jeunes (PSE-J) et le Fonds
national de promotion de l’entrepreneuriat fémiQuel
est votre message pour ces
jeunes élèves et étudiants en
quête de vocation et qui nous
lisent ?
L’inadéquation entre la formation et les
besoins du marché constitue l’un des
facteurs explicatifs du chômage au Sénégal.
En effet, il y a soit un nombre trop
élevé des diplômés dans des métiers qui
ne recrutent pas beaucoup ou encore
des diplômes qui ne correspondent pas
pour leur majorité aux besoins opérationnels,
pratiques et techniques des entreprises.
Il s’y ajoute que les apprenants
choisissent délibérément des matières
qu’ils jugent faciles en ignorant complètement
les réalités du marché du travail.
Quoi qu’on dise, un bon projet professionnel
doit être muri à partir du collège
ou encore du lycée. L’orientation professionnelle
est essentielle pour le choix de
carrière, dans le processus de formation et le parcours
d’insertion. Des services sont dédiés à cela
et il faut que les jeunes aillent vers l’information,
fréquentent les structures d’orientation et suivent
les conférences et ateliers d’accompagnement vers
l’entrepreneuriat ou l’emploi plus globalement.
Bref, je les encourage et les recommande à se consacrer
sérieusement à la quête du savoir pour être
parmi les meilleurs et à cultiver en permanence la
confiance en soi, l’endurance, la persévérance, l’optimisme
et – surtout – la patience.
Biramawa vous remercie. Votre mot de la
fin ?
Je remercie le Magazine Biramawa pour l’intérêt
porté sur ma modeste personne et pour la bonne
orientation du Magazine.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 15
׉	 7cassandra://o4E86v-pFQDB1A0G891g-J3TG4C3LHC8qZZUuYLFRws)`̵ _S3T:_S3T:{בCט   {u׉׉	 7cassandra://ofstlY_82d3znUZb4-NX2PfTFMfN90FFtio2Fc46gaM Q`׉	 7cassandra://dzB53ZpkxWn1wQMxaiD3jD3Wv5OXkEvE01cKE9BQwyE\`S׉	 7cassandra://XMpMkHYFAgoyKPXG2qVppqm4XFWwV7_XUkXmvRcxAh4`̵ ׉	 7cassandra://1BDNnb2IRj-MXUDIxbnT63jusa2Key2_pa6VLoCkEHg oP͠_U3T;
ט  {u׉׉	 7cassandra://tl9GHif7-F1eOhSh50_iV0WU3O63ydpBNadd_XsuD5w --` ׉	 7cassandra://VGpPvKNYwNxiJ1_ysU5TCsSYJDCnulUSK2XyistA7kIͦ&`S׉	 7cassandra://N0CZGwEKjkKWjcWJuur83hIaV1SMoKKI8LFAuM5DVVs)`̵ ׉	 7cassandra://48HkyWow05xhRZHZ2OmxGm8Iq6_SWBCEdI7W7JyqG9s͒͠_U3T;׉EAVIS
D’EXPERT
Professeur Aly TANDIAN
Président de l'observatoire sénégalais des migrations
Aly TANDIAN est Professeur Titulaire des Universités (CAMES), il a soutenu une thèse de Doctorat
en Sociologie des Migrations à l’Université de Toulouse 2 en France où il a enseigné durant
plusieurs années avant de rejoindre le Département de Sociologie de l’Université Gaston Berger
(Sénégal) où il a créé le Laboratoire des Études et Recherches sur les Migrations. Il est le
président de l’Observatoire Sénégalais des Migrations. Auteur de plusieurs publications scientifiques,
Prof Aly TANDIAN a aussi bénéficié de nombreuses distinctions internationales. A ce jour,
il a encadré des thèses de doctorat au Sénégal, en Espagne et en France.
Dans cet entretien accordé au magazine Biramawa, Professeur TANDIAN a bien voulu aborder
la question de la recrudescence de la migration irrégulière au Sénégal.
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׉	 7cassandra://XMpMkHYFAgoyKPXG2qVppqm4XFWwV7_XUkXmvRcxAh4`̵ _S3T:׉E[Comment expliquez-vous la recrudescence
de la migration irrégulière
?
Nous assistons depuis quelques jours
une forte médiatisation des départs
des pirogues à partir des côtes
sénégalaises vers l’Espagne, on
pourrait parler de recrudescence
ou de regain mais
faut-il que l’on soit d’accord
qu’il n’y a pas eu arrêt des
départs des candidats aux
voyages irréguliers. Je pense
qu’après Barca ou Barsaax,
les routes du désert ont été engagées
avec une forte affluence.
Seulement sa médiatisation a
connu moins d’effet parce qu’entre
autres raisons, il y a la loi 36-2015 au Niger
qui a criminalisé les voyages irréguliers vers l’Europe
ensuite on ne connaît pas assez le nombre de
victimes dans le désert.
“Au Sénégal,
le retour du migrant
réussi a une forte in"
fluence
sur les candidats aux
voyages et sur la communauté
où il vit.
Leurs propos rapportés font d’eux des super héros,
partis les mains vides mais revenus avec un succès
rayonnant sans surtout l’aide de l’État ou des politiques.
C’est en partie ce qui explique souvent cette
fracture entre la diaspora et politiques. Il
faut signaler qu’en plus du retour, il y a
d’autres migrants depuis leurs pays
de transit ou d'établissement qui
envoient des photos ou des vidéos
grâce aux réseaux sociaux
montrant une vie facile avec le
bonheur en abondance alors
qu’il n’en est rien du tout. Voilà
autant d’éléments qui font
qu’à partir du pays d’origine,
le Sénégal, l’Europe est perçue
comme un Eldorado, le lieu où il
faut se rendre pour se réaliser.
En clair, le voyage pour de nombreuses populations
sénégalaises n'est pas simplement synonyme
d'acquisition d'un travail stable mais il symbolise
parfois la voie à entreprendre pour faire fortune et
acquérir aux yeux de ses pairs un prestige social.
L’Europe, une réponse aux flux migratoires
irréguliers actuels ?
Au Sénégal, le retour du migrant réussi a une forte
influence sur les candidats aux voyages et sur la
communauté où il vit. Cette influence est à la fois
matérielle et immatérielle. Au-delà de
la maison construite au retour et
autres biens (voitures, bijoux,
habits, etc.), le migrant grâce
à son succès connaît une
mobilité sociale et il en fait
profiter aux membres de
sa famille. Ainsi, la réussite
du migrant est une sorte de
capital social ou une carte à
exhiber pour rappeler sa position
sociale. Autre élément,
le migrant de retour ne parle
jamais de ses difficultés ou de
ses souffrances sauf s’il a envie de
se victimiser pour rappeler le mérite
de son succès. A part cela, le migrant de retour
ne montre que de belles photos et souvent celles
prises à côté de bâtiments ou d’édifices emblématiques
comme la Tour Eiffel, les Champs Élysées,
etc. pour ceux qui sont en France.
Europe en crise mais les Sénéga“Chez
certaines
ethnies, « migrer
est un devoir » qu’on ne
"
cesse de rappeler aux jeunes
à chaque fois que l’occasion
se présente..
lais préfèrent partir ?
Vous savez le mythe de l’Eldorado ne va pas si vite
s’effondrer malgré le fait que l’Europe soit en crise.
Et puis, pire, les pirogues sénégalaises qui
s'échouent sur les côtes espagnoles ne
font que nous édifier sur l'intensité
du désir de chercher fortune
en Europe par les candidats à la
migration. Il nous faut reconsidérer
notre lecture sur le fait
migratoire d’autant plus que
dans le système langagier sénégalais
des proverbes sont
annoncés - çà et là – pour faire
l'apologie du voyage ou des migrants.
Chez certaines ethnies,
« migrer est un devoir » qu’on ne
cesse de rappeler aux jeunes à chaque
fois que l’occasion se présente.
S'il est récurrent d'entendre dire chez les Haalpulaar
« Si tu as un fils laisse le partir, un jour il reviendra
soit avec de l'argent soit avec le savoir ou
bien avec les deux ».
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 17
׉	 7cassandra://N0CZGwEKjkKWjcWJuur83hIaV1SMoKKI8LFAuM5DVVs)`̵ _S3T:_S3T:{בCט   {u׉׉	 7cassandra://nTCpBjpvyP24EXMdHFxaPCwimMNkmgF3qHh8jFH4cyc `׉	 7cassandra://h9Zo719WnbtF6wbLKWvJfJ4zt2gxdJkJWiTCmo-Xwi4͗`S׉	 7cassandra://nj2Oj8ON-A2asZmvegZu0rPXOYRxSbiuhAlmUxjqijo'T`̵ ׉	 7cassandra://CRKSMXgRGlvTiBvWKKRC9VYJ2KV9-Vvv92pB9CGTaUQz͠_U3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://_hREQmRyJtvJzRm_8edXSkyC8bIyZKEDmIsE0jJayOI v`׉	 7cassandra://3ASprSgADzGLuTGC-JAeXk5YCl-m05o0_LdDGExpySQ͝`S׉	 7cassandra://zcg4Y9rC0WtRry3AhDy51FrmgLfoBtx0B99lcyFEnS0(`̵ ׉	 7cassandra://H2dGkyafAuHuLHWgM8t0JlvciY2daYObLXjcMCqr4sQ |t͠_U3T;׉E
À l’occasion des festivités culturelles ou des grands
évènements Haalpulaar comme les cérémonies de
mariages ou encore lors du retour d’un émigré qui
a réussi, les griots (Awloubé) chantent les louanges
de ce dernier et en présence de ses amis qui n’ont
jamais migré. Les propos souvent mis en exergue
sont "So bobo yonti yo yillo ("À un certain âge, il
faut aller chercher ailleurs") ou encore "Mo ɗannaki
nénémum adoyta mandat" ("Quiconque n’a pas
migré, sa maman ne se pointera jamais à un bureau
de poste pour retirer un mandat (de l’argent)"). De
tels propos sont devenus des dictons qui peuvent
véritablement motiver une personne à migrer.
Les populations Wolof se plaisent à dire « Celui
qui ne voyage pas ne connaîtra jamais là où il fait
meilleur à vivre » alors que pendant longtemps les
Soninké soutenaient « Aller à Bordeaux ou mourir
». Ces maximes façonnent les représentations sociales,
traversent la conscience collective des populations
locales et contribuent en partie à l'envie
du voyage. C'est ainsi que l'Europe a longtemps
représenté la destination de rêve pour la majeure
partie des populations sénégalaises. Cette envie
de migrer s'est davantage accentuée avec l'impact
des chaînes de télévision à grande audience sur les
populations qui ne fait qu'aviver cette illusion. Le
postulat présentant la recherche des meilleures
conditions de vie comme une des causes profondes
de la migration n'est plus à négliger. Il trouve son
fondement dans la dégradation persistante des
structures sociopolitiques et économiques locales
mais aussi dans la non-productivité de la pêche qui
n'attire plus de nombreuses populations qui choisissent
de migrer pour améliorer leur quotidien.
La rumeur aidant, nombreux sont les jeunes qui
ont espéré qu'en Europe, ils peuvent réussir à faire
leur vie comme tous ces migrants qui sont revenus
au Sénégal avec argent, voitures, pour construire
de belles maisons et organiser de grandes cérémonies.
La
société respecte plus celui qui
a migré que celui qui est resté au
pays ?
Avec la migration, le migrant gagne l’estime, la considération
et le respect de ses pairs. Il faut non
seulement partir mais il est possible de faire des activités
sans aucune pression sociale. Avec centaines pesanteurs
sociales, des populations ne peuvent pas faire cerPage
18-Biramawa Magazine-Novembre 2020
taines activités dans leur pays d’origine. Pour preuve,
les femmes sénégalaises qui s’activent dans la coiffure
aux États-Unis ou au niveau des plages européennes
ne peuvent pas exercer les mêmes activités au Sénégal
parce que celles-ci sont associées à un groupe social.
Nous avons une société avec ses manières de filtrer et
de distribuer les stigmates. Nous avons une société avec
ses référentiels de réussite. La réussite avec un temps
long par l’école est moins appréciée que la réussite
avec un temps court par le voyage. Et combien de fois
dans cette société sénégalaise on rappelle aux jeunes «
Avoir de la chance, c’est mieux qu’avoir une licence ».
Quelles peuvent être les conséquences
de ces départs des jeunes
pour le Sénégal ?
La majeure partie des jeunes qui partent sont des soutiens
de famille ou encore leur famille mobilise les
ressources disponibles pour financer leur voyage. Par
conséquent, leur famille risque de se retrouver dans
une précarité. Ils sont vendeurs ambulants, pécheurs,
mécaniciens, transporteurs, etc. brefs, des bras valides
et utiles à leur pays. Leur départ est une lourde perte
quel que soit l’effectif.
« Il faut une politique d’emploi qui répond aux réalités
territoriales. Pour cela, il faut intégrer la recherche
dans les décisions politiques précises. »
Comment appréciez-vous les actions
entreprises par l’État du Sé׉	 7cassandra://nj2Oj8ON-A2asZmvegZu0rPXOYRxSbiuhAlmUxjqijo'T`̵ _S3T:׉Eune certaine hybridité qui nous expose à un matérialisme
bien voilé. Il y a une sorte d’auto-duperie qui nous
fait croire une solidarité sans faille et une acceptation
de l’autre sans attente. Non, nous vivons hélas dans
une société où les activités interactionnelles n’ont pas
toutes un prix mais souvent un coût. Par conséquent, il
faut une place, et la meilleure possible, pour être. En résumé,
on est parce qu’on a ! Voilà cette société pressée
que nous avons, une société violente et très agressive à
l’endroit de sa jeunesse alors que dans nos institutions
publiques ou privées la moyenne d’âge dépasse de loin
les 50 ans.
négal pour endiguer le phénomène
?
Compte tenu de la faible capacité du
secteur formel à offrir une réponse
adéquate à la forte demande
d’emplois des jeunes, le Sénégal
a mis en place une politique nationale
de l’emploi orientée essentiellement
vers la question
des jeunes. Dans ce cadre, des
projets, programmes et Fonds
destinés à l’insertion des jeunes
sont mis en œuvre au cours des
dernières années.
Le développement de ce dispositif et
la hausse du nombre de jeunes qui y ont
recours ces dernières années, ont nécessité́ une
mobilisation importante de ressources. Ainsi, compte
tenu des masses budgétaires engagées et du nombre
de jeunes concernés, la question de l’efficacité du dispositif
mis en place et plus particulièrement celle de
son impact sur l’amélioration de la situation des jeunes
sur le marché du travail demeure une préoccupation
centrale car les migrations des jeunes ne cessent de
prendre des proportions importantes. C’est bien de
créer des agences mais l’idéal est d’encourager l’esprit
créatif et innovant des jeunes sans besoin de vouloir
tous en faire des agriculteurs ou des aviculteurs. Il faut
une politique d’emploi qui répond aux réalités territoriales.
Pour cela, il faut intégrer la recherche dans les
décisions politiques précises.
Quelle est la responsabilité de la
société sur les voyages ?
Pour les candidats à la migration, le voyage vers l'Europe
constitue un abrégé possible vers la réussite
économique absolue sans laquelle ils auront perdu leur
dignité sociale dans une société sénégalaise devenue
de plus en plus une société où domine le paraître. Vous
savez nous avons une société en parfaite évolution avec
“Il faut enQuel
rôle devra jouer l'État
pour arrêter l'hémorracourager
la méritocratie
et surtout aménager
l’environnement pour
la recherche d’emploi.
"
gie
?
Cette situation de "manque d’emploi"
et par conséquent de
"manque de
revenus" revient
dans les propos de certaines
personnes interrogées. D’autres
jeunes plus nuancés soutiennent
qu’ils ne sont actifs que durant
la saison des pluies (4 à 5 mois)
et restent sans travail durant une
longue période de l’année, la saison
sèche (7 à 8 mois). Il faut encourager
la méritocratie et surtout aménager l’environnement
pour la recherche d’emploi. Des
projets sont mis en place mais les conditions d’accès
sont souvent hors de portée et ils ne sont pas que les
compétences. Il faut être dans les réseaux complexes
ou être supportés ou sponsorisés politiquement par un
« long bras ». Dommage ce n’est pas possible pour tout
le monde.
Faut-il le rappeler, dans certaines de nos sociétés, le
voyage est initiatique et fait partie de la socialisation
secondaire. Dit-on d’ailleurs qu’ « on est homme parce
que l'on a voyagé ». En résumé, je pense qu’il y a urgence
de repenser la migration en prenant à témoin les
dimensions socio anthropologiques tout en refusant
de se limiter à l'analyse matérialiste qui parfois pousse
nos acteurs politiques ainsi que leurs partenaires à
s’engager en toute naïveté à la « gestion sécuritaire » et
à la « diplomatie du chéquier ». Nos sociétés ont besoin
urgemment d’une "gouvernance des migrations » car le
voyage est un fait social total au sens anthropologique
du terme.
Mais bon tout cela ne peut être réalisable que lorsque
la migration est intégrée dans nos agendas politiques,
sans me tromper ce n’est pas encore le cas.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 19
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D’AUTRUI
"Nous présentons nos sincères condoléances
à toutes les familles qui ont perdu un proche
dans la mer."
׉	 7cassandra://uDOFRIgEdpaaU4PjcVr4VYCaCLhY_aSHN2_gKW7GF-o'`̵ _S3T:׉EBonzzzooouuurrr Warahmatullah
chers lecteurs et lectrices de Biramawa...
I
l n’y a pas d’antalgique assez puissant pour
soigner le Désespoir. Il n’y a que le temps
pour y remédier. Les conditions peuvent être
très difficiles. Tous les canaux et issus bouchés.
L’environnement hostile, l’horizon obscur. Mais
les remèdes extrêmes ne doivent jamais être
une option.
Pour chacun de nous, il y a eu des moments très
durs où les obstacles se sont enchaînés devant
chacune de nos entreprises pour freiner notre
élan. Il y en aura encore sur le chemin qu’il
nous reste à parcourir. Oui, d’ailleurs des obstacles,
il y en aura toujours. Mais aucun d’entre
eux n’est insurmontable. Parce que pour ceux
qui croient, « Dieu n’impose à aucune âme une
charge supérieure à sa capacité ».
Ce qu’il faut, c’est aller chercher la force minimale
pour FAIRE FACE. La meilleure manière
de surmonter les épreuves, c’est de les lier à
notre quotidien d’homme. Ainsi, nous préparons
notre mental et notre corps à les affronter.
Mais attention, les épreuves (ou problèmes
pour faire simple), il faut également les classer
par ordre de priorité dans l’échelle de la fameuse
Pyramide de Maslow.
Faire d’abord de nos besoins primaires et physiologiques
une priorité absolue nous aiderait
mieux à affronter les autres problèmes avec
plus de force physique et tranquillité d’esprit.
Le plus dur aujourd’hui, pour les jeunes gens et
autres personnes en âge de s’affirmer, c’est d’affronter
les pesanteurs sociales. Le regard des
autres qui comparent, qui jugent, qui scrutent
et épient les tares et faux-pas.
Comment bien faire comprendre à ces jeunes
qui prennent les pirogues de la mort, bravent
la mer en quête d’un Eldorado, que la belle voiture
et la villa du voisin ne sont pas synonyme
d’une vie accomplie et d’un bonheur absolu ?
Comment les convaincre que s’ils ont la PAIX,
tout leur est possible chez eux ?
C’est vrai que les ressources se raréfient de
plus en plus et que les politiques mises en place
par nos gouvernants ne favorisent pas souvent
l’épanouissement professionnel de la plupart
des jeunes. Mais il y a toujours une solution, si
on insiste et qu’on décide d’affronter un à un
les problèmes.
Et où que vous soyez et quel que soit votre niveau
de réussite ou d’échec, sachez qu’il n’existe
pas d’équilibre solide. Ils sont tous précaires.
Comme, il n’y a pas de situation désespérée.
Elles ont toutes une issue. Il faut au Seigneur
moins d’une fraction de seconde pour hisser
au sommet le désœuvré et encore moins pour
noyer un roi dans les abîmes.
Sur ce, on se donne rendez-vous au prochain
numéro de Quinzomadaire pour une autre
chronique. Nous
condoléances à toutes les familles qui ont perdu
un proche dans la mer. Nous nous inclinons
devant la mémoire des disparus et la douleur
de leurs proches.
Ayoba FAYE
Journaliste d'investigation-Rédacteur en Chef PressAfrik
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 21
présentons nos sincères
׉	 7cassandra://uqUhAhlD9o1yDHLey35ZKjRpPVbRHogOlTUWPSfRP_0(`̵ _S3T:Ɓ_S3T:Ł{בCט   {u׉׉	 7cassandra://r2GEdYZu-nyfM760DuFSVS3DQieXt8d7JXJKh7_lVdU -`׉	 7cassandra://71nNMtYPaMK2rQa8vhN3rbOUzWLypT3S9OuiobaoyBUn
`S׉	 7cassandra://nWQkP8Kumyh2BzoakWGkGdmL_JsDdIwaQ2yGAbYESh4(7`̵ ׉	 7cassandra://tfDhvLfuNYfFx1krcFBcleLRPy3PkJqKbC_xfYMkbuc D͠_V3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://UJu9KZEZc29_DUAODPLG8g3zyXOjeoOyhoI5jrK4fnY =` ׉	 7cassandra://LcJKqQW2Qkwop4FX2M1CmKPU9YlM_1BPGovAIhEKpG8ͨ`S׉	 7cassandra://Yv18c6Wx2lC8fv5-XsO_ixmbSpX4KWDUCEBse8rVE7I1_`̵ ׉	 7cassandra://CvEi5aTYojheS8HjhCvu69XuKH-Hva1f_MavbYCOSL0̈́|͠_V3T;׉E }ENTRETIEN
EXCLUSIF
M. Demba DIOP
Inspecteur du Travail et de la Sécurité Sociale
Ancien Directeur de l'Emploi du Sénégal
׉	 7cassandra://nWQkP8Kumyh2BzoakWGkGdmL_JsDdIwaQ2yGAbYESh4(7`̵ _S3T:׉E	ZA la Une du numéro 11 de votre magazine Monsieur Demba DIOP, Inspecteur
du travail et de la Sécurité Sociale et Formateur à l’Ecole Nationale
d’Administration du Sénégal. Se définissant comme « un conquérant de la
Terre et un serviteur de l’Homme », Monsieur Diop a respectivement occupé
les hautes fonctions de Directeur de Cabinet du Ministre de la Jeunesse,
de l’Emploi et de la Construction citoyenne et de Directeur de l’Emploi du
Sénégal.
Dans cet entretien accordé au Magazine, Monsieur Diop est revenu sur
son parcours de l’Université Gaston BERGER du Sénégal au Ministère du
Travail, des Organisations professionnelles et des Relations avec les Institutions
en passant par l’Ecole Nationale d’Administration du Sénégal.
Il nous a également présenté son métier d’Inspecteur du Travail et de la
Sécurité Sociale et abordé des questions d’actualité relatives à l’emploi
au Sénégal.
Pouvez-vous vous présenter
à nos lecteurs ?
Mon nom est Demba DIOP, un fieffé walo-walo et
daganois de souche, redevable à l’Etat du Sénégal
et qui se définit dans l’âme comme
« un conquérant de la Terre et un
serviteur de l’Homme », nourrissant
le rêve d’une Afrique
prospère et d’un Monde meilleur.
Je suis spécialiste des
questions liées au marché
du travail, à la migration de
main-d’œuvre, au développement
social, au capital
humain et à la conception
de programmes et projets
de développement.
Je suis nanti de plus de douze
(12) ans de bons et loyaux services
consacrés au management de
l’administration publique à des postes
“J’ai représenté
le Gouvernement
du Sénégal dans plusieurs insde
haute responsabilité pour des effectifs dépassant
à chaque fois la centaine d’agents, le plus souvent
en collaboration directe et étroite avec différents
Ministres et membres des organisations
internationales. J’ai représenté le
Gouvernement du Sénégal dans
plusieurs instances internationales,
dans une bonne
vingtaine de pays et à
des niveaux de négociation
hautement stratégiques.
tances
internationales, dans une
bonne vingtaine de pays et à des
niveaux de négociation hautement
stratégiques.
"
Quelles sont
les grandes
lignes de votre
parcours de
formation et professionnel
?
Au départ, je suis sociologue et
politiste de formation. Je suis tituNovembre
2020-Biramawa Magazine-Page 23
׉	 7cassandra://Yv18c6Wx2lC8fv5-XsO_ixmbSpX4KWDUCEBse8rVE7I1_`̵ _S3T:ȁ_S3T:ǁ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://LVCShHD5Eqp9MqwuSdWWfGRQv_pMDnmFehAnIZip5_w 2*`׉	 7cassandra://vFzFAsweAK2_45jHXt4iFnnM2hP3eB_8yWqAk4cR9vUͨ`S׉	 7cassandra://KwMfXm4Mcc8YaOUOsIcEMCOWk87IGKB0TZJG4m-_2DM,`̵ ׉	 7cassandra://34zhn1akDqTz2GhhX_WeHi_JKWnuljyhRtMD7mv0YAs 
;͠_V3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://97u7dTHcXynkmWkev2rP6x-9JXO9aDP57jlbgHxQNIQ `׉	 7cassandra://aGWl7vxLEacmUMAHoO1DuhKxBAC0_TPAJj6-kKGq0jgͩl`S׉	 7cassandra://k54Aer8_TFZOboCvEw-EJfm_zN4O8LRsnCbJHNCiYEc)`̵ ׉	 7cassandra://uO7p8xhBOUSNjZNEhXGSzzXcEL-WoCKL6zJbWqmnnhIqe͠_V3T;׉Elaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA)
en Sociologie – Option Travail et Organisations – et
d’une Licence de Science politique la même année
en 2006 à l’Université Gaston BERGER de SaintLouis
(SENEGAL) poussé par des promotionnaires
très denses de Sanar 10 et des professeurs extrêmement
pointilleux et exigeants.
recteur de l’Emploi pendant exactement quatre
ans et un mois ronds (9 décembre 2015 - 8 janvier
2020) dernier poste que j’ai occupé avant mon retour
de détachement au Ministère du Travail, des
Organisations professionnelles et des Relations
avec les Institutions qui est ma maison mère.
Je continue de servir l’Administration tout en me
consacrant aussi plus activement à mes péchés mignons,
entre autres celui de Formateur à l’Ecole nationale
d’administration (ENA) du Sénégal depuis
2016 sur la Gouvernance du marché du travail en
faveur des élèves Inspecteurs et Contrôleurs du
Travail et de la Sécurité sociale.
Comment décririez-vous le métier
d’Inspecteur du Travail et de la
Sécurité sociale ? Quelles sont les
qualités intrinsèques au métier ?
Ensuite, je suis Inspecteur du Travail et de la Sécurité
sociale de profession. En effet, c’est en m’inscrivant
en Doctorat de Sociologie – que je n’ai pas
encore terminé – que j’ai été admis à l’Ecole nationale
d’Administration (ENA) du SENEGAL au Cycle
A en fin 2006 pour un « vocational training » de
deux ans. J’ai exercé respectivement les bases de
mon métier dans les Inspections régionales du Travail
et de la Sécurité sociale de Saint-Louis (20092014)
où j’ai été adjoint au Chef de Service régional
et de Kolda (en 2014) où j’ai été le Chef de Service
régional.
Puis, j’ai exercé la très haute fonction de Directeur
de Cabinet du Ministre de la Jeunesse, de l’Emploi
et de la Construction citoyenne à partir de mi-2014
pendant près de deux ans avant d’être nommé DiPage
24-Biramawa Magazine-Novembre 2020
Quelles sont les missions réelles ?
Le métier d’Inspecteur du Travail et de la Sécurité
sociale est le métier le plus exigeant et le plus
complexe que je connaisse en ce sens qu’il donne
la compétence à agir sur toutes les questions qui
touchent au marché du travail qui est le lieu – par
excellence – de rencontre entre la demande d’emploi
et la demande de travail (ou offre d’emploi), le
point de détermination de la distribution des fruits
de la croissance économique à savoir le salaire mais
avant tout la zone de constitution de la croissance
économique et de fructification de l’investissement
que constitue l’entreprise. La mission à un caractère
à la fois économique et social. C’est pourquoi
le Ministre du Travail est prioritaire dans l’ordre
protocolaire de désignation des membres du Gouvernement
dans les pays développés et émergents,
et cela je le rappelle très souvent dans mes conférences.
Vous
devinerez aisément alors que les compétences
de l’Inspecteur du Travail et de la Sécurité
sociale sont larges et s’étendent du système d’information
sur le marché du travail, de l’orientation
professionnelle et du conseil à l’investisseur à la
migration de travail en passant par le recrutement,
l’emploi, le travail, l’hygiène, la sécurité et santé au
travail, le dialogue social et le climat social, l’entrepreneuriat,
la protection sociale, la formalisation
des unités et des emplois de l’économie informelle,
׉	 7cassandra://KwMfXm4Mcc8YaOUOsIcEMCOWk87IGKB0TZJG4m-_2DM,`̵ _S3T:׉Exla règlementation des relations et conditions de
travail, l’élaboration des instruments normatifs de
gouvernance nationale et mondiale du marché du
travail …
C’est un métier exigeant qui demande de solides
connaissances, habiletés et attitudes en ce sens
qu’il est centré sur l’humain qui est conscient et
difficile à cerner parfois. L’amour du métier, le professionnalisme,
l’équidistance, la justice, l’engagement,
la rigueur et l’objectivité sont les qualités
ou règles déontologiques qui guident au quotidien
l’intervention à tous les niveaux. A titre d’exemple,
en tranchant un conflit individuel de travail, il faut
tout un éventail de techniques et de principes pour
identifier le côté où se trouve la vérité juridique
entre un travailleur qui se dit malade et se plaint
d’un licenciement abusif et un employeur qui, en
retour, reproche à son travailleur une absence non
autorisée au lendemain du Magal de Touba qualifiée
de faute lourde.
Les missions de l’Inspection du Travail et de la Sécurité
sociale sont définies dans plusieurs documents
et textes mais la référence la plus simple et
accessible c’est le Code du Travail (Loi n° 97-17 du
1er décembre 1997) qui compte 288 lois-articles
au total. C’est l’article L. 188 qui précise ce qui est
attendu, de façon minimale, de l’Inspecteur du Travail
et de la Sécurité sociale, son rôle en un mot.
Extrait : Code du Travail (Loi n° 97-17 du 1er décembre
1997)
Article L.188 - Les services du travail et de la sécurité sociale
sont chargés de toutes les questions intéressant le travail,
la main-d’œuvre, la sécurité sociale.
Ils ont pour mission :
- d’élaborer les projets des lois et des règlements dans les
domaines du travail, de la main-d’œuvre et de la sécurité
sociale ;
- de suivre l’exécution de ces lois et règlements tant à l’endroit
des employeurs, privés ou publics, et des travailleurs,
qu’à l’endroit des institutions et organismes de sécurité sociale
;
- d’éclairer de leurs conseils et de leurs recommandations
les employeurs et les travailleurs ;
- de documenter, conseiller, coordonner et contrôler les
services et organismes concourant à l’application de la législation
sociale ;
- de procéder, dans le cadre des attributions ci-dessus
définies, à toutes études et enquêtes ayant trait aux divers
problèmes sociaux (travail, main-d’œuvre, sécurité sociale)
et leur contexte économique.
Cette compétence large explique déjà aujourd’hui
la responsabilisation des Inspecteurs du Travail
et de la Sécurité sociale – artisans du dialogue social,
manœuvres de la justice sociale et fieffés diplomates
du monde professionnel – dans tous les
foyers de tension potentielle ou vive du Gouvernement,
de l’administration publique, des entreprises
privées, des instances internationales et de
la société civile.
Un Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale
est vite reconnu de par son grand dynamisme, sa
promptitude à aller au front et son appel permanent
au dialogue en toute chose.
Pour les jeunes qui souhaitent
exercer le même métier que vous,
quelle est la marche à suivre (Formation,
cursus) ?
La première chose est la vocation, l’amour, la foi
et la témérité. Il faut de la préparation pour embrasser
ce métier qui expose à des risques et exige
trop de travail sous pression : rencontres avec des
personnes dévastées parfois par les maladies professionnelles
ou le VIH-SIDA, de travailleurs licenciées
désemparés en larmes, d’employeurs au bord
de la faillite et qui ne veulent pas abandonner leurs
travailleurs, d’employeurs politiciens qui essaient
d’influencer la hiérarchie ou de machiner en haut
lieu pour faire passer ses forfaitures ou briser la
carrière du fonctionnaire, de grands corrupteurs
travailleurs comme entrepreneurs qui n’acceptent
pas de perdre quitte à y mettre le prix qu’il faut.
Ce n’est pas un job pour des vacanciers, des touristes
ou encore des chasseurs de primes. C’est un
métier de caractère et de grande responsabilité qui
n’exige aucune faiblesse devant l’argent, la sensibilité
ou le pouvoir.
Ce métier est une porte qui ouvre des opportunités
énormes de carrière à tous les niveaux. La carrure
d’homme d’Etat qu’il exige explique son accès
unique par voie de concours très sélectif à l’Ecole
nationale d’Administration (ENA) qu’il faut déjà
bien préparer.
Avant la titularisation, il faudrait deux ans de formation
à l’Ecole avec des stages pratiques en administration
centrale et en région, ponctués depuis
quelques années d’un séjour de plus de 20 jours
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 25
׉	 7cassandra://k54Aer8_TFZOboCvEw-EJfm_zN4O8LRsnCbJHNCiYEc)`̵ _S3T:ʁ_S3T:Ɂ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://TAv6YmpiS9IVARPBr6tTgtyESS22sBoaHzMYhnjJXtw `׉	 7cassandra://t6owI3EnkLANMDhf6LWWRVN-mPjoi0_dn1bJEatriLY͝#`S׉	 7cassandra://KAkzfCz_EemTFfXid1ObVTIfygBQHTSn_77fP-OPRzE*`̵ ׉	 7cassandra://BoGYQkeUZciDY4iXQwlpoUId1uHZMVKOtJirKYPO7Dk .͠_W3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://gEm6zNZi9stU6H6LiW92dGKvxAHxYMw-ZlhYEXFAF8Q >` ׉	 7cassandra://-cQZE1WyCn5MHCVRzlTZimwJr9nFsuhN8h_rsH0U80Aͬ%`S׉	 7cassandra://ai2l2CX3b8_b050sbWvTlHr4uEZMYTnwGStfpqQHuwo)`̵ ׉	 7cassandra://Bu3BONjVqT0GeNzMDnEGPXYdGIajslqJF5h2OIM6zaYt͠_W3T;׉Eedans les rangs de l’Armée nationale. A l’issue de la
formation, il est requis un an de statut de stagiaire
renouvelable pour vérifier si le candidat est valablement
compétent pour être définitivement intégré
dans le corps, ce qu’on appelle la titularisation.
Dans la pratique aussi, l’administration exige une
phase probatoire de quelques années (jusqu’à cinq
ans) avant de permettre au fonctionnaire de pouvoir
faire des mouvements hors cadres (détachement
ou disponibilité).
Vous avez occupé le poste de Directeur
national de l’Emploi entre
2015 et 2020. Quel souvenir gardez-vous
de cette expérience ?
La vie dans l’administration est faite de mouvements
horizontalement comme verticalement et le
fonctionnaire doit s’y préparer d’autant plus qu’il
n’a aucun pouvoir sur ses mutations et affectations.
C’est pourquoi la longévité en administration demande
de la modestie mais aussi de l’autorité sur
soi-même.
J’ai occupé le poste de Directeur de l’Emploi à partir
du 9 décembre 2015 suite à ma nomination par
Décret au Conseil des Ministres du même jour. Le
poste était prenable pour quelqu’un qui connait le
marché du travail mais aussi qui vient de diriger le
Cabinet ministériel pendant près de deux ans.
L’expérience a été palpitante : imaginez-vous au
centre des plus grandes réflexions pour la mise en
place de stratégies, de programmes et de projets
en faveur de l’emploi ou encore porter la voie du
Gouvernement du Sénégal dans plusieurs hautes
instances de négociation d’accords sur l’emploi, le
travail, la migration, la main-d’œuvre, l’information
sur le marché du travail, le développement
des compétences, la transformation structurelle
des économies …
Ce qui m’a – par contre – le plus marqué, c’est le
fossé qu’il y a eu entre ma volonté de contribuer à
l’épanouissement de mes concitoyens sur le marché
de l’emploi et les moyens qui se refusaient
d’être disponibles aussi bien au niveau politico-stratégique
en termes de portage, que dans le
cadre des ressources humaines, des moyens logistiques
et des ressources budgétaires.
Page 26-Biramawa Magazine-Novembre 2020
Chaque Ministre vient avec sa manière de voir, son
type de management et ses hommes de confiance
et le rythme n’est jamais le même. Certains sont
plus orientés résultats que d’autres et y vont au
rythme fast-track avec beaucoup de pression. Certains
comptent réellement sur vous, vous mobilisent,
vous manifestent la confiance et donnent
suite à vos requêtes ; avec d’autres, le service perd
de son lustre. Il faut toujours faire avec car c’est
cela l’administration publique.
Les jeunes doivent juste comprendre que c’est un
honneur de travailler pour son pays et quand on a
l’occasion de le faire, il faut donner le maximum de
soi. Je pense l’avoir fait durant les quatre (4) ans et
un mois de gestion de la Direction de l’Emploi.
Quel bilan tirez-vous de ces
4 années ?
J’ai été nommé Directeur de l’Emploi à une période
où l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi
des Jeunes (ANPEJ) commençait déjà à se déployer
après sa création en 2014. Le leadership du
Directeur général de l’époque – Monsieur Amadou
Lamine DIENG – lui avait permis d’obtenir des plus
hautes autorités le transfert de plusieurs dispositifs
opérationnels qui devaient lui permettre d’at׉	 7cassandra://KAkzfCz_EemTFfXid1ObVTIfygBQHTSn_77fP-OPRzE*`̵ _S3T:׉E	teindre rapidement les résultats escomptés à savoir
110 000 emplois à l’horizon 2019. Le
Programme des Domaines Agricoles
Communautaires (PRODAC) prenait
aussi son envol avec l’objectif
de 300 000 emplois
toujours pour 2019 et le
département de la Jeunesse,
de l’Emploi et de
la Construction citoyenne
était l’un des Ministères
les plus dynamiques et
sous les projecteurs. Les
acteurs du marché du travail
sont encore nostalgiques
de cette période où l’écosystème
de l’emploi était très animé
avec des actions concrètes, des manifestations
nombreuses, des offres multiples
et la création ou la redynamisation de plus de
vingt (20) dispositifs et projets faisant focus sur
l’emploi. Le silence n’avait pas sa place et tout le
monde bougeait.
“Paradoxale»
préposés à être installés dans les différents départements
du Sénégal pour orienter, accompagner
et assurer un suivi rapproché à
tout jeune intéressé par l’emploi ou
la formation.
ment, j’ai trouvé la Direction
de l’Emploi avec un
budget déjà voté de l’ordre
de seize millions (16
000 000) de francs
CFA.
"
service.
Paradoxalement, j’ai trouvé la Direction de l’Emploi
avec un budget déjà voté de l’ordre de seize
millions (16 000 000) de francs CFA. En plus de ce
vide budgétaire, l’essentiel des agents techniques
avaient quitté pour d’autres stations suite à la démotivation
occasionnée par le transfert de tous les
dispositifs opérationnels et projets de la Direction
de l’Emploi à l’ANPEJ. J’ai passé une année complètement
noire en 2016 de janvier à décembre avec
le budget de fonctionnement de 16 millions de
francs CFA (tout inclus). Cela peut faire rire mais
les Directions nationales sont parfois tuées par des
arbitrages trop serrés ou la naissance de nouvelles
structures concurrentes.
Il me restait dans le personnel une planificatrice
compétente, deux informaticiens de haut niveau
qui ne demandaient qu’à servir, une assistante qui
avait pitié de moi et quelques agents qui voulaient
y croire au vu de mon parcours. Je me suis enfermé
avec cette petite équipe pour relever le challenge,
cela a abouti à un premier acquis budgétaire de
300 millions de FCFA pour l’exercice 2017. Ce premier
fruit de labeur nous a permis de recruter, dans
un premier temps, vingt-cinq (25) jeunes filles et
garçons qui n’ont presque jamais travaillé pour les
formater dans le moule de « Conseillers en Emploi
Pour résumer, d’autres secousses sont venues nous
frapper encore de plein fouet mais, à force de ténacité,
nous avons redoré le blason à cette Direction
de l’Emploi qui est essentielle dans le dispositif
institutionnel national relatif à la gouvernance du
marché du travail. Enfin, dans le cadre de la mise
en œuvre des budgets-programmes, nous avons
convaincu les autorités quant à la pertinence d’un
programme budgétaire dénommé « Développement
de l’Emploi » que nous avons développé et
stabilisé avec les experts planificateurs du département
ministériel.
Cette dernière étape a redonné à la Direction de
l’Emploi sa dignité avec un Programme nanti d’un
budget d’un milliard trois cents millions (1 300 000
000) de francs CFA au 31 décembre 2019. Dans la
logique administrative, un haut cadre est nommé
pour régler des problèmes structurels, relever des
défis d’envergure ou encore donner de la consistance
et du contenu à des dispositifs ou coquilles
vides. Le résultat étant atteint, j’ai été remplacé à
travers le Communiqué du Conseil des Ministres
du 8 janvier 2020. Ce qui a mis fin à mon détachement
au Ministère en charge de l’Emploi.
Aujourd’hui, des Missions locales pour l’Emploi
et l’Entreprenariat (MILE) ont vu le jour et devraient
être dynamiques à Kaolack et à Sédhiou.
Nous avons travaillé sur toutes les stratégies, programmes
et projets au niveau national de l’identiNovembre
2020-Biramawa Magazine-Page 27
Sur la période, j’ai décroché
avec l’aide du Directeur de la
Vie Associative de l’époque,
Monsieur Mor Khoudia
GUEYE, un partenariat dynamique
et utile avec le Centre
d’Etudes et de Coopération internationale
(CECI) du Canada
qui a mis à ma disposition deux
dames volontaires qui se sont succédées
avec un apport incommensurable
dans le recadrage de l’orientation du
׉	 7cassandra://ai2l2CX3b8_b050sbWvTlHr4uEZMYTnwGStfpqQHuwo)`̵ _S3T:́_S3T:ˁ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://fpVrguNdiAuDsFPqT008AFhcK_2FYsLyReuEiFIQqNI \` ׉	 7cassandra://a-bw6WPkGkeIkfrOYUI7jlnH7kIgx90G6VBeP7TqOckͷ`S׉	 7cassandra://t6BGc4smZTM7-wW6kkng78sPcxheb-NyM0U3B7_bD64+`̵ ׉	 7cassandra://LhIsHmjEC_t2WU4oaig7KgnkuJqFhkJmZ8nIpcYgUUIi%͠_W3T;ט  {u׉׉	 7cassandra://kB3WFcbEif06jm9PQEIHI75FJKrg3hC2nxylEWG8oKk X` ׉	 7cassandra://nM9sVDXjbb9V-jCjx8f5yxNdWWIE8TcgfytdWSqVWX8͵z`S׉	 7cassandra://Sr5-8TOA7dc4oNoCpbta6593VuRiyKuTtilP0SymBJU*`̵ ׉	 7cassandra://PIFsoETaANjQpxjpKOZomtNLwqVe2e-hFquYCIoCcP8`͠_W3T;׉Efication à l’évaluation. Nous avons stabilisé la gestion
de la Convention nationale Etat-Employeurs
pour la promotion de l’Emploi (CNEE) qui ne devait
à mon départ rien à aucune structure et parvenait
déjà à placer près 1 500 jeunes en stages
en Entreprises en une année. Nous avons animé le
marché du travail en organisant des Fora décentralisés
Emploi-Formation et Environnement, malgré
les limites de nos ressources budgétaires.
Je me rappelle encore la veille de mon départ, le
mardi 7 janvier 2020, où j’ai présenté en coordination
les termes de référence de la première Semaine
nationale de l’Emploi et de la Formation
(SNEF) qui devait être un grand moment de rencontre
entre les offres et les demandes d’emploi
et de stages, de réflexions stratégiques pluridisciplinaires
sur la situation du marché du travail et
les orientations qui devaient servir d’entrées au
processus de formulation d’une nouvelle Politique
nationale de l’Emploi (PNE) assortie d’un plan
d’action opérationnel pour l’Emploi sur l’horizon
2020-2024. (Rires)
En tant que Directeur de l’emploi
vous aviez plaidé pour le développement
d’une culture de l’information
sur le marché du travail
et le nécessaire financement de
l’emploi. Que voudriez-vous dire
par « culture de l’information » et
« financement de l’emploi » ?
L’information est le secret dans ce monde. Ceux qui
détiennent l’information planifient correctement
et mènent facilement leurs projets. Aujourd’hui,
non seulement la production de données statistiques
est loin d’être suffisante mais encore on ne
peut trouver aucune documentation sur les dispositifs
existants. C’est pourquoi nous avons plaidé
sans succès pour la mise en place d’un Système
d’Information intégré sur le marché du Travail
(SIMT) afin de rendre l’information disponible en
tout temps et sur toutes les questions. Les résultats
statistiques ne renseignent que sur le moment de
leur collecte, c’est comme la réalité sociologique.
La journée d’après, ils deviennent de l’approximation.
Page
28-Biramawa Magazine-Novembre 2020
Il faut alors une permanence de production
d’études, de rapports et réflexions prospectives
sur tout ce qui peut intéresser l’Etat, les Investisseurs,
les demandeurs d’emplois, les entreprises,
les structures de formation, les partenaires au développement.
Nous avions déjà lancé à la Direction
de l’Emploi l’idée de la Plateforme Sénégalaise de
l’Emploi (PSE) pour faire converger tout cela dans
un support numérique.
Et, je pense qu’un « FAKE NEWS » largement relayé
– ayant classé le Sénégal comme troisième pays au
monde le plus affecté par le chômage (48%) au 16
octobre 2020 et qui fait rire les techniciens, statisticiens
et économistes – n’aurait pas fait tant d’effet
aux autorités gouvernementales et tant induit
si gravement en erreurs des opposants politiques
qui ont saisi le prétexte pour tirer à boulet rouge,
s’il y avait cette Plateforme Sénégalaise de l’Emploi
(PSE) ou un Observatoire national sur l’Emploi et
les Compétences (ONEC) voire encore mieux une
« Agence de Suivi et de Prospective du Marché du
Travail » (ASPMT) qui aurait l’exclusivité de la mission.
Personne
ne répondra aujourd’hui à la question de
savoir combien de planificateurs de plus de cinq
ans d’expérience sont disponibles sur l’étendue
du territoire nationale pour un programme d’expérimentation
de la formation en alternance qui
veut recruter dans trois jours ? Quels sont les métiers
sollicités et le nombre de postes disponibles
dans cinq ans dans le domaine du numérique, par
exemple ? Un bon système d’information et une
bonne culture de la prévision nous auraient permis
sur un petit clic de disposer d’un rapport qui serait
utile à la fois aux écoles de formation, aux jeunes
qui viennent d’avoir le bac et aux programmes publics
pour se fixer des objectifs.
Par ailleurs, relativement au financement de l’emploi,
il serait bon que l’expérience de certains pays
de l’Afrique de l’Est nous serve d’inspiration et
j’avoue que la Banque Africaine de Développement,
l’Université Cheikh Anta DIOP, en relation avec la
Direction de l’Emploi et de l’Agence nationale de la
Statistique et de la Démographie (ANSD) avaient
réussi la prouesse de faire en 2018 une étude sur
la quantification de l’impact emploi de chaque milliard
de francs CFA investi dans un secteur donné.
Il était ressorti qu’un milliard investi au Sénégal
׉	 7cassandra://t6BGc4smZTM7-wW6kkng78sPcxheb-NyM0U3B7_bD64+`̵ _S3T:׉Edans l’économie numérique peut permettre la
création de trois cents (300) emplois au minimum
là où l’investissement du même montant dans les
infrastructures créera moins de vingt (20) emplois.
Ce sont ces genres de réflexions et de travaux qui
devraient être confiés aux universitaires et chercheurs
qui ont une grande part à jouer dans le
développement de nos pays. En Afrique de l’Est,
certains pays ont fait l’expérience de mettre la
création d’emploi comme un indicateur de performance
et l’élaboration du budget assigne un
nombre clair d’emplois annuels qui devraient être
créés par chaque département ministériel sur la
base des dépenses effectives et non sur des prévisions.
L’évaluation est très exigeante et le Gouvernement
communique de façon très précise et juste
à partir de ce moment.
Pour le financement de l’emploi, il faudrait qu’on
comprenne que l’entrepreneuriat (auto-emploi)
est inclus dans l’emploi qui renvoie, selon
la dix-neuvième conférence des statisticiens du
travail, à toute activité de production de biens ou
de service destinés à la consommation occasionnant
un salaire ou un bénéfice (gain quelconque)
: emploi salarié ou auto-emploi. Les services publics
d’emploi (Direction de l’Emploi et ANPEJ) devraient
être mieux servis en termes de budget et
c’est là-bas que l’accompagnement vers l’emploi,
le maintien dans l’emploi et le retour à l’emploi
doivent être opérés car ce sont leurs spécialités.
Rien que la mission d’intermédiation sur le marché
du travail devrait bénéficier d’une enveloppe
de près de 10 milliards de FCFA comme c’est le
cas dans plusieurs pays africains ou encore de la
sous-région.
Aujourd’hui, tous les dispositifs qui annoncent la
création d’emploi comme objectif phare ou objectif
premier devraient être rattachés au Ministère en
charge de l’Emploi ou du Travail. La spécialité du
Ministre chargée de l’Emploi ou du Travail devrait
lui permettre de disposer sous son autorité directe
de toute structure qui a une mission dans son périmètre
de compétence. Autrement, on avance et
on déconstruit pour reconstruire indéfiniment et
sans efficience.
Avez-vous, entre temps, senti des
améliorations ?
Le Sénégal a enregistré des performances réelles
en termes de croissance économique et de création
d’opportunités pour les jeunes mais la demande
reste entière. Les efforts doivent être combinés
et la gouvernance du marché du travail revue
en profondeur. Il faut des ruptures profondes et
des décisions plus hardies. La demande d’emploi
est continue et il faudrait que la question de l’adéquation
qualitative comme celle quantitative entre
besoins économiques et compétences produites et
certifiées par nos structures de formation arrivent
à un point d’équilibre. Il y a beaucoup d’instruments
qui nous manquent. Déjà, la situation a été
très compliquée ces dernières années malgré les
avancées. Souvenons-nous déjà de la crise économico-financière
de 2008 qui a amené le chômage à
des pics insoupçonnés au niveau mondial et depuis
lors c’est compliqué presque partout au monde.
La crise de la Covid-19 a remis les pendules à zéro,
a remis en cause tous les agendas et plans de développement
et a compromis tous les schémas
simplistes ou simplifiés de projets professionnels.
Des emplois sont perdus, des licenciements se
préparent encore en masse, des businesses sont
tombés à l’eau ; presque seules entreprises de fabriques
de détergents et quelques plateformes de
vente en ligne se sont fait de réels bénéfices.
Il faudrait juste nourrir l’espoir mais le questionnement
du financement de la relance pose problème
partout au monde et les experts savent qu’on ne
se relève pas si aisément de ces genres de crise. La
décision d’investissement des acteurs privés n’est
pas si manifeste et l’on sait la création d’emplois
se fait à l’occasion de la production. L’entrée dans
le marché du travail va être plus compliqué et l’insertion
professionnelle beaucoup plus difficile. Il
faudrait de l’investissement consistant mais aussi
– et surtout – des réformes de fonds avec des facilités
proposées aux grands recruteurs ? Cela a été
annoncé par plusieurs textes mais c’est le moment
de mettre cela en œuvre concrètement.
L’employabilité des jeunes diplômés
pose également problème. Leur
manque d’expérience professionnelle
est décrié à juste titre. La professionnalisation
des formations
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 29
׉	 7cassandra://Sr5-8TOA7dc4oNoCpbta6593VuRiyKuTtilP0SymBJU*`̵ _S3T:΁_S3T:́{בCט   {u׉׉	 7cassandra://uCbmGkgGu8-tk4CTW6sQRd-6Vza5v_jtiyrjv3jjRc8 Z.` ׉	 7cassandra://3qWqhNH9voBt0ymFDMPPnQKddhxExQg9MtytC60s3pQͮ$`S׉	 7cassandra://t4rwWvePXYiap13bG6BAjuylb2v_NQkEJLjpUKAJq44+T`̵ ׉	 7cassandra://EHPkpMrEnAcLr8YAQavxW7zJtWtQYZVG4qXFwy4txos͈t͠_W3T; ט  {u׉׉	 7cassandra://82c9DYOG03o-Nev_Cg8cU3MW9zLHn8OjXK1Ur6ahknc `׉	 7cassandra://xWahLrdR05zg8ktZRFpiqX_oWV-T86v1jydqxhMRF5IͰ{`S׉	 7cassandra://rZeUJzU5hEVnd9H7WZ463JIkTZ971go5rTYhiIHt8qE,`̵ ׉	 7cassandra://AwB-VNxkC2DZkDBfb0UOLl5y4oDo2rN4GQ_rCk7emAQ ͠_X3T;!׉En’est-elle pas cruciale ?
Bien évidemment. Par contre, l’employabilité est
certes un problème mais c’est le moins compliqué
de ceux que nous rencontrons aujourd’hui. Les
écoles revoient leurs curricula. Tous les nouveaux
projets et programmes de développement font
focus sur le renforcement de l’employabilité des
jeunes et les cabinets de coaching tout comme les
consultants en la matière foisonnent partout. Le
manque d’expérience n’est pas forcément un obstacle
car vous voyez aujourd’hui des offres d’emploi
dans lesquelles on mentionne « débutant »
pour montrer que la cible est précise. Il s’y ajoute
qu’il y a des jeunes bien formés dans « des écoles »
du pays et qui sont très opérationnels et très productifs
sans mentor.
Le problème de fond c’est l’étroitesse
du marché du travail. L’économie
nationale ne disposait que de
407 882 entreprises en 2016,
dont moins de deux pour
cent d’entreprises capables
de recruter réellement (1.8
% de grandes, moyennes
et petites entreprises). Le
rapport du recensement
général des entreprises du
Sénégal publié par l’ANSD en
2017 nous en dit long. Presque
tout est informel dans notre économie,
on est à 98.2% de très petites
entreprises et entreprenants. Le tissu économique
ne milite pas, en l’état actuel, à un recrutement
massif même de la moitié des demandeurs
d’emploi.
tous de nouvelles entrées sur le marché du travail
ni de nouvelles embauches forcément ; les renouvellements
y sont inclus.
Les problématiques sont là nombreuses et entière
passant du sous-emploi (suivant la durée du travail
ou suivant les qualifications) aux jeunes NEET (ni
éducation, ni en formation, ni en emploi) en passant
par les emplois informels, la main-d’œuvre
handicapée, les détenus à réinsérer, les séniors
sans emploi, les enfants travailleurs, les migrants
irréguliers …
“Les serIl
faudrait de la rupture et on ne saurait forcer les
gens à entreprendre au risque de mourir chômeur.
Il faudrait à chaque jeune – à chaque femme et à
chaque citoyen, en fonction de ses desiderata
et de l’analyse de sa situation
– au moins une option sérieuse
qui pourrait déboucher
vers
vices publics d’emploi
(Direction de l’Emploi et
ANPEJ) devraient être mieux
servis en termes de budget…
"
La
preuve par le rapport annuel des statistiques du
travail publié par le Ministère du Travail, du Dialogue
social et des Relations avec les Institutions,
à travers la Direction des Statistiques du Travail et
des Etudes, qui nous précise que sur l’année 2019
il y a eu 1 713 entreprises ouvertes sur l’étendue
du territoire national et qu’elles n’ont occasionné
au moment de l’ouverture que 8 619 emplois directs
pour le démarrage des activités, dont il faut
retrancher 1 969 emplois perdus à l’occasion de
la fermeture de 280 autres entreprises dans l’année.
Il s’y ajoute que 65 404 contrats de travail
réguliers ont été enregistrés dans tout le Sénégal
en 2019. Il faudrait comprendre qu’ils ne sont pas
Page 30-Biramawa Magazine-Novembre 2020
quelque chose. Cela ne serait
possible qu’avec du vrai
travail de terrain, de la réflexion
technique mais aussi
de grandes ruptures qui
permettront d’y arriver. La
super-priorité autour de
l’emploi doit transparaitre
techniquement, financièrement
et statistiquement dans
nos actes de tous les jours et les
discours doivent être mis à jour et
axés sur les réalisations et non sur les
objectifs généraux ou résultats attendus.
Professionnalisation des formations
rime avec immersion en entreprise.
N’est-ce pas que les entreprises
et l’Etat ont également un
grand rôle à jouer ? Trouver un stage
ou un emploi relève du parcours du
combattant.
Au vu de ce qui précède, il est évident que les entreprises
n’ont pas suffisamment de places pour
accueillir la masse des demandeurs de stages.
Pourtant, le Ministère du Travail a montré dans
son rapport de 2019 que 4 172 jeunes ont bénéficié
de stages formels en entreprise soit 6.38% des
contrats signés contre 3 359 stages soit 5.09%
׉	 7cassandra://t4rwWvePXYiap13bG6BAjuylb2v_NQkEJLjpUKAJq44+T`̵ _S3T:׉ETen 2018. Vous constaterez que c’est compliqué et
serré mais les entreprises jouent leur partition
sur la base de leurs capacités. A côté, 1 371 autres
jeunes ont bénéficié de contrats d’apprentissage
qui peuvent durer jusqu’à 4 ans soit 2.26% des
contrats signés en 2019. Au total, 5 543 jeunes ont
bénéficié de renforcement de compétences voire
d’employabilité et d’expérience professionnelle
malgré l’exiguïté du marché du travail.
avis, pour mettre en branle l’ « Offensive Tous en
Emploi et Tout pour l’Emploi » que je mûris encore
dans mon esprit. L’emploi coûte cher et ce ne sont
pas des calculs arithmétiques ou des projections
de géométrie dans l’espace. C’est du concret : addition
et soustraction. La multiplication et la division
sont des erreurs de tactiques ici. Les ingénieux
comprendront.
Qu’est-ce que les assertions ci-dessous
vous inspirent ?
Soukeyna SAGNA, responsable du recrutement
et de la formation pour le Terrou-Bi
Resort : « Il est avéré qu’au Sénégal il y a un réel
besoin de former les jeunes qui sont sortis très
tôt du système scolaire ou qui ne s’y sentent pas
à l’aise. Il y a beaucoup de métiers pour lesquels
nous pouvons mettre en place un système de
formation professionnelle en alternance parce
qu’étant des métiers manuels. »
Elzo Jamdong, Auteur – Compositeur – Interprète
: « Je trouve que l’enseignement classique
est trop généraliste et on ne se préoccupe
pas assez des envies des enfants, c’est pour cela
que beaucoup d’élèves ne sont pas à l’aise avec
certaines matières car ils ne voient pas l’utilité
de ces dernières dans la vie de tous les jours. »
La question de fond qui règlerait, en partie cette
difficulté, est relative à l’accompagnement méthodique
et à la formalisation obligatoire des unités
économiques fixes de l’économie informelle. L’expérience
des financements élevés de jeunes sans
expérience en entrepreneuriat combinée au taux
de mortalité à la naissance des entreprises créées
par les jeunes montrent que les financements de
projets devraient être destinés en priorité aux unités
informelles déjà existantes avec obligation de
recrutement d’un à deux diplômes de l’enseignement
supérieur ou de la formation professionnelle
et technique. Les autres projets de développement
pourront se charger de l’emploi rural et des NEET
(« Neither in Education, Employment or Training
»). Voilà le grand pari qu’il faudrait jouer, à mon
Je pense que Soukeyna parle en experte opérationnelle
et elle fait référence déjà aux NEET (ni
en emploi, ni en éducation, ni en formation) qui
constituent aujourd’hui la couche sociale qui préoccupe
dans tous les pays et dans toutes les institutions
internationales, à côté des personnes handicapées.
Le Bureau international du Travail (BIT), la
Banque mondiale, entre autres structures, mettent
le focus et la priorité sur ces franges qui, à l’avenir,
risquent de demeurer sans opportunités et alors
ingérables. Aujourd’hui, je sais que les phrases
de Soukeyna sont tirées d’un argumentaire plus
long mais je sais qu’elle aurait ajouté que le Sénégal
connait un déficit de techniciens qualifiés et
d’employés dans les catégories intermédiaires. A
force de vouloir mettre dans la tête de tous qu’il
faut forcément être cadre, on a oublié dans notre
système de former des personnes qualifiées au
jardinage, au métier de femme de chambre, à la
plonge, au statut de commis de salle confirmé,
entre autres, qui tiennent réellement l’entreprise.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 31
׉	 7cassandra://rZeUJzU5hEVnd9H7WZ463JIkTZ971go5rTYhiIHt8qE,`̵ _S3T:Ё_S3T:ρ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://zAgo8xe_uY9ex91R649lgrxTCLAadw6ixbdBrHT5ES0 g` ׉	 7cassandra://sW5VpRMeefSpI1U4ToUiOEPNtdtrMjuLiF7Ece5bD7Qͨ\`S׉	 7cassandra://Ql0Ypn7BDuu6jKQpZoSGfrq4lXTkMEizyvSKZGG76nI)m`̵ ׉	 7cassandra://TYoWwRQJbqktX0BAFVVD2zfE31V55xrrHn9Iao-R32Izx͠_X3T;#ט  {u׉׉	 7cassandra://z82UOEOJNHVMpIhlxj9aTOXugnoes4mISiMbe4HWo0Q `׉	 7cassandra://BCsUptRlMFwHZ4OjSrVej4yfyFNk3ssN9kC2ZtHnkqwͤ`S׉	 7cassandra://yfRm5XRrIIfP7rYOdZ3QTsE8zUOxlXBcTmjIp4YxonA,`̵ ׉	 7cassandra://Eusslv4qg3cRXWXZIuV7pCzu8vor0vK2FkZnNz6uea4 ͠_X3T;$׉E]Des programmes sont aujourd’hui développés par
l’Etat et je pense qu’il faudrait une communication
claire là-dessus avec des quotas maitrisés et des
entreprises citoyennes en appui pour donner une
chance de vie confortable et de travail décent à ces
jeunes en danger.
Elzo Jamdong excelle dans son
art et nous procure tant de plaisir
à l’écouter. Le caractère
généraliste
de
l’enseigne“Mon
mesment
classique fait que l’on
sort de l’école ou de l’université,
le plus souvent,
juste avec les capacités de
parler français, d’écrire en
français et l’envie d’être
salarié dans n’importe quel
domaine dans un bureau.
Ce qui explique d’ailleurs le
fait que les diplômés sénégalais
trouvent parfois plus de difficultés
que les analphabètes ou non instruits
à trouver un emploi. Quand un sortant de «
daara » ou école coranique n’éprouve aucun complexe
à devenir vendeur dans une quincaillerie qui
correspond le plus à notre réalité économique, le
diplômé s’imagine cadre avec véhicule et autres
avantages dans une grande entreprise formelle
qu’il peinera à trouver ou à intégrer.
toute forme de filières possibles de formation et ne
pas stigmatiser les métiers, les filières ou encore
les orientations professionnelles. Prenons le droit,
la sociologie ou la psychologie qui sont considérés
comme des spécialités chez nous alors qu’il existe
des dizaines de branches dans chacun
de ces domaines.
sage de tous les jours à
mes cadets est de continuer à
apprendre et de s’insérer dans la
logique du moment qui est celle
de l’apprentissage tout au
long de la vie.
"
le mieux.
Avant de finir quel message souhaitez-vous
adresser aux jeunes en
Il a raison surtout quand il analyse sous l’angle de
ce qu’il fait. La base de l’excellence dans un métier
c’est l’amour et l’ambition. J’ai fait l’expérience
de beaucoup de pays, notamment la Belgique où
en Wallonnie des enfants de la maternelle et des
élèves du primaire ont droit à une demi-journée de
découverte métier par an au moins. Des salles dédiées
avec facilitateurs existent en entreprise et les
enfants sont initiés à la robotique pour piquer leur
curiosité et identifier déjà des pépinières.
Ses propos s’insèrent toujours dans la logique
des ruptures profondes. Il faudrait une nouvelle
façon d’enseigner d’autant plus que les nouvelles
technologies peuvent créer de grands écarts entre
élèves et enseignants ou enfants et parents. Il arrive
que les enfants ou élèves soient à un niveau
qui dépasse celui de l’enseignant ou du parent à
des années lumières. C’est pourquoi, il nous faut
nous inspirer du modèle canadien où on trouve
Page 32-Biramawa Magazine-Novembre 2020
quête de vocation ?
Mon message de tous les jours à mes cadets est de
continuer à apprendre et de s’insérer dans la logique
du moment qui est celle de l’apprentissage
tout au long de la vie. Au rythme où va le monde,
nous sommes tous condamnés à devenir des demandeurs
permanents d’emploi avec les ambitions
personnelles, les besoins financiers et les
exigences du marché du travail.
Le diplôme sera toujours une présomption de compétences
mais il ne vaudrait que dans la façon dont
les tâches confiées seront exécutées. Il faut des diplômes
mais mieux que les diplômes, il faut tracer
très tôt un projet professionnel et se fixer des options
A, B et C quel que soit le niveau d’instruction
et de qualification. Il faut assumer toujours ses
choix et assumer ses échecs en réadaptant le projet.
Avec la série S, je peux devenir médecin, géologue
ou encore aéronaute. Il est bon d’identifier
les ressources à mobiliser (intellectuelles, financières
ou relationnelles) et les bonnes écoles où se
former.
Le monde repose sur la
connaissance et nous devons
disposer
de
personnes
qui ont une
connaissance spécialisée
et très approfondie
dans certains domaines
pour sauver l’humanité.
On ne peut pas continuer
à avoir une opinion
sur tout comme un bretteur
politique engagé. Il
faut faire de la place à tous
dans l’espace public où chacun
donnera le meilleur de ce qu’il sait
׉	 7cassandra://Ql0Ypn7BDuu6jKQpZoSGfrq4lXTkMEizyvSKZGG76nI)m`̵ _S3T:׉E
0fessionnel. C’est la meilleure manière de réaliser
ses ambitions suivant le chemin le plus court. Par
contre, si on n’a pas le choix et qu’on ne s’informe
pas, ce sera après le diplôme que les options seront
envisagées et on pourra certes trouver un emploi
mais avec des risques élevés d’insatisfaction au
travail.
Biramawa vous remercie. Votre mot
de la fin ?
Merci au « Magazine Biramawa » pour la constance
et le travail extraordinaire réalisé.
Les maitres mots sont « knowledge », « iqqrah »,
« skills », « jaang ». Se définir et se positionner tôt
dans ce monde qui roule à tombeau ouvert. Avoir
une ambition, un rêve pour sa communauté et
pour le monde, définir un projet professionnel cohérent
avec plusieurs options et demeurer calme
et patient en ne considérant ni l’emploi ni le mariage
encore moins la politique comme une fin en
soi. La vie c’est plus que cela et personne n’est né
pour mourir sans laisser de trace. Le monde est fait
pour les humains et c’est aux humains d’en profiter
et d’en faire un paradis, de lui donner un sens.
L’Afrique a un incroyable talent, dit-on parfois pour
blaguer, mais nous savons tous que l’avenir du
monde c’est l‘Afrique. Les africains doivent comprendre,
des Chefs d’Etats aux élèves de la maternelle,
que les théories contemporaines mettent le
focus sur l’humain. Cela demande une préparation
de tous et en tout domaine. L’apprentissage tout
au long de la vie est alors, à mon avis, la meilleure
voie de salut face aux mutations extraordinaires
du monde. Un simple virus a tenu tête à tous et a
fait valser la science de faussetés à faussetés, les
gouvernements de tâtonnements à aveux d’échec,
les citoyens de peur bleue à évitement et stigmatisation
de tous par tous. Même pas droit à un éternuement
libre !
Il est indiqué qu’il faudrait faire des prospections
sur sa clientèle ou ses entreprises d’accueil potentielles.
Etant citoyen, il est utile de s’informer sur
les dispositifs publics et postuler pour être accompagné.
Vivre, dormir et rêver de son projet proLa
transformation digitale du monde et la robotisation
sont encore d’autres sources de menaces
avec les pertes d’emploi, l’émergence de nouvelles
formes de travail et de vie, la course vers la
trouvaille technologique ou nanotechnologique
qui donne l’immortalité à l’homme. En Dieu nous
croyons et Dieu a tout donné à l’’homme qui est
condamné à être au début et à la fin de l’humanité.
« Vivre vite, Agir maintenant ». Medab
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 33
׉	 7cassandra://yfRm5XRrIIfP7rYOdZ3QTsE8zUOxlXBcTmjIp4YxonA,`̵ _S3T:ҁ_S3T:с{בCט   {u׉׉	 7cassandra://WFsiREKVoOYI5oKnrLOgR_bZbcUjVkmA9HFGCQvpnpw 1`׉	 7cassandra://gqEhTHNX-jAg_gr4-ZAv_RobQGWX3Aqf5bVj2lX3Jfo̓z`S׉	 7cassandra://R5fsLcQnpAY1XYDYNRMhG3_yxJHfgOO-5EdWICh731U(v`̵ ׉	 7cassandra://6a0Y2rgfU0YOx8ickCZPo_YdmUTGV7eEDpB1YmxWFbo ̢͠_X3T;&ט  {u׉׉	 7cassandra://d6O2RkDWQ9BftwykoC-SWfIW0qAMyS5FOOy9b-mfeyY >a` ׉	 7cassandra://Lv9-gVEhDfL2EtB-3fle7gq4zR7HgqZCHazOSUOaihU͵p`S׉	 7cassandra://mzGhzpdNyWkVMM-JcshKYjR_bMIrpfAnqwyO-5ON0Q4,`̵ ׉	 7cassandra://QF81D2-i9byRONEWKJgODMcnLBtqfcK7X66aOoYXqwkWO͠_X3T;'׉EVeille et
Intelligence
des Affaires
L'entrepreneuriat
Dans ce 11ème numéro de votre Magazine Biramawa, Monsieur
Moustapha FAYE reçoit dans sa rubrique « Veille et Intelligence
des affaires » Monsieur Amadou Moustapha dit Cable DIALLO.
Amadou Moustapha dit Cable Diallo est chercheur spécialiste
en entrepreneuriat et membre de l’équipe de recherche en entrepreneuriat
et développement des organisations (EREDO). Il
est parallèlement enseignant-vacataire en sciences de gestion
à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.
Monsieur Diallo s’est prononcé sur la question liée à l’émigration
clandestine des jeunes africains notamment sénégalais.
Entre richesse en ressources naturelles, un climat d’affaires
défavorable à l’entrepreneuriat, mortalité précoce des
entreprises ou même des lenteurs administratives, Monsieur
Diallo a analysé le phénomène de l’émigration irrégulière qui
engendre beaucoup de pertes de vies humaines notamment
durant cette période.
Page 34-Biramawa Magazine-Novembre 2020
׉	 7cassandra://R5fsLcQnpAY1XYDYNRMhG3_yxJHfgOO-5EdWICh731U(v`̵ _S3T:׉ELe Sénégal est un pays plein de
ressources naturelles, néanmoins
les jeunes continuent
de s’adonner à l’émigration
clandestine, quelle est votre
impression ?
Effectivement, le Sénégal est un pays riche avec
beaucoup de ressources naturelles et de potentialités
humaines, stratégiques, politiques et culturelles.
Cependant, si un tel phénomène de « Barça
ou barsakh » prend une telle envergure, on doit
s’interroger sur beaucoup de choses. Evidemment,
je ne cautionne jamais ce phénomène mais si on
analyse en profondeur la pensée des candidats à
l’émigration clandestine, on s’aperçoit qu’ils n’ont
pas d’espoir à rester au pays et vivre la situation
comme s’ils n’existaient pas et qu’ils n’ont rien à
perdre en empruntant cette aventure « suicidaire
». Cependant, des solutions peuvent être trouvées.
D’abord, il appartient aux pouvoirs publics de revoir
leurs politiques portant sur l’éducation, l’enseignement,
la formation professionnelle et l’entrepreneuriat
qui présentent déjà d’innombrables
maux. A cela s’ajoute la volonté des jeunes à se
démarquer des prétentions trop ambitieuses en
voulant s’enrichir à tout prix. Il paraît que chaque
candidat paye vers les 300 à 400 000 FCFA pour
le billet du voyage alors que beaucoup d’entrepreneurs
en Afrique ont démarré et réussi avec moins
que cela donc on peut penser à cette option.
Les jeunes sénégalais semblent
préférer aller à l’étranger que
de rester sur le territoire national,
pourquoi ce choix, selon-vous
?
Oui quand on considère qu’on vit la misère, le métier
exercé ne permet pas de faire face aux charges
et qu’on voit ceux qui ont déjà tenté réussir, le tout
corroboré par le poids de la pression sociale, l’émigration
à tout prix demeure la seule solution pour
une jeunesse désemparée et désœuvrée. Et malheureusement
c’est ce qui est arrivé à la jeunesse
sénégalaise. Alors, il est temps que beaucoup de
choses changent si nous voulons renverser la tendance.
Les mentalités doivent changer chez les citoyens
mais aussi chez les dirigeants…
Oui, mais on a constaté également
qu’aujourd’hui beaucoup
d’entreprises créées au
Sénégal meurent dès la première
ou la deuxième année,
qu’est-ce qui peut expliquer
cette mortalité précoce ?
La moralité précoce et à grande échelle est un
phénomène très fréquent au Sénégal et devenu à
la longue banale. Les difficultés sont partout. On
peut noter des gens qui veulent entreprendre sans
un minimum de prérequis en capacités et compétences
entrepreneuriales, des moyens financiers
absents, un environnement des affaires peu propice,
une fiscalité inappropriée surtout avec les
PME, une concurrence déloyale des entreprises
étrangères, un échec des politiques publiques …
tous ces facteurs expliquent que nous avons un
écosystème entrepreneurial « malade » qui pousse
les entreprises plus à la mortalité qu’à la survie.
Quel est votre avis sur l’accompagnement
entrepreneurial
au
Sénégal ?
Il importe de noter de prime abord que l’accompagnement
entrepreneurial est un ensemble de pratiques
et de services destinés aux entrepreneurs
et aux entreprises pour assurer leur démarrage et
leur développement. Nous en avons des dizaines au
Sénégal avec des domaines d’activité, des missions
et des cibles diversifiés. Cette grande diversité témoigne
l’existence de gros efforts de l’Etat et de
ses partenaires. Cependant, vu la situation, on peut
dire l’accompagnement entrepreneurial n’est pas
encore en adéquation avec les attentes des parties
prenantes. Il n’échappe pas aux difficultés de l’écosystème.
Les objectifs sont loin d’être atteints. Pour
pallier ce problème, les acteurs doivent repenser le
modèle de l’accompagnement avec une reconfiguration
des ressources humaines, des programmes,
de l’allocation des ressources financières pour
mieux accompagner l’entrepreneuriat.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 35
׉	 7cassandra://mzGhzpdNyWkVMM-JcshKYjR_bMIrpfAnqwyO-5ON0Q4,`̵ _S3T:ԁ_S3T:Ӂ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://fMVpzvqeN8l1oj6GXQ7AmjpHk9XQ6_BOzRDQcLWiPY4 `׉	 7cassandra://AFizwJcKfygO9Y7TR5CWiA_5FS9Mcgzv4W6fgeDOA-0͍`S׉	 7cassandra://To7PDl0P6N5cV8E7D4Nyyl5LIkiOamkffNL8rSrFZ-Y&`̵ ׉	 7cassandra://Rc_fAmmfdFvikewU3U8j4bPhaWeIUNddUiDj_QuCMLw}i͠_Y3T;)ט  {u׉׉	 7cassandra://x8uuMxFUxR37CcbMCI8cQRFj0inxvzJXQxRdBgUBER0 l`׉	 7cassandra://j_zKNQf9sN0N7XkwrrNsOOSUSq5WOAZCYduGohrMqKQx"`S׉	 7cassandra://mUcGeIFNy7Z6It425SOwX0RtlZbdEEJVgUQC_AaFVlo)`̵ ׉	 7cassandra://hqgEC03C7y0hZV86iJVsULZqxp-eoPU4GRFwh33SSek 	K͠_Y3T;*׉E+Peut-on parler d’une connaissance incomplète ou
d’inadaptation des dispositifs d’accompagnement
par rapport aux besoins des entrepreneurs ?
Je dirai oui, car la méconnaissance des structures
d’accompagnement constitue l’un des premiers
freins de l’entrepreneuriat, ce qui montre qu’il y a
un réel souci de communication. Je ne dirai pas que
les dispositifs d’accompagnement sont inadaptés
mais plutôt c’est leurs interventions et leurs apports
qui sont très mitigés par rapport aux attentes
de l’entrepreneuriat.
Les freins sont multiples et touchent tout un écosystème
d’affaires. Dans chaque maillon de cet écosystème,
on peut déceler plusieurs maux. Parmi
eux, les plus importants sont :
• Entrepreneuriat : faibles compétences des
entrepreneurs, absence de stratégie, manque
de ressources financières…
• Structures d’accompagnement : méconnaissance
et non accès aux structures d’accompagnement,
faible intervention des structures
d’accompagnement, ressources et pratiques
d’accompagnement insuffisantes…
• Structures de financement : insuffisance et
virtualités des garanties proposées, exigence
excessive des banques en garanties, limitation
du portefeuille de financement des banques…
• Environnement des affaires : absence de
marché pour les PME, fiscalité lourde et inappropriée
pour les PME, défaillance des politiques
publiques en matière de promotion de
l’entrepreneuriat et de réglementation de la
concurrence…
Comment pourrait-on procéSelon
vous, quels sont les freins
liés à l’entrepreneuriat des
jeunes sénégalais et comment
pourrait-on procéder pour lever
ces freins ?
Page 36-Biramawa Magazine-Novembre 2020
der pour lever ces freins ?
Un ensemble de propositions peuvent être faites
pour essayer de changer la situation et ceci, dans
tous les maillons de l’écosystème entrepreneurial.
Certes, cela nécessite des politiques publiques audacieuses,
courageuses et des moyens considérables.
D’abord, il faut proposer des filières ou formations
en entrepreneuriat dans l’enseignement
universitaire comme le sont les mathématiques, le
droit, l’économie, la gestion…Ensuite, rendre plus
efficaces les structures d’accompagnement et de
financement, notamment sur les compétences des
ressources humaines, renforcer leurs ressources
financières et redéfinir leurs processus organisationnels.
Enfin, des mesures allant dans le sens de
revaloriser l’environnement des affaires doivent
être prises. Cette dernière situation portera sur
l’application des mesures de règlementation de la
concurrence, l’accélération des procédures administratives
jugées souvent très lentes et la révision
du cadre législatif pour une fiscalité sur mesure et
optimale.
Interview réalisée par Moustapha FAYE,
Chercheur en Marketing Stratégique - UGB
׉	 7cassandra://To7PDl0P6N5cV8E7D4Nyyl5LIkiOamkffNL8rSrFZ-Y&`̵ _S3T:׉E׉	 7cassandra://mUcGeIFNy7Z6It425SOwX0RtlZbdEEJVgUQC_AaFVlo)`̵ _S3T:ց_S3T:Ձ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://mDkSWEzQ12z0LUr7VhcdN-9VauX3cKz18Tao8ODa7_w `׉	 7cassandra://4zOCoKjlTQ-7Afp1HeUczAg4Ubx2tetKkAVpu3qmLjŸ́7`S׉	 7cassandra://WGBmAwmWvRW5IdbMqHaXT76mYN3ZWT6Y5w49NjfGJs4'`̵ ׉	 7cassandra://FsW-N0_sXtgl9uMwpLBxhOgsFOvvfTy8fjollu6RCHI ^O<͠_Y3T;,ט  {u׉׉	 7cassandra://pwdD0Iccf20QaCfpHdmJ-deQtRItp5gQVG32E9z48OE Ը`׉	 7cassandra://NA52F2jS2DXt7ji_a-8PCPGjYnSuqWy44ObYagwbWIU͕R`S׉	 7cassandra://n36tha20BN2w-v6HH0SSKzpoAe8DpFilUn3nh9WjtRA(~`̵ ׉	 7cassandra://XZfbx6ABuMmDRUHhq3rTV_vEoWmTB1_ozL9WoPgwsB8 Rf͠_Y3T;-׉E6À L'ÈRE DU
NUMÉRIQUE
Cyberharcèlement scolaire : le cauchemar des ados
Ce 05 novembre 2020, nous célébrions, la première journée internationale
de lutte contre le harcèlement scolaire.
La première Dame de la France, Mme Brigitte Macron, a profité de
cette célébration pour signaler le rôle essentiel des réseaux sociaux
face au cyberharcèlement des enfants et adolescents.
L’instauration de cette journée internationale nous alerte sur l’ampleur
et la gravité que prend le cyberharcèlement, notamment
chez les plus jeunes qui sont les plus touchés par ce phénomène.
Il représente aujourd’hui un réel problème dans une société mondialisée,
portée et guidée en grande partie par le numérique en
l'occurrence les réseaux sociaux.
Au regard de la tournure que prend de plus en plus ce phénomène
qui mène souvent à des actes dramatiques comme des suicides, de
la part de jeunes ados, il nous a paru essentiel de jouer notre part
de responsabilité là-dessus par la sensibilisation et la prévention.
Page 38-Biramawa Magazine-Novembre 2020
׉	 7cassandra://WGBmAwmWvRW5IdbMqHaXT76mYN3ZWT6Y5w49NjfGJs4'`̵ _S3T:׉ELe cyberharcèlement dans le milieu scolaire
: les réseaux sociaux, des amplificateurs
?
Le cyberharcèlement, également appelé cyberintimidation
ou cyberbullying (de l’anglais to bully,
faire peur, tyranniser) est “un comportement d’intimidation
qui répète des micro-violences, moqueries
et humiliations.”
Par le biais des réseaux sociaux, et notamment
avec la démocratisation des smartphones, le cyberharcèlement
a davantage pris de la place en créant
avec lui de nouvelles pratiques très violentes qui se
sont popularisées auprès des jeunes.
Il s’agit du “happy slapling” qui consiste à filmer
une humiliation publique à l’insu des victimes
avant de diffuser la vidéo en ligne.
Chez les ados, notamment dans le milieu scolaire,
nous avons aussi assisté à la naissance d’une autre
forme de cyberharcèlement qui est celle du “revenge
porn” ou encore “sexting”. Dans ce deuxième
cas, une vidéo à caractère sexuel d’une personne
est partagée dans les réseaux sociaux sans son
consentement.
Entre 2011 et 2013, les chiffres estiment que les réseaux
sociaux représentent un lieu fertile qui facilite
le prolongement du harcèlement scolaire dans
les lieux virtuels. D’ailleurs, les insultes ou les humiliations
sur les réseaux sociaux ou par SMS ont
augmenté de cinq points pendant cette période.
Hélas, nous nous rappelons de la jeune Sarah qui a
subi plusieurs tentatives de suicides à cause du cyberharcèlement,
ou encore de la jeune Evaëlle qui
a fini par se donner la mort.
Prévention, sensibilisation, mobilisation :
quelles solutions adopter ?
Le premier degré de conscientisation doit déjà se
jouer au niveau des parents. Car, selon les études,
dans la majeure partie des cas, face à ce fléau qui
met en jeu la vie des enfants, les parents sous-estiment
souvent la capacité de leur progéniture à être
auteur de tels actes de violence sur internet.
Les parents doivent donc être avertis, prévenus et
sensibilisés sur les nombreuses pratiques de cyberharcèlement
dont sont victimes ou auteurs les
enfants. Cela reste une étape primordiale pour favoriser
une communication préventive au sein de
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 39
׉	 7cassandra://n36tha20BN2w-v6HH0SSKzpoAe8DpFilUn3nh9WjtRA(~`̵ _S3T:؁_S3T:ׁ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://m_BtCCOhA9qNrYlWKzetKbDCngAMVI2BmuxVzZLsuqY `׉	 7cassandra://1rERrRtxtq2Tfn_Ff7Rg36lRWYzQ2Q4uVp9x53qQ2iM͉`S׉	 7cassandra://uyWAbDTdgXK47wqnaprPU5Y403clUZ-pRpQWjL68kDk%`̵ ׉	 7cassandra://8hx5frkUuKhQPj9z5VGKp8hg7ZqcflKJxYDpyFkAwQg͒{͠_Y3T;/ט  {u׉׉	 7cassandra://30JgIEIPnsbLCBSawGIkVmMp8ZH7R_M7NrZbq1GOWZI '`׉	 7cassandra://GRj08dOVL3OcPLdMVunpzQWuvy3M-3Eq4tXbGebUf6o&F`S׉	 7cassandra://aZEYhylEdPd60nKx1VjpEPona7oEZi5stLsuM254v7Q`̵ ׉	 7cassandra://ghIzKeLss0NH05XCnhtH-gDAyBAd85pliBWfxpxFyrcm͠_Y3T;0נ_Y3T;2 S9ׁH  mailto:STUDIO13SENEGAL@GMAIL.COMׁׁЈ׉E
chaque famille afin de conscientiser, responsabiliser
et préparer chaque enfant à ce problème de
société accentué par le numérique.
Les établissements scolaires et les acteurs associatifs
ont également leur rôle à jouer dans la sensibilisation
liée aux usages du numérique. C’est d’ailleurs
dans ce sens que l’association Dunya-Ethic a
créé récemment un pôle Education au numérique
et aux réseaux sociaux dont l’objectif est de prévenir
les jeunes sur les usages d’internet notamment
ceux liés aux réseaux sociaux.
Toujours dans cette réflexion pour trouver des solutions
au cyberharcèlement, des parents et des ados
interrogés proposent l'établissement de règles et
de mesures coercitives à l’endroit des auteurs.
L’usage des ados sur la toile devrait également être
mieux maîtrisée par eux-mêmes par une politique
de responsabilisation, et mieux contrôlée par leurs
parents.
Car, ce que les jeunes oublient souvent, c’est que :
Les images sont éternelles : par conséquent, il est
important de réfléchir sur nos publications surtout
si c’est quelqu’un qui vous demande de partager
quelque chose qui pourrait ternir votre image ou
votre réputation. Car, qu’on le veuille ou non, une
personne qui vous aime et qui vous respecte ne
vous demandera jamais de vous exposer d’une cerPage
40-Biramawa Magazine-Novembre 2020
taine façon publiquement sur les réseaux sociaux
en vous menaçant.
Certaines applications et certains sites de réseaux
sociaux promettent de supprimer les images ou
les vidéos après quelques secondes d’affichage :
sachez que même si vos données sont supprimées
par les réseaux sociaux, entre-temps, elles peuvent
être reprises (capture d’écran) et contournées par
des personnes malveillantes.
Par ailleurs, n’acceptez jamais de participer à l'enlisement
d’une personne sur les réseaux sociaux
en partageant ou likant quelque chose qui pourrait
nuire à l’image de la personne concernée, lui ferait
honte ou la blesserait.
Il est clair qu’internet et les réseaux sociaux offrent
de nombreuses opportunités et potentialités. Ce
qu’on omet souvent, c’est qu’à côté de ces aspects
positifs, de nombreuses dérives peuvent survenir.
Ainsi, au-delà de la sensibilisation auprès des
jeunes, et de la mobilisation de tous les acteurs autour
du cyberharcèlement, il est essentiel de traiter
le problème au même niveau que le harcèlement
classique et surtout de construire des programmes
de sensibilisation pédagogique qui parlent aux
jeunes et qui s’adaptent surtout à leur “monde
d’ados” et à leur propre langage.
Aïcha Kassé Lawson, Présidente & Fondatrice
de Dunya-Ethic
׉	 7cassandra://uyWAbDTdgXK47wqnaprPU5Y403clUZ-pRpQWjL68kDk%`̵ _S3T:׉E 9CONTACT : 77 610 69 70
EMAIL : STUDIO13SENEGAL@GMAIL.COM
׉	 7cassandra://aZEYhylEdPd60nKx1VjpEPona7oEZi5stLsuM254v7Q`̵ _S3T:ځ_S3T:ف{בCט   {u׉׉	 7cassandra://bFO0d-XQUKko50dV9eH9ggRMp2sb8ea6P-NWGH_ON5U `׉	 7cassandra://GP1CXBncsVp8DPlwvEp6UZiKTBDUBkCCQTa4n4K5w50EW`S׉	 7cassandra://A_Tlu1BYphaJNH4_T6oWaIvEMGBXNWNEYrTry9mss80`̵ ׉	 7cassandra://8oP7qfljwbJ92zyIzOb35ax3_WfAU0R9-eDgX63SF7Q @͠_Y3T;3ט  {u׉׉	 7cassandra://W5hMs8gcHo7Kov9bWSPKU7r9pi3MWsEBEdgCd4lybJk `׉	 7cassandra://WttLGEkgLOC356p3_mrZ20a1nAVFTEWUNTDFz0GT7rA͓`S׉	 7cassandra://IV44hFUlI1jjDROtgLbdiRkHdWNFTlqiGAQi37m1NzM*9`̵ ׉	 7cassandra://cCziz_MYC8OlO_ItK-ifxxRyGGuAsxi0qzhU2xgdaNs 8͠_Y3T;4׉E 3Développement
personnel
ÉCONOMISER DE L’ARGENT
׉	 7cassandra://A_Tlu1BYphaJNH4_T6oWaIvEMGBXNWNEYrTry9mss80`̵ _S3T:׉E	dDans notre société actuelle dite de consommation, il
est bien difficile de mettre de l’argent de côté. Fêtes,
évènements religieux, sorties nocturnes entre amis
….. Tout un arsenal d’évènements imprévus et
malheureusement budgétivores qui viennent tout
chambouler.
Pourtant, et nous le savons, avoir des économies
est important pour pallier aux aléas de la vie.
Dans les lignes qui suivent, nous tenterons de fournir
un plan d’action efficace qui vous permettra, à
coup sûr, de gérer convenablement vos revenus.
1-L’ANALYSE DE SON BUDGET
Le premier geste à faire pour épargnera consiste à
étudier convenablement son budget mensuel. Que
vous ayez pris note sur une feuille de papier ou
sur votre ordinateur, vous devez avoir une image
d’ensemble de votre budget mensuel.
À partir de cette analyse, vous serez en mesure de
connaître exactement ce que l’on appelle les dépenses
fixes, les dépenses variables et celles
totalement impulsives.
Les dépenses fixes sont celles dont on ne peut malheureusement
pas se séparer, qui tombent chaque
mois et dont le montant est en général fixe. Les
charges variables sont des dépenses qui, comme
vos frais fixes, sont nécessaires à votre vie du quotidien.
Seulement, contrairement à vos dépenses
fixes, celles-ci peuvent être variables d’un mois sur
l’autre suivant vos besoins et vos choix (alimentation,
restaurants...)
Quant aux charges impulsives, ce sont les achats
qui ne sont pas nécessaires à votre quotidien ou à
vos éventuels projets. Par exemple, vous achetez le
dernier iPhone alors que votre smartphone marche
très bien.
En faisant la différence des dépenses et en la comparant
à vos revenus, vous devrez pouvoir constater
une de ces situations :
• La somme de vos revenus est supérieure à
celle de vos dépenses. Cela signifie que vous
êtes déjà en mesure d’économiser de l’argent
et que la gestion de votre revenu est saine. Évidemment,
vous pouvez toujours faire mieux,
soit en économisant plus, soit en augmentant
vos revenus.
• La somme de vos revenus est inférieure à
celle de vos dépenses. Dans ce cas, vous devez
avoir des fins de mois difficiles et du mal à
gérer votre argent. C’est donc le signe que vous
devez passer à l’action…………
RV PROCHAIN NUMÉRO !
Abdoulaye NDIAYE
Chancelier des Affaires Étrangères
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 43
׉	 7cassandra://IV44hFUlI1jjDROtgLbdiRkHdWNFTlqiGAQi37m1NzM*9`̵ _S3T:܁_S3T:ہ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://k6v4iR49NdcoAmvPjZMkgBD0NMrjm5BCAAkOaMxHYVo z`׉	 7cassandra://5ZwVLou0lh7lNiUMA4fwJDk5lcjA4XTD5TmUo_5UQaEe`S׉	 7cassandra://a8ssQPTjfBE5fy0J_-3M2RcN26OmTmBbQsoDpf7JcV0&`̵ ׉	 7cassandra://x3SeY9GImZiG2A1JtOo7dffGH5pKWtU-h06Ufj2B7v8 \H͠_Y3T;6ט  {u׉׉	 7cassandra://x-Yo97O0vIWJx_DqdGx4lxhFSGcxZ7hWDQgfJsGavqM ` ׉	 7cassandra://eBhlfAAV1hQt5YvmW9jXdjBsIamPHQb6kcenFvghyrYͱ`S׉	 7cassandra://Uy605bLShiSngbYPcg_TdpEvjdj4uFilsMPn9zvpdgs/5`̵ ׉	 7cassandra://wyRAtLI8UEL-2Updk29H3VdbxvJNvOJjifHhHBqhrQ4̈́̄͠_Z3T;7׉E Mame Anta Loum
Fondatrice de K&R Design
“
K&R Design est une société de conseil
en design intérieur.
Page 44-Biramawa Magazine-Novembre 2020
DÉCOUVERTE
“
׉	 7cassandra://a8ssQPTjfBE5fy0J_-3M2RcN26OmTmBbQsoDpf7JcV0&`̵ _S3T:׉EXMame Anta Loum communément
appelée Anta Pierre est décoratrice
et artiste plasticienne. Fondatrice
de K&R Design, société de
conseil en Design Intérieur, elle
ambitionne « de devenir le numéro
« Un » en décoration contemporaine
africaine » et de « vendre
l’Afrique à travers le monde ».
Comptable de formation, Anta a
bien voulu dresser son parcours
et évoquer son choix pour l’entrepreneuriat.
Elle est également revenue
plus en détail sur sa société
K&R Design.
Pouvez-vous vous présenter à nos
lecteurs ?
Je suis Mame Anta Loum, communément appelé
Anta Pierre. Je suis née d'une mère
d'origine mixte de Peule et Haoussa
du Cameroun, et d'un père sénégalais
sérère. Je suis Baol Baol et
fière de l'être. Cependant, je me
définis comme une citoyenne
du monde, décoratrice et artiste
plasticienne d'un autre
genre (rire).
Quelles sont les
grandes lignes de votre
parcours de formation
et professionnel ?
Alors, je suis comptable de formation, hésu
exactement ce que je voulais faire vraiment de
ma vie. Elle était gérée par une décoratrice douée.
Je voulais absolument travailler à cet endroit, bien
que je travaillasse déjà ailleurs, dans une société
de télécommunications, je n’aimais pas ce que je
faisais.
“En étant
entrepreneure, je
J’aime rencontrer du monde, discuter, apprendre
et partager le peu de connaissances que j’ai acquis.
Alors, j’ai demandé à un ami qui connaissait très
bien la gérante de la brocante, s’il pouvait m’aider
à obtenir un poste là-bas, ce qu’il a fait. Malgré la
différence énorme entre le salaire et les avantages,
j’ai ignoré tout ça, je me voyais juste m’épanouir,
m’éclater, apprendre tous les jours. Ce qui me suffisait
amplement à cette période, le reste, je me
disais que j’avais toute ma vie pour ça. Alhamdoulillah,
je me suis surpassé très vite, l’aventure a
commencé ainsi. J’ai eu l’opportunité de faire des
formations en ligne et en même temps de mettre
en pratique, tout s’est passé très vite. Pour moi,
je dirais que c’est une histoire de don avant tout,
puisqu’aujourd’hui, je peins aussi des tableaux et
pourtant je n’ai jamais fait les beaux-arts, je n’ai
pas non plus fréquenté des artistes peintres auparavant.
Au début, J’avais du mal à m’exprimer, ce
n’est qu’après le décès de mon père que tout m’est
venu d’u seul coup. J’ai pris des toiles déjà peintes
et je les repeignais tout en blanc, ensuite ça a décollé,
ce qui m'a permis d’évacuer
beaucoup d’émotions enfouies
et en même temps de faire
la découverte d’une autre
facette de moi.
relève chaque jour de
nouveaux défis et pour
moi le fait de vivre cela
est ma première motivation.
"
las,
je me suis rendu compte très vite que j’allais
rater ma vocation, si je continuais sur cette
voie. Un jour, par un coup de chance, je suis rentrée
dans une brocante, je suis tombée sous le
charme de cet endroit et à ce moment précis, j'ai
j e
Vous avez fait
le choix d'emprunter
la
voie de l'entrepreneuriat.
Qu'est-ce
qui
a motivé votre
choix ?
J’ai fait le choix d’entreprendre,
c’est parce qu’au départ
suis un électron libre, travailler pour
quelqu’un d’autre m’impose des limites, tandis
que personnellement je ne m’en donne aucune. En
étant entrepreneure, je relève chaque jour de nouNovembre
2020-Biramawa Magazine-Page 45
׉	 7cassandra://Uy605bLShiSngbYPcg_TdpEvjdj4uFilsMPn9zvpdgs/5`̵ _S3T:ށ_S3T:݁{בCט   {u׉׉	 7cassandra://IzGUAb2J1uCgsVJVBYJmLom5qrzh9Mc8u3e6lkC1YS0 `׉	 7cassandra://9lp0275QUGTqwR45c7JGRkl2x-JexUf-fcP8t-A7zIA͟`S׉	 7cassandra://K4p90skRslyGLdsmVHPhatJYX2SbjgrpnZYBfyFTtyE-`̵ ׉	 7cassandra://PhZo8LyhKgk3FFUP5G5xjSBb_S007Hfu7BZVAsbEbiA ̈͠_Z3T;9ט  {u׉׉	 7cassandra://RHf9ia0Fb4DnFjfebGZJMuwp6HfL_UgP2A5GSaxv3SE A`׉	 7cassandra://PF7WKidGhURFPztLzYg7HPxGx6H1OiFI4dKdqbiiEBElr`S׉	 7cassandra://e58NoFNM8INteQUviH6mNJDzj1ZUeZunWnPvPFO_tJU#N`̵ ׉	 7cassandra://TigFg1vuHQCvY1hF8w06uFygovHtEQH9WWD-AV011bgͻp͠_Z3T;:נ_Z3T;> ΁9ׁH +https://www.instagram.com/kr_design_by_antaׁׁЈנ_Z3T;= z9ׁH #https://www.facebook.com/KRDesignSnׁׁЈנ_Z3T;< w29ׁHmailto:krdesigndkr@gmail.comׁׁЈ׉E	veaux défis et pour moi le fait de vivre cela est ma
première motivation.
Allah. J’ai choisi ceux des garçons parce que c’est
à la naissance de mon premier garçon que j’ai eu
vraiment une forte envie de me mettre totalement
à mon propre compte et la naissance de mon deuxième
garçon, c’était pour moi une renaissance et
un retour à la source. C’est donc une belle histoire
d’amour et de famille avant tout. Une nouvelle
aventure s’annonce avec les initiales des filles Inch’Allah,
tout tourne autour d’eux Masha Allah.
À qui s'adresse K&R Design ? (Vos
cibles)
Notre cible c’est vraiment tout le monde. Les entreprises,
les particuliers, nous pensons que tous
méritent de vivre et de travailler dans un cadre
agréable, et ainsi, de pouvoir bien profiter des petites
douceurs de la vie.
Quelles sont les perspectives de
K&R Design ?
Notre objectif c’est de devenir le numéro « Un »
en décoration contemporaine africaine, vendre
l’Afrique à travers le monde, mais surtout de réaliser
la suite, comme je l’ai mentionné plus haut,
le projet avec les initiales de mes filles, c’est une
continuité.
Parlez-nous maintenant de votre
Société K&R Design. De quoi s'agitil
?
K&R Design est une société de conseil en design
intérieur, tout type de décoration, restauration
de meubles, de vente de meubles, de tableaux fait
sur mesure et de produits de décorations à 80 %
“Made In Sénégal » avec les produits du terroir et
surtout que des pièces uniques.
Pouvez-vous revenir sur
l'histoire de K&R Design
? D'où vient d'ailleurs
le nom de votre entreprise
?
Le nom K&R Design c’est une
longue histoire, car ce sont
les initiales des prénoms de
mes deux garçons, bien que
j’aie deux filles aussi, Masha
Comment vous-contactez ?
Nous sommes joignables par :
Par courriel : krdesigndkr@gmail.com
Soit par tel ou WhatsApp :
+221781396639 / +221767256911
Via notre page Facebook et Messenger :
https://www.facebook.com/KRDesignSn
Via notre page Instagram :
https://www.instagram.com/kr_design_by_antapierre/
“
Le nom
"
K&R Design c’est
une longue histoire, car
ce sont les initiales des
prénoms de mes deux
garçons…
Page 46-Biramawa Magazine-Novembre 2020
Quel est votre message pour
les jeunes en quête de vocation
?
Mon message pour les jeunes
en quête d’une vocation c’est
de vraiment s’écouter, car
nous tous savons exactement
ce que nous voulons,
mais nous ne sommes pas
assez attentifs. Parfois nous
choisissons un autre chemin
׉	 7cassandra://K4p90skRslyGLdsmVHPhatJYX2SbjgrpnZYBfyFTtyE-`̵ _S3T:׉Een croyant que nous serions en sécurité, hélas,
non. Certes le parcours sera semé
d’embûche, je vous encourage tout
de même d’aller jusqu’au bout de
vos rêves. Je pense qu’il n’y a pas
mieux que de faire ce que l’on
aime, c’est à ce moment-là
que le travail devient une
vraie partie de plaisir, certes
elle ne sera pas facile, mais
vous n’auriez pas le temps
de le remarquer, vous serez
bien trop occupé à relever de
nouveaux défis. Vivre du fruit
de notre passion c’est un pur
bonheur, je le souhaite à tout le
monde.
“Mon mesBiramawa
vous remercie.
Votre mot de fin ?
sage pour les jeunes en
quête d’une vocation c’est
de vraiment s’écouter, car
nous tous savons exactement
ce que nous voulons, mais
nous ne sommes pas assez
attentifs.
"
C'est moi qui vous remercie
pour l'intérêt que vous
portez à ma modeste personne
et à mon travail.
L'initiative est louable,
car à travers votre magazine
beaucoup
de
jeunes auront le courage
de prendre la décision
d’avancer avec le
courage et la conviction
de réussir. Bravo à vous, je
vous souhaite beaucoup de
succès.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 47
׉	 7cassandra://e58NoFNM8INteQUviH6mNJDzj1ZUeZunWnPvPFO_tJU#N`̵ _S3T:_S3T:߁{בCט   {u׉׉	 7cassandra://AjP2XloAlOIfxFk-lgKi_EwH2YFO07j1ZQYXC7BCqCw s`׉	 7cassandra://2vdU9_Jv4j0pmplFYm0WbryWYhuj1pIae0C0MZqPM-k^<`S׉	 7cassandra://S0UvO0QfXYqsG8k6Ppm875vuJ3d6tBbRCl-q598LVPE!w`̵ ׉	 7cassandra://yCAH72OCaWhVtR-_IGxfCweDako9PnjSkjP9ETwkMyE  ͠_Z3T;?ט  {u׉׉	 7cassandra://8fqH9EsdNeMrmX6JeMz8N6Oe9DnTc3epLA78ummBqxI `׉	 7cassandra://PDm4SWNsmvafso2MakmDNeY9niOyruKWJrA_LwXPofI^`S׉	 7cassandra://zkYdoPT7FecP5JF1DO01XGs8XRyRv_SBgxqaaSZaZ-w$``̵ ׉	 7cassandra://toZErHA2oLQzzykOD2Xkn0QGBmEyKOcgA0ATxPBMH7o  ͠_Z3T;@׉E׉	 7cassandra://S0UvO0QfXYqsG8k6Ppm875vuJ3d6tBbRCl-q598LVPE!w`̵ _S3T:׉E׉	 7cassandra://zkYdoPT7FecP5JF1DO01XGs8XRyRv_SBgxqaaSZaZ-w$``̵ _S3T:_S3T:{בCט   {u׉׉	 7cassandra://jJSEmgWhdyDIwR1qu7Hq94yOS86y7nXfX0esWHx6Hr8 %j`׉	 7cassandra://HmsQVO6Z7G-WsX4RavE0kYB5opepcjH6sddzAcwmrpcJ`S׉	 7cassandra://l0x4KCm17hyy427pgLv1ajMp43M-A6857IJSc0K7Bos`̵ ׉	 7cassandra://YilJu76yzJGkx3KdMMAW5-klW5IYMxlB4tiWN0Nr4XQ(͠_Z3T;Bט  {u׉׉	 7cassandra://tojGCkI41o2AU025kSizMaoXdSUuIoneVdlleUrftPY _`׉	 7cassandra://u2WeWveaGfjz70WuQ6KpKTbva3YBPmOKcbP5fgPJFicuK`S׉	 7cassandra://Vk9DUxKxWpL-1Y5THZD5Pyb1mJwamZfAQFyH7EEMksA'`̵ ׉	 7cassandra://3IKBe_kQyUNoA6U4O3IIRE_UNe6ozPhurRFKn16wm1w eB,͠_Z3T;Cנ_[3T;F w̝9ׁHmailto:raymondcarva@gmail.comׁׁЈ׉E)CV N° 9
Raymond Carvalho de Alvarengo
Tu es à la recherche d’un emploi?
Biramawa magazine met cet espace à ta
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Tu peux donc envoyer ton CV par e-mail :
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Page 50-Biramawa Magazine-Novembre 2020
׉	 7cassandra://l0x4KCm17hyy427pgLv1ajMp43M-A6857IJSc0K7Bos`̵ _S3T:׉ERaymond
Carvalho de Alvarenga
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INFORMATIQUES
EXPERIENCES PROFESSIONNELLES
COVADIS
AUTOPISTE
MENSURA
SURFER
MS Project
ARCGIS
LANGUES
Français
Anglais
Espagnol
COMPETENCE PERSONNEL
Pensée Créative
Esprit d’équipe
Communication
Actif
Facilité d’adaptation
CENTRES D’INTERET
Routes, Assainissement, Plateforme, Piste
aéronautique, Electrification, Etudes des
ouvrages hydrauliques, Bâtiments, etc.
Novembre 2020-Biramawa Magazine-Page 51
90%
90%
60%
50%
40%
40%
Depuis février 2017 : Ingénieur Géomètre /projeteur à EIFFAGE
- Conception, calculs et chiffrage de projets : routes,
assainissements, aérodrome, Aménagement giratoire, bâtiments, etc.
Aout 2016 à Janvier 2017: ETBD
- Ingénieur chef de projet Etudes Topographiques pour
électrification rurale
Février 2016 à Juin 2016: TECHNOSOL
--Ingénieur Topographe superviseur de projets de pistes
Juillet 2015 à septembre 2015: BET PLUS
-Chef de brigade topographique pour Electrification rurale
FORMATIONS ET DIPLOMES
-Formation avec ASFORCAD (Siret Aix en Provence, France sur
l’utilisation de COVADIS et AUTOPISTE 2019-2020
- UFR des sciences de l’ingénieur Université de Thiès
Master 2 Géomètre Topographe « major de ma promotion» en 2015
- UFR des sciences de l’ingénieur Université de Thiès
Master 1 Géomètre Topographe en 2014
- UFR des sciences de l’ingénieur Université de Thiès
- Licence 3 Géomètre Topographe « major de ma promotion» en
2013
COMPETENCES TECHNIQUES
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͠_[3T;Gנ_[3T;I _ 9ׁHmailto:contact@biramawa.comׁׁЈ׉E RETROUVEZ-NOUS
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Adresse postale : Île-de-France, France
Éditeur : Waly NDIAYE
Page 52-Biramawa Magazine-Novembre 2020
׉	 7cassandra://iZJrPdHq7Kf5tPaFjaROi55mR4WaSviwGSnxi0LgPMA`̵ _S3T:׈E_S3T:_S3T:{, "Magazine N°11 du 16 Novembre 2020_X3?yz