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MAGAZINE
N° 12 Du 30 Novembre 2020
Dr Saliou
NDOUR
Spécialiste des politiques
et industries
culturelles
Ashs The Best
«Toute ma vie, c’est la
musique.»
Artiste musicien
Orchestre Guneyi
Moussa WAGUE
Fondateur KEYZIT
«J’ai commencé il y a 20 ans
dans ma chambre, aujourd’hui
nous sommes dans une trentaine
de pays dans le monde.»
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ENTRETIEN EXCLUSIF
Moussa WAGUE
Fondateur KEYZIT
"J’ai commencé il y a 20 ans dans ma chambre, aujourd’hui nous sommes dans une
trentaine de pays dans le monde."
P.30
P.10
P.16
ENTRETIEN PORTRAIT
Ashs The Best
Artiste musicien
« Toute ma vie, c’est la musique. »
AVIS D'EXPERT
Dr Saliou NDOUR
Spécialiste des politiques et industries culturelles
La musique : un fait social total en mutation au Sénégal dans
un contexte de mondialisation
P.56
DÉCOUVERTE
Orchestre Guneyi
"L’orchestre Guneyi est un groupe familial qui a vu le jour en
1997 à Saint-Louis du Sénégal."
Page 2-Biramawa Magazine
SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
׉	 7cassandra://MCEW1behlIKClOIVKZAWsLAT5CjaIP69sfLuau3By8I(8`̵ _ z)׉ERE
RE
RE - SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
P.7
ÉDITO
Waly NDIAYE
Fondateur de Biramawa
La Musique, cette combinaison de sons
et silences, aux vertus multiples !
P.8
ÉDITION SPÉCIALE
Michèle BURON-MILLET
Appel aux dons
Créatrice de la pouponnière “Vivre Ensemble” de Mbour
P.26
LE COIN D'AUTRUI
Ayoba FAYE
Journaliste d’investigation-Rédacteur en chef Pressafrik
P.38
ENVIRONNEMENT
Mariane SECK
Docteur en Droit de l'Environnement et de la Santé
Une maladie mystérieuse atteint les pécheurs
sénégalais…Ce n’est ni la première fois et ce ne sera pas la dernière fois … réveillons nous !!!!
RE - SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
Biramawa Magazine-Page 3
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P.46
DROIT DU TRAVAIL ET DE LA
SÉCURITÉ SOCIALE
Nafissatou NDAO
Responsable Ressources Humaines
Comment rendre sa candidature à un emploi efficiente?
P.52
LES DROITS HUMAINS
AKK AK YELEFU DOMU ADAMA YI
Educateur Spécialisé au Ministère de la Justice
Khadim SENE
Réflexion autour de la culture de la paix pour
l’instauration d’un developpement durable
P.62
DIPLOVAR
DiploVar ou un regard aiguisé
sur l’actualité internationale
P.66
LA CVTHÈQUE
Boubacar NDIR
Economètre Statisticien
Page 4-Biramawa Magazine
SOMMAIRE - SOMMAIRE - SOMMAIRE -SOMMAIRE
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COMMENCEZ AVEC LE
VOUS VOULEZ VISITER
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L’AFRIQUE?
COMMENCEZ AVEC LE
SENEGAL
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Chercheur en Droit privé
Expert maritime en formation
Ayoba FAYE
Journaliste d’investigation
Rédacteur en chef Pressafrik
Moustapha FAYE
Chercheur en Marketing Stratégique – UGB
Omar Mallé SAKHO
Doctorant à l’Université Cheikh Anta Diop
Laboratoire LARHISA.
Thierno NGAMB
Agronome
Spécialiste en Sécurité Alimentaire et Résilience
Guilaye TINE
Designer-Digital Marketer-Telemarketer
CEO IN'FINITY
Djiby SADIO
Photographie
CEO Studio 13
Alioune FALL
Juriste d’Affaires
Inspecteur du travail et de la sécurité Sociale
Abdoulaye NDIAYE
Chancelier des Affaires Étrangères
Docteur Benjamin NDOUR
Médecin généraliste
Khadime SENE
Educateur Spécialisé au Ministère de la Justice
Marianne SECK
Docteur en droit de l’environnement et de la santé
Ousseynou GUEYE
Responsable communication chez Afric’innov
et fondateur de Polaris asso
Nafissatou NDAO
Responsable des Ressources Humaines-FAMY SENEGAL
Dr Jean Sibadioumeg DIATTA
Spécialiste en communication
Aïcha KASSE LAWSON
Présidente & Fondatrice de l'association Dunya-Ethic
contactez-nous: contact@biramawa.com
Adresse postale : Île-de-France, France
Éditeur : Waly NDIAYE
Page 6-Biramawa Magazine
L’ÉQUIPE BIRAMAWA
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La Musique, cette combinaison
de sons et silences,
aux vertus multiples !
Chers abonnés, abonnés
Pour ce numéro du 12 du magazine, nous allons aborder en partie l’industrie musicale. Pourquoi
ce choix de thème ? Parce qu’elle occupe une place non-négligeable dans l’économie des pays où la
musique est bien structurée. Par exemple au Nigéria, selon le Point, en 2016, les revenus générés
dans le pays par la musique s'élèvent à 39 millions de dollars d'après un rapport de PricewaterhouseCoopers
(PwC). Un montant qui devrait bondir à 73 millions de dollars d'ici à 2021.
En sus, elle contribue considérablement à la création d’emplois et à la réussite socio-professionnelle
des différents acteurs.
Autres vertus, je vois en la musique un facteur de socialisation. Je garde, d’ailleurs, de très bons souvenirs
des « matinées » puis des soirées dansantes que nous avions coutume d’organiser pendant
les vacances scolaires quand nous étions plus jeunes. Des moments uniques de communion et de
partage qui n’auraient jamais eu lieu sans Musique. N’est-ce pas chers amis d’enfance ?
Plus tard la Musique fut pour moi, elle l’est toujours d’ailleurs, un tranquillisant naturel. Elle, que je
considère aussi comme un diffuseur de courage, de persévérance. Combien de fois, des artistes ont
su nous booster à travers leur musique, leurs parcours souvent très atypiques ?
Eu égard à ce qui précède, nous avons bien voulu donner la voix à des acteurs du secteur pour, à la
fois, en savoir plus sur l’industrie musicale et sensibiliser les jeunes talents qui vouent un culte à
la musique.
Fondateur Biramawa Magazine
Waly NDIAYE
Biramawa Magazine-Page 7
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UÉDITION
SPECIALE
Michèle BURON-MILLET
Créatrice de la pouponnière “Vivre Ensemble” de Mbour
Le magazine Biramawa à travers sa rubrique " Edition spéciale "a souhaité donner
la voix à la Pouponnière "Vivre Ensemble "de Mbour. Créée en 2002 la pouponnière
est un "lieu d’accueil temporaire du tout petit enfant privé de sa maman
". Confrontée à des difficultés à cause de la crise sanitaire, la pouponnière
fait appel à toutes les bonnes volontés.
Vivre Ensemble – La Pouponnière de Mbour
La Pouponnière de Mbour a vu le jour en Janvier 2002,
Michèle BURON-MILLET en est la créatrice. C’est un
lieu d’accueil temporaire du tout petit enfant privé de
sa maman. Elle permet aux orphelins de mère ou aux
enfants dont la maman ne peut pas s’occuper (pour
des raisons gravissimes), de vivre protégés, leurs premières
années de vie si fragile, avant de regagner leur
famille au bout d’un à deux ans. Très rapidement, l’association
se développe et il apparaît que tous les enfants
ne peuvent rentrer chez eux (rejet de la famille
ou mauvaises conditions d’accueil). En 2003, les Unités
Familiales sont créées pour prendre le relais et
s’occuper de ces enfants qui sortent de la Pouponnière,
mais ne peuvent pas rentrer en famille. Avec le temps
la Pouponnière a acquis une certaine notoriété au vu
du sérieux des professionnels. Aujourd’hui la Pouponnière
compte 136 salariés et 148 enfants.
Vivre Ensemble c’est aussi et avant tout un séjour de
rupture, crée en 2001 pour des jeunes français en difPage
8-Biramawa Magazine
ficultés. Ils restent durant 9 mois et participent à des
chantiers humanitaires (reconstruction, réhabilitation
dans les villages ), ils sont aussi amenés à faire un stage
dans la pouponnière. L’objectif étant de les remobiliser
et de les valoriser à travers l’aide apporté à la
population locale défavorisée. Le projet est double et
complémentaire, en effet une grande partie du financement
des frais de fonctionnement de la Pouponnière
provient du séjour de rupture lui même.
En raison de la situation sanitaire mondiale l’équipe de
direction de Vivre Ensemble a dû prendre des mesures
rapidement. Début mars l’association s’est vue fermer
ses portes aux visiteurs, nombreux chaque jour et en
provenance d’Europe. Il a fallu ensuite faire de même
pour l’accueil des bénévoles, une quarantaine par mois
à nous apporter leur soutien. Enfin depuis maintenant
le mois de mars le confinement des enfants et du personnel
c’est organisé. Notre souhait comme toujours
est de préserver nos enfants, mais aussi le personnel
׉	 7cassandra://RpyooFOekz4yhGAt4prf1xi1vD6AupQPRtccI3lC06o+`̵ _ z/׉Eequi s’en occupe. Nous avons réussi à composer une
équipe de volontaires pour rester confinés. Aujourd’hui
250 personnes sont au centre, dont 148 enfants.
L’ensemble du personnel est mutuellement très solidaire,
ils sont comme une grande famille. Et ce malgré
l’inquiétude pour leur famille respective à l’extérieur.
Nous nous devons maintenir les salaires. Pour les salariés
sur place mais aussi tout ceux, qui de chez eux,
sont au chômage technique et pour qui nous souhaiterions
maintenir le salaire initial. Nous devons aussi
assurer l’approvisionnement de l’association en denrées
alimentaires, produits d’entretien, d’hygiène,
médicaments. Cette situation engendre une augmentation
considérable nos dépenses quotidiennes, pour
lesquelles nous avions déjà des difficultés de prise en
charge tout au long de l’année.
Du fait de l’absence de visiteurs et de bénévoles, nous
constatons une baisse des dons au quotidien. Nous gardons
aussi en tête que les jeunes accueillis en séjour
de rupture peuvent à tout moment être rapatriés en
France, en fonction de l’ évolution de la situation. L’avenir
de la Pouponnière en deviendrait alors très incertain.
Nous
sommes en permanence à la recherche de soutien
pour nous aider dans la prise en charge des frais de
fonctionnement et le maintien des activités de l’association.
Les
sources de financements :
(Budget total annuel 291 332 806 FCFA)
• Vivre Ensemble Madesahel, séjour de rupture : 44
% du budget total de la Pouponnière.
• L’état Sénégalais 10 000 000 CFA
• L’association Louly l’Ecole au Sénégal , tous les
frais liés à la scolarité des enfants : 5 262 087 FCFA
(année scolaire 2018-2019)
• La Banque Mondiale 4 520 000 CFA en 2019
• 270 parrains pour environ 51 085 900 CFA par an
• Le reste des financements dépendent des dons de
particuliers et entreprises.
Nous contacter :
• Accueil : + 221 33 957 31 36
• E-mai : contact@lapouponnieredembour.org
• Responsable communication : Arnoult Mathilde
• Tel : + 221 77 881 83 60
Nous aider :
• Orange Money : + 221 77 500 19 32
• Faire un don en ligne :https://www.helloasso.com/
don/associations/vivre-ensemble-la-pouponniere
• Notre site internet: http://www.lapouponnieredembour.org
Voici
quelques chiffres :
Effectif de la Pouponnière :
• La Pouponnière : 91 bébés de 0 à 2 ans.
• Les Unités Familiales : 37 enfants de 2 à 6 ans.
• La Grande Enfance : 20 enfants de plus de 6 ans.
• Enfants accueillis en ce moment : 148
• Enfants accueillis et sauvés depuis janvier 2002 : 1
260
• Employés à la Pouponnière : 136
Biramawa Magazine-Page 9
• Notre page facebook: https://www.facebook.com/
pouponnieredembour
• Devenir parrain
• Faire un don par virement bancaire :
IBAN : FR76 4255 9100 0008 0040 4472 464
BIC : CCOPFRPPXXX
Intitulé du compte : Vivre Ensemble, la Pouponnière
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Artiste musicien
ENTRETIEN
PORTRAIT
׉	 7cassandra://7f2JosJf8P0T4VM67ob2eq-dUnk1gUimt1pFn5lhlFg+o`̵ _ z1׉EASHS THE BEST, de son vrai nom Arfang THIARE,
est un jeune artiste musicien sénégalais. A 25 ans et
avec déjà 2 ALBUMS, Il fait partie des artistes très
suivis par les auditeurs. D’une polyvalence évidente,
l’artiste soutient, dans cette interview, évoluer dans
plusieurs genres musicaux notamment le jazz, le
soul, le blues, le rap, l’acoustique... Interview dans
laquelle il évoque également son choix pour la musique
et adresse des messages à la jeunesse.
Qui est Ashs The Best?
Ashs The Best est un jeune artiste, auteur
compositeur de 25 ans résident dans
la banlieue Dakaroise (Guédiawaye pour
être précis) au Sénégal. Il a commencé
à s’intéresser à la musique en 2013 et a
sorti son premier single en 2016. Il a dans
sa discographie deux albums, « Millions
Flows » et « Millions Flows Deluxe
», sortis respectivement le 15 novembre
2019 et le 28 août 2020.
"Je me définis comme un artiste, musicien
... car pouvant évoluer dans
plusieurs genres musicaux notamment
le jazz, le soul, le blues, le rap,
l’acoustique etc."
D’où vient le nom d’artiste Ashs The
best ?
A l’état civil c’est Arfang Thiaré, et j’ai le surnom
El Hadj dont le diminutif est Ass, et Ass
pourrait être un gros mot dans d’autres langues.
J’ai donc eu à faire cet acronyme ASHS qui
donne As comme le champion, le meilleur et HS
comme Hors Série donc ASHS THE BEST donne
As Hors Série The Best et en résumé le meilleur.
Vous vous considérez comme
rappeur ou musicien ?
Je suis artiste, je fais de la musique et je compose
également des morceaux de musique.
Je me définis comme un artiste musicien
comme certains disent car pouvant évoluer
dans plusieurs genres musicaux notamment
le jazz, le soul, le blues, le rap, l’acoustique etc.
Pouvez-vous retracer votre parcours
dans la musique ?
Notre maison est en face du Centre Guédiawaye
Hip Hop, mes frères avaient un
groupe de rap et faisaient leurs répétitions
chez nous, et je faisais office de beatmaker,
des face B que je téléchargeais sur Internet.
En 2014 j’ai participé à des séances d’écriture
avec Djily Bagdad (du 5Kiem Underground),
des formations en beatmaking avec Ciré Dia de
Biramawa Magazine-Page 11
׉	 7cassandra://HxKtZuZbPKnIsO17tLY8DmU3-f2dHL9LimDKD_vqaAI/K`̵ _ z2_ z1{בCט   {u׉׉	 7cassandra://AkmG8SePsN6CNobI23Wsmo-GoirtQ6fZpyDtL1nlNwc m`׉	 7cassandra://wLW4jA7j95du-BSoDLrskyCu3g-6ANogKlmuiB0KIOYͩ`S׉	 7cassandra://HUdABxVo5xgYjxizfubfV5LCdPFGCZ2-V3psG5JLXJM0`̵ ׉	 7cassandra://Z9fKikUgJSTDDEa3_aviwN2H_TM6z6lquhbvD7myaEA 
͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://WEoCXkpecgJMDWoL5WjeN1gQpq41kIUfxMPUjQC5aVo ;e`׉	 7cassandra://3VqSc_EV_BsHiG0JwdkHYdbfARycSxEWFyYK9MrkFTQ͌`S׉	 7cassandra://LiQOT1OVaaFV9-ctL_MJRjtjb6RqPZ_RQg6kterZoeQ+``̵ ׉	 7cassandra://QZ84TDIOtg5E-JO-TGWe6-fEOJ1DiGylS14tDGQ_m40 Zf͠_ z׉E	Africulurban, des résidences artistiques avec Tony
Blackman. J’ajoute à cela, les cyphers, les battles et
la plus grande compétition de rap au Sénégal (ndlr:
Flow Up) où j’ai été finaliste deux fois consécutives
(2017 et 2018) qui m’ont forgé et donné le goût
de la recherche pour être artistiquement au top. Je
peux dire que ce sont les fruits de mes deux albums.
Qui sont vos idoles et modèles ? Quel(s)
artistes (s) passé(s) ou présent(s) vous
inspire(ent) ?
Ici ce sont les classiques sénégalaises qui m’inspirent
le plus. Mes idoles sont Cheikh Ndigueul
Lô, Souleymane FAYE. J’écoute beaucoup du Anderson
Paak et du Kendrick Lamar également.
Comment ont été vos débuts dans la
musique ?
Comme tout début, difficile. Ma mère ne voulait
pas que je devienne artiste. Également, la raréfaction
des maisons de production n’arrangeait
pas les choses à tel point qu’on pouvait se décourager
et renoncer à son talent. Mais l’entourage
était toujours là à booster, encourager au
point d’arriver là où nous sommes actuellement.
Quels conseils donnerez-vous aux
jeunes élèves et étudiants qui ont du
talent et qui sont passionnés de musique
?
D’abord qu’ils n’abandonnent pas les études pour
la musique, on peut allier les deux en trouvant le
juste milieu. C’est très risqué d’abandonner les
études pour une passion qui, parfois, peut s’avérer
saturée. Oui le marché musical est saturé et demande
énormément d’efforts et de sacrifices. Une
passion on peut l’allier aux études et c’est plus sûr.
« Mes idoles sont Cheikh Ndigueul Lô,
Souleymane Faye. »
Pourquoi avoir porté votre choix sur la
musique ?
Je pense que c’est dû à mon entourage immédiat, mon
père fut un grand bassiste, mon oncle, également
guitariste, mon grand frère aussi est un excellent
chanteur. Et j’ai toujours aimé la musique, j’ai failli
m’inscrire à l’école nationale des beaux-arts pour devenir
instrumentiste. Toute ma vie c’est la musique.
Page 12-Biramawa Magazine
« D’abord qu’ils n’abandonnent pas les
études pour la musique, on peut allier
les deux en trouvant le juste milieu. »
Le magazine a pour objectif de faire
une « visite guidée » des professions.
Si ce n’est pas indiscret nous voudrions
savoir si la musique « nourrit »
son homme au Sénégal ?
Oui, il y a des artistes qui s’en sortent bien que
la généralité soit le contraire. Il faut juste trou׉	 7cassandra://HUdABxVo5xgYjxizfubfV5LCdPFGCZ2-V3psG5JLXJM0`̵ _ z3׉Ever une bonne stratégie qui fera sortir l’artiste
du lot car tout le monde est talentueux.
Quelles sont vos préconisations pour
une meilleure promotion des artistes
au Sénégal ?
La première des choses à faire en ce moment, c’est
de mettre sur pied un marché dense qui peut absorber
nos produits. Le Sénégal compte 15 millions
de personnes et seulement 3 millions s’intéressent
à la culture urbaine à mon avis bien que cette population
soit majoritairement constituée de jeunes.
Certes il y a des efforts constatés sur le plan artistique
et au niveau des politiques publiques. Mais il
reste du chemin à faire. Il faut vraiment une politique
claire d’appui aux artistes et acteurs culturels.
« La première des choses à faire en ce
moment, c’est de mettre sur pied un
marché dense qui peut absorber nos
produits. »
J’imagine que, pour les besoins de
votre carrière, vous êtes amené à passer
beaucoup de temps en studio.
Comment gérez-vous cela par rapport à
votre vie personnelle ?
Bien évidemment. Je passe plus de temps au
studio que nulle part d’ailleurs. Et c’est devenu
une habitude depuis presque plus de 3 ans.
On le gère tant bien que mal même si nous
sommes au studio la nuit et au lit le matin.
En parlant de sphère privée, d’après
vous est ce qu’on peut réussir sa carrière
musicale et avoir une vie personnelle
épanouie ?
On a l’habitude de dire que l’impossible n’existe
pas. C’est très difficile de concilier les deux
en même temps. Mais voilà, il faut mettre de
son
côté tous les atouts pour une carrière
Biramawa Magazine-Page 13
musicale aboutie bien que cela s’avère difficile.
Et pour moi, ma musique c’est ma vie.
׉	 7cassandra://LiQOT1OVaaFV9-ctL_MJRjtjb6RqPZ_RQg6kterZoeQ+``̵ _ z4_ z3{בCט   {u׉׉	 7cassandra://CDP8-Zkll9YtBMRUx5FdykNa1rm4-f-Zy5oNVxMwl88 `׉	 7cassandra://TZPEDDBAHrWeqH1SxDJyTekyvW6yll-k408O8GSBxKM͗`S׉	 7cassandra://SoQAgws50aT1YSzrsNibAnEVwFkqdL3l2reUEJbU69s/`̵ ׉	 7cassandra://e5VkyBRsmu7KosVmFtS1Twnk1MCAGkn8IEAvO3FVl94 
>͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://wJb5l7MHGyOYlGaJpG5AxSrzYDJsvdRMZahJUZzrBk0 ٘`׉	 7cassandra://46xOV3iXiRj0nRdMwXaq3c-6yGyWEYqKQ6I3PQ2Op-o{`S׉	 7cassandra://Yx_h-5aKN2kgz2TkI0TOm76Tc4Zf25y32wykW_WkelA+`̵ ׉	 7cassandra://7laZa99HC2tGrrx7XLMoxdj-ei4frH1kVjkauZD8ugo K͠_ zנ_ z i9ׁHhttp://www.alyfa.coׁׁЈנ_ z 	̎9ׁHmailto:contact@alyfa.coׁׁЈ׉E}Au-delà de la musique, en
tant que citoyen sénégalais
quelles sont les causes qui
tiennent Ashs The Best à
cœur ?
Toutes les causes qui feront du Sénégal
un pays reluisant : la bonne gouvernance,
la répartition équitable
des ressources du pays, les questions
de jeunesse, des femmes etc.
« C’est malheureux de
constater que les jeunes ont
repris la mer « Barca wala
Bàrsaq ».
Quel est votre message à
l’endroit de la jeunesse sénégalaise
?
C’est malheureux de constater que
les jeunes ont repris la mer “Barca
wala Bàrsaq” et des fois se mettant
dans le moule de ces jeunes qui
n’ont plus espoir dans leur pays. Il
est difficile de leur dire d’arrêter
de faire face à ces énormes risques.
Nous exhortons les dirigeants à
créer des opportunités pour ces
jeunes, ne serait-ce qu’ils puissent
retrouver le rêve de réussir au pays.
Je ne vais pas manquer d’ailleurs
de réitérer mon soutien à ces
jeunes et leur dire de persévérer,
de croire en eux et en leur pays.
Biramawa vous remercie.
Votre mot de la fin ?
Ce fut un plaisir de vous recevoir
et de figurer dans vos colonnes.
Page 14-Biramawa Magazine
׉	 7cassandra://SoQAgws50aT1YSzrsNibAnEVwFkqdL3l2reUEJbU69s/`̵ _ z5׉E 94 Nord Foire Azur
Dakar, Sénégal
+221 77 296 47 96
contact@alyfa.co
www.alyfa.co
Biramawa Magazine-Page 15
Des Jouets
Afro - Centrés
׉	 7cassandra://Yx_h-5aKN2kgz2TkI0TOm76Tc4Zf25y32wykW_WkelA+`̵ _ z6_ z5{בCט   {u׉׉	 7cassandra://TPBQIyiUz3R8yS8f999YFMNR9PVMXzqvQywaW7UTNbM E`׉	 7cassandra://CCnCeJagz0zlPEP7u113XqcSCKurvwCSc2CBDZaPiCwo`S׉	 7cassandra://5iRBMHJ4gc-CT9svp9kSzeoxbOVOW19dczzO6rHlezM$	`̵ ׉	 7cassandra://kuGlUeoEHrLImsMqQUi7Z53vOW-9Fmrly3C01YEz1zQ `H͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://mxfaqfOGxrWWhZeshiGjw8ci3Ijz5uHtOzhKlCR8L0s }` ׉	 7cassandra://cK3E_sHU7ejLVk6pY4U93SQR1Co0mw5ynqYSYQtZtMYͨ*`S׉	 7cassandra://QcQNliEBMXXguu1dfpztYYNeBaCnd1Pio8DMD5vWSfw(`̵ ׉	 7cassandra://jKAnRQOKyuITwq2tjHv_lSSecRIFqIvpWaK4iIsuTCgqZ͠_ zנ_ z 2@9ׁHhttp://op.ciׁׁЈ׉EAVIS
D’EXPERT
Dr Saliou NDOUR
Spécialiste des politiques et industries culturelles
La musique : un fait social total en mutation au
Sénégal dans un contexte de mondialisation
En 2008, nous avons publié un ouvrage intitulé
l’industrie musicale au Sénégal : essai d’analyse
(Ndour S, 2008) dans lequel nous avions
souligné avec enthousiasme le caractère dynamique
de la musique qui, il faut le reconnaître,
a connu son essor dans les années 90. Il s’en
est suivi des conséquences importantes, engendrant
des bouleversements économiques et
socio – culturels dans le secteur de la musique.
Page 16-Biramawa Magazine
Plus de dix ans après, le secteur de la musique
a fait sa mue. Flux ou reflux d’un secteur
qui a suscité beaucoup d’espoir ? Le contexte
de mondialisation accentué par le développement
des
technologies
et de la communication (TIC) a eu un impact
considérable sur le secteur de la culture.
Quelle forme va revêtir cet impact de la mondialisation
dans ces
bouleversements
sode
l’information
׉	 7cassandra://5iRBMHJ4gc-CT9svp9kSzeoxbOVOW19dczzO6rHlezM$	`̵ _ z7׉EYcio-culturels ? Les phénomènes
questions
observés
dans le secteur de la musique sont-ils aujourd’hui
les mêmes que ceux des années
90 ? Qu’est-ce qui a changé entretemps ?
Autant de
auxquelles,
nous tenterons de répondre.
Les changements opérés dans le
secteur de la musique
En 2008, lorsque paraissait, donc, notre ouvrage,
le secteur de la musique a connu une
évolution considérable. Ainsi des changements
notables sont-ils intervenus dans le secteur, se
traduisant, ainsi, par le phénomène de « décastification
» qui étend la pratique musicale
à tous les groupes sociaux, le changement de
mentalité qui fait jouir le musicien d’un prestige
certain et lui confère un statut privilégié
au sein de la société, la massification des
groupes musicaux qui constitue un palliatif au
chômage des jeunes (beaucoup d’appelés, peu
d’élus), des sonorités mondialisées, les tendances
et modes venus d’ailleurs, des occidentaux
qui s’emparent de sonorités africaines etc.
1. La musique : un fait social total
Il convient d’appréhender la musique comme un
système au sein duquel interagissent de nombreux
agents jouant chacun un rôle social. Aussi
pouvons-nous la définir dans le sens où l’entendait
Marcel Mauss comme un fait social total :
L’espèce des relations qu’il cherche,
commente Georges Gurvitch, à découvrir
n’est jamais celle qui existe entre
deux ou plusieurs éléments arbitrairement
isolés de l’ensemble de la culture
mais entre toutes ses composantes :
c’est ce qu’il appelle des « faits sociaux
totaux. (Gurvitch, 1947).
Toutefois Marcel Mauss a eu une approche
restrictive qui ne concerne que les sociétés
globales. Ce qui ne l’a pas empêché d’avoir
produit une théorie qui ouvre des perspectives
nouvelles. Car, il s’agit d’une méthode
de vue d’ensemble et qui lui permet de considérer
les faits comme « totaux » ou « généraux
» lorsqu’ils touchent « la totalité de la
société et ses institutions » (Mauss, 1968).
Dans cette perspective Georges Gurvitch
conviera la sociologie de la musique à étudier
la musique comme une réalité générale
avec de multiples aspects en considérant tous
les paliers en profondeur et dont toutes les
couches s’interpénètrent. Il s’agit, donc, selon
lui, d’une « totalité réelle en marche ». Aussi
les faits musicaux sont-ils à la fois producteurs
et bénéficiaires des mutations sociales.
Dans ce sens, Théodor Adorno,
parlant de
la sociologie de la musique, énonçait l’hypothèse
selon laquelle : « des transformations
profondes s’élaborent dans la société à partir
des différents faits culturels voire musicaux »
(Green, op.cit). Un point de vue que nous partageons
en considérant que la musique épouse
tous les contours de la société. Dans toutes les
sphères de la vie sociale en Afrique, la musique
y occupe, en effet, une place importante. La
femme entonne des chansons pour bercer son
enfant ; chante en pillant le mil, le kadangue,
le rythme que fait le pilon au contact du mortier
en est une illustration fort éloquente ; les
hommes dans les travaux champêtres, alignés,
chantent et dansent. Camara Laye dans « l’enfant
noir », éditions Plon, paru en 1953 le décrit
en ces termes : Le tam-tam, qui nous avait suivis
à mesure que nous pénétrions plus avant dans
le champ, rythmait les voix. Nous chantions
en chœur, très haut souvent, avec de grands
élans, et parfois très bas, si bas qu’on nous entendait
à peine ; et notre fatigue s’envolait, la
chaleur s’atténuait (Camara Laye, 1953 : 62).
Dans le domaine de la politique, la musique
est bel et bien présente dans toutes les activités
politiques, prenant des allures parfois de
propagande, de sensibilisation ou d’égaiement.
Plus fondamentalement, elle peut revendiquer
la voix des sans voix. Une musique politiquement
engagée et citoyenne est le porte-étendard
d’une conscience politique et citoyenne.
Le mouvement hip hop à travers un mouvement
comme Y’en a marre s’est posé comme alternative
citoyenne allant dans le sens d’un approfondissement
de la démocratie au Sénégal.
Biramawa Magazine-Page 17
׉	 7cassandra://QcQNliEBMXXguu1dfpztYYNeBaCnd1Pio8DMD5vWSfw(`̵ _ z8_ z7{בCט   {u׉׉	 7cassandra://cYq8yMjT9wDwMxVkMmP-AfNNutR7x9aMSNSOw7677RQ z`׉	 7cassandra://dVBe0Cg9y1XMw8GQDrsP8ut7Jl9PA-F3LGh-UBPwm68͘`S׉	 7cassandra://_fAh3sC5HrI5W68zHLE7eXqm1zmZuqwWgDcCWUetV-M';`̵ ׉	 7cassandra://o8IvIHkoOOcooaNerdb2DLGeetKdfFN9qXBdLuX11hg ͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://NV4sqrutmmgVxmahVghtwQvDiNz_v4eIeFREsrhngQY bQ` ׉	 7cassandra://zrJFuDuhkXJf970DGBmY-la8wQ592uJ8bK5ONvrMjHA͠e`S׉	 7cassandra://qHP9rNVVbHkTgz3q8GqGK0GdRD4yLJ5-1pzHYOoMmiM%C`̵ ׉	 7cassandra://kZKfinDu8fdDdJglswE3nn6SpO5-vpng2gcabShXAQ4e͠_ zנ_ z 39ׁHhttp://op.ciׁׁЈנ_ z y,#9ׁHhttp://op.ciׁׁЈנ_ z u 9ׁHhttp://op.ciׁׁЈ׉E
Ce qui fait, donc, que la population se retrouve
dans la plupart des textes de chanson lorsque
celles-ci prennent en compte leurs réalités socio-culturelles.
Hormis les rappeurs, les textes
de Ndiaga Mbaye, Thione Seck le parolier, Souleymane
Faye, Youssou Ndour, Omar Pène mais
également chez les femmes Aby Ndour, Mada
Bah, etc. sont très significatifs. Ils reflètent la
symbolique sociale, instruisent, éduquent, rassurent,
encouragent. Les tares de la modernité
ainsi que les inepties de l’histoire sont dénoncés.
Les musiciens sont des pourvoyeurs de
messages. A travers leur musique, ils parlent
à leur société. Certains ont vu les rappeurs
jouer un rôle important dans les changements
socio-politiques intervenus dans notre pays.
Analysant cette dimension essentielle dans
l’avènement de l’alternance politique du 19
mars 2000 Mamadou Abdoulaye Ndiaye et Alpha
Amadou Sy ont formulé cette remarque
:
La lecture des textes musicaux de ce
courant artistique révèle sa prégnance
idéologique et politique et son engagement
dans la lutte pour le renouveau
démocratique. Partant, le courant
rap est doublement significatif : il est,
d’une part, un mouvement artistique
et, d’autre part, il constitue un maillon
important du mouvement de jeunesse.
Cette doublure leur confère un statut
privilégié sur l’échiquier politique où
il constitue des forces du changement
(Ndiaye & Sy, 2003.
En fait, on peut les considérer comme des sentinelles
de la démocratie.
L’alternance, à laquelle
ils ont grandement contribué, n’a pas atténué
leurs critiques. Ils ont continué à être les
porte-voix d’une jeunesse dont les espoirs ont
été trahis. Donc, en appréhendant la musique
comme un fait social total, on peut dire qu’elle
est porteuse de changements au sein de la société
en ce sens qu’elle contribue à la conscientisation,
à l’intégration de nouvelles valeurs
en symbiose avec les valeurs authentiques.
VIP : very important personality
C’est tout le sens du qualificatif de « courtiers
culturels » que donne Richard Ssewakiryanga
aux jeunes des villes africaines eu égard à
leur propension pour la musique américaine.
Aujourd’hui, une autre dimension s’ajoute à
la musique pour qu’elle soit complète en tant
que fait social total. Il s’agit de l’économie car la
musique est créatrice de richesses et d’emplois.
Elle apporte une forte valeur ajoutée à l’économie
et contribue à conférer une autre image aux
musiciens : de marginaux, ils sont devenus des
VIPadulés et respectés et présents sur toutes
les scènes mondiales. Ce qui a engendré une
musique mondialisée, un mélange de rythmes
africains
avec des sonorités occidentales.
2. Une musique mondialisée
Elle a une histoire. Elle est apparue dans les
années 90 au plan international sous les allures
d’une musique mondialisée
appelée
world music et qui a eu tendance à homogénéiser
les rythmes et les sonorités. Sous ce
rapport, cette musique mondialisée aurait pu
apparaître comme l’expression d’une diversité
culturelle dans le champ de la musique, mais
elle devient suspecte dès lors que la logique
économique l’emporte sur la finalité artistique.
Au plan local, il convient de remarquer qu’au
contact de la modernité, la musique tradiPage
18-Biramawa Magazine
׉	 7cassandra://_fAh3sC5HrI5W68zHLE7eXqm1zmZuqwWgDcCWUetV-M';`̵ _ z9׉EStionnelle est sur le point de changer de registre
au risque de perdre totalement son
substrat. Pour désigner cet avatar, certains
n’ont pas hésité pas à parler de tradi-moderne
et à mettre en garde contre la possible
disparition de la musique traditionnelle si
des actions vigoureuses ne sont pas entreprises
allant dans le sens de sa revalorisation.
En effet, le mbalax trône de toute sa stature sur
la scène musicale du Sénégal. En véritable seigneur,
ce genre musical a marqué et continue
de marquer de son empreinte indélébile, la musique
sénégalaise. Toutefois, il constitue l’écran
de fumée qui empêche l’expression d’autres
sonorités tout aussi riches que diverses. Mû
par une logique commerciale, le mbalax prend
les contours de l’« informalité » tant au niveau
de sa création, de sa production que de sa distribution.
Ce fait est désigné sous le vocable
de sandaganéisation ou de son baol-baol de
la musique tant la recherche effrénée du gain
l’emporte sur la qualité artistique des œuvres.
Avec l’aide de la technologie musicale (studios
d’enregistrement, usines de duplication de
cassettes, supports de diffusion : radios, télévision
culturelle, Internet, etc.), des produits
sont réalisés à la va-vite et commercialisés sur
le marché en ne se souciant pas de la qualité.
Pourtant, la musique sénégalaise, à travers ses
têtes de file tels Youssou Ndour, Baba Maal, Ismaéla
Lô, Thione Seck, s’est choisie pour l’international
une musique mondialisée. Il s’agit
de s’insérer dans les canaux de la world music.
Ce sont des croisements musicaux qui ont
toujours existé mais que la médiatisation et la
technologisation de la musique ont accéléré et
généralisé à l’échelle planétaire. Le « métissage
musical » a été toujours perçu sous l’angle ethnocentriste
faisant de la civilisation européenne
la productrice de la musique la plus évoluée
tandis que les musiques des autres peuples
sont considérées comme des ébauches moins
élaborées et plus primitives.
Est-ce la raison
pour laquelle la plupart de nos musiciens réa22
Denis Laborde, cité en note de bas de page par Jean Luc Bonniol, op.cit, p. 334.
33 La catégorie world music a été introduite dans les Grammy Awards en 1991.
44 Jean Luc Bonniol, op.cit., p.335.
Biramawa Magazine-Page 19
lisent, pour être en phase avec le showbiz mondial,
une musique à deux vitesses : un mbalax
pur et dur pour le local et des sonorités métissées
pour l’international ? Une telle question a
été posée à Youssou Ndour l’artiste planétaire
qui a reconnu sans ambages sa musique « bicéphale
» A ce propos Denis Laborde explique :
Les réalisations musicales qui pouvaient
être polyrythmiques, riches de
décalage et de syncope, doivent pour
entrer dans le nouvel éden musical se
plier à l’installation d’une pulsation binaire
en continu. Aussi Youssou Ndour
en arrive-t-il à produire deux types de
réalisations musicales, selon qu’il vise
le public occidental ou le public sénégalais.22
D’ailleurs
Baba Maal, Ismaéla Lô ont été
nominés dans la catégorie « world music
»33
des Grammy Awards ainsi que Youssou
Ndour qui finira par remporter le prix
en 2005 avec son album Sant dans lequel
il est accompagné d’un orchestre égyptien.
La world music se veut, en fait, une modernisation
des musiques traditionnelles en se servant
de nouveaux instruments et en adoptant
de nouvelles technologies. Elle vise un public
planétaire. Mélange de différentes sonorités,
la world music n’en revendique pas moins un
fondement authentique « qui apparaît souvent
vécue comme primordialité, connectée
à l’intemporel, au primal, au chtonien, s’opposant
là à l’éphémère, à l’artificiel et au corrompu,
caractéristiques de la civilisation occidentale
» (Jean- Luc Boniol, op.cit : 335)44
.
Force est de constater que ce phénomène persiste
toujours. Pour plaire à deux types de public
(local et occidental), les artistes continuent
de faire une musique différenciée. Entretemps,
la musique numérisée a eu raison de cette situation.
L’industrie du disque n’a plus sa force
׉	 7cassandra://qHP9rNVVbHkTgz3q8GqGK0GdRD4yLJ5-1pzHYOoMmiM%C`̵ _ z:_ z9{בCט   {u׉׉	 7cassandra://OnJ0RF2Vi1slYEBeQdVjV4vXYG5KpwNW9i2lWuovu1w ` ׉	 7cassandra://6NzW6NZhHjhQJ2MxVfha915jbF9aoA3OOnBTW_qgpdg͗_`S׉	 7cassandra://pMfPHxQeMSe1yG_lWc63MXI23RtIPSDvSXRqEdL9mzI%`̵ ׉	 7cassandra://91SKLVi9qYquZRN3ddhO7J7ZPZoL-FYlf_EJd9DtrX4s͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://bsknnEg952qWqpjqwXqfI6I19bd2NRmzwKYHZqukRbs nd` ׉	 7cassandra://7K42gW69XYMNP4n2uTjbTPPFsVwxzBlwBAe-ihD7VsU͡!`S׉	 7cassandra://O5hagQBKOc_eYkUIc5quMP5RtByCXwciXuvPuZTL-2Y'`̵ ׉	 7cassandra://BHud4dr7jCWe_iZo7f84diVyINS1Fi22dMJfciGJaiAk͠_ z׉Ed’antan : les téléchargements ont relégué au
rang d’antiquité les disques vinyl, CD, Cassettes
audio, lecteurs etc. La génération « facebook »
ou GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon,
Microsoft) a accès facilement à tous les sites
musicaux collaboratifs qui, grâce à des outils
informatiques adaptés au partage et à l’échange
d’informations constituant des réseaux sociaux
pour les musiciens et groupes de musique.
3. La mobilité sociale dans le secteur
de la musique
Il s’agit d’une forme de changement social qui
se pose en termes de déplacement des individus
dans la hiérarchie sociale et qu’on appelle la
mobilité sociale. Il y a deux manières de l’aborder
: sous l’angle individuel (le fait de ne pas
exercer la même profession du début à la fin de
sa vie) et sous l’angle générationnel (profession
occupée par opposition à celle du père). Cependant,
il faudra également y ajouter cette volonté
qu’a l’individu de changer sa situation pour se
hisser à un niveau supérieur de l’échelle sociale.
Il existe, certes dans le paysage musical sénégalais
de nombreuses familles de musiciens55
mais également, on remarque une certaine mobilité
sociale, dans la mesure où la profession
du fils (musicien) sera différente de celle de son
père. Au cours de nos enquêtes, il nous a été révélé
sur un échantillon de 100 personnes que
seulement 02 % des enquêtés ont un père musicien
contre 94 % dont le père n’en est pas un.
En outre, cette volonté d’ascension sociale
fait que beaucoup de jeunes pensent aujourd’hui
trouver
une situation de rente
à travers la musique. Toutefois, le monde
du showbiz reste très difficile à pénétrer.
Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.
Toujours est-il que la quasi-totalité des musiciens
sont d’origine très modeste. A travers la
musique, ils ont trouvé une ascension fulgurante
: Youssou Ndour est musicien et administrateur
de sociétés. Il possède un groupe de presse au
point que « certains pensent même qu’il fait partie
du cercle restreint des milliardaires sénégalais
depuis longtemps » (Thiam S., 1999 : 7)66
.
Ils sont considérés comme ceux qui ont
réussi
l’heureux passage d’une classe sociale
défavorisée à la classe des possédants.
4. La décastification de la musique
Il existe une autre forme de mobilité sociale
c’est le phénomène de la « décastification »
qu’il faut saisir en relation avec la notion de
caste. La profession de musicien a été, traditionnellement,
réservée aux griots et ceux qui
s’occupaient parmi eux de chansons, on les
appelait des Sabb-Lekk (Diop A.B. ; 1981) . La
« décastification » est le fait que la caste des
Géer supposée supérieure, embrasse la carrière
de musicien. Nous pouvons, donc, y voir
une forme de mobilité sociale descendante.
Il faut dire que traditionnellement, chez les
wolof, les Géer (caste supérieure), qui
voulaient
embrasser
la carrière de musicien
subissaient la réprobation du groupe social.
Il est même interdit au géer d’être en
contact avec la peau du tambour. Aujourd’hui
avec le développement de l’industrie musicale,
la profession de musicien n’est plus la
chasse-gardée des griots. De nombreux géer
investissent le créneau ; nous pouvons en citer
: Ismaela Lô, Baba Maal, Pape Fall, Moussa
Traoré et Wasis Diop. Ce dernier témoigne :
A l’insu de mes parents, j’allais squatter
les griots qui accompagnaient les
séances de m’bappat (lutte). N’étant
55 Parmi celle-ci, nous pouvons, sans être exhaustif, citer les Touré Kunda (Ismaёla, Cheikh,Tidiane, Ousmane, etc), les familles Faye (Vieux Mac, Tapha, Lamine, Habib,
Adama, Mahanta), Ndour (Youssou, Aby) Seck (Thione, Ousmane, Mapenda, Mor Dior , Assane Ndiaye), L’autre Famille Seck (Laye Bamba le père, Fatou Mbaye, Coumba
Gawlo Seck, Les Seck Sisters), Faye (Vieux Sang Sing Faye, Mbaye Dièye Faye, El Hadji Faye, Alieu Faye, Aziz Faye), Guissé (Djiby, Cheikh et Alioune), Kassé (Alioune, Omar,
Djoudjou, Pape, Ndéye), Boye (Pape et Armand), la famille de Doudou Ndiaye Rose, La famille de Soundioulou Sissokho., Diagne (Lappa, Bassirou).
66 Cf Thiof Nouvelle série n° 3 du 15 mars au 01 avril 1999, p. 7.
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׉	 7cassandra://pMfPHxQeMSe1yG_lWc63MXI23RtIPSDvSXRqEdL9mzI%`̵ _ z;׉E/pas géwél [griot], je m’abstenais de
chanter en public, chanter étant considéré
comme efféminé, sauf pour les
griots. Dans mon quartier de Gueule
Tapée, je n’ai jamais raté un seul tamtam
de Doudou Ndiaye Rose [… ] (Leymarie,
1999).
Et souvent les difficultés ne manquent pas de
se poser sur le chemin des géer qui veulent
trouver leur voie dans la musique. D’autant
qu’ils ont des origines aristocratiques. A ce propos,
le cas du chanteur Salif Keїta, descendant
d’une famille princière du Mali, est bien connu
mais l’est moins celui d’Omar Ndiaye « Xosluman
», fils de nobles descendants du Bourba
Alboury Ndiaye Roi du Djolof. Lors d’un entretien7,
il nous a relaté les écueils desquels il a
dû triompher pour faire accepter à ses parents
la pratique de la musique. Mais l’enseignement
qu’on peut tirer de son histoire se situe ailleurs
: l’attitude du griot attitré de la famille qui a accepté
difficilement son statut de musicien. Il lui
a dit qu’il « qu’il ne l’accepterait jamais ! Qu’il
ne le comprendrait jamais ! » . Il ne peut plus
le voir, comme s’il avait honte de lui. En effet,
il accepte mal que son roi soit musicien, chacun
doit garder sa place sur l’échiquier social.
Il reste que ce phénomène de « décastification
» est beaucoup plus marquant en ville
qu’en zone rurale. Lors de nos enquêtes,
nous avons dénombré sur un échantillon de
100 personnes : 52 % de géer, (caste supérieure)
22 % de gewél (griots), 4 % de teug
(forgerons et bijoutiers) et un taux de pourcentage
relativement élevé de non-réponse
(22%) que nous interprétons comme la délicatesse
relative à une telle question pour ceux
qui refusent de s’assumer mais également la
non-existence de ce phénomène de caste chez
certaines ethnies du Sud comme les Diolas.
Ce que corrobore cette étude88
de Yann N.
Diarra (Op cit. : 251) faite à Dakar sur la musique
sénégalaise et qui fait remarquer que
: « Même si une part importante des mu7
L’entretien a eu lieu le jeudi 14 /09/2000 sur la plage de Ngor village
siciens
reste issue de cette caste, la plupart
d’entre eux (69,5 %) ne le sont pas ».
Il en fournit la lecture suivante : il s’agit là
d’une évolution sociale et culturelle des métiers
de la musique et que l’urbanisation et les
nouvelles structures sociales qu’elle impose -
passage d’une société de castes à une société
de classes – ont redonné sa place et son rôle
aux musiciens dans la société. Aussi séduisante
que puisse être une telle analyse, nous
ne partageons pas cette interprétation pour la
simple raison que, selon nous, l’urbanisation
et la nouvelle structuration sociale n’ont pas
eu raison du système des castes. Même si la
base matérielle qui sous-tend ce phénomène
a disparu, il reste que l’idéologie qui le fonde
est toujours vivace dans les esprits. En conséquence,
nous considérons que l’évolution sociale
et culturelle des métiers de la musique
s’explique par la mise en place d’une industrie
musicale au Sénégal et que beaucoup de musiciens
pensent y trouver un créneau porteur.
Toutefois, nous sommes d’accord avec son
hypothèse qui consiste à dire que la pratique
de la musique en milieu rural reste
fortement liée à l’appartenance sociale
pour deux raisons, selon nous, que voici :
le conservatisme inhérent aux sociétés rurales
et l’absence d’infrastructures musicales.
Autres aspects révélés par l’étude de Yann N.
Diarra : la pratique traditionnelle de la musique
(percussions, formes de chants et de danses)
est dévolue à la caste des griots alors que la
plupart des géer font de la musique moderne.
5. Le Changement de mentalité
Avec la mobilité sociale, la décastification, un
changement de mentalité a été opéré en ce qui
concerne la société. Une révolution dans le secteur
de la musique qui engendre des mutations
sociales. Du coup, le visage de la musique et
l’image des musiciens se trouvent changés. Il
fut, en effet, un temps où la musique était considérée
comme une activité frivole et le musicien
Biramawa Magazine-Page 21
׉	 7cassandra://O5hagQBKOc_eYkUIc5quMP5RtByCXwciXuvPuZTL-2Y'`̵ _ z<_ z;{בCט   {u׉׉	 7cassandra://zxS19O50Tt8919gYRfoAgHMF1_iEd9AxSs00owQEjsQ 6` ׉	 7cassandra://2vNcpnxwriyzJqkly4rFvbpnkM2Rz8gSnBDSsJANlBk` S׉	 7cassandra://KE5D29KZtbd-nUIeR98_kd5ygH6Yes1F_FnHIRePy2o':`̵ ׉	 7cassandra://4uoK301lwG_h-IRd_TdlpgGmaSDuwkFZsV37vm8Zw0gf͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://p8gc0htGzcQ2hjLBRUxRzjyEbAI-6m7vqfd2ueqw2Gw ` ׉	 7cassandra://6TgwJevdt0OhQxqgZWdKvMSmmtfbSm-7u8VNNQOPMIcͧj`S׉	 7cassandra://0kfw5qR-vjJEhvTZYYb4e3v2U-grEddZ5gQffFC067c(`̵ ׉	 7cassandra://xsgw7zsIg5dbBjqvL1R93lvTi8myGkAqDf2ymQfoMdEi͠_ zנ_ z Lށ39ׁHhttp://op.ciׁׁЈ׉Eun marginal, un troubadour. L’on se rappelle
enfant de cette blague qu’on se servait pour se
moquer des musiciens : un jeune homme vient
sérieusement s’ouvrir à son père pour lui dire
: « Baay ! Baayi na caxaan damay riti » (Père !
J’ai cessé de m’amuser ; maintenant je joue du
riti (le violon peulh). Ce qui nous faisait beaucoup
rire car, nous considérions la pratique de
la musique comme une activité peu sérieuse.
Les préjugés, qui entouraient la musique, étaient
partagés, à l’époque, par tous les secteurs de la
vie sénégalaise. Ce que corrobore l’ex manager
d’Omar Pène, Pape Bondé Diop qui nous racontait
au cours d’une interview9 ce qui arriva à
son poulain : parti à la police se faire confectionner
une pièce d’identité, le policier qui s’en
chargeait lui demanda sa profession : il répondit,
fièrement : « musicien », le policier lui rétorqua
: « Musicien ! » ; « Chômeur ! Oui ! ».
Aujourd’hui,
grâce à la technologie, le secd’arteur
de la musique est un créneau porteur
qui attire beaucoup de producteurs,
tistes, de distributeurs et de vendeurs de cassettes
qui espèrent y trouver leur voie. Aussi
convient-il de remarquer que l’industrie musicale
est en train de révolutionner les mentalités
; l’image du musicien a positivement
évolué ; il est perçu comme quelqu’un de
riche, pouvant satisfaire les besoins des gens.
Au cours d’une enquête relative à la perception
du musicien par les gens ; sur une population de
100 sujets enquêtés, 72 % déclarent être l’objet
de sollicitation pour de l’aide contre 18 %. Ce
qui indique qu’ils sont considérés comme des
privilégiés capables de satisfaire les besoins
des gens confrontés aux difficultés de la vie.
Les
sollicitations dont les musiciens font
l’objet de la part des populations apparaissent
dans cette confession de la chanteuse
Ndèye Fatou Tine dite « Titi » qui
révèle dans le journal
Le
[…] En venant, vous avez vous-même
rencontré des gens devant la maison.
Il y a toujours du monde et il n’est pas
dit qu’on peut recevoir tout le monde.
Ils croient que je suis riche, que je suis
capable de leur venir en aide. C’est vrai
ça ne fait pas longtemps que je suis
dans le métier et si j’avais des millions,
c’est sûr que je leur viendrais en aide,
surtout aux plus démunis […]. Je veux
tout juste que les gens sachent que je
ne suis pas si riche qu’ils le pensent.1010
Donc, la réalité est autre car 29 % seulement
des enquêtés déclarent vivre correctement
de leur art contre 39 % de réponse négative.
Ce qui révèle, donc, que les musiciens bénéficient
de préjugés favorables dans une société
fortement marquée par la pauvreté.
Nous pensons trouver les raisons de ce regard
positif que les gens posent sur les musiciens.
Elles découlent pour l’essentiel de l’aura
dont bénéficient les « ténors » de la musique
sénégalaise que sont : Youssou Ndour, Baba
Maal, Ismaéla Lô, Coumba Gawlo Seck, Thione
Seck, Oumar Pène, Viviane Ndour, etc. mais
également de la forte médiatisation dont ils
sont l’objet. Comme l’écrit Yann N. Diarra :
Dans un environnement urbain où la pauvreté
s’installe, la réussite sociale et économique, parfois
fulgurante, de certains musiciens est devenue
un modèle pour les enfants et les jeunes. La
musique est également pour eux le média le plus
accessible pour exprimer leurs visions, leurs
attentes, leur espoir (Diarra, Y. N., op.cit :252)
Quotidien :
Les analyses de deux observateurs
de la scène musicale sénégalaise corroborent
cette mutation.
D’abord celles de Rama Sy Diop qui
rappelle :
Jadis confiné dans l’arrière-boutique
de la société, le musicien de nos jours
99 L’interview a eu lieu le 18 septembre 2000 au siège de Médiator.
1010 Interview parue dans Le Quotidien et reprise par l’hebdomadaire Révélation n° 198 du 07 avril au 14 avril 2006, p.8.
1212 Télé Mag n° 85 février 2000, p. 14.
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׉	 7cassandra://KE5D29KZtbd-nUIeR98_kd5ygH6Yes1F_FnHIRePy2o':`̵ _ z=׉Enest devenu « un véritable quelqu’un »
[…] figurant parmi « les diverses personnalités
reçues par le chef de l’Etat
», le musicien est désormais une VIP
(Very Important Person) surtout depuis
que le Sénégal connaît une avalanche
de distinctions musicales. Tout le mérite
en revient aux illustres précurseurs
qui ont fait de l’activité une véritable
profession, du secteur une industrie
participant à la résorption notable du
chômage1111.
Ensuite à Ass Dia de renchérir :
En l’espace de quelques années, les
artistes sont passés chez nous du statut
de marginaux à celui de modèles
sociaux. Grâce à la magie des supports
de production et de diffusion, un musicien
de quartier peut se voir en peu de
temps propulser sur la scène internationale.1212
Ainsi,
donc, les mutations sociales dans le
secteur de la musique se sont faites à partir
de ruptures opérées par des acteurs musicaux
mais également par le fait d’une révolution
technologique
achevant de faire
de notre monde un « village planétaire ».
6. Tendances et modes
Les musiciens sont devenus des icônes ; des
références pour une jeunesse en quête d’un
mieux-être, tenaillée entre le mal-vivre, le
chômage et la pauvreté ; une jeunesse qui
emprunte les océans dans des embarcations
de fortune et qui voit l’Europe comme l’Eldorado.
Ce qui a comme conséquence : leurs
comportements sont imités, leurs moindres
gestes épiés et leurs paroles amplifiées. Dans
le milieu du showbiz, ils font ce qu’on appelle
le buzz. Iconoclastes, leurs tenues, comportements
et déclarations pourraient choquer.
Ainsi un jeune chanteur du nom de Wally Seck
1212 Télé Mag n° 85 février 2000, p. 14.
a choqué par le port d’un tee-shirt aux couleurs
arc-en-ciel à quelques heures de la gay
parade en Europe. Les télévisions, les radios
et autres réseaux en ont fait la une de leurs
journaux. Il s’en est suivi des plaintes, contreplaintes,
conférences de presse etc. Entre accusations
et dénégations, cet événement a occupé
l’espace public pendant des semaines. Déjà, il
avait été l’objet d’un matraquage médiatique
à travers un sac à main jugé très féminin.
Un autre artiste, moins talentueux et moins célèbre,
Ouzin Keita lui a emboité le pas, en portant
les mêmes couleurs LBTS et en se présentant à
son concert avec un grand boubou de femme.
Ces jeunes artistes ont-ils vu à travers la provocation
un moyen de communication, de
faire la publicité, le buzz autour de leur personne
? Ou agissent-ils par méconnaissance ?
Force est de constater qu’ils sont très branchés
sur l’occident et que toutes les tendances venant
de là-bas sont aussitôt reprises. Il s’agit là
d’un mimétisme qui leur fait vivre au rythme
des banlieues parisiennes, londoniennes ou
new-yorkaises. Dans un contexte de mondialisation
débridée, les moyens de communication
font de notre monde un village planétaire pour
reprendre la célèbre expression de Mac Luhan.
Il est à remarquer que la société sénégalaise est
foncièrement homophobe. Aucune tolérance
n’est acceptée et toute relation contre-nature
est condamnée et punie par la loi. La société
sénégalaise est fortement croyante (plus
de 95%) de la population sénégalaise. L’islam
comme le christianisme rejette l’homosexualité.
Aux yeux d’une large frange de la population,
ce qu’elle considère comme une dérive
de l’occident, ne saurait être accepté. Leur artiste
adulé et aimé des fans se doivent de démentir
toute accusation les assimilant à des
homosexuels. Cette dénégation leur redonnera
crédibilité aux yeux du public. Wally a été obligé
de déchirer le sac incriminé publiquement.
Sur certaines questions de société, les mentalités
ne sont prêtes de changer. Le Sénégalais est
ancré dans sa religion et ne tolère aucune remise
en question des fondamentaux de la religion.
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׉	 7cassandra://0kfw5qR-vjJEhvTZYYb4e3v2U-grEddZ5gQffFC067c(`̵ _ z>_ z={בCט   {u׉׉	 7cassandra://cqv2XgEJnZWwLE5QW6OcIdCVInI2uDsIB6hJEdZXz-o P`׉	 7cassandra://zMs4d8iJB2HHygl_xUKk6yO8tIWMN1sFiLErkyWfxAA͗`S׉	 7cassandra://HEWyuYoZ7dRKpHyusWrYoxC9YnZUxjmgO3fv9xduWqg%`̵ ׉	 7cassandra://VVcmYginWeXzKN9FacKKVeCpbcS_nqNKD5ucB06Jo_E .͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://x8uuMxFUxR37CcbMCI8cQRFj0inxvzJXQxRdBgUBER0 l`׉	 7cassandra://j_zKNQf9sN0N7XkwrrNsOOSUSq5WOAZCYduGohrMqKQx"`S׉	 7cassandra://mUcGeIFNy7Z6It425SOwX0RtlZbdEEJVgUQC_AaFVlo)`̵ ׉	 7cassandra://frcHOvo55lS7ORlK7tLYVIDoJey5Ht5lK53gYh5618c 	0͠_ z׉EEst-ce pour cette raison qu’on voit apparaître
sur la scène musicale des chanteurs religieux
qui sont sur le point de maîtriser les arcanes
du showbiz. Longtemps confinés dans les
tentes servant de lieu d’exhibition des artistes
religieux, ils sont en paix d’occuper les scènes
de spectacles au même titre que leurs homologues
laïques. Les Ndiogou Afia, Omaro, Sadibou
Samb, Babacar Samb, le duo tafsir Abdourahmane
Gaye et Mamina Aidara investissent les
plateaux de télévisions, les scènes de spectacles
et jouissent d’un succès retentissant auprès du
public. C’est d’ailleurs, souvent, le même public
qu’on retrouve dans les soirées de Waly Seck,
Youssou Ndour, Momo Dieng ou Viviane Chidid
et autres. Un changement de mentalité est en
train de s’opérer au niveau de la musique religieuse
qui commence à comprendre que pour
se faire adopter par le public essentiellement
constitué de jeunes, une démarche plus proactive
et moderne est nécessaire. Cette mutation
dans la musique religieuse n’est-elle pas aussi
guidée par des raisons d’ordre économique ?
Un autre aspect, non moins important, qu’il
convient de souligner est : le secteur de la musique
a subi une fulgurante évolution dans les
années 90. Dans un contexte mondialisation,
à l’instar de la musique africaine dans sa globalité,
elle était pleine de promesses, suscité
beaucoup d’engouement. On pensait que son
dynamisme allait avoir un impact considérable
dans l’économie de la culture. Ce qui aurait pu
avoir pour conséquence des bouleversements
socio-culturels dans le secteur de la culture.
Mais les fruits n’ont pas tenu leurs promesses.
L’irruption des technologies de l’information
a complétement bouleversé la donne. L’industrie
du disque dans ce contexte mondialisée a
connu un net recul. L’Afrique, le Sénégal n’a pas
été en reste. Du fait de la faiblesse des moyens,
elle n’a pu résister au piratage numérique.
D’autres palliatifs ont été trouvé pour limiter
les dégâts : le spectacle vivant a été le nouveau
mode de production mais plongeant ses racines
dans les traditions profondes de l’Afrique.
Il prend la forme d’un diakarlo (littéralement
face-face avec le public, avec d’autres musiPage
24-Biramawa Magazine
ciens) ; de parrainage mettant en exergue les
hauts faits et gestes de familles, de nouveaux
riches qui ont besoin de reconnaissance. En
retour, les artistes organisateurs seront rétribués
sous forme de dons, de cadeaux. Il
s’agit d’une forme de mécénat à l’Africaine.
Ainsi la musique est-elle en panne ; les artistes
pour continuer à vivre se livrent à d’autres activités
plus lucratives. Peu arrive à s’en sortir ! Ne
s’agit-il pas d’un retour à la tradition ; en Afrique
comme partout ailleurs s’est développée la musique
dans la cour des rois. Le premier rapport
qu’elle avait et continue d’avoir avec le don,
l’argent. Le mécénat est né dans la cour des rois !
Conclusion
La musique est un phénomène social total,
elle occupe une place importante au sein de
la société malgré le mépris dont ses acteurs
ont longtemps fait l’objet. Les mutations socio-culturelles
ont pour soubassement l’économie.
Le secteur marchand de la culture a,
en effet, introduit des bouleversements qui
ont pour objet : mobilité sociale, changement
de mentalité, musique mondialisée, tendances
et modes. De la parution de notre ouvrage en
2008 à nos jours, les mutations qui existaient
déjà se sont accrues considérablement. L’irruption
du numérique a accentué les changements,
on ne peut plus exclure l’économie et la
technologie de la musique. Pour qu’elle puisse
continuer à être alerte et vigoureuse, il faut s’invente,
qu’elle continue toujours à surprendre.
׉	 7cassandra://HEWyuYoZ7dRKpHyusWrYoxC9YnZUxjmgO3fv9xduWqg%`̵ _ z?׉E׉	 7cassandra://mUcGeIFNy7Z6It425SOwX0RtlZbdEEJVgUQC_AaFVlo)`̵ _ z@_ z?{בCט   {u׉׉	 7cassandra://ARPQhfzkRvUYO7BljcY21rp0SjIgjewuopMIO7VToJ4 e`׉	 7cassandra://_BJVlY4dunRL0LjCBYs27RF6YBc3dcvAdT-Me9hTyRwLV`S׉	 7cassandra://p6f7JBJU2xxMHraQwKIS3aTMo1c7in1I5cEn7kRsnN4`̵ ׉	 7cassandra://tR09jqa9PPhYjHKDTqEMKdZkDtXSmbu2UeAZA0teLhY 
>4͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://7JJgtQc6LsI6vSrq4eLjoO2tt1ssGxO5y2RhzqMym8M O` ׉	 7cassandra://I-zrce_YyJC1IjRamGQwVsiLoYtWexpD3bbJDYeCcjE͜+`S׉	 7cassandra://n0Vq1K3dwtJiXQJuQyvY3-02lEXPvBRz47XmwclygZc'`̵ ׉	 7cassandra://5076l6QlHjF9gV20M5Z3zuASt0PApYR1kvn-aVvtJHUZ͠_ z׉ELE COIN
D’AUTRUI
׉	 7cassandra://p6f7JBJU2xxMHraQwKIS3aTMo1c7in1I5cEn7kRsnN4`̵ _ zA׉EBonzzzooouuurrr Warahmatullah chers lecteurs et
lectrices de Biramawa. Je viens avec une nouvelle chronique
tirée des « Drames d’Autrui ». Pour ce numéro,
je plonge dans la vie d’une jeune étudiante, Lara. Son
histoire n’est pas ordinaire.
Je m'appelle Lara et j'ai 28 ans. Depuis cinq
années maintenant, je vis une relation extraordinaire
avec Papis, un jeune cadre dans
une grande entreprise de la capitale sénégalaise.
Beau garçon, intelligent, le physique
assez imposant, je n’ai pas eu beaucoup de
mal à m'enticher de cet homme au charisme
et au charme irrésistible.
Nous nous sommes rencontrés Papis et
moi un soir après les examens du premier
semestre de ma Première année à l'Université
de Dakar. Mes copines et moi voulions
décompresser après d'intenses semaines
de cours et de révisions et nous sommes allés
dans l'un des endroits les plus fréquentés
de Dakar, le Just For U, qui se situe en
face du campus universitaire. Nous sortions
d'une semaine très chargée et les sonorités
acoustiques de ce charmant lieu nous aidaient
un peu à oublier, le temps d'une virée
nocturne, la probabilité de réussir ou non,
notre entrée en matière, dans le grand bain
des études supérieures.
Ce soir-là, il y avait également un groupe
d'amis venus fêter la promotion d'un des
leurs à un poste de responsabilité dans une
grande entreprise de la place. C'est en allant
chercher des rafraîchissements que l'une
de mes copines a été interceptée par un
membre dudit groupe. Les deux ont discuté
pendant une bonne minute. Et au retour,
Adja m'a passé un petit mot inscrit sur un
petit bout de papier : "Je n'arrêterai jamais
de te regarder..."
Quand j'ai soulevé la tête, j'ai senti la force
de ce regard qui traversait trois tables pour
se poser sur mon visage. Un sourire atténuait
le poids de ces deux yeux posés sur
mon front. Et je ne pouvais que rendre ce
sourire. C'est seulement après que le jeune
homme s'est levé de sa table pour se diriger
vers nous.
- Bonsoir chères demoiselles, je vous passe
le salut de mes copains qui sont sagement
installés là-bas... Mais l'objet de mon déplacement
est plus délicat qu'un simple
bonsoir. Je voudrais vous voler cette fleur...
Et il me tendit son bras droit en signe d'invitation...
Il était habillé d'une élégance, pantalon
jean noir serré, chemise d'une blancheur
éclatante sous un costume prêt du
corps en noir assorti de souliers noirs qui
brillaient.
Après cinq à dix secondes d'hésitation, mes
copines me poussèrent presque à accepter
son invitation par leurs regards teintés d'influence.
Je me suis alors levée pour suivre
Papis dans un coin assez discret du resto.
Très courtois, il n'a pas tout de suite décliné
ses ambitions. Il s'est juste contenté de chercher
à savoir qui j'étais et ce que je faisais
dans la vie. Et à chaque fois que je terminais
une phrase, il ne manquait pas de relancer
Biramawa Magazine-Page 27
׉	 7cassandra://n0Vq1K3dwtJiXQJuQyvY3-02lEXPvBRz47XmwclygZc'`̵ _ zB_ zA{בCט   {u׉׉	 7cassandra://nKgdWXChg7oMZB75Wzd2imWR7J0SV0IxabEMRGhgB_Y u` ׉	 7cassandra://gou0RbWWT3Z2L75i9u5z_wVohmKInMRyXtGuE2kErmQͣ`S׉	 7cassandra://vfSezK9EOog5rl4IsU_n2eh6UeN7mbKruobuX55QJ5Q&`̵ ׉	 7cassandra://q_RwMd0qEScs3p8-N5qodxgglQKjOBnicqnK7nCZHaEJ͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://ImrCiBDM3gbChxtYbPnCJWEz7KBeWbIer2wg84nBzlk `׉	 7cassandra://KHdg_FHCbXWc0wTu6kDf_ScWWBq_0ei0pQQgYEFQYyQ͐]`S׉	 7cassandra://qpQ3Vqqx4ufcwVA-l0LLyS4uOqy56UgNdEDgLQbR_3k$`̵ ׉	 7cassandra://ibtnAnnUjXIOrM_OxlkuqWbt_2K2kiCoDZX2QKnGIRslT͠_ z׉Ela conversation avec une blague. Je lui disais
ainsi que j'étais en Première année de Droit
et que j'habitais à Sacré-Coeur 3. Que j'étais
venue avec mes copines pour se changer les
idées après les examens...
Il souriait pour un oui ou pour un non, mais
affichait une mine très sérieuse, quand je
parlais de mes études. Et quand je lui ai demandé
de me parler de lui, il a répondu ça :
- Bon, voilà ce qu'on va faire, ma chère Lara.
On va programmer un autre rendez-vous toi
et moi. Parce que vois-tu, j'ai tellement de
choses à te dire sur moi qu'il te faudrait un
endroit plus calme pour capter tout ce que
j'ai à te dire. Alors, si t'es disponible samedi,
je t'invite à dîner. Ainsi, on pourra largement
discuter de ma personne...
Je lui ai alors donné mon accord pour sortir
avec lui le samedi...
Je suis rentrée chez mes parents le vendredi
après-midi pour mieux préparer mon rendez-vous
avec Papis. Je suis même allée faire
les boutiques pour m'acheter une jolie robe
de soirée. Il faut dire qu'il m'avait laissé une
très bonne impression au "Just For U".
C'est vers 20 h qu'il a appelé pour me dire
qu'il était en route. J'étais déjà sortie de la
douche. Il me restait juste à faire quelques
retouches sur mon visage pour parfaire
son éclat. J'avais déjà prévenu mes parents
de mon invitation à dîner. Et le simple fait
que Papis ait accepté de passer me prendre
chez moi pour faire, par la même occasion,
connaissance avec les membres de ma famille
était un signe de bonne foi de sa part.
C'est mon petit frère qui est allé ouvrir
quand on a sonné à la porte. Il a ensuite entraîné
Papis dans le salon où mes parents
et ma petite sœur étaient installés. Il s'est
poliment présenté et mon père l'a invité à
prendre place en attendant que je n'arrive.
Et quand je suis descendue, j'ai été surprise
Page 28-Biramawa Magazine
de voir que ça discutait bien en-bas entre
Papis et mes parents. Il s'est levé pour me
faire la bise sur les deux joues avant que
nous ne prenions congé de papa et maman.
Il m'a ouvert la porte de sa luxueuse berline
et la soirée pouvait démarrer.
Papis prît la Voie de dégagement nord (Vdn)
et se dirigea vers le centre-ville. Il m'emmena
dans un endroit calme et prestigieux
appelé Sokhamone (Si tu savais... en langue
wolof). La terrasse de ce fabuleux hôtel offrait
une vue paradisiaque. Le reflet des
lampadaires et de la lumière des panneaux
publicitaires sur l'océan atlantique donnait
l'impression d'être quelque part dans les
alentours de la Seine à Paris. Et que dire de
la douce musique distillée par un Disc jockey
invisible. Ah oui, il avait choisi l'endroit
idéal pour m'amadouer.
- Lara, j'ai choisi de t'emmener ici parce que
c'est plus calme et plus adapté à ce que je
vais te dire. Il y a de cela une semaine, j'ai été
promu Directeur des ressources humaines
dans la société où je ne travaille que depuis
un an et demi. Et le Conseil d'administration
me recommande de me marier dans un
délai très bref de trois mois. Du coup, c'est
très compliqué pour moi de trouver la fille
idéale dans un temps aussi court. D'autant
plus que depuis deux bonnes années, j'ai
été incapable d'avoir une relation sérieuse
à cause de mes ambitions professionnelles.
Mais ce que tu dois savoir, c'est que mon intérêt
pour toi n'a rien à voir avec la volonté
de mes supérieures de me caser. L'autre
soir, quand je t'ai vue au milieu de tes copines,
quelque chose que je n'arrive pas encore
à définir m'a frappé chez toi. J'ai beau
cherché, mais je ne trouve toujours pas ce
que c'est. Aucune autre fille avant toi n'a eu
cet effet sur moi. Je ne sais pas si tu voudrais
bien m'aider à découvrir cette chose-là qui
m'attire vers toi. Mais j'aimerais pouvoir
׉	 7cassandra://vfSezK9EOog5rl4IsU_n2eh6UeN7mbKruobuX55QJ5Q&`̵ _ zC׉Emieux te connaître...
J'écoutais avec la plus grande attention l'argumentaire
du beau gosse et je me demandais
même parfois si c'est bien à moi qu'il
s'adressait. Pendant le dîner, Papis me posa
encore des questions sur moi. Ma vie en dehors
des études l'intéressait beaucoup. Et je
compris très vite qu'il voulait en réalité savoir
si j'étais libre de sortir avec lui ou pas.
J'ai alors décidé de lever l'équivoque:
- J'avais un petit ami. Mais il est parti faire
ses études en France. Et les relations à distance,
ça ne me tente pas. J'ai alors décidé
de rompre avec lui.
- Hum ! On dirait que j'ai une petite chance
de te conquérir, chère demoiselle
- Ça dépend de ce que tu cherches et de ce
que je suis disposée à offrir...
- Et qu'est-ce que tu es disposée à offrir ?
- Dis-moi d'abord ce que tu cherches ?
- Je crois te l'avoir déjà dit dans mon argumentaire...
-
Eh bien répète-le ?
- Je te l'ai dit, je ne saurais encore le définir
exactement. Mais quelque chose me dit en
tout cas que tu serais une excellente épouse
pour moi.
- Je pense que c'est trop tôt pour moi de parler
de mariage. Je n'ai que 20 ans, je suis en
Première année et j'aimerais bien terminer
mes études universitaires.
- Donc, il est interdit de se marier à 20 ans ?
- Pourquoi tu n'as prélevé que cette partie
de ma réponse ?
- Parce que l'autre partie est plus un but
pour moi qu'un obstacle...
- Je ne comprends pas ce que tu veux dire
par là...
- C'est pourtant simple. Je veux simplement
te faire savoir que tes études universitaires
me préoccupent au plus haut point. Et que
je ferai de ta réussite mon affaire personnelle...
-
Ça a tout l'air d'un discours enchanteur ça.
Mais c'est le suivi qui m'inquiète...
- Là, tu soulèves un autre problème chérie :
la confiance.
- N'est-ce pas la clé de toute relation ?
- Tu as raison. Et ce sera désormais inscrit
dans la partie, priorité, de mon agenda professionnel.
-
Je ne veux pas être dans ton agenda professionnel
moi...
- Dans ce cas, je vais résumer les choses : tu
seras désormais ma priorité absolue
- Hum ! On verra bien
- Est-ce que cela veut dire que tu es prête à
devenir mon épouse ?
- J'ai pas dit ça. Mais comme tu l'as souligné
au début, apprenons à mieux nous connaître
d'abord. Après, nous ne sommes pas forcément
maîtres de l'avenir.
- Bon, c'est d'accord ! Tu sais quoi ?
- Non, dis-moi ?
- Je ne pensais certainement pas que t'étais
une tête vide, mais je ne m'attendais non
plus pas que tu sois aussi pertinente dans
ton raisonnement.
- J'adore les compliments. Merci jeune
homme de bonne famille...
Et nous nous mîmes à rigoler...
La suite, c’est dans quinze jours et je vous
avertis, c’est terriblement renversant. Les
âmes un peu trop sensibles, vous êtes priés
de bien prendre les précautions nécessaires
avant d’entamer la fin de cette histoire.
Ayoba FAYE
Journaliste d'investigation-Rédacteur en Chef PressAfrik
Biramawa Magazine-Page 29
׉	 7cassandra://qpQ3Vqqx4ufcwVA-l0LLyS4uOqy56UgNdEDgLQbR_3k$`̵ _ zD_ zC{בCט   {u׉׉	 7cassandra://ad_jVXZ1cSwfjNhmN9FI6YtWTkDuN1fApUc7t73xqaA `׉	 7cassandra://9TwvDp0OyGT5VTVYBiD59yTv56keN0n9AzKXGSvOuTQ:`S׉	 7cassandra://OWNVi5HhMLE5kuaaragxA_rEupbN-Yu__abqLK59Qt4`̵ ׉	 7cassandra://tOYcmwRrLG6TipMzeZQSCHuMxGdbEn-LbGTCA2_IAAg @͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://-X-0B00RXi4zX09S8RjyrFYnyMCv1Gn7UU5DwefRSek ` ׉	 7cassandra://c4Hofwu3dIHl9Wvc_jCPBpX7uka2rhNR3w1Ix7Gz30s͓`S׉	 7cassandra://Bn6dylJWdALYSCpHXhUeag76FMpcZC4AEovzIoOvrg8,:`̵ ׉	 7cassandra://B66w_Z7YslYceISOzjo5eOL20m16T3TtC7QFuAn_7bQbf͠_ z׉E 1ENTRETIEN
EXCLUSIF
Moussa WAGUE
Fondateur KEYZIT
׉	 7cassandra://OWNVi5HhMLE5kuaaragxA_rEupbN-Yu__abqLK59Qt4`̵ _ zE׉E|Moussa WAGUE, de nationalités Malienne et Française,
est le fondateur de la maison de disques KEYZIT.
Créée il y a de cela 20 ans et aujourd’hui présente dans
une trentaine de pays dans le monde, KEYZIT ambitionne
de devenir la Maison de disques numéro Un en
Afrique.
Dans cette interview accordée au Magazine Biramawa,
Moussa WAGUE est revenu sur la genèse de KEYZIT.
Il y expose également les acquis et les objectifs de la
maison de disques, son point de vue pour une meilleure
promotion de l’industrie musicale africaine en
plus d’adresser des conseils avisés aux jeunes artistes.
Pouvez-vous vous présenter à nos
lecteurs ?
Bonjour, Je suis Moussa Wagué, 42
ans, né à Bamako au Mali. De nationalités
Malienne et Française. Entrepreneur,
surtout connu comme étant le fondateur
de la maison de disques KEYZIT.
« J’ai souhaité créer cette société
car je rencontrais de nombreuses
difficultés lorsque j’étais moi-même
artiste. »
Créé en 2000, KEYZIT fête ses 20 ans.
Félicitations !
Merci. J’espère qu’il y aura encore
beaucoup d’anniversaires à fêter !
D’où vous est venue l’idée de créer
KEYZIT ?
J’ai souhaité créer cette société car je rencontrais
de nombreuses difficultés lorsque
j’étais moi-même artiste. Je faisais partie
d’un groupe, nous n’étions pas trop
connus à nos débuts et il était difficile voire
impossible de trouver un partenaire que
ce soit pour distribuer nos albums, pour
faire des concerts, toucher les médias ou
tout simplement éditer nos œuvres. Nous
avons donc dû tout faire en totale indépendance
pendant de longues années.
Biramawa Magazine-Page 31
׉	 7cassandra://Bn6dylJWdALYSCpHXhUeag76FMpcZC4AEovzIoOvrg8,:`̵ _ zF_ zE{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Nc2xjLY9H5tX3Hyj1aCL77ABJqOsvAc75cMtvX9XXWc S`׉	 7cassandra://LqHR2iLGCcUNUL6Z7zOsw3EauzarCBBpsAbTKSuubZs̀?`S׉	 7cassandra://iCuBys39gUr6YSbwgIF2SoB0pMWuunKn6Lq00JKjd7E%`̵ ׉	 7cassandra://KSRKInfwMyrhvjD12rRqwuiCwbG8DGsTB4IiwdL2P7U x͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://vVAGRDEOT2E8UxXAejBURMrVO6-qTincKq2QKVpENNs K`׉	 7cassandra://SKzg6FGIKgxnQ9bXIX0q69YyL5cC5mgMluc9Qs9WNg0ͩ`S׉	 7cassandra://hc39DwkWuhved3xdyReBU6bt-bNJ0aRypfygUlzwCkw+`̵ ׉	 7cassandra://gU6dcSJQe2qxR2PM9MXF1l4PZvt4JuksODAZ5gsewSsͪ͠_ z׉EXCe n’est que lorsque nos principaux artistes
ont eu du succès que les grosses compagnies
ont commencé à s’intéresser à eux.
Nous nous sommes rendu compte que
de nombreux groupes ou artistes étaient
dans la même situation que nous. Nous
avons donc créé une structure qui propose
tous les services dont un artiste peut
avoir besoin aux différentes étapes de sa
carrière, de la production à la distribution
en passant par l’édition ou l’organisation
de concerts. Une structure qui puisse faire
le lien entre l’indépendance et la major.
Je ne souhaitais pas que la nouvelle génération
rencontre les mêmes problèmes que
moi. Je pense que notre structure arrivait
à point nommé dans l’industrie musicale.
Était-ce facile de créer KEYZIT ?
La création de la société en elle-même
n’était pas difficile. Le plus dur c’est
de la créer correctement et de la faire
vivre sur le long terme. Je dirais que
nous l’avons créé un peu dans la précipitation,
ce qui explique pourquoi nous
avons connu un premier échec en 2008.
Nous avons toujours fonctionné sur fond
propres et sans soutien bancaire ou investisseurs.
Si nous avons pu tenir c’est
par le soutien de la famille et de quelques
amis qui ont mis la main à la poche pour
nous aider dans les moments difficiles.
« Nous avons pour but de devenir
la maison de disques numéro
un en Afrique ça peut paraître fou
mais c’est à notre portée. »
Après 20 ans d’existence, quel bilan
tirez-vous de cette aventure ?
Le bilan ne peut qu’être positif. J’ai commencé
il y a 20 ans dans ma chambre,
Page 32-Biramawa Magazine
׉	 7cassandra://iCuBys39gUr6YSbwgIF2SoB0pMWuunKn6Lq00JKjd7E%`̵ _ zG׉ENaujourd’hui nous sommes dans une
trentaine de pays dans le monde. Nous
avons créé beaucoup d’emplois sur le
continent. Quand je regarde le chemin
parcouru, malgré quelques échecs, je
suis fier. Cependant il reste beaucoup
de choses à faire avant que l’objectif final
soit atteint. Nous avons pour but de
devenir la maison de disques numéro un
en Afrique ça peut paraître fou mais c’est
à notre portée. Il est évident qu’on aurait
pu mieux faire les choses dans certains
cas mais pas de regrets, il faut savoir
être reconnaissants et rester optimiste.
On essaie de s’améliorer chaque jour.
les projets, faire la création graphique,
le stylisme, la promotion, les clips, etc....
Les différences culturelles apportent une
riche diversité et offrent des possibilités
presque illimitées en termes de création
musicale. Je dirai que la réelle différence
se pose au niveau de l’état de l’industrie
musicale de chaque pays. Certains pays
sont plus avancés que d’autres notamment
en ce qui concerne les sociétés de gestion
collectives, les médias…cela permet de
travailler plus facilement alors que sur les
autres pays il faut souvent mettre en place
cette industrie du début à la fin de la chaine
avant de pouvoir travailler correctement.
Quelles libertés avez-vous vis à vis des
artistes ? Avez-vous un droit de regard
sur leur image, leur musique… ?
Aujourd’hui KEYZIT travaille avec des
artistes de différents pays du monde.
Les différences culturelles dans la
manière de travailler vous ont-t-elles
déjà posé problème ou cela vous a-til
apporté des facilités ?
D’une manière générale la musique est un
business qui fonctionne selon des règles
définies à un niveau mondial donc la manière
de travailler est la même presque partout.
Je veux dire par là que peu importe le
pays où l’on se trouve, il faut trouver l’artiste,
enregistrer les titres, les mixer, masteriser
L’artiste a une liberté totale avec nous.
Lorsque nous signons un artiste nous le
choisissons car avant toute chose il nous
plait sur le plan musical. Nous ne sommes
pas là pour lui faire changer de style ou
lui imposer une direction artistique. Nous
lui apportons avant tout un cadre de travail
professionnel qui permet à son talent
de mieux s’exprimer. Nous pouvons le
conseiller et donner notre avis mais au
final c’est lui qui a le dernier mot. Nous
intervenons davantage sur un plan stratégique
afin d’obtenir les meilleurs résultats.
C’est un échange, une collaboration.
« Tous les artistes que j’ai produis
m’ont marqué (…) Je peux évidemment
citer des artistes comme Sidiki
Diabaté au Mali avec sa maitrise
de la Kora et l’univers qu’il a
su créer, Floby au Burkina Faso
qui m’épate à chaque à fois ou encore
Monsieur Nov en France qui
est pour moi le meilleur dans son
domaine. »
Biramawa Magazine-Page 33
׉	 7cassandra://hc39DwkWuhved3xdyReBU6bt-bNJ0aRypfygUlzwCkw+`̵ _ zH_ zG{בCט   {u׉׉	 7cassandra://_EcXHgg6NHu7M-Di7jIDlw9EMjR_21dYgOsnuCnN8m8 4`׉	 7cassandra://OFge9hKE57p9pv0Zz2WMGtGMUspiPpbeirzpUVkKKNQm`S׉	 7cassandra://PqjxORserncmD5PDfctLJ5x25LkmdiU6RLeXl2EtyWA `̵ ׉	 7cassandra://1XcsNG2H4AfbtGNrv5nEhot6uCh0oyJWI-PC9uXPm2E SL͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://TsXvoSe2lRkPQa3NEuaFh2pkDz86OFufVn-jgZdmBks ` ׉	 7cassandra://a3JqFQJPwMrCUm-ZtqW1--my9hajDbDkb3tvZfag-OQͳ`S׉	 7cassandra://NeZHmHAOXJed6LXph-9-bo0YigZnfLAZXVbBsftoeZs-`̵ ׉	 7cassandra://0Fta8Gt7u_WSV_-q28X4XNvdfRabNyUNhHKr_NSoCekRD͠_ z׉EVous avez eu à accompagner
et continuer
d’accompagner des artistes
de renom. Quels
sont les artistes qui
vous ont le plus marqués
? Et pourquoi ?
Tous les artistes que j’ai
produis m’ont marqué.
Comme je le disais précédemment
lorsque je choisis
de travailler avec un
artiste c’est avant tout car
sa musique me plait. C’est
généralement un coup de
cœur. Ensuite j’essaie de
voir ce que je peux apporter
en termes de stratégie.
Je peux évidemment citer
des artistes comme Sidiki
Diabaté au Mali avec
sa maitrise de la Kora et
l’univers qu’il a su créer,
Floby au Burkina Faso qui
m’épate à chaque à fois ou
encore Monsieur Nov en
France qui est pour moi le
meilleur dans son domaine.
En Afrique beaucoup
de jeunes ont porté leur
choix sur la musique.
Qu’est-ce que cela vous
inspire ?
Je suis mitigé sur le sujet.
Je suis content que
les jeunes se lancent à la
condition sine qua none
qu’ils se lancent correctement.
Autrement on assistera
à une sorte de colonisation
2.0 sur la musique
Page 34-Biramawa Magazine
׉	 7cassandra://PqjxORserncmD5PDfctLJ5x25LkmdiU6RLeXl2EtyWA `̵ _ zI׉Esen Afrique. Pour éviter cela il faut impérativement
que le secteur se professionnalise
rapidement car les artistes africains rencontrent
quasiment les mêmes problèmes
que nous, avec mon groupe, il y a 20 ans.
En France, la plupart des labels qui ont refusés
de se professionnaliser on presque
tous disparus. Eux et leurs artistes ont fini
dans des situations parfois dramatiques
sur le plan financier, moral ou familial. Cela
a parfois provoqué des suicides…C’est
pour cela que KEYZIT a, selon moi,
un rôle important à jouer. C’est du business
mais pas seulement, nous avons
aussi une responsabilité importante envers
cette nouvelle génération d’artistes.
« Il faut bien s’entourer, ne pas hésiter
à faire appel à des professionnels
qualifiés (managers, avocats,
comptable…) pour éviter certains
pièges. »
Quel message/conseil souhaitez-vous
adresser à ces jeunes talents
?
Je leur dirai de se structurer,
il faut
prendre cela très au sérieux car c’est
un business même si c’est avant tout
une passion. Il faut bien s’entourer, ne
pas hésiter à faire appel à des professionnels
qualifiés (managers, avocats,
comptable…) pour éviter certains pièges.
Au Cameroun par exemple, j’ai récemment
identifié et signalé une arnaque d’envergure
sur les droits d’auteurs qui touche la
quasi-totalité des artistes du pays. Les artistes
ont tellement de problèmes au quotidien
qu’ils négligent tout cela et certaines
personnes mal intentionnées en profitent.
Quelles sont d’ailleurs les critères de
sélection de KEYZIT ?
Une originalité artistique dans un premier
temps. Un artiste se doit d’être différent
à défaut d’être unique. Ensuite
il faut être motivé, déterminé et prêt à
se retrousser les manches car la route
vers le succès demande beaucoup de
travail et de sacrifices. On parle de carrière
et ça s’étend sur plusieurs années.
Je ne peux pas m’entendre avec un artiste
qui ne pense qu’à court terme.
Les œuvres d’un artiste continuent
d’exister après sa mort. C’est pourquoi
il faut porter une attention particulière
à l’aspect protection et gestion
des droits afin que les héritiers continuent
de toucher l’argent qui en découle.
Un autre point important est celui de l’entourage
de l’artiste. Si je sens que l’artiste
est mal entouré et/ou mal conseillé
cela peut fortement me freiner.
KEYZIT est depuis plusieurs années
présent en Afrique. Comment trouvez-vous
l’environnement musical
africain ?
Nous sommes présents en Afrique depuis
2011 mais notre premier bureau a ouvert
officiellement seulement en 2014 au
Mali. En 6 ans sur le continent je trouve
que nous avons bien avancé. Je trouve
le marché très dynamique malgré tous
les problèmes évoqués. Dans quelques
années l’Afrique sera une place très importante
sur l’échiquier mondial. Il y a
d’excellents artistes dans chaque pays.
« Dans quelques années l’Afrique
sera une place très importante sur
l’échiquier mondial. Il y a d’excellents
artistes dans chaque pays. »
Quelles sont vos préconisations pour
une meilleure promotion des artistes
africains ?
Biramawa Magazine-Page 35
׉	 7cassandra://NeZHmHAOXJed6LXph-9-bo0YigZnfLAZXVbBsftoeZs-`̵ _ zJ_ zI{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Jx9wqFOLDzr3FwcMFkoJJApe9bzKyJsyN4IoDdR3hg8 #`׉	 7cassandra://wxuDoML0QobAnCz_4GYemACvd5QA7-RA2kWQ1gT64cI͑`S׉	 7cassandra://nP-fyYn3GDzeYK-P4iVI68kouhMoib0UvuTMEWZJrmg(`̵ ׉	 7cassandra://MceEC6g9fYOP0BYU5UiT6ua-eL9UWwvU7XoenTPx7JY $)͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://HplPxNePhfrmVYdxihZIzhCGOO4ZpuyL-h1TUPXUV9w 9`׉	 7cassandra://RseKEM0YaB6W04Suehd2zYNCoVkVMb3o9dmYLrHdn7k\`S׉	 7cassandra://3w4frKBWJ-HZylqmNWphvJOy4cVc8wBWwDgVmIZjrKs#S`̵ ׉	 7cassandra://QNF2fb426etT8Rqlteh_NxmZ51xJpvXR3oN6W35HamE vD̰͠_ zנ_ z 'Pg9ׁHmailto:contact@ecca-online.comׁׁЈנ_ z .49ׁHhttp://www.ecca-online.comׁׁЈ׉EIl va falloir créer un réseau de communication
panafricain, c’est un peu ce que nous
sommes en train de mettre en place en
ouvrant des bureaux dans plusieurs pays.
Pour aller dans ce sens nous sommes
en train de créer une agence de communication
internationale qui s’appuiera sur
nos différents bureaux dans le monde.
Par ailleurs il faudra réfléchir à un statut
spécial qui puisse faciliter le travail et
aussi la circulation des artistes et professionnels
de la musique sur le continent.
C’est encore trop compliqué aujourd’hui
pour un artiste Gabonais, par exemple
de se produire au Mali ou inversement.
Pour
changer
de
registre
au-delà
de KEYZIT, quelles sont les
causes qui vous tiennent à cœur ?
Je suis sensible à tout ce qui touche les
enfants de près ou de loin. En Afrique, il
y a encore beaucoup trop d’enfants dans
les rues, d’orphelins livrés à eux-mêmes.
Nous sommes déjà très actifs sur ce sujet,
notamment au Togo, au Bénin et au
Mali mais pour aller plus loin, nous prévoyons
de créer des orphelinats entièrement
financés par KEYZIT. Il ne faut
pas forcément attendre après les gouvernements
ou les associations déjà
existantes. J’estime que si le travail était
déjà fait nous ne connaitrions pas cette
situation. Je suis moi-même père de famille
et à chaque fois que je vois un enfant
dans la rue j’ai l’impression de voir un
des miens et ça fait mal. On se doit d’agir.
« Je conseille souvent aux gens
de trouver ce qu’ils aiment dans la
vie et d’en faire leur métier. »
Quels sont vos hobbies ?
Je ne sais pas vraiment quoi répondre à
Page 36-Biramawa Magazine
cette question. Mon hobby est devenu mon
boulot donc je n’ai pas vraiment l’impression
de travailler même si je suis conscient
que je travaille énormément. Mon travail
me permet de voyager, de lire, faire du
sport, rencontrer des gens formidables,
apprendre tous les jours. C’est pour cela
que je conseille souvent aux gens de trouver
ce qu’ils aiment dans la vie et d’en
faire leur métier. Il y a des opportunités de
business partout, il suffit de bien observer.
Biramawa vous remercie. Votre mot
de la fin ?
Merci pour cette interview,
longue vie à Biramawa !
׉	 7cassandra://nP-fyYn3GDzeYK-P4iVI68kouhMoib0UvuTMEWZJrmg(`̵ _ zK׉EAVEC E.C.C.A,
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Biramawa Magazine-Page 37
׉	 7cassandra://3w4frKBWJ-HZylqmNWphvJOy4cVc8wBWwDgVmIZjrKs#S`̵ _ zL_ zK{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Fbe4YJbgc2vXPJxrREL3vlYWgNp-dj0mqOP7r_pF8Zo `׉	 7cassandra://Glu3yhZUjuJI5eMR8Zv3FgL-XIwLI1jhfrtYEeTrEK8W`S׉	 7cassandra://-BFCe8sgJEIuV0Xp70vlpUu5NLcESnEvGLxBD_dQiWk`̵ ׉	 7cassandra://eJBx6W6anvuHskvfaqeV87Mop6eu6qBK2ap08LnkV9g ͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://Ki3neYZaTPo2djpczd4W1T9dnLSUd_oyQ6HUh5Qp33g ` ׉	 7cassandra://7bV7Y8wRONm1QG22_qcVledAr9j6kMQ_bWA6Al9nUrUͮ;`S׉	 7cassandra://4Vjnv8jyIyM8k7_TG2aRMqcSFe9KUdPsJH_v6_BJFco.`̵ ׉	 7cassandra://OwDKqyP-e1HF7iEw2mrSOm8OUFGBYXHA5d5qXIo7SO0͐͠_ z׉E OENVIRONNEMENT
Mariane SECK
Docteur en Droit de l'Environnement
et de la Santé
׉	 7cassandra://-BFCe8sgJEIuV0Xp70vlpUu5NLcESnEvGLxBD_dQiWk`̵ _ zM׉EUne maladie mystérieuse atteint les pécheurs
sénégalais…
Ce n’est ni la première fois et ce ne sera pas la
dernière fois … réveillons nous !!!!
L
a zone économique
exclusive, de 200
milles marins et son
plateau continental, a une
superficie de 23 800 km2
qui regorge de beaucoup
de ressources halieutiques.
Le Sénégal dispose
d’une Zone Économique
Exclusive qui s’étend sur
700 km de côte sur toute sa
façade occidentale sujette
à des tensions de toutes
natures dues à plusieurs
facteurs. La ZEE est d’une
très grande richesse par
la présence d’un upwelling
côtier, de l’apport terrigène
des cours d’eau et
des conditions climatiques
favorables (température et
insolation) qui expliquent
la très importante biodiversité.
Ainsi, l’essentiel des
activités de pêche s’effectue
dans la zone dite côtière
et marine du plateau
continental. La pêche,
dans cet écosystème, génère
quelques 500 millions
d´euros chaque année,
ce qui en fait aujourd'hui
une source unique de devises
dans la région et
une source essentielle
de revenus pour le développement
économique
et social. De même que
plus de 600.000 hommes
et femmes dépendent directement
de la pêche et
des industries connexes.
Une coïncidence troublante
quand la migration
clandestine
connaissait, ces dernières
semaines, une
recrudescence inquiétante
avec plus
de
400 morts (soit plus que
le bilan total du nombre
de naufragés de l’année
2019 et des morts de la
COVID19). Le nombre de
départs depuis les côtes
ouest-africaines a sensiblement
augmenté d’après
l’Organisation Internationale
pour les Migrations.
Pour le seul mois de septembre
2020, 14 bateaux
transportant 663 personnes
ont quitté le Sénégal
pour rejoindre les Canaries,
toutefois près d’un
quart de ces embarcations
ont connu des avaries
ou des naufrages selon
l’Organisation internationale
pour les migrations.
Une maladie troublante
aux origines
allergéniques !!!
Bien qu’à l’état actuel, la
thèse de la contamination
virologique ou bactériologique
est écartée après
analyse des échantillons,
la piste toxique engendrant
une réaction allergogène
est privilégiée. Sur
les quatre échantillons
d’eau de mer prélevés, il
y’a la présence de l’acide
phtalique (fabrication de
produits organiques et de
colorants), du soufre (colorants,
engrais, caoutchouc,
solvants, ou pâte
à papier), de l’acide benzène
dicarboxylique (interdit
en Europe depuis le
4 juillet 2020, utilisé principalement
comme agent
plastifiant pour le PVC) et
de l’acide hexadécanoïque
(acide palmique entre dans
la composition des margarines,
des savons durs,
du napalm. Il peut être
utilisé comme plastifiant
des liens huileux polymérisés
dans la peinture). Or,
dans le cas d’une contamination
toxique, trois
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׉	 7cassandra://4Vjnv8jyIyM8k7_TG2aRMqcSFe9KUdPsJH_v6_BJFco.`̵ _ zN_ zM{בCט   {u׉׉	 7cassandra://8qxbXbMrNluliRpbjoO0cMa-MAvT-IH4ayE_gatAW-I [` ׉	 7cassandra://su9AS-z7WthMkIwC5FTZUH06vHkYG11x627GdABrz7c`S׉	 7cassandra://FXN5ynXOBPfz3f_Eawt6pRn8hHZQb4JbmQs4Aejj9rA.\`̵ ׉	 7cassandra://0pgXT2NbP6lXToPZ16Xu5uUNirAbpNVIuBieOD6hwEYM͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://ZTH0rOLRzjTaRgyW3ORYX7AC-uHoudVghY1dxJUn69g ` ׉	 7cassandra://EE9OlBt_5RWGGLXLoPkleoFEPFOwQgikF-bah5kKGjgͳ`S׉	 7cassandra://BhGlDs8GxekKRbDDyVkC8oqP3oOnq1v2SgCgbut7vm0,`̵ ׉	 7cassandra://18dym646dRuJ2Y5tuivpcIF-6en5_kA31dfX_G2KJmYL͠_ z׉Escénarios sont à prendre
en considération. En premier
lieu, elle peut être une
contamination d’origine nationale
due au déversement
de produits toxico-chimiques
par l’industrie locale ou les
effluves des canaux de déversement
domestiques.
Ensuite, la contamination
extérieure peut être due au
déballage des bateaux en
transit, ou une source criminelle
d’autre part. Et en
dernier lieu, la contamination
peut être d’origine naturelle,
à travers la réaction
marine de la pollution qu’elle
a absorbée depuis des
lustres ou pire un phénomène
issu des profondeurs
des océans à déterminer.
Dans tous ces trois cas de figure,
il nous faudra craindre
le pire à l’avenir si nous ne
prenons pas les mesures
nécessaires pour éradiquer
les prochains épisodes
des plus sombres à venir.
La largeur de la bande
d’infection incriminée
est d’environ de 2 km
sur l’axe Nord-Sud.
Les pirogues sénégalaises
font des marées depuis Dakar
jusqu'en Guinée (800
km) où elles côtoient les pirogues
locales qui font des
sorties quotidiennes jusqu’à
50 km. Mais les lieux de
pêche artisanale de bas éloignement
journalier principalement
se situent entre 400
m à 2 km des côtes, princiPage
40-Biramawa Magazine
palement là où les pêcheurs
ont reporté la présence du
liquide incriminé. La pêche
industrielle ne pouvait que
s’en aller mieux. Les poissons
ne sont pas contaminés
à ce jour à l’issue
des analyses effectuées.
Mais la pêche artisanale
en est plus qu’impactée.
La répétition du passé
:
-Thiaroye La pollution environnementale
est un fléau
pernicieux de par ses conséquences
sur les court et long
termes. Le cas de l’extraction
informelle du plomb par
les populations, constitue
un événement marquant
qui nous interpelle tous et
engage notre responsabilité
propre afin de ne plus le
répercuter. Suite à une série
de décès inexpliqués survenus
entre novembre 2007
et février 2008 chez des enfants
du quartier de NGagne
Diaw à Thiaroye sur Mer, les
enquêtes effectuées par les
autorités sanitaires et environnementales
ont révélé
une contamination de la
zone consécutive au recyclage
informel de batteries
au plomb. De plus, certains
des frères et sœurs ainsi
que certaines des mères des
enfants décédés présentaient
une très forte plombémie
(taux de plomb dans
le sang), supérieure bien
souvent à 1000 μg/l. Suite à
ces constatations, en mars
2008, le Ministère sénégalais
de l’Environnement a
retiré 300 tonnes de déchets
provenant de batteries usagées
et de sol contaminé et
a recouvert la zone de sable
propre. L’enquête environnementale
a révélé que tout
le quartier de NGagne Diaw
était fortement contaminé
par le plomb à la suite d’activités
de recyclage informel et
d’extraction du plomb. « Des
concentrations de plomb
pouvant aller jusqu’à 30 %
ont été mesurées à l’extérieur
tandis que des concentrations
pouvant aller jusqu’à
1,4 % ont été mesurées à l’intérieur
des habitations. Ces
concentrations dépassent
largement les valeurs des
directives françaises concernant
les quartiers d’habitation,
soit 0,04 %. A l’heure
actuelle, la contamination
de l’environnement semble
être limitée à ce quartier,
d’une superficie d’environ
350 mètres sur 200 »
-Explosion d’une citerne
d’Ammoniac : On peut se
rappeler de l’explosion d’une
citerne d’ammoniac à la SONACOS
de Bel Air (Dakar),
avec un bilan de 30 morts
et une centaine de blessés.
L’accident du 24 mars 1992
restera à jamais gravé dans
les mémoires de ceux qui
l’ont vécu. Les victimes du
nuage toxique se chiffrent
par dizaine (129 morts), les
rescapés vivant avec un handicap
respiratoire dépassent
le millier (1150 blessés). Les
׉	 7cassandra://FXN5ynXOBPfz3f_Eawt6pRn8hHZQb4JbmQs4Aejj9rA.\`̵ _ zO׉Emiraculés racontent le film
d’horreur dont ils étaient
les spectateurs malgré
eux. Qu’avons-nous tiré
comme leçon de cette
mauvaise expérience?
Nous n’étions pas préparés
pour résumer le film
d’horreur.
Il y avait une
impréparation manifeste
aussi bien au niveau des
autorités que du système
médical et des populations.
-le Probo Kouala le 2
juillet 2006, il se trouvait
à Amsterdam où il était
censé décharger sa cargaison.
Mais en raison du
prix élevé demandé pour
le traitement des déchets
qu’il transportait, après
un détour par l’Estonie,
le navire fit route vers le
sud, à la recherche de
sous-traitants moins scrupuleux!
Août 2006, la ville
d’Abidjan fût au cœur d’un
scandale environnemental
et sanitaire très grave.
Le tanker (Probo Koala),
appartenant à une société
grecque, battant pavillon
panaméen, affrété par
une société de droit néerlandais,
créée par deux
français, opérant depuis
Londres (avec à son bord
un équipage russe!), y déversait
en toute illégalité
500 tonnes de boues, mélange
de soude caustique,
de résidus pétroliers et
d’eau. Ces déchets furent
déposés à ciel ouvert
dans plusieurs endroits de
la ville dégageant des gaz
mortels faisant à ce jour 17
victimes et des dizaines
de milliers d’intoxiqués.
La nécessité d’être
techniquement indépendant
et autonome
pour être efficient
L’institut
Pasteur de Dakar
(Bactériologie et virologie)
dépendant de la
Direction Internationale
des instituts pasteurs basée
en France est en
charge de l’animation des
35 instituts pasteurs dans
25 pays du monde avec
comme seul but de renforcer
sa présence et la
défense de ses intérêts
non lucratifs. Le centre
régional de recherches
en écotoxicologie et sécurité
environnementale
(CERES en toxicologie)
est dépendant de la fondation
Locustox, qui est
pourvoyeur de conseils
et prestations sur les aspects
scientifiques et
techniques de maîtrise et
de la gestion des impacts
négatifs des produits
chimiques et biologiques.
Plusieurs
Conventions
internationales
pour légiférer
Les « menaces environnementales
» issues de
n’importe quelle source,
constituent un risque
En ce qui concerne les
Déchets toxiques,
les
lois, règlements et mesures,
ainsi que les règles
et les normes et les pratiques
et procédures recommandées,
visés aux
paragraphes 1, 2 et 4 de
Biramawa Magazine-Page 41
majeur pour la santé de
l’Homme (apparition et/ou
recrudescence de pathologies
diverses: maladies
cancéreuses, maladies
infectieuses, malformations
congénitales, pathologies
cardio-vasculaires
et
respiratoires, diminution
de la qualité de vie
et du bien-être, etc.). Les
sources de pollution les
plus importantes sont :
- Le Port de Dakar avec le
quai d’hydrocarbures;
- Le transport des hydrocarbures
par navire naviguant
près des côtes
et dans les fleuves;
- le transit au large de
nos côtes de pétroliers
géants (90 millions
de tonnes environ
par an) et autres
navires de transport
de produits dangereux
en plus des quantités
importées par la SAR;
- Les quantités indéterminées
de produits de
ballast rejetés au large
sont ramenés à nos
côtés par les courants;
- Les huiles mortes déversées
par les chalutiers
de pêche, les
rejets des industries
côtières sénégalaises...
׉	 7cassandra://BhGlDs8GxekKRbDDyVkC8oqP3oOnq1v2SgCgbut7vm0,`̵ _ zP_ zO{בCט   {u׉׉	 7cassandra://Y3YiTP7-FUEgh9QzCSjK_l8jBB01kjhhf6ydiJgppzw `׉	 7cassandra://-4N7EU4qrK6VQUzYENHiAhxcY5HaQsyLjKem4jTMjOMͲ`S׉	 7cassandra://X50B2MyX67IdJdiriZpbwCFuzC5puuvYgPMpp5cVGww-`̵ ׉	 7cassandra://QaCbq-_vpUC_mabVEKsc1WkJKpEz0vbmMIiKgJIwFCAW͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://Agz9VMsbO1PRxoOsafohQHZmmw0sGBuJoDVQF_A-e3o ` ׉	 7cassandra://3M5_E8r5ACK_Ba9l3rcdll2a74O0Wkau1bF3iRqesCQ/` S׉	 7cassandra://ggvI082rv0MbwrtytmciH_k_tUA9sHTIfZ1ifFDHnPE-`̵ ׉	 7cassandra://QwPEQS_qo30mVyxpZk0j_51OQ53k6RRkC-lvFTSq1a8Kw͠_ z׉Eela Convention de Montego
Bay du 10 December
1982, comprennent des
mesures tendant à limiter
autant que possible
l'évacuation dans le milieu
marin de substances
toxiques, nuisibles ou nocives,
en particulier de
substances non dégradables.
Le canal 4 et la baie
de Hann, Cambérène sont
des exemples patents du
non respect d’une convention
que l’on a ratifié.
La Convention du droit
de la mer: Article premier
de la convention
de Montego Bay de Décembre
1982: On entend
par pollution du milieu marin"
l'introduction directe
ou indirecte par l'homme,
de substances ou d'énergie
dans le milieu marin,
y compris les estuaires,
lorsqu'elle a ou peut avoir
des effets
nuisibles
tels
que dommages aux ressources
biologiques et à la
faune et la flore marines,
risques pour la santé de
l'homme, entrave aux activités
maritimes, y compris
la pêche et les autres
utilisations légitimes de
la mer, altération de la
qualité de l'eau de mer
du point de vue de son
utilisation et dégradation
des valeurs d'agrément.
À la suite de plusieurs scandales
en 1988, une série
d’accords internationaux
ont été signés, censés réPage
42-Biramawa Magazine
Le code International
Maritime Dangerous
Good (IMDG code International
de
Transport
maritime
de Matières
dangereuses) a pour objet
de renforcer la sécurité
du transport des marchandises
dangereuses tout
en favorisant la circulation
libre et sans entrave. Le
code IMDG est complété
par un recueil des recommandations,
révisées dans
l’édition de 2007, relatives
à la sécurité du transport
des cargaisons dangereuses
et des activités apglementer
voire interdire
les transferts de déchets
toxiques vers les pays du
Sud. Créée en 1989 sous
l’égide des Nations unis
(et rentrée en vigueur en
1992), la Convention de
Bâle fut le premier instrument
juridique
international
contraignant en
matière de contrôle des
mouvements transfrontières
de déchets dangereux
et de leur élimination.
parentées dans les zones
portuaires. Deux conventions
sont la base de toute
la réglementation concernant
les marchandises
dangereuses transportées
par mer: la Convention
SOLAS et la Convention
MARPOL. La Convention
internationale de 1974, en
remplacement de celle de
1960, pour la sauvegarde
de la vie humaine en mer
(SOLAS : Safety Of Life
At Sea) et son protocole
de 1978, traite des règles
de transport des matières
dangereuses gazeux,
liquides
et solides, de la
construction et de l’équipement
des navires de
transport de ces matières
pour ce qui concerne les
mesures de prévention, de
protection et d’intervention
en cas d’accidents, d’incendies
ou de pollution.
La Convention internationale
pour la prévention de
la pollution par les navires
(MARPOL) de 1973 et son
protocole de 1978, couvre
tous les aspects de pollutions
susceptibles d’être
causées par des navires
et en définit les moyens à
mettre en œuvre pour les
prévenir et les réduire. La
convention SOLAS définit
les normes de sûreté
essentielles pour tous les
navires à passagers et les
navires de charge, y compris
ceux qui transportent
des matières dangereuses
en vrac. La convention internationale
de 1973 pour
׉	 7cassandra://X50B2MyX67IdJdiriZpbwCFuzC5puuvYgPMpp5cVGww-`̵ _ zQ׉E#la prévention de la pollution
des eaux de la mer
par les hydrocarbures vise
la prévention de la pollution
par les hydrocarbures,
les substances liquides
nocives en vrac, les substances
nuisibles transportées
par mer en colis (y
compris conteneurs, citernes
mobiles et véhicules
routiers ou ferroviaires).
En Afrique, il y’a la
Convention
d’Abidjan
qui est un texte juridique
composé de 31 articles.
Elle constitue le cadre juridique
pour toute action
nationale et/ou régionale
menée en coopération
tendant à la protection et
au développement du milieu
marin et des zones
côtières de la région.
La mafia des déchets
toxiques, il ne faut pas
penser que c’est de l’histoire
ancienne, vu que 17
milliards d’euros constitue
le bénéfice dégagé en 2015
par le trafic de déchets à
travers le monde. Dans
la plupart des pays développés,
l’élimination légale
des déchets toxiques est
à la fois lourde, au cours
des années 1970-1980,
longue et coûteuse de 400
euros la tonne à plusieurs
milliers d'euros pour les
plus toxiques. Elle est généralement
très réglementée
et bien supervisée, et
constitue une cible évidente
pour les pratiques
commerciales peu scrupuleuses.
Les trafiquants,
pour qui c’est une entreprise
idéale à faible risque
et à profit élevé, amassent
de véritables fortunes en
les fourguant en Afrique,
en se soustrayant aux
obligations de dépollution
et de recyclage. Le
développement de divers
trafics à destination de
l’Afrique fut perçu comme
une aubaine pour l’industrie
chimique des pays du
Nord (Allemagne, Italie,
France, Suisse, etc.) qui
a ainsi trouvé le moyen
de réduire les coûts d’élimination
de ses résidus
toxiques au détriment de
la santé des habitants du
Sud. Ce commerce, malgré
l’énorme logistique
qu’il nécessite, a bénéficié
de l’ouverture incontrôlée
des frontières et du soutien
de mafias payant parfois
leur « droit à décharger
» avec des cargaisons
d’armes, quitte à subventionner
des guerres civiles
comme en Somalie. De
l’autre côté de la Méditerranée,
ce scandale a été
facilité par le besoin urgent
de devises étrangères de
la part de gouvernements
déjà étranglés par le mécanisme
de la dette et,
de surcroît, souvent dirigés
par des régimes autocratiques
et corrompus.
Déficit de moyens dans
les forces de défense
de Sécurité et de Sûreté
La patrouille maritime aérienne
ou la surveillance
de nos ressources halieutiques
ne devrait être
en aucun cas confiée à la
France, mais à l’Armée
de l’air sénégalaise exclusivement.
Il
faut des
avions de chasse et des
hélicoptères pour assurer
la police du ciel et de
la mer. Des vedettes côtières
rapides, des hélicos
embarqués sur des bâtiments
de la marine nationale
sénégalaise devront
composer une partie
du corollaire marin. En
même temps, la police du
port doit être mieux équipée.
L’ineffectivité vient
d’abord d’un manque de
moyens: sur 1 100 cargaisons
contrôlées en
2006 dans le cadre d’une
enquête européenne, 50
% étaient illégales, imaginons
un peu en Afrique
et au Sénégal particulièrement.
Un renforcement
des inspections s’impose
ainsi qu’une meilleure collaboration
entre les services
de la police aérienne
et renforcer la marine nationale
en liaison avec
l’HAASMAR (Haute autorité
chargée de la coordination
de la sécurité maritime,
de la sûreté maritime
et de la protection de l’environnement
marin).
Le
Sénégal a toujours eu une
volonté d’avoir la maîtrise
de ses ressources halieutiques
à travers l’escadron
Biramawa Magazine-Page 43
׉	 7cassandra://ggvI082rv0MbwrtytmciH_k_tUA9sHTIfZ1ifFDHnPE-`̵ _ zR_ zQ{בCט   {u׉׉	 7cassandra://U-4cIGvxanKQz7EarWve4pG7HcpSN_pI-c2XG4VN29c l` ׉	 7cassandra://gLgfAC2C7TOqCJ6hCyUvX97EiOP6VaQXWodHdSoVELc͸`S׉	 7cassandra://x2kBHaMrzBlBofx1iQ51X6Yqan7xpJMgMFax4pN2sQE-9`̵ ׉	 7cassandra://nB1Xy6yrjtj5OxKW7Osd5W7lttzwgDxRn9nP5EMPyXQJi͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://gTxxw13I6grQlBOJhWVVy9jJHg8XbWlTAoHRmIJmZzY 9`׉	 7cassandra://ZZQ47HkpkGuntq-BCk193H0wqsQVCaISCA-fwb6DpVYPk`S׉	 7cassandra://zXA6QFV-s9NPNKb1DVMdZH0GyRRlDiRHpPOkU3eXh5s@`̵ ׉	 7cassandra://p-zsOjiTwC2a2cWN-skpAHrO2cvPMY9cKfa9balfqkM &͠_ z׉Ede patrouille maritime de
l’Armée de l’Air (Twin Otter,
BN2T, Casa 212, casa
235 maritim patrol) et des
29 bâtiments de la marine
nationale (Vedette Côtière
Rapide, Bâtiments de
Surveillance Côtière, (Patrouille
Haute Mer (et les
futures acquisitions telles
que l‘Offshore Patrol Vessel
58 S de l’entreprise Piriou))
pour le pistage et le
suivi de tous les bateaux
s’infiltrant dans nos eaux
territoriales. Au port, il
faut installer un laboratoire
d’analyse last
cri en vue d’instaurer une
autonomie nationale non
dépendante de la trentaine
de privés comme l’Institut
pasteur, Lab 24, Institut
de Recherche en Santé,
de Surveillance Epidémiologique
et de Formation
(IRESSEF) du Pr Mboup
ou autres, …. L’objectif
principal est de s’autodéterminer
de la création
ou de la suppression des
unités de recherches et
de leur orientation face
à nos besoins non suivant
celle d’un pays tiers.
L’exploitation
des
hydrocarbures, une
menace réelle à prévoir
et à voir venir
Dans les économies « traditionnelles
» par exemple,
aux problèmes environnementaux
majeurs (eau
potable, qualité et quantiPage
44-Biramawa Magazine
té d’alimentation, hygiène
de l’habitat, vecteurs de
maladies) sont associées
les maladies infectieuses
et transmissibles, les carences
nutritionnelles et
la mortalité néo et périnatale.
Avec l’industrialisation,
surtout à travers l’exploitation
du pétrole et du
gaz, la rationalisation de
la production de masse,
y compris dans le secteur
agricole, et l’urbanisation,
de nouvelles menaces
apparaissent en raison
d’émissions croissantes
de substances toxiques
susceptibles de s’accumuler
dans l’eau, l’air,
les sols et les aliments. Il
nous faudra être plus que
vigilant si nous ne voulons
pas acter notre perdition.
Le Sénégal ne peut pas
se permettre une nouvelle
épidémie après
la Covid 19, nos priorités
de base risqueront
d’en pâtir. La pêche, le
tourisme côtier, l’exploitation
des hydrocarbures et
l’exploitation éolienne en
offshore sont et demeureront
d’importantes
activités
économiques. Afin
de trouver des solutions
communes aux multiples
problèmes écologiques
dus à la dégradation du
milieu marin et des zones
côtières, il nous faudra
être proactif. Cherchons à
prévenir les catastrophes
au maximum plutôt que
de nous focaliser sur les
conséquences.L’intangibilité
et
l’inabrogabilité
du droit de l’environnement
doit être
une nécessité plutôt qu’un
vœu pieux. Le droit de
l’environnement doit rentrer
dans la catégorie des
règles juridiques non abrogeables
et intangibles au
nom de l’intérêt commun
de l’humanité. Plusieurs
menaces risquent de faire
reculer le droit de l’environnement,
la volonté démagogique
de simplifier
le droit pousse à déréguler,
voire à délégiférer en
matière d’environnement
compte tenu du nombre
croissant de normes juridiques
environnementales
au plan international
comme au plan national.
L’existence d’un cadre juridique
contraignant permet
de promouvoir des
normes cohérentes pour
la conception et l’exécution
des actions nécessaires
à la Réduction des
Risques de Catastrophes
(RRC) notamment, l’adoption
de nouvelles législations,
des instruments de
planification, ou la révision
des textes juridiques existants
qui s’avèrent obsolètes
ou non appropriés et
peu ou pas contraignants
par rapport aux nouvelles
exigences de la RRC
(Structure de la Direction
de Protection Civile et de
la Commission Supérieure
de la Protection Civile, …).
׉	 7cassandra://x2kBHaMrzBlBofx1iQ51X6Yqan7xpJMgMFax4pN2sQE-9`̵ _ zS׉E Mariane Seck
LE DROIT DE L’ENVIRONNEMENT :
DE L’INITIATION AU MÛRISSEMENT
Contribution d’une juriste sénégalaise
Préface du professeur Babacar Gu e y e
LE DROIT DE L’ENVIRONNEMENT : DE L’INITIATION AU MÛRISSEMENT
Mariane Seck
׉	 7cassandra://zXA6QFV-s9NPNKb1DVMdZH0GyRRlDiRHpPOkU3eXh5s@`̵ _ zT_ zS{בCט   {u׉׉	 7cassandra://M9N36A9UBeMgKhYuEU6FFUX8ydawQ5tsZM0fK9SsK7Y 5`׉	 7cassandra://hqeiEfm4GCFMA1JyBR9o73LRqQD2OklTPiOPDlpT5_gY`S׉	 7cassandra://TD6hbiCTyh_7fsUK28q5E0YnxU093CYAMjDJ10oZ4hU!`̵ ׉	 7cassandra://7t-SbzMk9pS1nRCkIz61THoG5Kt3Q7pg23m0H5mQtv0D͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://W3XSqT0QiXP-Ve9GdWj5-54F6o42fqWRePuIvjLTKa4 ;` ׉	 7cassandra://vk2Ox5n9Pe1qi3UucbXO5Vv4GJN9xXJUxqz4tsi4xWk͵`S׉	 7cassandra://NTsODAhH7Pb_H5VfCxQA4gT7pGUmprdAHRg68cCdVEU,`̵ ׉	 7cassandra://9QBWjWRJXpQBpFqs2VuegP4m4_sy_UTgaC6s9owPeakC͠_ z׉E Droit du Travail et de la
Sécurité Sociale
Nafissatou NDAO
RESPONSABLE RESSOURCES HUMAINES
COMMENT RENDRE SA CANDIDATURE A
UN EMPLOI EFFICIENTE ?
Page 46-Biramawa Magazine
׉	 7cassandra://TD6hbiCTyh_7fsUK28q5E0YnxU093CYAMjDJ10oZ4hU!`̵ _ zU׉EIous ne nous tiendrez certainement
pas rigueur de nous écarter cette foisci
un peu de notre rubrique pour nous
intéresser à la question de l’emploi, ou disons
à la problématique de l’employabilité.
Dans un monde parfait, on ne se
serait sans doute pas permis cet
écart. Hélas, nous en sommes loin !
Voyez-vous, dans un monde parfait, on
ne parlerait même pas de chômage, aucun
jeune en âge de travailler ne se retrouverait
en inaction et mieux, un diplôme
ne serait jamais assimilé à une feuille de
journal comme dans la récente métaphore
d’un de nos chers rappeurs. Mais
nous en sommes là ! Si bien que tous appellent
au changement et chacun y allant
de sa propre méthode. Tout le monde se
sent harassé par le manque d’emploi car
même celui qui en a un, a forcément un
frère, une sœur, un ami ou autre proche
qui en cherche désespérément. Ceux
qui ne perçoivent l’objet de leur espoir
qu’au bout du risque, optent pour la solution
radicale, ceux qui se sentent lassés
s’enlisent
alors dans la passivité.
Mais le changement ne devrait pas intervenir
par la réponse de chacun à son désespoir
car le risque est grand qu’ainsi il
prenne un revêtement qu’on n’aurait pas
souhaité. Il est nécessaire que cet état de
fait change, mais par des mesures réfléchies
et efficaces, d’ordre étatique certes,
mais également et surtout
individuel.
J’ai à plusieurs reprises entendu ou lu des
jeunes s’exaspérer de ne recevoir de retours
positifs à leurs demandes d’emploi
malgré le nombre croissant de ces dernières.
Si nombreux l’expliquent par les
exigences restrictives liées à l’expérience,
un autre fait l’explique dans bien des cas
et il s’agit de la mauvaise candidature. La
candidature à un emploi peut paraitre un
V
acte simple mais la vérité est qu’elle ne
l’est pas. C’est la phase qui nécessite le
plus de sérieux et d’application car celle
à partir de laquelle on se démarque ou
non du lot. Lorsqu’on la rate, il y’a mille
et une chances que l’on rate le reste.
Lorsqu’on soumissionne à une offre d’emploi
bien déterminée ou même qu’on le
fasse de façon spontanée, il faut certes
garder à l’esprit son objectif principal qui est
de décrocher l’emploi mais celui-ci doit être
précédé de ces deux autres, qui lorsqu’ils
sont atteints, vous facilitent l’accès au principal
: il s’agit de capter l’attention du recruteur,
de lui laisser une bonne impression.
Pour ce faire, voici quelques
conseils simples à appliquer lors
d’une
candidature
à
un
emploi
:
Faire avant tout un bilan honnête de
ses candidatures passées : il s’agit là de
se demander, surtout lorsque notre candidature
se solde à chaque fois d’échecs, «
Pourquoi pas nous ? » et de tenter de trouver
des réponses objectives à cette question.
Il faut nécessairement partir d’une
intention de se remettre en cause et cela
même si une part de nous est convaincue
que nous avons été irréprochables. Une
telle attitude ne peut que nous être bénéfique.
Si ça peine tant à marcher, c’est qu’il
y’a forcément un blocage quelque part et
sachant qu’on n’est pas suffisamment puissant
pour intervenir sur les blocages émanant
des recruteurs, autant travailler sur
soi et se parfaire tant que possible. A l’issue,
on devrait arriver à trouver Les points
nécessitant amélioration et agir dessus.
Soigner la présentation de son CV : En
fonction de votre profil de senior ou junior,
de ce que vous désirez mettre en avant,
vos compétences ou vos expériences,
vous avez le choix quant à la présentation
Biramawa Magazine-Page 47
׉	 7cassandra://NTsODAhH7Pb_H5VfCxQA4gT7pGUmprdAHRg68cCdVEU,`̵ _ zV_ zU{בCט   {u׉׉	 7cassandra://KUh7RHr5NVXY8LX0RIlpYUO1jTkJ_bZJpgQJNvkat4k ` ׉	 7cassandra://fR5uVNqaB1xhoy_cceUdOGl_DbXlZ6TrEkCYbm-iO94w` S׉	 7cassandra://VLlz9oWKeBW2yrbSSfma3lPZcobs5IpdpeFxadcAyy8,`̵ ׉	 7cassandra://oxs0P1OLmhbEo1GgA6Vrq8mX7z9MXXEtHY8miRZleWE;͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://4r0KvQG8fYWgpcKNwnyQERpkCQwXUrS7I4h88qLvzJk ` ׉	 7cassandra://PfFsVOITDNkbCFo5StBcaSiT2gUXAFxC4XNxFQsYKBc` S׉	 7cassandra://sxb1xgul-N6qWh5bV3g2YvV_ogzFLLz85j443C9KkrE,`̵ ׉	 7cassandra://7WDWpmVi8VWpncXCmfCfroBchdCLaSZu6Gtq49RGVWc=͠_ z׉E&du CV. Elle peut se faire sous forme fonctionnelle,
qui met l’accent sur les compétences
; sous forme chronologique, qui
expose les différentes expériences de la
plus récente à la plus ancienne ; ou sous
forme chrono-fonctionnelle, qui est on va
dire comme un alliage des deux premières.
Mais peu importe le choix que vous faites
suivant vos raisons, trois critères doivent
définir votre CV : simplicité, clarté, attractivité.
La simplicité doit ressortir des
mots mais aussi de toute la présentation
du CV. La clarté quant à elle s’observe
dans l’agencement que vous faites de
vos parcours, plus c’est facile à lire et cerner,
mieux c’est. L’attractivité quant à elle,
vient du contenu. Il faut savoir faire figurer
sur le CV les informations pertinentes
sur vos parcours et qui correspondent le
plus au profil recherché par le recruteur de
l’offre que vous avez ciblé. C’est pourquoi
il est nécessaire à chaque fois que vous
répondez à une offre d’emploi d’effectuer
des retouches sur votre CV afin d’assurer
une certaine harmonie entre votre profil et
les prérequis pour le poste en question.
Il est inutile de s’attarder sur la taille du CV
que certains ne croient intéressant que
lorsqu’il est long. Il n’est pas dit qu’avec un
CV long vous êtes plus apte à convaincre,
non. Le risque à vouloir le rendre trop long
d’ailleurs c’est de se retrouver avec un
CV très lourd qui pourrait susciter la paresse
du recruteur qui, faut le rappeler, se
retrouve avec une multitude de dossiers
à examiner. Il est donc à retenir que la
qualité d’un CV ne dépend guère de sa
taille, celle de son propriétaire non plus.
Bien adapter sa lettre de motivation à
l’emploi : nombreux sont les demandeurs
d’emploi qui ont une sorte de lettre type,
passe-partout. Certains vont même jusqu’à
omettre d’y mettre à jour la date ou le destinataire.
Or, à chaque candidature, la lettre
Page 48-Biramawa Magazine
de motivation doit être à l’image du poste
ciblé, en être complètement adaptée. Sa
bonne élaboration est importante car c’est
le document qui s’associe et forme avec
le CV le dossier par lequel vous vous vendez.
Et il ne faut pas perdre de vue qu’à
l’entame du processus de recrutement, le
recruteur ne vous connaît pas, qu’il se retrouve
devant une pile de dossiers, avec
un esprit très sélectif et tente de faire les
meilleurs choix. A ce stade, seul le dossier
transmis plaide en votre faveur, raison
pour laquelle il n’est pas à négliger.
La meilleure démarche à suivre pour rédiger
une bonne lettre de motivation est
de lire attentivement la fiche d’annonce
de l’emploi en question et de façonner sa
lettre en fonction des missions à confier
et des compétences requises. Il ne s’agit
pas de mentir pour s’adapter coûte que
coûte mais plutôt de faire le tri dans ses
capacités afin d’en ressortir celles qui
s’approchent le plus des besoins du recruteur
et formuler sa présentation autour
de ces données. De même pour les
raisons qui vous motivent. Il est impératif
de les adapter au poste à pourvoir. Par
exemple, pour un poste de chargé de paie
et un autre de chargé de formation, vous
ne pouvez pas avoir les mêmes motivations,
bien que les deux appartiennent à la
grande famille des ressources humaines.
Par ailleurs, il est important que votre lettre
soit bien adressée. Lorsque vous avez
l’identité de la personne contact, alors
mettez-la en destinataire et dans le corps
de votre lettre veillez à ne pas vous tromper
de civilité. Cependant lorsque vous
n’êtes pas sûr de l’identité du chargé du
recrutement ou de son sexe, il est plus sûr
d’adresser votre lettre à l’entreprise ou à
son service de recrutement en mentionnant
comme civilité « Mesdames, Messieurs, ».
Tous ces points pourraient être pris comme
׉	 7cassandra://VLlz9oWKeBW2yrbSSfma3lPZcobs5IpdpeFxadcAyy8,`̵ _ zW׉Ed’insignifiants détails mais ont toute leur
importance aux yeux de celui qui recrute
et nécessitent de ce fait une grande application
si
vous désirez augmenter
vos chances de vous faire remarquer.
Être attentif et faire preuve de politesse
lors du dépôt : en fonction des
entreprises, le dépôt peut se faire via une
plate-forme de candidature en ligne ou
par courriel. Lorsque c’est en ligne, c’est
plus simple car il s’agira de rester attentif
aux différentes questions ou interpellations.
Par contre lorsque le dépôt se fait
par courriel, il n’y a rien de plus impoli que
de balancer son dossier dans la messagerie
du recruteur sans message d’accompagnement
ou avec juste un petit «
bonne réception ». Beaucoup ne prennent
pas le temps de composer un message
clair et poli ou même de respecter l’intitulé
exigé pour l’objet lorsque c’est le cas.
Une telle démarche traduit un manque
de sérieux et de minutie et donne ainsi
au recruteur une très mauvaise image
de vous. S’il n’est pas indulgent, votre
dossier peut directement se voir écarter.
Il
faut donc prendre le temps d’accompagner
votre dossier d’un message
poli, préparé avec soin et ainsi démontrer
à la personne à qui vous vous adressez
que vous êtes un candidat sérieux.
Se montrer disponible et ponctuel
: suite au dépôt de votre candidature,
évitez d’éteindre votre téléphone par
exemple ou d’omettre de vérifier votre
messagerie. Vous pourrez rater l’opportunité
de vous faire convoquer en entretien.
Et lorsque la chance vous sourit, que
vous vous faites convoquer, la ponctualité
doit être de rigueur. Si par contre un
imprévu vous retarde ou vous oblige à
ne pas vous présenter, il serait plus poli
de prévenir immédiatement pour vous
faire décaler le rendez-vous sans oublier
de vous excuser, de cette façon vous
ne risquerez pas de vous faire écarter.
Soigner sa présentation et sa tenue en
entretien : il s’agit de se montrer correct
lors de l’entretien car en plus de l’échange
que vous aurez, ce sera l’occasion pour
le recruteur de vous observer pour se
faire une idée d’ensemble. Chaque détail
peut compter pour lui, allant de votre
style vestimentaire à votre façon de communiquer
; d’où la nécessité d’adopter
une bonne tenue et de se montrer sans
artifices tout au long de la rencontre.
Se donner de la
valeur lors
des
échanges sans mentir ni se montrer
prétentieux : pour commencer,
évitez
tant que possible de vous montrer intimidé
ou désespéré. Peu importe à quel
point vous désirez le poste, gardez vos
esprits et dites-vous que vous pourriez
être la perle rare dont a besoin le recruteur
et maintenez-vous temps que vous
le pouvez dans la peau de cette dernière.
Vous ne gagnerez rien à vous dévaloriser
devant lui. Le meilleur candidat en entretien
est celui qui sait le mieux faire preuve
d’assurance. Trouver le moyen de parler
de ce qui fait votre valeur lorsque l’occasion
ne vous en est pas donnée mais sans
valser dans des tendances mythomanes.
Répondre avec subtilité aux questions
du recruteur : certaines questions
posées par les recruteurs renferment
des pièges et leur principal objet est de
déceler à travers vos réponses des vérités
cachées qui pourraient être décisives.
Pour mettre les chances de votre
côté, il est important qu’à votre tour vous
sachiez lire les non-dits dans les questions
et formuler vos réponses de façon
à ne pas vous pénaliser. Quelques questions
de ce genre reviennent souvent.
Biramawa Magazine-Page 49
׉	 7cassandra://sxb1xgul-N6qWh5bV3g2YvV_ogzFLLz85j443C9KkrE,`̵ _ zX_ zW{בCט   {u׉׉	 7cassandra://NeU38WX8uKtUKI4Z3kCTnYMzAxEEH9RbGbg4rMSrtiE 2` ׉	 7cassandra://XscI5emgrzjiC2hyaMCwsaWolKYWBrc1dL_yrOimkd4ӈ` S׉	 7cassandra://qfzGPZWqIEfDmB3N5Aggu-2gMOlraqMi9RNuAttg8QE+`̵ ׉	 7cassandra://d8qjs3gE4c8kepz333J1ybosDW8UxMjmQj7l_ytbnSI;͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://-Isw6d19YjSJW1M9ZOdpAkLuwAiWd_skHv0hd4mGE2o `׉	 7cassandra://6QtLm_UjpiXQTQwG2cafQMtKwjRnH1YN2FXypmwciLYj`S׉	 7cassandra://tIV61PQh2yML3cCST6qKweAtK7LRAoZuDYNRENDFvoA`̵ ׉	 7cassandra://C0MKs-G5MgVpWirJ7t3khVP-hO0LP0BxF0NYKwY3c6Y P͠_ z׉E6Vos motivations ? Quand un recruteur
vous questionne là-dessus, il sait déjà
que tout candidat à un emploi nourrie
des intérêts personnels, c’est même tout
naturel. Cependant il veut voir, au-delà
de vos intérêts personnels, si ceux de
l’entreprise ont également ne serait-ce
qu’un peu d’importance pour vous. Ainsi
dans la tournure de vos réponses,
n’oubliez jamais de mentionner ce que
vous pourriez apporter à l’entreprise.
Vos objectifs professionnels ? Ce qui
est recherché à travers cette question,
au-delà de vos ambitions, c’est de voir
si l’entreprise peut se permettre de se
projeter avec vous et si vous seriez du
genre à rester sur du long terme ou plutôt
le genre baladeur. Il vaut mieux être
sincère dans sa réponse. Mais si vous
aspirez réellement à cheminer avec
l’entreprise de façon durable, ne vous
éparpillez pas, restez sur des objectifs
proches de ce que vous visez avec elle.
Vos défauts ? Cette question n’est pas
vraiment un piège. Quand elle vous est
posée, elle l’est clairement et l’objet est de
déceler ce qui dans votre comportement
pourrait être dérangeant dans le cadre du
travail à confier. Tout le monde en a des
défauts. Ce qui peut être dangereux ou
disons qui pourrait vous être moins favorable
dans votre réponse serait de cité
votre défaut et point. Là, vous laisserez
le recruteur se faire sa propre interprétation.
Par contre vous serez plus prudent
d’y aller de la façon suivante par exemple
: « il peut m’arriver de manquer d’autonomie,
parce que…(explication), mais, si…
(atténuation), je n’aurais alors pas de mal
à en faire preuve » ou bien « il m’arrive de
manquer d’autonomie, mais depuis que
j’en ai fait le constat (ou qu’on m’en a fait
la remarque) je travaille dessus et espère
en arriver à bout ». Dit de cette façon ou
Page 50-Biramawa Magazine
qui en soit proche, vous rassurez alors le
recruteur et réduisez l’interprétation négative
qu’il en aurait fait si vous vous en
étiez limité à « je manque d’autonomie ».
En résumé, lorsque vous décidez de
déposer votre candidature pour un emploi,
vous devez y consacrer du temps
du début à la fin, avoir un souci accru
du détail de sorte à ne rien minimiser,
faire preuve de subtilité tout au long
du processus tout en restant honnête
avec vous-même et votre interlocuteur.
Par ailleurs, les candidatures spontanées
peuvent aussi être fructueuses, si vous
vous y consacrez avec le même sérieux
que pour celle suite à une offre. Dans le
cadre de ce type de candidature privilégiez
les cabinets de recrutement et sociétés
d’intérim chez qui les besoins sont
plus fréquents où il est donc plus facile
de voir la chance vous sourire. Toutefois,
lorsque vous adressez une candidature
spontanée directement à une entreprise,
évitez les demandes non spécifiques ou
qui seraient multifonctionnelles car ainsi
vous risquez de vous faire coller l’étiquette
d’un chercheur sans réel objectif et
cette indécision ne vous serait pas favorable
en cas de tri pour une opportunité.
Une chose s’avère également primordiale
à l’heure actuelle pour les recherches
d’opportunités, c’est se créer
un profil sur au moins, un réseau social
professionnel. LinkedIn marche
très bien. De l’interaction et du partage
peuvent naître d’énormes opportunités.
Pour terminer, allez au contact des autres,
échangez, faites du réseautage car en
discutant récemment avec un collègue,
j’ai pris conscience que même dans une
salle de jeux, on peut se faire des opportunités
qui nous changent la vie.
׉	 7cassandra://qfzGPZWqIEfDmB3N5Aggu-2gMOlraqMi9RNuAttg8QE+`̵ _ zY׉EFaire face au stress durant la flambée
de maladie à coronavirus COVID-19
Il est naturel d’éprouver de la tristesse, du stress, de la
confusion, de la peur ou de la colère lors d’une crise.
Vous pouvez trouver du réconfort en parlant à des gens en qui
vous avez confiance. Prenez contact avec vos amis et les
membres de votre famille.
Si vous devez rester chez vous, conservez un mode de vie sain, ce
qui suppose entre autres un régime alimentaire adapté, du sommeil,
de l’exercice et des contacts sociaux avec vos proches à la maison
ou par courrier électronique ou téléphone avec le reste de votre
famille et vos amis.
Ne cherchez pas à canaliser vos émotions en fumant, en buvant de
l’alcool ou en consommant d’autres produits stupéfiants.
Si vous vous sentez dépassé par les événements, parlez-en à des
professionnels de la santé ou à un conseiller. Soyez prêt, sachez où
aller et comment solliciter de l’aide en cas de besoin si vous avez
des problèmes physiques ou psychologiques.
Informez-vous. Prenez les renseignements qui vous aideront
à déterminer avec précision les risques que vous encourez
de façon à prendre des précautions raisonnables. Cherchez
une source d’information fiable, comme le site web de l’OMS
ou un organisme local ou national de santé publique.
Apaisez vos inquiétudes et calmez votre agitation en passant
moins de temps, vous et vos proches, à regarder ou à écouter
les reportages qui vous perturbent dans les médias.
Tirez parti des compétences qui vous ont aidé par le passé à faire
face à d’autres épreuves et employez-les pour vous aider
à gérer vos émotions en cette période difficile que représente
cette flambée.
Biramawa Magazine-Page 51
׉	 7cassandra://tIV61PQh2yML3cCST6qKweAtK7LRAoZuDYNRENDFvoA`̵ _ zZ_ zY{בCט   {u׉׉	 7cassandra://1DRnUtS8rXTjTb0czjVYd18PGAQnaolTp2tSq7KZCvE T`׉	 7cassandra://7wPntUTho1yPfuLz_3YNfjx09R0OwVaLdQQXOAiXM48^`S׉	 7cassandra://WLZ-UQsR2qTIr22UV86-QaL10pV0kG0ORgEWCZQokLk"`̵ ׉	 7cassandra://j_t42FbO-2h0Mn776f8yGoYPuV2UXmTMj7oWkmEMvOU A͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://P5Q0eiRJ7MwDE7lNKnEWz63Q9-fPuA3BDnSeOWPGu0A 
X` ׉	 7cassandra://eHYSskR3u68b4C5N0Xsvn6KWcKNirrfyST7XOSE4ynU2` S׉	 7cassandra://3fHHb1LXvq4kFAyPqA4J_lQ1u5FOZeRCVBELN8zlB_U,`̵ ׉	 7cassandra://FvhYN5pj-otD9HlnUbffvx39_aWhsDoEj8TsP2BxOeED͠_ z׉E nLES DROITS HUMAINS
AKK AK YELEFU DOMU ADAMA YI
Khadim SENE
Educateur Spécialisé au Ministère de la Justice
׉	 7cassandra://WLZ-UQsR2qTIr22UV86-QaL10pV0kG0ORgEWCZQokLk"`̵ _ z[׉EaRéflexion autour de la culture de la paix pour
l’instauration d’un developpement durable
Si effectivement on y réfléchit bien, il
n’y a rien de plus gratuit que la paix.
On ne peut pas l’acheter, alors que l’on
paie cher pour faire la guerre. Quand on
est en paix avec son voisinage, son entourage
ou même sa famille, pas besoin
d’en faire des cent et des milles pour être
serein et au calme. La paix ne nécessite
rien d’autre qu’un petit effort de communication
mais effort mutuel s’entend.
On s’accordera pour dire que la paix
n’est pas qu’un simple mot ; c’est un ensemble
de bons comportements que
l’on cultive. Toute recherche de paix et
de stabilité a une dimension culturelle en
ce que les mentalités et des pratiques
autres que celles quotidiennement observées
seront inéluctablement à adopter.
Il convient de relever que les Nations
Unies, les autorités locales, les élus et
les représentants des ONG, sont chargés
de faire comprendre et accepter le fait
que : les valeurs culturelles sont certes
à sauvegarder, mais s’il y en a, parmi
elles, qui sont des vecteurs de violence,
elles sont à bannir. La tradition n’a pas
toujours raison car, ce n’est pas parce
qu’on fait quelque chose depuis la nuit
des temps que c’est à conserver et enfin
que la conscience sociale consiste à se
faire violence pour adhérer à une cause
commune pour le bien-être de tous. Tout
ceci peut être porté à l’attention des populations
dans des actions de prévention.
En effet, la prévention des conflits englobe
tout moyen d’intercession ayant pour objectif
de faire en sorte que les tensions et
disputes ne soient pas suivies par des violences
ou par le recours à la force armée.
Elle peut aussi, avant l’entame de tout
heurt, prendre la forme du renforcement
des capacités des parties concernés par
d’éventuelles violences, pour résoudre
leurs différends de façon pacifique. Elle
est enfin comprise comme étant toute
action visant à réduire progressivement
les tensions sous-jacentes. C’est
sur cette partie que les actions doivent
le plus être portées car la prévention
peut permettre d’éviter des tragédies.
Il appert que la paix nécessite un engagement
sans relâche et un dialogue
interculturel que les jeunes d’aujourd’hui
se doivent de poursuivre. Car
sans la paix et la sécurité, il ne peut
y avoir de développement pour tous.
La paix, un pilier fondamental pour
l’accès au développement
La paix et le développement ont des liens
étroits mais ont également trait à l’état de
droit de par l’instauration des institutions
efficaces et responsables pour maintenir
la paix, la réalisation de l’égalité des
genres et de partenariats favorables à
une croissance économique ouverte.
L’instauration nécessaire d’institutions
efficaces et responsables pour
maintenir la paix
Biramawa Magazine-Page 53
׉	 7cassandra://3fHHb1LXvq4kFAyPqA4J_lQ1u5FOZeRCVBELN8zlB_U,`̵ _ z\_ z[{בCט   {u׉׉	 7cassandra://vcMpOeEPFOjIiriAXF0pPZf-ESOze7dZlSwih6mLQfg u`׉	 7cassandra://kTK4AS8AYwOLob8QtPBN2wrwK2DqE4q3vKaqJL2Zxi8ͩ`S׉	 7cassandra://0cRGweLn1f758x5Ug4TXeGSoFwr0M1L0UdoZIo3lLWQ+7`̵ ׉	 7cassandra://sGRimPKHyyzKZgKfrbUZm_y2qCvJlQPy7Cd5Touqmpw ͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://VlqYcu3E2FF1oAo5JAjxoHHuGcqA5wOFBsmk23pY2So z`׉	 7cassandra://NiogCyqKBiwWotZP3cNc7L5XXrIN8nvf6LASLz1ps0MZv`S׉	 7cassandra://W3oyfPEb4-719el2KtyhgTgtJlTFEODop0cvCzyRgUc`̵ ׉	 7cassandra://LmegOSTQiCfwvz3NKgEitImI3ZDexHPBEKP55nmXY6U k(͠_ z׉ErLes ODD reconnaissent l’importance d’institutions
efficaces et responsables pour favoriser
des sociétés pacifiques, justes et
ouvertes. Les institutions judiciaires, avec
un pouvoir judiciaire indépendant, jouent
un rôle essentiel dans la promotion de la
paix et du développement en garantissant
un accès équitable aux services et aux
ressources, en protégeant les droits des
citoyens, en encourageant l’inclusion sociale
et économique, et en réglant les litiges
avant qu’ils ne dégénèrent en conflit.
Pour instaurer des institutions fortes, il ne
suffit pas simplement d’adapter les bonnes
pratiques appliquées ailleurs et de fournir
un savoir et une expertise. C’est une
entreprise sur le long terme qui exige un
investissement particulièrement soutenu,
une priorisation de la substance à la forme
et une mobilisation de la volonté politique
afin de réaliser une réforme significative.
L’instauration de l’égalité des genres
pour la réalisation de la paix et la
prospérité
Lorsque les femmes réussissent, le
monde entier en bénéficie, cependant,
malgré de réels progrès, le chemin reste
encore long avant de parvenir à l’égalité
des genres. Les lois et les coutumes
continuent de restreindre les droits et
les libertés des femmes, d’imposer leur
soumission à leurs proches masculins,
et de limiter ce qu’elles peuvent posséder,
hériter ou utiliser, et ferment les yeux
lorsqu’elles sont victimes de violences.
L’accès des femmes à des postes de
responsabilités, leur voix et leur accès à
la justice sont indispensables à l’avancée
de l’égalité des genres et à la réalisation
des objectifs mondiaux, tels que
la bonne gouvernance et la croissance
économique, l’instauration de la paix et
la lutte contre le changement climatique.
Page 54-Biramawa Magazine
Le recours à des partenariats solides
pour une croissance économique
ouverte
Les ODD ont pour objectif de ne laisser
personne de côté grâce à l’éradication
de la pauvreté, la promotion de la croissance
et au soutien d’un développement
intégré. Ils reconnaissent que des
échanges commerciaux et des investissements
durables bien gérés peuvent
entraîner un réel changement, et qu’il est
nécessaire de collaborer avec le secteur
privé pour renforcer les économies
faibles et sortir les gens de la pauvreté.
Néanmoins, les pays qui peuvent le plus bénéficier
des investissements sont souvent
les pays les moins susceptibles d’y avoir
accès en raison d’une situation sécuritaire
fragile, de systèmes juridiques faibles et
de ressources humaines insuffisantes
pour gérer des flux financiers importants.
Le renforcement du cadre juridique, la promotion
d’un accès équitable aux perspectives
économiques et la facilitation d’une
résolution efficace des litiges peuvent
constituer des vecteurs puissants du développement
économique durable et intégré.
׉	 7cassandra://0cRGweLn1f758x5Ug4TXeGSoFwr0M1L0UdoZIo3lLWQ+7`̵ _ z]׉EBiramawa Magazine-Page 55
׉	 7cassandra://W3oyfPEb4-719el2KtyhgTgtJlTFEODop0cvCzyRgUc`̵ _ z^_ z]{בCט   {u׉׉	 7cassandra://IWmD3BvtV7cB9jR_SFIUWYNB1c8nLnm4g461HmTH2lg r7`׉	 7cassandra://Ql4ALl49pJ_lf8AAUVrKZOFWAYKtWUpK8P5N8BhyJrgW`S׉	 7cassandra://jK-1dUrl_qlOga9BuXntCCJCvVvAf_9ouTi3huRKNZk*`̵ ׉	 7cassandra://804WHJkoLRMO0_TTmExdLbSbMCqNMSqr5leYFpHZVS0 ͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://MwRZstzct_UxAlTdIlvDrP3UJ9sKtTf5mpFO62EYo7E S`׉	 7cassandra://1CMDoFXanHQx9tUUI2M9xLNcgcuBZ2bjSwopPAFVP5gͪe`S׉	 7cassandra://WS6UXGeC-e7VcNc2-9wN4QKMGz6-z6y3Bmp1BtJbqS4-8`̵ ׉	 7cassandra://sKbq1oG6vZrZKlsxwhakmUWns0-gVih0WPDgWXtHe3Mg͠_ z׉E Orchestre Guneyi
« L’orchestre Guneyi est un groupe familial qui
a vu le jour en 1997 à Saint-Louis du Sénégal. »
Page 56-Biramawa Magazine
DÉCOUVERTE
׉	 7cassandra://jK-1dUrl_qlOga9BuXntCCJCvVvAf_9ouTi3huRKNZk*`̵ _ z_׉E
Votre rubrique Découverte de
ce numéro 12 du magazine est
consacrée à l’Orchestre Guneyi
de Saint-Louis (Sénégal). Créé
en 1997, l’orchestre compte en
son sein 6 membres dont « 5
frères et un ami d’enfance ».
Faisant de la « World Musique
» l’orchestre a, à son actif, deux
Albums et ambitionne d’en
sortir un troisième en 2021.
Dans cette interview accordée
au magazine, ils sont revenus
notamment sur la genèse et la
composition du groupe, le bilan
après 23 ans d’existence et
les perspectives de l’orchestre.
Pouvez-vous présenter l’orchestre
Guneyi à nos lecteurs ?
En guise de présentation, nous dirons que
l’orchestre Guneyi est un groupe familial
qui a vu le jour en 1997 à Saint-Louis du Sénégal
là où nous sommes toujours basés.
Le groupe est composé de 6 membres
dont 5 frères
et un ami d’enfance,
le sixième frère. Et depuis nos débuts
nous avons allié les études
scolaires, la musique et le sport.
Autour de Bayla, lead vocal, guitariste, auteur
et compositeur, avec une Licence en
Métiers des Arts et de la Culture de l’UFR
CRAC (Civilisation, Religion, Art et Communication)
de l’Université Gaston Berger
de Saint-Louis et de Pa Laye, lead vocal,
auteur et compositeur, en troisième année
de Doctorat en Sociologie, gravitent :
• Jules, bassiste, Master 2 en en Ingénierie
Développement Local,
• Papis, claviste, Master en Sociologie
• Théo, batteur, Licence Professionnelle
de Gestion LPG à l’Université
Gaston Berger de Saint-Louis.
• Mbaye Teuw,
percussionniste
et ami d’enfance.
Le management du groupe est
géré par notre père
Amadou M
DIARA, instituteur à la retraite.
Sur le plan musical, les membres
du groupe ont été formés par Alé
Mbaye, musicien polyvalent de dimension
internationale, ancien claviste
du "Djolof Band" de Viviane Chidid.
Très vite entre 1997 et 2000 nous
avions commencé à taquiner les scènes
saint-louisiennes et de par notre jeune
âge à l’époque tout le monde tombait
sous le charme de notre groupe.
Depuis lors nous avons continué les
recherches musicales
et nous avons
aussi évolué à travers de nombreuses
rencontres et collaborations avec de
grands musiciens (Henry Guillabert, Habib
Faye, Idrissa Diop, Carlou D, Dread
Maxi, Mao Sidibé…)
et des voyages
aussi (Guyane française en 2002, Paris
en 2004) pour des échanges musicaux.
Maintenant des années sont passées et
Guneyi a beaucoup grandi sur le plan
musical et sur le plan de la notoriété de
par leurs multiples réalisations (2 albums
‘’ Sa Yandé’’ 2002, ‘’Gueum-Gueum’’
2012 et un maxi ‘’Avant-Goût’’ 2018).
Mais depuis 2017, l’année où nous avions
presque tous terminé nos études universitaires,
on a commencé à être plus préBiramawa
Magazine-Page 57
׉	 7cassandra://WS6UXGeC-e7VcNc2-9wN4QKMGz6-z6y3Bmp1BtJbqS4-8`̵ _ z`_ z_{בCט   {u׉׉	 7cassandra://mCouRvP5fY6k1RjAA34djGfBz0F5Sxxk5im9h3ZTneg `׉	 7cassandra://dU1SXeh2uAgF1bXbCC4b8zM2YfxdnlLHBko5-kggAGE͋`S׉	 7cassandra://VWYnTkVhucD0mI0XVKlmhoD5PNEZsLtBGnvJaSRLon8)`̵ ׉	 7cassandra://anT-exTIzajflz0NMgXG3g12ZjPdR_IvB2iN4qg0hvg >͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://lhAKAlgtgrZbOBASHP5lZdAghLMMJ5j-T5bxiEzE9h8 y`׉	 7cassandra://-cyvfvzY8lDBzHfBqgo27lImfpNgguLWd_IpQIMninYz}`S׉	 7cassandra://C5dCixb-t5Ayd3A1yZJmy_6S8qJc6_Tjjt-5vYRhqYg#}`̵ ׉	 7cassandra://6RTxf0aJ08heZqBF0_WJ7h9LeLKXbDldrrmZw5mIVvA ͠_ z׉Esent sur la scène à travers des concerts
tous les samedis dans les bars et restaurants
de la place. Et c’est sur cette
lancée et régularité que nous sommes
devenus actuellement
le groupe
saint-louisien avec le plus grand public.
« Nous évoluons dans plusieurs
styles (…) On peut dire que nous
faisons de la world musique. »
Dans
quel
genre
musical
lez-vous ?
Nous évoluons dans plusieurs styles (rire).
Nous avons reçu une formation en
variété musicale. De ce fait nous
arrivons à jouer un peu de tout.
Mais pour être plus précis nous évoluons
dans un style afro beat / afro
pop mélangé avec des sonorités et
rythmes sénégalais. Nous faisons ausPage
58-Biramawa Magazine
excelsi
parfois du reggae. On peut dire que
nous faisons de la world musique.
Pouvez-vous revenir sur la genèse de
L’orchestre Guneyi ? Qu’est ce qui a
motivé votre choix pour la musique ?
Notre papa est un ami d’enfance de
monsieur Henry Guillabert (claviste,
compositeur et arrangeur) du groupe
Xalam 2. C’est ce dernier qui a influencé
notre frère Papis le claviste qui disait
depuis tout petit à notre papa qu’il voulait
faire du piano comme tonton Henry.
Notre papa aussi étant un éducateur lui
avait trouvé un professeur du nom d’Oumar
Sadio pour des cours de solfège.
Quelques temps après nous faisions la
connaissance de Aly Mbaye, c’est lui qui a
formé le groupe en orientant chacun vers
un instrument disant que ce n’était pas
intéressant que tout le monde apprenne
le clavier. C’est là d’où est venu le déclic.
׉	 7cassandra://VWYnTkVhucD0mI0XVKlmhoD5PNEZsLtBGnvJaSRLon8)`̵ _ za׉EIl nous a initié et beaucoup appris sur
les rudiments de bases théoriques et
pratiques de chaque instrument mais
aussi nous apprenait à reprendre des
morceaux de Bob Marley, des standards
de jazz, et des musiques françaises.
C’est à partir de ce moment
qu’on a commencé à faire de la scène.
« La musique ne nous a pas empêché
de suivre nos études scolaires
normalement. Tous les
membres de la famille ont eu des
diplômes universitaires. »
Cette année vous fêtez votre 23ème
anniversaire. Quel Bilan tirez-vous de
votre parcours ?
Le bilan est assez positif parce
qu’on a réalisé beaucoup de
choses depuis nos débuts.
Tout d’abord la musique ne nous a pas
empêché de suivre nos études scolaires
normalement. Tous les membres de la famille
ont eu des diplômes universitaires.
Ensuite depuis 2010, nous avons mis en
place à Saint-Louis un studio d’enregistrement
du nom de ‘’Diart-Diart Studio’’
qui nous permet de faire nos propres productions
mais aussi et surtout qui a fait
la production de beaucoup d’artistes de
la ville du nord. A travers le studio nous
avons permis à beaucoup de jeunes artistes
sans moyens d’avoir un départ sur
le marché artistique. Nous avons aussi
déchargé beaucoup d’artistes saint-louisien
qui allaient jusqu’à Dakar pour faire
leurs enregistrements avec des coûts
exorbitants juste pour la prise en charge
de leur transport, hébergement et restauration.
En somme notre studio participe
au développement culturel de la ville.
Enfin depuis l’obtention de nos diplômes
d’étude, nous jouons tous les weekends
dans les restaurants et bars de
la place, ce qui participe à l’animation
Biramawa Magazine-Page 59
׉	 7cassandra://C5dCixb-t5Ayd3A1yZJmy_6S8qJc6_Tjjt-5vYRhqYg#}`̵ _ zb_ za{בCט   {u׉׉	 7cassandra://x_ojeru295BJuVoIdcXE4nYu7uqkQCSJb8yqRe59gr4 `׉	 7cassandra://UteL4nfZvBUPDiTNlW_Bp3jD2J_h9gKLDYB8TH_ztqQ͉n`S׉	 7cassandra://lFMWP7lsX0KlwnI8lGDx9FcbpzgRzhTWSXCr6-aRSx4'`̵ ׉	 7cassandra://um8i-1EjlnSiZbkuHMojePEyB6GScDC8z5cmt3O5Tr4 f͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://5wXecfejr81eYJY_QckLCcJt1n_F95nIaLivqEYV46Q )`׉	 7cassandra://bK21WOVbAS-QCxIUFFZKxtx2yGNAFrPyTZSL6iB7-TAa/`S׉	 7cassandra://Dzwqr_ri089JGEDEQOzJ527UaMg_ztYO9xuDOFEfXPk `̵ ׉	 7cassandra://ZOeNDVuW8ipC7Ex1poOGJBNegfx0w-aQG3dYIznF2Ck ͠_ zנ_ z Uf̽9ׁHmailto:guneyi@hotmail.frׁׁЈ׉E'culturelle de la ville. On a pu créer un
engouement au tour de nos concerts.
De ce fait maintenant les gens sortent
pour voir les groupes saint-louisiens en
live alors qu’avant les gens préféraient
les boites de nuit. Ce qui permet aussi
aux jeunes musiciens de la ville de croire
en eux et de ne pas fuir vers la capitale.
Toujours par rapport à notre bilan
nous avons autoproduit notre second
album ‘’Gueum-Gueum’’ sorti en
2012 et un maxi de 4 titres en 2018.
Nous avons réalisé durant 2 années
successives 2018 et 2019 des évènements
au Théâtre National Daniel Sorano
couronnés de très grand succès
et qui est en train de devenir le rendez-vous
des saint-louisiens de Dakar.
Actuellement nous sommes le groupe
avec le plus grand nombre de vente de
tickets à l’institut français de Saint-Louis.
Donc nous pouvons dire que le bilan
est positif même s’il nous reste encore
beaucoup de choses à accomplir.
« D’abord finaliser et sortir le
3ème album en 2021. »
Quelles sont les perspectives d’avenir
de l’orchestre Guneyi ?
D’abord finaliser et sortir le 3ème album
en 2021.
Ensuite développer les évènements mis
en place par le groupe. Il y a l’AG (l’anniversaire
du groupe), cet événement a
fait le plus grand nombre d’entrées depuis
la création de l’Institut Français de
Saint-Louis. Aussi il y a le WSS (Wanél
Sa Sagnessé) organisé après chaque
Page 60-Biramawa Magazine
Quel message souhaitez-vous adresser
à vos fans vivant au Sénégal et à
l’étranger ?
De s’abonner aux comptes du groupe
sur les réseaux sociaux, de partager
notre musique et de nous
faire découvrir au monde entier.
Orchestre GUNEYI de Saint-Louis
Villa N° 292 HLM Sor Saint-Louis
Tél : +221 77 632 46 88 ou 77 719 79 19
Email : guneyi@hotmail.fr
Votre mot de la fin ?
La patience est au bout de l’effort.
Donc soyons patients
et
continuons à
travailler…
lendemain Tabaski et Korité où les gens
sont habillés en tenues traditionnelles.
D’autres nouveaux concepts
et initiatives sont en cours surtout
pour ce mois de Décembre.
׉	 7cassandra://lFMWP7lsX0KlwnI8lGDx9FcbpzgRzhTWSXCr6-aRSx4'`̵ _ zc׉EBiramawa Magazine-Page 61
׉	 7cassandra://Dzwqr_ri089JGEDEQOzJ527UaMg_ztYO9xuDOFEfXPk `̵ _ zd_ zc{בCט   {u׉׉	 7cassandra://nXu4wvVAQLM9iiWxt7_hwIU2uACGIw5A3tz9CDecIpI k`׉	 7cassandra://31MiIT_8w6kA-mwib7anD7YSRsJ1oZ8W9-_EZ8FFWSój`S׉	 7cassandra://klCO7twXo8pw8f06SsKfKzWoXuOT42la3Wtvv5RmxeQ%G`̵ ׉	 7cassandra://Twk6LXc-fFayBy1Dw1K3doK4rYmenrPDmXN1Dufj7LQ r͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://PPKz_QZ2UroPdXVQmfhY35kJPPkD9csuSY7L35abzFI ` ׉	 7cassandra://MBroScAvVswfnOPTxfEBLiULR0NVZVTJ0Fc2J_qWiIk` S׉	 7cassandra://YpD-7ETlJz86Uv6_ZwRLvyYcos-pgqs3Ywd05xwDFUM-`̵ ׉	 7cassandra://mD9RLRzCPxanI2NcwOQIdCeLNAp17rkDEgYIH93NDio>͠_ z׉EEDIPLOVAR N°8
DiploVar ou un regard aiguisé
sur l’actualité internationale
Politique, Sciences Politiques, Relations Internationales, Humanitaire,
votre nouvelle rubrique incontournable vous offre plus que
des informations, une analyse pertinente des interactions géopolitiques
qui vous entourent.
Quoi de mieux qu’un résumé des points essentiels de l’actualité
internationale des 15 derniers jours, des faits historiques, des portraits
de personnalités ayant marqué l’histoire des relations internationales
pour mettre à jour vos connaissances et rendre vos débats
chocs d’idées.
Les points saillants, les immanquables de l’actualité internationale
vous seront présentés de façon succincte de telle sorte que rien ne
vous échappera.
Pour ce huitième numéro, une consultation du tableau de la VAR
Diplomatique nous annonce les informations suivantes :
MARADONA :
Diego Armando Maradona
est mort d'un arrêt
cardiaque, a annoncé
son porte-parole mercredi
25 novembre, confirmant
une information de
Page 62-Biramawa Magazine
la presse argentine. Le
décès s'est produit « à
12 heures » (15 heures
GMT). Les résultats préliminaires
de l'autopsie
indiquent que Maradona
est mort « d'un œdème
pulmonaire aigu secondaire
et d'une insuffisance
cardiaque chronique
exacerbée. Cœur
avec cardiomyopathie
dilatée ».
׉	 7cassandra://klCO7twXo8pw8f06SsKfKzWoXuOT42la3Wtvv5RmxeQ%G`̵ _ ze׉E#Joueur starifié, incarnation
de tous les excès,
Diego Maradona
avait ironiquement été
contraint de célébrer
presque seul son 60e
anniversaire vendredi,
confiné dans sa résidence
au sud de Buenos
Aires, cas contact d'une
personne présentant des
symptômes de Covid-19.
Trois jours, comme la durée
du deuil national décrété
par la présidence
d'un pays qui perd l'une
de ses personnalités les
plus adulées. Surnommé
« El pibe de oro » (« le
gamin en or »), le joueur
passé par Boca Juniors,
le FC Barce
lone ou encore le SSC
Napoli a marqué l'histoire
du football de ses géniales
arabesques. Son
doublé inscrit face à l'Angleterre
lors de la Coupe
du monde 1986 est entré
dans la légende de sport.
Un premier but, inscrit de
la main ; il parla après
le match du rôle de « la
main de Dieu » et un second
au terme d'une folle
chevauchée dans la défense
anglaise, le « but
du siècle ».
BURKINA-FASO :
Roch Marc Christian Kaboré
a été réélu dès le
premier tour avec 57,87
% des suffrages à la tête
du Burkina Faso pour
un second mandat, selon
des résultats préliminaires
communiqués
jeudi 26 novembre par la
Commission électorale.
Les résultats doivent encore
être validés par le
Conseil constitutionnel
après examen d’éventuels
recours.
Eddie Komboïgo, candidat
du parti de l’ex-président
Blaise Compaoré,
arrive deuxième avec
15,48 % des voix, devant
Zéphirin Diabré (12,46
%),
considéré comme
le chef de l’opposition
jusque-là.
Certains observateurs de
la vie politique burkinabée
anticipaient un scrutin
plus serré, le premier
mandat de Roch Kaboré
ayant été marqué par
la résurgence des violences
ethniques et par
la propagation d’insurrections
islamistes qui
concernent désormais
une grande partie de
l’Afrique de l’Ouest.
Le double scrutin présidentiel
et législatif s’était
déroulé dimanche sous
haute tension sécuritaire,
le Burkina Faso vivant
ses heures les plus
sombres depuis l’indépendance,
miné par des
attaques de groupes djihadistes
qui ont fait au
moins 1 200 morts en
cinq ans.
NIGER:
Décidément, 2020 est
une hécatombe pour les
anciens dirigeants. La
liste des disparus ne fait
que s'allonger : après
les anciens présidents
burundais, Pierre Nkurunziza
en juin, et Maliens,
Moussa Traoré et
Amadou Toumani Touré,
en septembre et octobre,
plus récemment
le Ghanéen Jerry John
Rawlings, sans oublier
Sidi Ould Cheikh Abdallah,
premier président
de la Mauritanie, l'ancien
chef de l'État du Niger
entre 1999 et 2010,
Mamadou Tandja, est
le sixième ancien chef
de l'État emporté par la
grande faucheuse depuis
le début de l'année.
L'ancien président, qui
a dirigé le pays de 1999
à 2010 et avait tenté de
garder le pouvoir au-delà,
Mamadou Tandja, est
décédé mardi à Niamey.
Mamadou Tandja a commencé
à faire parler de lui
en avril 1974 lorsqu’il participe
au renversement
du premier président du
Niger indépendant, Diori
Hamani, par le général
Seyni Kountché (mort au
pouvoir en 1987).
Décédé mardi à l'âge de
82 ans, l'ex-président du
Biramawa Magazine-Page 63
׉	 7cassandra://YpD-7ETlJz86Uv6_ZwRLvyYcos-pgqs3Ywd05xwDFUM-`̵ _ zf_ ze{בCט   {u׉׉	 7cassandra://j-QHX4yBG0Gf6EyyZtD1jjNm5iCIdVOGZ7BN6ggvBqY G` ׉	 7cassandra://pquyBeMoUXa1zidEhWD9XybJDicW34JcV4AdAS982NgͲ]` S׉	 7cassandra://GPKeeG7eIxqcT8xETUGoQTwxXohPtUyhRTa8BLMm7Lk+`̵ ׉	 7cassandra://ckp4XjN-g4RUY9jOnSeFakiqOfXolq9ohTeqt9Ac95UI͠_ zט  {u׉׉	 7cassandra://RpHJbcKh5UD2Gqz7GaZBlBhoJzJ27P1TGoXEBLIDDm8 |`׉	 7cassandra://Y0GFq3M25tf1wxDLZcPZRVO_s_ps3JOz4PSIJre4N-w&!`S׉	 7cassandra://JeCbYR1lGYAm-QFl1F71d2hmuMYsY26XG_UJm-RQzI0`̵ ׉	 7cassandra://_C8kdY6j6p180xk9S4PfiiYR3Jul7PKio9SlBLqlhmM͠_ zנ_ z S9ׁH  mailto:STUDIO13SENEGAL@GMAIL.COMׁׁЈ׉ENiger, reconnaissable
par son éternel bonnet
rouge sombre, était une
figure célébrée pour sa
lutte contre la pauvreté
et son austérité, qui avait
cherché à s'accrocher au
pouvoir pour finalement
être renversé par un
putsch.
USA:
Donald Trump semble se
résoudre à quitter le pouvoir.
Le président américain
a en effet assuré,
jeudi 26 novembre 2020,
qu'il quitterait « bien sûr
» la Maison-Blanche si
la victoire de Joe Biden
à l'élection présidentielle
était officiellement confirmée,
tout en répétant
qu'il pourrait ne pas reconnaître
sa propre défaite.
Interrogé
sur le fait de
savoir s'il
quitterait
la
Maison-Blanche en cas
de vote du collège des
grands électeurs confirmant
la victoire du démocrate,
le républicain a
promis : « Bien sûr que je
le ferai. Et vous le savez.
» Mais « s'ils le font, ils feraient
une erreur », ajoutant
: « Ce sera quelque
chose de très dur à accepter
», a-t-il ajouté.
25 NOVEMBRE :
Ce 25 novembre s’est
tenu, comme tous les
Page 64-Biramawa Magazine
ans, la Journée internationale
de lutte contre
les violences faites aux
femmes.
Depuis l’apparition de la
COVID-19, les données
et les rapports provenant
de ceux évoluant en première
ligne montrent que
tous les types de violence
contre les femmes
et les filles, et surtout la
violence domestique, se
sont accrus.
À mesure que les cas de
COVID-19 continuent de
mettre les soins de santé
à rude épreuve, les services
essentiels tels que
les abris contre la violence
domestique et l’assistance
téléphonique
ont atteint leur capacité
maximale. Davantage
doit être fait pour donner
la priorité à la lutte contre
la violence perpétrée à
l’encontre des femmes
dans la riposte contre la
COVID-19 et les efforts
de relèvement.
La campagne Tous
UNiS, d’ici à 2030, pour
mettre fin à la violence à
l’égard des femmes du
Secrétaire général des
Nations Unies marque
les 16 jours d’activisme
contre la violence faite
aux femmes (du 25 novembre
au 10 décembre
2020) sur le thème global
« Orangez le monde
: Financez, intervenez,
prévenez, collectez ! ».
Par ailleurs, la campagne
Génération Égalité
d’ONU Femmes est en
train d’amplifier l’appel
lancé en faveur d’une action
mondiale qui vise à
combler les manques en
matière de financement,
d’assurer la fourniture
des services essentiels
aux survivantes de la violence
pendant la crise de
la COVID-19, de concentrer
les efforts sur la prévention
et de recueillir
des données qui sont
capables d’améliorer des
services d’aide vitale aux
femmes et aux filles.
Pendant la période des
16 jours d’activisme,
ONU Femmes tend le
micro à des victimes, des
activistes et des partenaires
de l’ONU actifs
sur le terrain, pour qu’ils
racontent ce qui s’est
passé après l’apparition
de la COVID-19.
Sources : les Podcasts
Affaires étrangères
et International
de France Culture, le
Point, le Monde, ONUFemmes
Copyright
Biramawa
Magazine
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EMAIL : STUDIO13SENEGAL@GMAIL.COM
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Boubacar NDIR
Economètre Statisticien
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Tu peux donc envoyer ton CV par e-mail :
contact@biramawa.com
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2017 - 2019 :
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UADB, Diourbel, Sénégal.
Mémoire : Les déterminants de l’investissement
domestique privé en Afrique : prise en compte de la
dimension spatiale. Mention Bien.
Boubacar NDIR
26 ans  Sénégalais  Célibataire
ECONOMETRE
STATISTICIEN
Profil
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Disponibilité :
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Secteur d’activité :
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Contrat souhaité :
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Temps de travail :
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Contactez-moi
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Langue
2014 - 2017 :      
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UADB, Diourbel, Sénégal.
Mémoire : Développement financier et croissance
économique en Afrique de l’Ouest : quelques faits
stylisés.
2014 :   
Lycée de Mboro, Thiès, Sénégal.
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE
Oct - Nov 2018 : Stage à Orabank - Direction de la clientèle
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Août - Sept 2020 : Stage à DataDevAfrica Consulting.
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Oct 2020 - A date : Stagiaire assistant à la Direction des Risques
Conformité et Contrôle Permanent à la Banque de Dakar.
     
COMPETENCES
Econométrie          
Evaluation d’impact      
SIG          
Planification opérationnelle      
Recherche opérationnelle      
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Economie     l’Assurance  
Enquête  Analyse et traitement de données  Modélisation 
Statistique  Micro et Macroéconomie  Théorie des Jeux  etc.
95%
Informatique        
           
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INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
Président de l’Amicale des Etudiants de Mboro à l’UADB (2019).
CENTRES D’INTERET


 


Biramawa Magazine-Page 67
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Éditeur : Waly NDIAYE
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